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Sortir de l’anticommunisme.

timbre à l’effigie du pasteur Martin Niemöller

« Anti-totalitarisme »… totalitaire

Ce serait comique si ce n’était si grave pour la liberté de pensée : c’est en effet au nom de « l’anti-totalitarisme » (!) que, sans presque jamais disposer du moindre droit de réponse, les défenseurs du communisme historique, et plus généralement, tous ceux qui continuent le combat de Babeuf et de Varlin, de Marx et de Lénine, de Manouchian et de Guevara, sont inlassablement cloués au pilori par les médias du Parti Unique Maastrichtien, très « laïquement » relayés par l’histoire officielle de l’école « républicaine » : concélébrée par les pontifes de la droite dure et de la fausse gauche, benoîtement servie par le choeur jamais las des « communistes repentis », la grand-messe bleue-rose-brune de l’anticommunisme à jet continu a déjà battu tous les records d’anathèmes et d’excommunications dont furent respectivement abreuvés par les contre-révolutionnaires de leur temps, Spartacus et les Gracques, Robespierre et Marat, Varlin et Louise Michel…

Parachevant ce harcèlement médiatique, une batterie législative de textes européens et/ou hexagonaux prétend criminaliser l’histoire du communisme : « élu » par 40% d’ « Européens », le « Parlement » de Strasbourg prétend ainsi amalgamer le IIIème Reich génocidaire de Krupp et Thyssen à l’URSS ouvrière et paysanne de Lénine, la Wehrmacht des Einsatzgruppen aux héros de Stalingrad, les tortionnaires nazis aux « terroristes rouges » de Chateaubriant et de la Citadelle d’Arras qui tombèrent pour nous, Marseillaise et Internationale aux lèvres, sous les balles allemandes.

Le but de ces textes scélérats est de doter d’une base juridique l’euro-maccarthysme qui se développe dans toute l’Union européenne ; une UE dont les dirigeants veulent, au moyen de l’anticommunisme et de l’antisoviétisme à retardement, faire diversion au rejet populaire profond qui, de Lisbonne à Bucarest, hante la « construction européenne » capitaliste .

CNR connais pas !

D’ailleurs, combien de lycéens, dressés dès l’enfance à confondre dans un même opprobre « anti-totalitaire » l’Allemagne nazie et l’URSS de Stalingrad, Mussolini et Lénine, connaissent-il la phrase prononcée par De Gaulle à Moscou en 1966 : « les Français savent que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans leur libération » ? Et combien de manuels d’histoire rappellent-ils à leurs jeunes lecteurs que les principaux acquis sociaux de notre pays, - ceux-là même que M. Denis Kessler a cyniquement félicité Sarkozy de casser en « démantelant le programme du CNR » -, ont pour l’essentiel été mis en place de 1945 à 1947 par le gouvernement à participation communiste présidé par Charles De Gaulle ? Dans ce gouvernement d’unité patriotique, l’ex-déporté communiste Marcel Paul nationalisait EDF et Renault ; Maurice Thorez rédigeait le statut des fonctionnaires et celui des mineurs ; H. Wallon et Joliot-Curie reconstruisaient l’Education nationale, le CNRS et le CEA sur des bases démocratiques ; Ambroise Croizat (PCF) instituait, excusez du peu, les retraites par répartition, les conventions collectives, les comités d’entreprise… et la « Sécu » : bref, tous ces acquis de civilisation que la « rupture » sarkozyste, applaudie par l’UE et par le MEDEF, s’efforce d’araser, en imposant à notre pays un suicidaire plan d’alignement structurel.

Au reste, pourquoi l’oligarchie capitaliste se retiendrait-elle de prendre enfin sa revanche sur la « France rouge », maintenant que la victoire de la contre-révolution de Berlin à Vladivostok a re-mondialisé l’exploitation capitaliste, que l’Europe socialiste et la RDA ont été re-colonisées par l’Europe du capital pilotée par Berlin, et que, concernant la France, la mutation-reniement du PCF et l’euro-formatage de l’état-major CGT laissent les salariés à la merci d’une « french’ telecomisation » générale de leurs conditions de vie ? Car les nouveaux Metternich de l’Europe contre-révolutionnaire ont peu à redouter d’une semi-critique « alter-capitaliste » et « alter-européiste » qui partage sur le fond ces fondamentaux de la pensée unique que sont l’anticommunisme, l’antisoviétisme, l’anti-marxisme et leurs sous-produits hexagonaux, l’anti-jacobinisme primaire et la sordide autophobie nationale que distille l’oligarchie financière « française » dirigée par « Sarko l’Américain »...

Les héros au banc d’infamie, les héritiers des bourreaux dans le rôle de l’Inquisiteur

Dans le climat néo-vichyste actuel, on ne s’étonne même plus que les résistants communistes de France qui, des maquis de Corrèze à la guérilla urbaine des FTP-MOI en passant par l’insurrection parisienne de 1944, furent le fer de lance de notre Résistance armée , soient odieusement traînés sur la sellette : à l’inverse, les héritiers des partis qui investirent Pétain en livrant à l’Allemand les juifs et les résistants, reprochent aujourd’hui aux combattants communistes de ne pas avoir risqué leur peau assez tôt ! Qu’importe à ces faussaires que, de l’héroïque manif communiste organisée à l’Etoile le 11 novembre 40 par l’Union des Etudiants Communistes (interdite depuis 39 !) aux premiers sabotages effectués dans le Var dès 1940 par le communiste Roger Landini, en passant par la grève minière du Pas-de-Calais dirigée en mai-juin 41 par Michel Brûlé et par le prisonnier ukrainien évadé, le bolchevik Vasil Porik, les communistes et les cégétistes aient assumé le gros de la lutte armée et du combat de masse antifasciste ? Qu’importe qu’ils soient tombés en nombre sous les fusillades nazies, des maquis de Corse aux poteaux d’exécution du Mont Valérien, au double cri de Vive la France ! et de Vive le communisme ! ?

L’anticommunisme, ombre portée de la crise capitaliste

Il serait pourtant naïf de croire que le but principal des Inquisiteurs est seulement de noircir le passé communiste pour rompre l’ancrage révolutionnaire du mouvement ouvrier. Si le spectre de l’anticommunisme hante plus que jamais la crépusculaire Europe de Maastricht, c’est que, bien que devenu mondialement hégémonique, le capitalisme en crise est sur la défensive. Il n’en finit pas de précariser la classe travailleuse et de ruiner les paysans, de secréter du même pas la misère la plus poignante et les fortunes les plus scandaleuses, de multiplier les guerres néo-coloniales (hier l’Irak, demain l’Iran ?), tandis que le commerce des armes et de la drogue règne sur le « libre-échange mondial » organisé par l’OMC et par le FMI des P. Lamy (PS) et autres Strauss-Kahn (PS) à coups de privatisations, de délocalisations et de crise alimentaires organisées. Pendant ce temps, rythmée par le double envol de la Bourse et des licenciements, la « sortie de crise » annoncée promet d’être aussi insupportable que la crise elle-même. Dès lors, les honnêtes gens s’interrogent : l’humanité survivra-t-elle à ce système fou et cruel, où le profit privé de quelques-uns prive de tout sens humain l’histoire des peuples et la vie des individus, alors que, sous le masque « libéral », se profile une dictature euro-atlantique porteuse d’une pensée, d’une économie, d’une langue et d’une politique uniques, dont les pires despotes d’hier n’osèrent jamais former le projet « globalitaire »

Renaissance de l’idée communiste

D’autant que l’idée communiste refait son chemin : relayée jusqu’à nous par Cuba, qui a tenu bon alors que Gorby et Eltsine croyaient l’avoir livrée toute crue à l’Oncle Sam, l’aspiration à un « socialisme du 21ème siècle » renaît sous des formes diverses, notamment en Amérique latine. Cette aspiration s’articule au principe anti-impérialiste du droit des peuples à créer eux-mêmes leur propre destin. Car enfin, n’est-il pas irrationnel que des nations, des langues, des cultures séculaires, soient broyées par les incultes mercantis de Mac Do et d’Eurodisney ? N’est-il pas suicidaire qu’à notre époque de socialisation planétaire des échanges, l’anachronique propriété privée des grands moyens de production confère « démocratiquement » à quelques milliardaires un droit de vie et de mort sur la vie des peuples ? A l’inverse, n’est-il pas vital que, planifiant leur coopération internationale dans le respect de leur souveraineté, les peuples s’assurent de la maîtrise publique des grands moyens de production et que le monde du travail occupe enfin dans la vie politique la place centrale qui revient de droit aux producteurs de richesses ? Oui, il urge que la solidarité internationale des nouveaux prolétaires en cols bleu ou blanc, s’allie au patriotisme républicain pour résister à la barbare mondialisation capitaliste ainsi qu’à ses sanglants complices, le racisme, l’intégrisme et le communautarisme. Car s’il est vrai que l’exploitation de l’homme par l’homme a historiquement perdu toute force propulsive, si l’exterminisme est bien la phase suprême d’un système impérialiste qui mène l’humanité à la mort par délitement sociétal, déprédation écologique ou extermination nucléaire, alors la construction d’un communisme de seconde génération, dans lequel le « développement de chacun sera la clé du développement de tous » (Marx), devient objectivement une question de vie ou de mort pour tous les hommes qui veulent construire rationnellement leurs rapports avec l’autre homme… et avec la nature.

Pour une assimilation critique de l’héritage communiste

Cela n’exige nullement d’idéaliser la première expérience socialiste de l’histoire. L’expérience issue d’Octobre 1917 n’eût pas connu la défaite si, pour des raisons que l’outillage théorique marxiste permet largement d’éclairer, les travailleurs de ces pays s’étaient toujours, comme à Cuba, sentis les maîtres effectifs de leur pays. Cette autocritique exclusive de toute auto-flagellation, les révolutionnaires doivent la mener sans céder à la diabolisation de leur histoire par un système capitaliste dont les crimes ne mériteraient pas un « livre noir » mais… des dizaines de bibliothèques brunes ! Cela n’exclut pas moins d’avaler l’eau sale des déviations politiques passées sous prétexte de sauver l’enfant socialiste que de renier l’enfant socialiste sous couleur de vidanger l’eau du bain ; il faut plutôt partir de l’arriération initiale dans lesquelles une expérience historiquement inédite dut se construire en distrayant une part considérable de ses ressources pour faire face à la course aux armements, à la guerre idéologique et aux invasions exterminatrices inlassablement venues de l’Ouest. Il convient en un mot de saisir les conditions profondément contradictoires dans lesquelles s’est édifiée ce premier effort de l’humanité travailleuse pour bâtir durant des décennies une société débarrassée de la Bourse et du capital. Il importe aussi de refuser catégoriquement la déshonorante équation communisme=nazisme, qui criminalise la révolution sociale tout en banalisant le fascisme.

Les peuples de l’Est ont fait une expérience historique de masse : écoutons-les

Et tout d’abord, prenons conseil auprès des peuples de l’Est ; non pas auprès de ces anticommunistes professionnels qui osent parler au nom de leurs peuples respectifs après les avoir grugés et ruinés, mais auprès des ouvriers, des paysans, des retraités de Russie, de RDA, de Hongrie, de Roumanie, etc., qui ont vécu et évalué dans leur vécu quotidien la restauration capitaliste travestie en « démocratisation » : car, expérience faite, et sans avoir le moins du monde oublié les répressions arbitraires et les aspects bureaucratiques qui caractérisèrent à des degrés très divers l’époque précédente, les peuples font leurs comptes ; ils comparent les « mérites » de l’euro-capitalisme (paupérisation galopante des masses, enrichissement fabuleux des maffias) à ces acquis bien réels du socialisme qui avaient nom plein emploi, éducation de bon niveau, culture, sport, vacances et soins médicaux accessibles à tous, logement assuré à bas prix, faible criminalité, sécurité de l’existence, esprit de solidarité dans la vie quotidienne. C’est ce retour raisonné du socialisme dans les mémoires qu’attestent tous les sondages réalisés en RDA, en Hongrie ou en Russie, et mieux encore, ce sondage continental grandeur nature qui a récemment vu les peuples de l’Est boycotter encore plus massivement que les peuples de l’Ouest ces élections européennes à l’occasion desquelles le Parti Maastrichtien Unique somme périodiquement le bon peuple de « choisir librement » entre la version droite et la variante de « gauche » de la casse sociale et du déclin national...

Sortir de l’anticommunisme pour engager une rupture progressiste

Sortir de l’anticommunisme permettrait enfin aux progressistes de penser de manière conséquente la rupture révolutionnaire indispensable pour triompher de la sarko-« rupture » thatchéro-fascisante ; libérés du complexe contre-révolutionnaire qui plombe leur pensée, bride leur action et plombe leur réorganisation, les vrais progressistes pourraient enfin comprendre et clamer qu’il faut sortir la France du broyeur européen qui la tue et qui la dénature, qu’il faut extraire à 100% l’humanité d’un système capitaliste qui ne crée la richesse « qu’en épuisant la Terre et le travailleur » (Marx). Pour toute l’humanité travailleuse, l’enjeu est d’émerger à temps de cette «  fin de l’histoire universelle » que la mondialisation contre-révolutionnaire peut à chaque instant transformer, si de nouvelles révolutions ne viennent pas la briser à temps, en histoire universelle de la fin.

« 1989 ! », clame la réaction célébrant la contre-révolution anticommuniste et anti-jacobine qu’elle croit éternelle : « 17 et 89 ! », répondront les héritiers de Gavroche et de Guy Moquet, bien résolus à triompher ensemble des Blancs et des Bruns de tous les pays, vainement coalisés pour emmurer les Lumières.

Georges Gastaud

COMMENTAIRES  

30/10/2009 14:17 par Anonyme

Magnifique texte, rien d’autres à ajouter. La propagande est bien présente en occident pour empêcher le peuple de se faire son propre jugement sur ce qu’un véritable communisme mis en place pourrait lui apporter dans sa vie quotidienne.

30/10/2009 14:28 par goupil de maupertuis

moi je crois au communisme mais au vrais communisme
le pouvoir au peuple pas à un groupe de soviet
chaque chose doit être voté par le peuple pas par trois andouilles présent dans un hémicycle sans tricherie sans découpage électoral arrangeant
je crois que le partage de la richesse et des misère doit être égal pour tout le monde
je crois que quand tout le monde travaille personne ne fatigue
mais je ne crois plus depuis longtemps au promesses électorale

30/10/2009 15:36 par misraf

rien a dire remarquable article,il retrace fidelement la realité actuelle.Mais il y a un petit hic a toute cette histoire. Selon F.Engels """tant qu’un mode de production se trouve sur la branche ascendante de son evolution,il est acclamé meme de ceux qui sont desavantagés par le mode de
repartition correspondant....C’est seulement lorsque...les conditions de son existence ont en grande partie disparu et que son succeseur frappe déjà a la porte,c’est seulement alors que la repartition devenant de plus en plus inégale apparait injuste"""Bien sur je cite Engels parceque ces changements supposent des changements dans la propriété sur
les moyens de productions,selon Marx,""la contradiction entre les rapports de productions et les forces productives s’exprime par l’antagonismee entre les groupes sociaux,antagonisme entre ceux qui veulent conserver les rapports de productions existants sur la propriété et ceux qui demandent des changements qui permettront d’ajuster les rapports de productions aux forces productives."" cet antagonisme entre groupe sociaux ,souligne t il,est la source dynamique du changement social ;c’est la lutte des classes. Moi je veux encore croire,mais la plus part du temp je suis deçu de voir que les groupes sociaux se sont erigés en corporatisme et pour des miettes s’entretuent entre eux comme du temp des gladiateurs.Tu fais la remarque essentielle,a savoir que pouvoir agit sur l’individu par l’eduction et la propagande.Une fois que nous aurons bien identifier nos amis et nos ennemis peut etre que nous hateront les changements necessaires pour cette civilisation en voie de putrefaction.

31/10/2009 02:21 par Vania

Bravo et merci pour ce texte !

31/10/2009 03:28 par Fald

Je partage cette analyse, sauf sur un point : l’obstiné optimisme révolutionnaire qui veut voir les peuples beaucoup plus intelligents qu’ils ne le sont.

Certes, il y a des gens à l’Est qui regrettent certains aspects du socialisme, en fait ce qui était vraiment socialiste dans leur société : la sécurité économique et sociale.

Mais peut-on parler de conscience ? Si c’était le cas, le communisme remonterait en flèche dans ces pays. Or, même s’il fait des scores qui paraitraient mirobolants en France, on est loin du compte. En fait, ceux qui, à l’Est, pleurnichent sur un certain bon vieux temps sont incapables de s’organiser politiquement.

Quant à Cuba, je crains fort qu’elle ne suive un jour l’Europe de l’Est. J’aimerais croire qu’un peuple sur Terre est moins con que les autres, exception confirmant la règle, mais je n’y arrive pas. J’ai bien peur que chaque Cubain ne rêve d’être un jour un gagneur de la restauration capitaliste.

Je sais, je choque en parlant de la connerie des peuples. Pourtant les résultats électoraux sont là . Quand une masse de prolos votent extrème-droite, il est inutile de gloser sur leur révolte. La révolte sans conscience n’est rien, et surtout pas une révolution. Quant à l’abstention aux européennes, elle est du même tonneau. La résignation n’est pas non plus de la conscience.

Désolé de jeter un froid, mais j’en ai marre de la méthode Coué. Il ne sert à rien de flatter "le peuple" ou "les peuples".

Dans les pays développés, le salariat représente plus de 80% de la population et il faut y ajouter tous les indépendants (commerçants, artisans, paysans, professions libérales...) qui seraient ruinés sans la clientèle du salariat.

Or, la politique profitant uniquement aux 5% les plus riches de la société fait plus de 90% des voix. Comme les 5% en question ne se trompent pas, eux, on est bien obligé d’admettre que la masse du corps électoral ne comprend rien au film !

Et il serait peut-être temps de le dire ! Il est bien connu qu’un alcoolique ou un drogué ne peut pas s’en sortir si on lui dit pas que son addiction est grave. Comment veut-on que les peuples se mettent enfin à réfléchir, et pas seulement à râler ou à peurnicher, si on ne leur dit jamais que ce n’est pas la même chose ?

31/10/2009 12:21 par Samuel Métairie

Joli brûlot agréable à lire, et tellement tristement vrai...
On peut faire un lien avec Tarnac, et l’invention politico médiatique d’un ministère hystérico-paranoîaque sur la mouvance d’ultra gauche terroriste. On récupère les termes de l’histoire, on les galvaude pour criminaliser ceux qui s’éloignent du bon chemin, et on en chope quelques uns de temps en temps pour servir d’exemple et faire peur à la mousse eléctorale bleue-fascisante.

Seulement, l’histoire récente impose que l’on fasse la différence entre communisme et socialisme. Le socialisme, à part en Amérique Latine, n’a jamais été appliqué.
Et que par cela, l’URSS était aussi un régime très autoritaire (pour ne pas dire totalitaire...). Dès qu’une élite se place au dessus des masses pour dire comment orienter les affaires publiques, qu’elle soit rouge bleue ou brune, la fonctionnement est le même : garder à tout prix le pouvoir oligarchique. A ce propos, Machiavel explique très bien ce phénomène de conservation du pouvoir par l’élite au pouvoir.

Le pouvoir, minoritaire a peur de la masse, majoritaire. Organisons nous pour s’en affranchir et créer l’unité et le (réel) socialisme (proudhonien) !

31/10/2009 23:08 par bob

désolé je trouve cette défense du communisme trés pauvre, le communisme mérite mieux que cela, que cette défense religieuse des ex pays de l’est et de l’expérience avorté du début du communisme, qui a trés vite , déboucher sur du capitalisme d’Etat, car ce n’est pas la représsion, ou le manque de liberté (même si cela est important), qu’il faut voir , c’est que ces régime n’avaient rien de communiste.
Mais cela est un trops long débat......

31/10/2009 23:22 par Vania

A M.Metaire, Un petit commentaire : l’élite en URSS n’était pas propriétaire des moyens de production (pétrole, gaz usines etc). De plus, les fonctionnaires vivaient modestement(cette information fait partie de mon vécu,un constat personnel, ce n’est pas une information tirée d’un bouquin).Rien à voir avec l’élite capitaliste(gros banquiers, trafiquants,fabricants d’armes , propiétaires des ressources:eau,pétrole, gaz, multinationales etc).
Amitiés

01/11/2009 08:44 par bob

re désolé pour répondre a Vania sans trop polémiquer ; l’aspect juridique ne change pas grand chose (nationalisation en france !), que l’etat controle tout, est dise que c’est la propriété du peuple n’empéche pas l’accaparement des richesse, par une éliste, caste , bourgeoisie, nomenklatura....qu’ils n’en tire pas grand chose montre le niveau de faiblesse de developpement des forces productives, leurs économies était moins efficace, leur productivité plus faible.Arrétons d’étre dans une vision romantique du communisme, finalement qu’est-ce que le capitalisme ? ; qu’est que le communisme ?VOILA la grande question !?. Trop long débat ici

01/11/2009 15:23 par MarcDS

Je reproche à ce texte d’alimenter la conviction, hélas très largement répandue, qu’il n’y a d’autre alternative au capitalisme que le communisme. Il me semble pourtant que si le capitalisme, basé sur les mauvais penchants de l’homme, est aujourd’hui dépassé, le communisme, basé sur ses sentiments les plus nobles, l’est malheureusement tout autant en tant que doctrine économique. L’un comme l’autre en effet, ont été pensés en des temps où la finitude des ressources terrestres ne se concevait pas, et où les ressources financières et humaines étaient limitées. Ni l’un ni l’autre, conséquemment, n’intègrent le paramètre environnemental. Or celui-ci est devenu crucial, en même temps que les ressources terrestres se font rares et que les ressources financières et humaines sont devenues abondantes.

Malgré toute la sympathie que je peux avoir pour l’idéal communiste, je crois que l’avenir des sociétés humaines passera par la conception d’une doctrine qui prenne en compte, à côté de l’homme possédant et de l’homme possédé, l’existence d’un troisième acteur dans le jeu économique : la Terre, dont les exigences sont devenues incontournables.

01/11/2009 21:36 par antiempire

a bob
voila malheureusement lanticommunisme de gauche. quil faille critiquer ces regimes pour leur manque de liberte c une chose. mais nas tu pas peur de donner raison a loccident en disant critiquer est une chose mais diaboliser en est une autre. reconnaissons tout de meme leurs progres sociaux. les populations de lest sont nostalgiques du socialisme qui leur a permis davoir un travail, de pouvoir sinstruire, se soigner et avoir un salaire leur procurant de quoi vivre. apres on pourra en dire tout ce quon voudra mais le socialisme et le communisme c different. les regimes communistes etaient des dictatures certes mais ont permis de reels progres. or seulement louest na voulu laider il a prefere decreter un embargo contre lui. souvenons de que des troupes franco britanno etats uniennes etaient en russie apres la revolution bolchevique aux cotes des armees blanches.
je noublie pas non plus le role de la ned dans la destabilisation des pays de lest qui conduisit a leur effondrement. le meilleur exemple c la yougoslavie. et puis le systeme avait ses defauts, ct mieux que la therapie de choc imposee par le fmi dans les annees 1990 qui a dollarise ces pays. il nya qua voir la situation de la russie. son economie etait digne dun pays du tiers monde. tu trouves que c normal aussi ? alors sortons de lanticommunisme et evitons den recycler les mythes pour une critique non anticommuniste du systeme.

02/11/2009 04:48 par Vania

A Bob,Je ne suis pas d’accord de dire que comme la productivité du socialisme soviétique était moindre, ceci expliquerait pourquoi les élites étaient moins riches.En URSS, le Collectivisme et la Solidarité faisaient partie de la société. La reconnaissance sociale ne pouvait pas s’acheter (comme en occident), mais on pouvait l’obtenir par les études (ex:un scientifique)par l’implication sociale (ex : travailler dans une organisation d’amitié entre les peuples) ou par le travail. Malheuresement, la carrière armementiste pour se défendre contre l’Occident lui a coûté très chère. Voici un exemple de Solidarité de L’URSS qu’on ne trouve pas dans une nation capitaliste :Les centaines de milliers voir les millions d’étudiants étrangers qui ont reçu une éducation universitaire totalement GRATUITE ;ces étudiants ne payaient RIEN, même pas le billet d’avion,ils avaient même un salaire !!Ils ont même créé une Université pour étrangers (Patricio Lumumba).Combien d’africains ou des latinos humbles sont devenus des médecins grâce aux soviétiques !!En occident une personne est importante si elle a de l’argent (VIP =very important person). Dans un avion VIP est traitée comme quelqu’un d’exceptionnelle. Comment est-elle devenue riche ?? est-elle un gangster ?? un trafiquant ??Cela n’a pas d’importance !! Non, les dirigents capitalistes défendent les intérêts d’une minorité, les dirigents du socialisme soviétique ont essayé (avec des erreurs) de construire une société Solidaire et Instruite. VOICI la différence. Ce n’est pas du romantisme c’est du réalisme !!
Amicalement

02/11/2009 09:41 par bob

je ne veux pas polémiquer avec "antiempire", je ne nie pas le contexte historique trés difficile, les quelques avancés social, mais les conditions idéal n’éxistent pas, sauf en laboratoire.

02/11/2009 19:03 par Anna

@Vania, il faudrait sans doute rappeler que l’URSS, qui a vaincu militairement les nazis et a perdu +20 millions d’hommes (sans compter les destructions, et les innombrables estropiés, malades, invalides, etc), a du se reconstruire sans plan Marshall ; On sait que la victoire au sortir de la WWII fut le début de la fin pour eux.

Critiquer le "socialisme" réel (qui n’avait de socialiste que le nom, à l’image de notre cher DSK), et oublier le contexte, c’est un peu trop facile.

02/11/2009 21:46 par berger

Pas une virgule à changer.

Bravo à Georges Gastaud !

Ce texte est-il libre d’être diffusé ?
i.e. est-il possible de le diffuser largement sur d’autres supports (tout en informant l’auteur de sa destination comme le veut la loi, bien entendu) ?

Le PCF commence à retrouver ses bases grâce à la sienne (de base). La diffusion de ce texte au sein du parti serait une oeuvre salutaire.

Un membre du PCF

03/11/2009 13:17 par (k)G.B.

Très bon texte.

04/11/2009 19:06 par revizor

Ce texte est très intéressant et énonce bien les termes du problème.

En fait le capitalisme n’est ni amendable, ni réformable en dépit des déclaratiosn de SARKOZY et autres sociaux-démocrates ou même communistes mutants qui n’en peuvent plus de vouloir le moraliser.

De même on ne peut suivre les écolos qui prétendent à la fois dépasser le capitalisme et le socialisme par l’avènement d’une société écologiste.

En effet le choix est bien entre capitalisme ou socialisme, entre socialisme et barbarie.

09/11/2009 01:03 par Byblos

MarcDS fait le commentaire suivant : « L’un comme l’autre [capitalisme et communisme] en effet, ont été pensés en des temps où la finitude des ressources terrestres ne se concevait pas, et où les ressources financières et humaines étaient limitées. Ni l’un ni l’autre, conséquemment, n’intègrent le paramètre environnemental. Or celui-ci est devenu crucial, en même temps que les ressources terrestres se font rares et que les ressources financières et humaines sont devenues abondantes. »

En effet, l’essentiel des problèmes de l’humanité réside désormais dans la raréfaction accélérée des ressources, opposée à l’accroissement rapide des populations humaines et du désir légitime des plus pauvres d’améliorer sensiblement leur sort et d’accéder à l’univers illusoire de la grande consommation.

Je pense que les entreprises capitalistes sont incapables de mettre un terme à leur besoin de croissance, ni à la nécessité pour elles d’alimenter le désir de consommer.

Je pense que les sociétés capitalistes sont, dès lors, incapables de se réformer de l’intérieur en opérant un renversement radical de leur système de valeurs reposant sur le besoin (?) de consommer toujours plus. En d’autres termes, la nécessaire frugalité conduit directement à la destruction du système capitaliste, ce qui serait inacceptable pour les oligarques d’Occident autant que pour leur public conditionné à se gaver de produits aussi objectivement inutiles que subjectivement essentiels.

Je pense, au risque d’être paranoïaque, que dès lors se pose de façon inéluctable la nécessité (?) pour l’homme blanc occidental de réduire sensiblement le nombre de la population humaine (déboisement ?) pour ne pas être forcé de remettre fondamentalement en question son mode de vie.

Je pense que nous nous dirigeons à fond de train vers la plus horrible opération de prédation de l’Histoire de l’Humanité pourtant riche en atrocités.

10/11/2009 17:15 par Roger

Il s’agit d’un texte intéressant et tellement rare...
L’anticommunisme est d’une violence inouïe, distillé par une propagande tellement massive (hyperfinancée, redoublée par la publicité et les séries TV) que la propagande soviétique au temps de sa splendeur apparaît fade.
Je reste étonné qu’il puisse encore exister suffisamment d’ esprit critique dans le peuple...Si bien que le peuple n’est pas si "con" qu’il y paraît au vu de résultats électoraux (de 50% de votants en moyenne).
Ne pas désespèrer du peuple, il n’y a pas d’alternative !

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