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communiqué de presse du Collectif National pour les Droits des Femmes

Solidaires face aux menaces du rappeur OrelSan contre les associations féministes

photo : est-il aussi con qu’il en a l’air ?
DIVERS

Le 21 avril 2009, le rappeur OrelSan était programmé à la MJC de Rennes. Pendant les semaines précédant le concert, de nombreuses associations ont alerté le directeur de la MJC et les élu/es de la ville de la nocivité des textes de ce rappeur qui se plaît à détailler avec complaisance des violences infligées à des femmes et à des mineures.

Deux semaines auparavant, OrelSan devait se produire à Poitiers. Mais, face à l’extrême violence de ses chansons et à leur ambivalence, les responsables du Confort Moderne ont décidé de le déprogrammer.

A Rennes, le responsable de la MJC et les élu/es se sont réfugiés derrière une pseudo-liberté d’expression qui ne connaîtrait aucune limite pour maintenir le concert d’OrelSan. La liberté d’expression, telle qu’elle est internationalement reconnue, connaît pourtant une limite : l’appel à la haine et au meurtre.

Dans leur volonté de protester contre cette conception de la liberté d’expression qui ne respecte ni l’humain ni le vivre-ensemble, quatre associations ont appelé à un sit-in le jour du concert devant la MJC : Pulsart, association nationale d’actions artistiques auprès des jeunes en difficulté, et trois associations locales qui agissent pour les droits et l’autonomie des femmes. L’entrée de la salle a été bloquée pendant une heure par quelques manifestant/es, retardant ainsi le concert. Cette action s’est déroulée sans violence. Pendant le blocage, les participant/es, des militant/es d’associations et des étudiant/es de Rennes 2, ont discuté avec le public pour leur faire prendre connaissance de la teneur des textes d’OrelSan et de leur gravité.

Jeudi dernier, 30 avril, Pulsart et d’autres associations ont reçu une lettre de l’avocat d’OrelSan en date du 22 avril qui les met « en demeure d’interrompre immédiatement toutes [leurs] actions de nature à porter atteinte au bon déroulement de la carrière d’OrelSan ».

L’avocat du champion de la liberté d’expression intime donc aux associations de se taire sous menace de poursuites.

Nous soutenons toutes les associations mises en demeure.

Ces mises en demeure concernent aussi chacune de nos associations :
c’est notre liberté de manifestation et d’expression qui est menacée.

Par ailleurs, l’avocat d’OrelSan émet toute une série d’accusations mensongères qu’il est bien sûr dans l’impossibilité d’étayer par quelque fait réel. La manoeuvre vise à faire pression pour imposer le silence aux associations féministes.

L’avocat avance aussi : « la chanson dont vous dénoncez les paroles n’est ni contenue dans l’unique album d’OrelSan, ni interprétée lors de ses prestations sur scène ».

OrelSan ne chante plus « Sale Pute » sur scène, mais il continue à chanter « Suce ma bite pour la Saint-Valentin » où il menace (déjà  !) sa copine de la « marie-trintigner » si elle ne se tait pas (décidément, c’est une manie !). De plus, ces chansons, parmi les plus haineuses de son répertoire, sont toujours accessibles sur internet : le rappeur et ses producteurs refusent de les retirer.

Nous rappelons enfin que plusieurs autres de ses chansons sont porteuses d’un message de haine contre les femmes, les gays et les lesbiennes. Pour n’en citer que deux, « Courez, courez » et « Différent » comptent parmi les chansons de son album qui portent atteinte à la dignité humaine.

OrelSan use et abuse de la liberté d’expression, mais dénie à celles et à ceux qui rejettent ses chansons le droit de s’exprimer.

Nous refusons le chantage et le silence qu’il veut nous imposer.

Nous dénonçons les accusations mensongères proférées par son avocat.

Nous affirmons que la liberté d’expression n’appartient pas qu’aux « artistes » : la liberté d’expression appartient à chacun/e d’entre nous.

OrelSan ne nous fera pas taire !

Signataires :
Association Droits des Femmes XXe, Chiennes de Garde, « Cineffable, Quand les lesbiennes se font du cinéma », Collectif de pratiques et de réflexions féministes « Ruptures », Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), Collectif 13 Droits des Femmes, Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception (CADAC), Coordination française pour le Lobby européen des femmes (CLEF), Coordination Lesbienne en France (CLF), CQFD-Fierté Lesbienne, Elu/es Contre les Violences faites aux Femmes (ECVF), Fédération nationale solidarité femmes (FNSF), « Femmes Libres » - Radio Libertaire, Femmes Solidaires, La Meute, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie (LFID), Ligue du Droit International des Femmes (LDIF), Mix-Cité Paris, Mouvement français pour le planning familial (MFPF), Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Paroles de femmes Massy, Parti de Gauche, Pluri’elles Algérie...

l’intégralité ici, fichier .pdf

COMMENTAIRES  

16/07/2009 10:23 par Anonyme

Vaste sujet !
Certaines des partis ou association dont j’ai fait parti ont signé cet appel à la solidarité.
Pourtant, je trouve que toute cet histoire est une erreur.

Dans cet histoire où l’on a essayé de construire un méchant rappeur contre de vertueux opposants, je vois un piège tendu par les média et par la droite.
Je n’ai aucune estime pour OrelSan, dont je ne connais que très peu les morceaux. Mais je connais assez bien le rap pour savoir qu’en cherchant bien, il n’est pas dur de trouver des textes idiots, sexistes et homophobes dans certaines formes de rap. Ce n’est pas le rap qui me plait. Ce n’est pas le rap qui m’a fait danser, rever etc. Mais il existe.
Il existe car, hélas, parmi les couches de cette société, il y a, avec le déclassement social et la paupérisation, le retour (ou le maintien) de ces courants de pensées. Surtout chez les plus défavorisés.
OrelSan est la dessus un artiste véritable, car il exprime une réalité de pensée.

Dès lors, quelle réponse la gauche propose t elle ?
L’indignation morale et l’appel à l’interdiction.
Et dès lors OrelSan réagit par avocat.
Voilà le piège.
Si la gauche et le féminisme reste sur un combat médiatique, appelant l’interdiction ou je ne sais quoi, elles ont perdu.
Il y a des combats bien plus importants à mener contre les inégalités homme femme, contre la précarité, la paupérisation dont sont victimes directement et indirectement les femmes.
Indirectement car si dans ce pays, il n’y avait pas des "poubelles" sociales où l’on amasse les pauvres, il n’y aurait pas ce genre d’idées réactionnaires qui verraient le jour parmi de grandes partie de la population !

Si demain OrelSan n’existe plus, la condition des femmes sera t elle meilleure ? Je ne le pense pas.
Dès lors ce combat me semble bien anecdotique et surtout, sentant bon le piège.

Pour ma part, sur le fond, la liberté d’expression est un vaste sujet mais surtout c’est pas avec une loi contre des propos sexistes qu’on règle des problèmes de domination d’un sexe sur un autre, qu’on règle les problèmes de sexisme.
C’est par l’éducation(et donc par ne pas laisser des gens sur le bord de la route car on ne peut éduquer que ceux qui sont dans le vivre ensemble), la lutte contre la domination quelle qu’elle soit que l’on résoudra ces fléaux.
Sinon pour un OrelSan qu’on aura un peu embêté, 10 autres viendront à nouveau.

16/07/2009 14:59 par Rosa

bien entendu le piège ici est de penser "liberté d’expression" ce n’est pas uniquement une reflexion d’artiste mais une réflexion d’individu connoté par la réalité quotidienne des violences sexistes et racistes. Il ne s’agit pas de s’identifier ou pas a cet artiste dans ce qu’il écrit et chante les limites dans une sociète démocratique sont pour tout le monde je note quand meme qu’il a pris le temps de joindre son avocat , les associations auraient sans doute préfèrees qu’il s’explique avec elles.C’EST UNE ATTITUDE CITOYENNE QU’IL N’A PAS EU .Au regard de certains textes rien ne laissait prévoir le contraire.Le travail d’un artiste n’est pas annodin et si sa carrière lui importe plus que le sens des mots qu’il véhicule il reste a sa place un "parfait crétin"

16/07/2009 20:30 par Louise Michel

Personnellement je suis contre la censure, on sait quand elle commence on ne sait pas quand elle s’arrête. Je dois aussi dire tout le mépris que je ressens envers Ségolène Royale et son usage politicien et à géométrie variable du féminisme (seulement quand cela l’arrange), mais ce n’est pas la question.

La question est que lorsqu’on profère des propos ou des insultes antisémites ou racistes l’opprobre général s’abat sur celui qui les a prononcés. Lorsque l’on vilipende ou même on tourne au ridicule des personnes handicapées, idem. Il ne reste qu’une catégorie face à laquelle tout est permis : les femmes ! Nous devrions accepter non seulement des insultes hideuses mais ce que j’appelle sans hésiter un appel au viol et au meurtre. Et qu’on arrête de nous casser les oreilles avec Rimbaud ou Gainsbourg. L’histoire et pleine de sexistes violents ou de violeurs dont on a célébré les « talents » réels ou supposés. Nul besoin de rappeler qu’on peut être un bon peintre ou musicien et être un violeur, qu’on peut être un excellent sportif et tuer sa femme (OJ Simpson, Bertrand Cantat etc..). On peut être également un grand écrivain ou représentant de la culture et être pédophile notoire. Le statut d’homme public justifie-t-il la violence ou le meurtre ?
Mais Orelsan ne fait que chanter me dit-on. Je remarque non seulement le discours haineux et l’appel à la violence dans la chanson d’Orelsan mais aussi le nombre impressionnant des « sales pute » débités au cours de la chanson et de façon de plus en plus haineuse et lancinante comme un coup de marteau.
Or, tout le monde est d’accord pour dire que la réitération d’appelles publics à la haine produisent la violence, le meurtre, et même les génocides, pensez donc aux appels radio au Rwanda en 1994.
Les deux millions de femmes battues en France ne vous suffisent-elle pas ? Jusqu’à quand on va justifier cela ? Au lieu de s’occuper de la violence endémique contre les femmes nos politiciens ne s’occupent que des rares cas de porte de la « burqa » ou se complaisent à trouver de la poésie dans les vomissements de haine d’Orelsan.,

Quant au dépit amoureux… Les mots d’Orelsan je les entends depuis des années dans des lieux publics, (et je ne suis pas la seule) dès lors qu’un crétin a décidé qu’il voulait « sauter une nana ». Combien d"˜entre nous doivent essuyer les « je vais te sucer », « viens ici salope », « écarte tes jambes » et toutes les insultes qui suivent, lorsque l’on refuse ces « avances » ou on se défend ?
Les mots de cette chanson je ne les connais que trop bien, ce sont ceux de la violence quotidienne que subissent les femmes dans ce pays et qui ne semble pas choquer la plupart des hommes et pou cause !

Le fait que tel ou telle veuille se dresser contre le rap pour des raisons politiciennes ne justifies pas que les femmes continuent à se faire traiter de putes bonnes à être frappées ou violées. Je remarque que, comme d’habitude dans le débat politique, au lieu de se poser la question de fond on aligne la liste de ceux qui sont pour ou contre pour des raisons X ou Y et ainsi on escamote le fond du problème. Alors que nous vivons toutes, la violence au quotidien et sous des formes les plus « anodines » aux plu violentes. Face à ça, ces messieurs dames défenseurs de la libre expression n’en ont rien à foutre.

Je vous propos un exercice : prenez donc une seule des chansons de ce type. Par exemple la fameuse "sale pute" et remplacez le mot « pute » par le mot "juif » ou « nègre », lisez bien le texte ainsi modifié et dites-moi l’effet que cela vous fait !

Louise Michel

16/07/2009 21:11 par Anonyme

Pour Louise

Le fond j’en parle dans mon article de ce matin. Le problème des propos sexistes ou racistes ou tout autre forme visant une partie de l’humanité ne sera pas résolu par une loi d’interdiction mais par l’éducation.

La preuve ? A votre avis par rapport au 19ieme siècle, ne pensez vous pas que la condition de la femme, des noirs et autres ne s’est pas améliorée ?
"Encore heureux ! " me dira t on.
Bien sur cela est heureux, mais c’est le résultat de certaines transformations de la société.

Donc pour en finir avec tout ces propos et courants d’idées parmi les pauvres, cela demande des progrès sociaux et non la régression économique actuelle.
Liée avec l’éducation, voila la seule manière de faire progresser notre société vers moins d’avis réacs et surtout avec moins d’adhésion à ces idées.

Encore une fois, ce phénomène médiatique Orelsan est totalement vain. Et c’est un piège pour qu’on s’indigne, pour que l’on confonde moralisation et action politique.
Il y a donc des combats UNITAIRES plus importants à mener, pour le bien de tous et donc des femmes, des noirs etc.

Encore une fois, la misère divise les gens. Luttons pour l’unité et donc contre la misère.

17/07/2009 00:02 par Anonyme

Cher « anonyme »,
Tout d’abord personne n’a proposé de loi interdisant quoi que ce soit, je ne sais pou où vous allez chercher ça. Pour l’instant c’est l’avocat de ce chanteur qui évoque la loi ;
D’autre part, adressez vos critiques aux féministes de salon qui ne s’occupent que des broutilles. On peut tout autant se battre pour les droits des femmes dans les entreprises et ne pas accepter que nous soyons insultées en permanence et qu’on ne passe pas des appels à la violence qui les ondes. Ou bine le chanteur en question aurait-il le monopole de la parole et personne n’aurait le droit de s’indigner ? Epargnez nous ces discours d’arrière garde du type « quand on aura fait la révolution sociale tout ira dans le meilleur des mondes ». Les mots on un sens et une porté, ne l’avez-vous pas remarqué ? Alors pourquoi écrivez-vous sur un blog ?
Vous parlez d’éducation, ne savez-vous pas que souvent les élève arrivent en classe en pensant que tout ce qu’il ont vu à la télé et entendu à la radio c’est bon est juste ? ce n’est certes pas de loi qui vont l’empêcher ( d’ailleurs qui a parlé de loi à part vous ?), mais les media sont un moyen de propagande très efficace et qui a des conséquence. Et vous le savez bien !
Vous ne me ferez pas taire je continuerai à dire non à ceux qui justifient la violence contre les femmes qu’il soit chanteurs, menuisiers ou avocats.
Je reste juste abasourdie par le fait que dans ce pays où depuis toujours on a l’habitude démocratique de s’insurger contre des propos fasciste ou xénophobes qui appellent à la haine les femme restent toujours les laissées pour compte. Mais cela n’est pas étonnant car même dans les organisations de gauche le sexisme est souvent très présent et justifié.

Louise
Une femme, immigrée exploité et qui n’a pas attendu ce matin pour ce battre socialement.

17/07/2009 10:38 par Pondi

Jamais entendu parler de ce gars-la, avant... S’il n’a pas de talent, au moins le voila connu... assez pour booster une promotion en toute gratuite... Le scandale - justifie ou non - a toujours été la meilleure publicité, sans investissement.

Je suis allé lire les paroles de ses chansons disponibles sur Internet…. Un pur produit de notre société, lui qui se veut tellement différent… et comme il le dit lui-même, comme la plupart, « il ne s’implique dans rien… »… et remue des concepts de provocation primaire… qui marchent…

Dans ses textes, est-il très différent du bon père de famille qui va voir les prostituées pour qu’elles lui fassent ce que sa femme ne veut pas lui faire pour satisfaire ses fantasmes déjantés et revient chez lui bisouter ses mômes comme si de rien ?, ou de celui qui préfère adorer la Vierge Marie plutôt que s’impliquer avec une compagne et lui faire des gosses ? Est-il très différent de ce que véhiculait Jacques Brel, quand il disait (de mémoire) : « la femme est le seul trou devant lequel l’homme se met a genoux… » ?

Beaucoup de bruit pour rien, pour un petit gars qui dégueule la société et se dégueule, tout en voulant en faire partie… Etre reconnu, avoir de l’argent, faire la fête, etc… et ne pas s’impliquer…

Pondi

17/07/2009 11:15 par eric faget

Quand on veut décré-débiliser un mouvement social fort et international : rien de mieux que ce genre manipulation. « LE rap est méchant n’écoutez pas du rap il parle mal des femmes c’est la musique des tournantes, c’est la musique des racailles de banlieue, de ces bandes qui brulent les voitures… » Le rap c’est surtout ça :

Assassin - Ecrire Contre L’Oubli- l’homicide volontaire
Assassin garde sa position consciente,

Trop de prisonniers politiques sont enfermés en attente

D’être jugés, d’autres n’ont pas cette chance.

Ils se sont fait shooter pour leur liberté.

Comme j’ai le droit, comme la loi me soutient cette fois.

Je parle, je m’arme, je transforme mes larmes.

En rimes, en textes, en musiques tranchantes comme une
lame.

Pour les hommes, les femmes enfermés pour leurs idées,

Chaque nation a ses moyens de répression pour stopper net.

Les courants qui alertent notre intellect.

Une plume qui vacille sur le papier,

Peut-être plus dangereuse que n’importe quelle armée.

Car les balles se perdent dans l’Histoire, mais les écrits restent.

Voilà pourquoi on traque l’esprit qui ne retourne pas sa veste.

Aucun système n’’st invincible,

Contrairement à l’homme qui s’éléve et devient une cible...

Mais même au milieu des montagnes,

L’aigle prend son envol, mais garde sa vision des rases campagnes.

L’émanation des mouvements contestataires,

M’amène à penser que la crise est une chose positive.

Elle plonge l’ordre dans le désordre de façon active,

Afin de trouver des solutions.

Obéir à une doctrine ne peut que découler sur une révolution.

Qui peut empêcher l’être humain de parler ?

La souffrance a toujours été un océan de créativité.

Où nos droits s’arrêtent, et où nos droits commencent ?

L’encre coule pour les honneurs,

Mais trop souvent c’est la sentence.

Keny Arkana -ordre mondial-désobéissance

Je suis là , partout, j’ai resserré les murs

J’ai imposé ma surveillance, caméra partout dans les rues

J’ai approfondi les frontières, un rempart pour le Tiers Monde

Un champs de tir pour les sans faf, histoire que les affaires montent

Je ne défends pas l’être humain, je défends les capitaux

J’instaure les règles du commerce en faveur des occidentaux

Je suis l’art de piller, en faisant croire qu’on ne vole rien
Au service de la croissance, tes droits de l’Homme, j’en rigole bien !

Je me cache derrière des idéologies pour que l’opinion soit d’accord

J’ai imposé la biométrie sur vos passeports

J’ai fabriqué la peur, pour que tout le monde soit sur écoute

Car moi je veux tout répertorier, moi je veux des chiffres
et des codes barre

Je contrôle vos esprits par le biais des médias, vous êtes à ma merci

Les pieds embourbés dans l’inertie

Car vous vous croyez libre, mais formatés depuis l’école

Pour vous apprendre la hiérarchie, à toujours obéir aux ordres.

Je suis l’ordre mondial

L’ordre créé par les puissants,

Confréries, chefs de multinationale

Politiques économiques, je suis la conjoncture

Imposée à la planète, j’ai instauré ma dictature.

La rumeur- je suis une bande ethnique à moi tout seul- du coeur de l’outrage
Verse 1 " Hamé "

Les journaux disent vrai, les philosophes aussi

Je suis l’ennemi juré du rayonnement de la francophilie,

j’héberge trois tribus Massaï sous mon lit

Dont les mioches on appris à fondre sur Paris

A l’arrivée des beaux jours, pour célébrer le printemps

Aux premières manif’ d’étudiants j’accours

Méfiez-vous de mes enfants ont les a exclus du ciel

et comme les anges les démons ont des ailes

Verse 2 " Ekoué "

Je suis une bande ethnique à moi tout seul,

c’est écrit sur ma gueule.

Voyou, barbare, intégriste, casseur, terroriste, salopard, sauvageon.

Est-ce que le compte est bon ?

Toujours à quarante mille

Quand les rats sortent des bidonvilles et des bidons d’huile.

C’est trois équipes de télé tout au plus.

Cameras au poing...qui m’attendent à l’arrêt de bus.

Qui sont les vraies stars du JT ?

Les gentils condés ou les grands méchants noirs,

il va falloir s’décider.

Car mon casier judiciaire a l’horreur du vide

Un peu comme moi d’ailleurs qu’y a-t-il de bizarroïde

Il y a le rap hard-core mental et le hard-coreu anal. A chacun ces préférences . Pour ma part, bien qu’étant un garçon, j’ai eu aussi à subir la pression du male débile, la queue à la main, qui t’arrose le visage de son foutre, j’avais cinq ans. A sept, j’accédais à la pornographie photographique et ecrite, zoophile notamment. A onze, je mettais en pratique tout ce que j’avais lu zoophile comprise. A seize ans, nouvelle agression sexuelle, masturbations incessantes et morbides, attouchements sur mes propres frère et soeur, lecture de Sade en version non expurgée Justine Juliette, les 120 jours…, Apollinaire et Pierre Louà¿s. Je n’étais pas encore majeur. En sortant du cocon familial, milieux homos, filles en brochette masturbations projection porno …Puis merci gan-jha…Après des années de déni, tout ça est remonté avec violence à la surface. J’ai téléchargé l’équivalent de huit à dix cd de pédopornographie que j’ai fait parvenir à la police aux juges, aux douze candidats à la présidence de la république et finalement à l’élu local actuel… « Vous inquiétez pas on s’occupe de tout » m’ont dit les gendarmes venus inspecter mon ordinateur, « ne vous inquiétez pas » m’a répondu le secrétaire de l’Elysée « on s’occupe de tout… » Il y a même un juge qui m’a renvoyé mes CD (j’l’jure…). En dix ans la pornographie très dure a envahi les écrans : scènes de viol de moins en moins simulé, scatologie, coprophilie, éjaculation faciale, quadruple pénétration, fist fucking douloureux, gang bang , preteen, femmes baisent mecs, zoophilie, pédophile, meurtres sexuels… On peut trouver tout cela presque aussi facilement que la recette du baba au rhum ou du cocktail Molotov. Je suis libertaire pas libertin, libre et pas libéral… La pornographie, puisque c’est bien cela qui est au centre de la problématique, n’est ni sociale ni égalitaire et les valeurs qu’elle véhicule sont les mêmes qui porte les sociétés organisés totalitaires : déni de l’humanité au profit de la bestialité, soumission à l’ordre du male le plus actif’ (fantasme de la jouissance perpétuelle…), contrôle des masses("On asservit les peuples plus facilement avec la pornographie que par des miradors ». Alexandre Soljenitsyne), assignation de la femme à son rôle de réceptacle du tribu masculin, réduction de l’homme à son sexe et « sa volumétrie »etc. …. « Le futur que nous reserve t’il ». La majorité de la nouvelle génération, celle dont je devrais à 45 ans être le père, n’a eu et n’a d’autres outils de développement comporte-mental que la référence à l’image. Dans la cour de récré, on se raconte la série japoniaise à 5 images/seconde minée d’images subliminables. A quinze, on veut ressembler à la star n’académique… Image de la femme parfaite, la Vello de Minus, gros nichons petits culs grandes bouches langues tentons et clito percés. Pareil pour les garçons : L’apollon du belvédère coupes faussement bohèmes hyper contrôlés à grand coup de gel discutions sur les filles hard core puisque c’est la mode…. Je viens d’une époque où regarder sous la jupe d’une fille était un acte de goujaterie pour le adultes( …) un exploit pour les enfants ( males bien sur). Certes, tout n’était pas rose mais il me semble que les rapports hommes femmes étaient au quotidien plus respectueux. Il n’y avait, à coté de la pub pour les surgelés, des seins, aussi beaux soit ils, enveloppées dans de la lingerie fine et ce à tout les coins de rue. Il n’y avait pas un meurtre toutes les cinq secondes sur les écrans télé. Il n’y avait pas Cau(k)et, Decha-vannes, r’Arthur, le 1° samedi du mois a minuit sur Anal plus , il y avait la censure…Je ne crois pas que, parce qu’on la possibilité de dire et d’entendre les mots trou bite couilles à une heure de grande écoute, on soit libre. Je ne crois pas qu’en regardant une fille de 18 ans, russe et pauvre, américaine et riche, thaïlandaise et mineure ou un travello brésilien , se faire prendre par tout les trous par une armée de soudards, on soit libre. Je ne crois pas qu’en lisant les pages de Sade et Louà¿s, on soit libre. Ainsi, on ne devient que le sujet de ses pulsions, le client de ses désirs, et comme le désir est le moteur de la société marchande, nous devenons ainsi les cibles du désir programmable. Censurer la pornographie n’est pas et ne sera jamais aux programmes des dignitaires du monde, puis qu’il est outil d’asservissement. Censurer le rap, oui, puisqu’il est moyen d’expression politique, social et artistique…

Eric Faget clown vachtment sérieux

Ps si je n’écris pas le nom du staracademiste incriminé, c’est pas que j’ai peur d’un procès c’est juste que je ne parle que de ceux qui pourraient être mes amis…

17/07/2009 11:20 par Sierra

Faire du pognon avec de tels propos, ça me fait autant gerber que d’entendre le sauveur de l’humanité, l’inventeur de la roue, celui qui a marché sur la lune, retour d’amour et repousse capillaire, nous dire qu’il va "moraliser le capitalisme". La liberté d’expression s’arrête au curseur que nous nous fixons individuellement, et entendre un crétin dire qu’il va mettre des coups de pieds dans le ventre d’une femme pour provoquer un avortement explose largement mes limites de tolérance. Vous, je sais pas.

17/07/2009 18:29 par Louise Michel

Paranoïa et procès d’intentions

On critique un type qui se trouve être un rappeur, et voila qu’on est taxé de criminaliser tout le rap.
On s’indigne contre des propos violents contre les femmes et on est accusé de vouloir imposer des lois d’interdiction que personne n’a proposé.
On parle du problème sérieux de l’apologie de la violence contre les femmes (que les auteurs en soient des chanteurs, des boulangers ou qui vous voulez), et on est accusé de faire de la pub à bon compte.

Une chose me semble claire ici, c’est qu’on refuse de parler de la banalisation de la violence contre les femmes parce qu’au fond on trouve que ce n’est pas trop grave. Alors on parle du rap, de la pub, de propositions de loi inexistantes pour refuser de poser la question de fond : les femmes ont-elles le droit à la dignité ?

Louise

18/07/2009 02:23 par Anonyme

Donc re moi, content que mon commentaire ait fait réagir !
Donc pour les faux procès à propos de loi, il faut savoir de quoi on parle :

"Il faut une loi qui sanctionne les propos sexistes, homo-lesbophobes et transphobes au même titre que les propos racistes. La problématique est exactement la même : ce type de propos attise une haine à l’encontre des personnes en fonction de leur identité.

Evidemment, cela ne règlera pas tout - il existe une loi sur les propos racistes et le racisme n’a pas disparu - mais une loi traduirait une véritable prise de conscience, notamment autour de la question de l’homophobie. Dans un Etat de droit républicain, inscrire un texte législatif est une manière d’édicter des règles de vivre ensemble. C’est le fondement de notre organisation sociale.

Certains détracteurs craignent une atteinte à la liberté d’expression. C’est absurde ! Cet argument n’a d’ailleurs jamais été invoqué lorsque la loi sur les propos racistes a été instaurée. C’est le rôle de l’Etat d’assurer l’égalité des droits et la protection des individus. Or les homosexuels subissent une oppression en raison de leur orientation sexuelle. Les femmes aussi sont opprimées. C’est à l’Etat de combattre les discriminations et de les sanctionner.

Clémentine Autain 2004

Réponse de l’observatoire des droit de l’homme
"Cette segmentation de la protection des droits de l’homme remet en cause leur universalité et leur indivisibilité. Légiférer afin de protéger une catégorie de personnes, risque de se faire au détriment des autres, et à terme, de porter atteinte à l’égalité des droits. Cette méthode empruntée à la tradition juridique anglo-saxonne, fondée sur le traitement des cas est peu compatible avec le système juridique français, fondé sur la notion de principes."

Dans ce sens, l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881a été corrigé dernièrement.

Et pour prendre un cas concret, imam de Vénissieux qui légitimait le fait de pouvoir battre sa femme.
Ses propos me font réagir mais non pas parce qu’il appelle à frapper une femme, mais parce qu’il légitime qu’un être humain s’en prenne, pour des motifs personnels, physiquement à un autre.

Mon combat de gauche est là . Désolé si cela ne passe pas, mais je campe sur ma position de gauche, qui refuse les solutions de droite basées sur le fait d’interdire , sur le fait de promulguer des lois qui ne règlent rien et qui divisent l’Hhumanité.

Et l’Education au sens large dont je parle, c’est celle faite par une société basées sur des principes humains qui ne laisse personne sur le bord de la route, et qui sache faire respecter les droits des plus faibles, qui assurent à tous, la possibilité de mener une véritable existence et non une survie dans une "poubelle sociale". Elle n’a rien à voir avec celle faite par des média qui véhiculent des idées matérialiste, qui légitiment la domination.

Encore une fois, c’est par des changements importants de la société sur bien des plans de son organisation que viendra le changement pour bien des catégories de la société.
Cette idée de changement "par le haut" a été abandonnée par beaucoup. Pour quel profit ? La situation des femmes, des immigres, des exploités est elle meilleure aujourd’hui qu’il y a 20 à 30 ans quand on croyait encore à cette idée ?
Je ne crois pas.
Il est tant de reprendre ce combat UNITAIRE pour le bien du plus grand nombre.

18/07/2009 08:20 par Anonyme

La chanson sale pute incriminée relève plus d’une la fiction que d’une chanson de revendication contre les femmes : un jeune croise sa copine en train de le tromper, il a la haine, il rentre chez lui et boit puis déblatère sa haine.

Je n’y vois pas un appel à la haine contre les femmes mais plutôt l’expression maladroite de ce qui peut passer par la tête d’un jeune dans une telle situation.

Les levés de boucliers moralisateurs prouvent que malheureusement beaucoup prennent cette chanson au premier degré, comme une revendication abominable, un appel à la haine.

Cela pose évidemment la question de savoir dans quelle mesure ces paroles auront un impact sur la violence faite au femmes. Mais de la même manière on peut s’interroger sur l’impact de tous ces films, séries et livres violents. C’est le problème de toute fiction qui tente à la fois de refléter une réalité, aussi misérable soit elle, mais qui a du coup aussi un impact incontrôlable sur le comportement des foules.

On peut ensuite parler du rap, de la qualité musicale ou de toute autre chose mais c’est à mon avis hors-sujet. En ce qui concerne cette chanson, elle ne fait de toutes façons pas parti de l’album ni du spectacle. L’ériger en symbole machiste serait faire grand cas de peu de chose.

18/07/2009 10:34 par legrandsoir

On dirait un commentaire posté par l’avocat du rappeur lui-même... et en "copier/coller" en plus. Dommage qu’il n’ait qu’un rapport lointain avec l’article.

19/07/2009 20:27 par emcee

@ anonyme

Oui, c’est cela, tout s’explique, ce pauvre gras, il avait été humilié par cette femme qui avait osé le quitter et qui méritait donc les pires sévices. Réaction tout à fait normale d’un mec blessé dans sa dignité d’homme. Comment une simple femme pouvait-elle donc faire cela à un Homme ?
Elle n’avait sans doute pas pris assez de coups.

Et puis, une chanson qu’on enregistre dans un studio, qu’on chante et rechante en public, etc. c’est tout ce qu’il y a de spontané.
Entre s’énerver dans sa salle de bains et raconter inlassablement ses fantasmes devant un public, il me semble qu’il y a une grande différence.

Quelqu’un dit il faut éduquer. Certes, c’est primordial, mais que pèsent un médecin scolaire, un prof, des membres du planning familial et autres éducateurs, si dans la rue, dans les spectacles, à la télé, sur le web, tout est fait pour les contredire, les paillettes en plus ?

Et puis, je doute fort que le public - composé d’une majorité de mineurs, et de jeunes adultes, je le rappelle - à qui s’adresse ce chanteur soit capable de l’entendre au second degré.

Alors, dire que c’est beaucoup de bruit pour rien quand le texte est une incitation au crime et banalise les violences faites aux femmes, c’est lamentable.

Je rappelle à toutes fins utiles que :

L’agression sexuelle (’article 222-22 du Code pénal) est :
Toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise constitue une agression sexuelle.
On est passible d’une peine de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende.

Le viol est (articles 222-23 et suivants du code pénal) :
"Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise."
La peine encourue peut aller jusqu’à 15 ans de réclusion criminelle.

Le viol aggravé (article 222-24 du code pénal) :
Le viol est puni de 20 ans de réclusion criminelle quand :
1 - Il a entraîné une mutilation ou une infirmité permanente.
2 - Il est commis sur un mineur de moins de 15 ans.
3 - Il est commis sur une personne vulnérable (infirme, déficient mental ou psychique, en état de grossesse) ; état connu de son auteur.
4 - Il est commis par un ascendant naturel ou adoptif ou par toute autre personne ayant autorité sur la victime.
5 - Il est commis par une personne qui abuse de l’autorité que lui confèrent ses fonctions.
6 - Il est commis par plusieurs personnes agissant en qualité d’auteur ou de complice
7 - Il est commis avec ou sous la menace d’une arme.
Il est puni de 30 ans de réclusion criminelle quand il a entraîné la mort de la victime (article 222-25).

Alors, ce n’est pas "faire grand cas pour peu de chose".
Quand, dans ce pays, plus une femme ne sera battue, violée, voire tuée par un conjoint ou un autre - qui estiment être dans leur bon droit, alors, on pourra parler de second degré.

Il en va de même pour l’homophobie (cf. Vanneste ou Boutin - eh, oui, pas des rappeurs, ceux-là , pourtant) et toutes les formes de racisme, en particulier l’islamophobie qu’il est de bon ton aujourd’hui de proclamer haut et fort, même dans les plus hautes sphères.

Ce n’est donc pas le rap qui est mis en cause ici - ni la liberté d’expression, c’est la banalisation de l’appel à la violence sur des groupes distincts à tous les niveaux de la société et l’indulgence criminelle qui va avec.

22/07/2009 13:00 par Anonyme

Je ne suis pas l’avocat du rappeur pourtant, dommage, ça doit rapporter.

La grande différence c’est que vous parlez du texte de la chanson comme une incitation au crime, ce qui de mon point de vue est faux. Il n’appelle pas les homme à frapper les femmes, il ne dit pas "faite comme moi, frappez votre copine", il ne frappe même pas sa copine d’ailleurs, il est juste soul et parle de le faire.

Au contraire, d’une incitation au crime, je dirai que cette chanson montre un pauvre type perdu dans tout son malheur dont le comportement misérable ne pousse personne à l’imiter.

Il ne faut pas confondre les causes et les conséquences de la violence. Croire que l’on va résoudre la violence faite aux femmes ou même la réduire en interdisant des textes est complètement vain. Prouvez moi le contraire et je rejoins votre cause.

Lorsque l’on me propose de troquer un peu de liberté contre un peu de sécurité je me méfie toujours, c’est à la mode en ce moment pourtant on sait où ça mène...

30/07/2009 15:49 par MonsieurLaVie

Et si Orelsan était femme, et qu’elle pronnait d’ecraser les couilles de son adultère de mari a coups de talon ... Qui en penserait quoi ?
Ce mec est une caricature de provocateur, qu’on le laisse creuver dans l’oubli.. Il ne mérite pas un article dans 20minutes

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