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Thème : Belgique

Ludo de Witte : « Il faut changer les mentalités et décoloniser complètement l’espace public »

Ludo de WITTE

Entretien avec Ludo de Witte lors de l’inauguration du square Lumumba à Bruxelles.

Le 30 juin 2018, la République Démocratique du Congo célèbre le 58e anniversaire de la proclamation de son indépendance. Ce même jour, est inaugurée à Bruxelles une place au nom de l’éphémère premier chef de gouvernement du jeune Congo indépendant, Patrice Emery Lumumba, ce héros de l’indépendance assassiné le 17 janvier 1961 avec la complicité de la CIA et de la Belgique. L’évènement frappe, au cœur de l’ancienne puissance coloniale, où les sculptures, plaques de rues, avenues et boulevards célébrant les « héros » belges ayant « apporté la civilisation au Congo » quadrillent la ville. Ludo de Witte est historien et auteur de nombreux livres dont L’Ascension de Mobutu ou le célèbre ouvrage L’Assassinat de Lumumba. Ce dernier, au retentissement impressionnant, déboucha en 2001 sur la création d’une « Commission d’enquête parlementaire chargée de déterminer les circonstances exactes de l´assassinat de Patrice Lumumba et l´implication éventuelle des responsables politiques belges dans celui-ci ». Depuis, la Belgique a (...) Lire la suite »

Victoire totale contre le fonds vautour NML Capital

CADTM
C’est une victoire sur toute la ligne pour le CADTM, Comité pour l’Abolition des Dettes illégitimes, le CNCD- 11.11.11 et son homologue néerlandophone représentés par Me Olivier Stein du cabinet Progress Lawyers Network. Ce jeudi 31 mai, la Cour constitutionnelle belge a rejeté le recours du fonds NML Capital Ltd qui demandait l’annulation de la loi adoptée le 12 juillet 2015 « relative à la lutte contre les activités des fonds vautours » (1) protégeant ainsi cette loi unique au niveau mondial. C’est une victoire pour les peuples du monde face à un acteur vorace de la finance dérégulée. Pour Renaud Vivien, juriste au CADTM, qui mène le combat contre les fonds vautours depuis plus de dix ans, « cet arrêt historique est l’aboutissement, en Belgique, d’un long combat politique et juridique contre les fonds vautours. Sur le plan juridique, c’est une victoire totale contre NML Capital et son dirigeant milliardaire Paul Singer – principal donateur du Parti républicain aux États-Unis – puisque tous ses arguments (...) Lire la suite »

Quand la justice déraille à la ZAD de Haren (Bruxelles) : 10 mois de prison pour une maquette

Luk VERVAET

Le 18 avril 2018, la Cour d’appel de Bruxelles a confirmé la peine prononcée par le tribunal de première instance contre quatre militants anticarcéraux. Les quatre militants sont poursuivis pour avoir fait partie d’un groupe d’une vingtaine de personnes qui, le 20 mai 2015, auraient détruit la maquette de la méga-prison de Haren, lors d’une action contre celle-ci, à la Régie des Bâtiments à Bruxelles. La construction de la prison de Haren divise clairement l’appareil judiciaire en Belgique.

Des juges avec nous... Si, dans leur ensemble, police, armée, prisons et appareil judiciaire constituent les piliers de l’ordre capitaliste de notre société, des contradictions traversent aussi ces institutions. Au sein de l’appareil judiciaire, des hommes, comme le Juge Luc Hennart, ou des groupes, comme l’Association Syndicale des Magistrats (ASM), s’opposent comme nous à la construction de la méga-prison à Haren. En février dernier, dans le bulletin Justine de l’ASM, Hervé Louveaux, juge auprès du Tribunal de première instance francophone de Bruxelles, a rappelé de manière remarquable les raisons de cette opposition. Parce que, écrivait-il, cette prison est trop grande, elle est trop loin, elle est trop chère (soixante millions par an pendant vingt-cinq ans, hors frais pour le personnel pénitentiaire et l’énergie). Aussi parce qu’elle comportera des salles d’audiences destinées aux juridictions d’instruction, créant ainsi « un lieu de justice aussi excentré que déplacé du point de vue symbolique ». (...) Lire la suite »

ENQUETE : Bienvenue en ploutocratie : Kazakhgate, Afrique, réseaux…

Eric Arthur Parme
Il est des événements qui sont de véritables affaires d’État, mais qui passent, comme si de rien n’était. Tirer les conséquences de tels scandales et accepter leurs implications demanderait en effet une refonte totale de nos sociétés, révélant que la démocratie n’y existe pas, sauf sous ses seules manifestations inoffensives pour l’ordre établi et ses systèmes ploutocrates-mafieux. Nous avons voulu nous replonger dans ces affaires d’État, imbriquant une multitude d’acteurs, différents pays, niveaux de pouvoir, « hommes d’affaires », magistrats… La première de celles-ci, c’est celle du Kazakhgate, que la commission d’enquête parlementaire [belge - précision LGS] clôturera le 30 mars 2018 par un « non-lieu », imposé par une majorité gouvernementale protégeant certains des siens. On découvrira pourtant, en trois chapitres, un cartel dans lequel on retrouve toujours des personnalités d’une même couleur politique. Certains médias ont déjà dévoilé des pièces éparses de ce système, mais en les reliant nous prenons (...) Lire la suite »

Tous antisémites ?

Pierre VERHAS
Deux incidents viennent de relancer le débat sur l’antisémitisme, débat pollué par le fanatisme et l’ignorance. Le premier s’est tragiquement déroulé en France. L’assassinat de Mireille Knoll, une vieille dame juive, rescapée de la rafle du Vel d’Hiv, les 16 et 17 juillet 1942, vivant seule dans son petit appartement de la banlieue parisienne a ému et révolté tout être humain digne de ce nom. Comment peut-on avoir l’abjection et la lâcheté de tuer une personne fragile de par son âge, mais forte de cœur ? Ce forfait a-t-il été commis parce qu’elle était juive ? Les deux paumés qui ont été arrêtés voulaient sans doute s’emparer de sa « fortune » parce que tout le monde sait qu’une Juive, cela a beaucoup de sous ! En plus, ces deux petits cons la connaissaient et avaient bénéficié de sa générosité ! C’est ce qu’on peut appeler l’antisémitisme primaire. Le trépas de Mireille Knoll a très vite symbolisé le regain d’antisémitisme que l’on constate particulièrement en France. Le CRIF représentatif ? Mais cet (...) Lire la suite »

Nous sommes tous Dyab Abou Jahjah !

Luk VERVAET
En Belgique, on peut sans problème défendre les assassinats ciblés systématiques, réalisés avec des drones par le Mossad, le service secret israélien, contre des dirigeants et des militaires palestiniens. Ou l’assassinat par balles, en pleine rue, comme le 15 décembre dernier, il y a à peine trois semaines : Mohammed Alzoari, un dirigeant du Hamas, abattu près de sa maison en Tunisie. On a aussi pu applaudir sans souci à l’opération Plomb durci, dans laquelle Israël a bombardé Gaza sans relâche de décembre 2008 à janvier 2009. Avec la mort de 1315 Palestiniens, dont 410 enfants et plus de 100 femmes, et 5285 blessés comme bilan... Mais si vous défendez par contre le droit reconnu internationalement des Palestiniens à résister par tous les moyens contre cette machine de guerre et l’occupation illégale de la Palestine, comme Dyab Abou Jahjah après l’attaque palestinienne contre un groupe de soldats israéliens à Jérusalem, alors il faut en payer le prix ! Le secrétaire d'Etat Theo Franken et le mensuel Joods (...) Lire la suite »

Belgique. Etat d’exception sans état d’urgence.

Jean-Claude PAYE
La « lutte contre le terrorisme » bouleverse en permanence l’environnement juridique. En Belgique, ce 1er décembre 2016, la Chambre vient, dans l’indifférence générale, d’adopter la loi « modifiant le code pénal en ce qui concerne la répression du terrorisme », une législation qui accentue fortement la subjectivation du droit. En détachant l'incrimination de la matérialité de l'acte, les législations antiterroristes constituent une rupture dans l'écriture du droit pénal. Il s'agit moins de s'attaquer à des faits qu'à des intentions. Toute l'évolution législative va consiter à abstraire toujours d'avantage l'objet véritable de l'incrimination du terrorisme, son élément intentionnel, d'en faire une chose en soi détachée de la réalité des faits. C'est dans cette perspective, de mise en place d’incriminations politiques, qu'il faut lire les notions successives de participation, de préparation ou d'incitation « indirecte » au terrorisme, en Belgique ou dans tout autre pays membre de l'Union européenne. Le 13 et 15 (...) Lire la suite »

« Organisez un référendum européen et vous verrez que les Wallons ne sont pas seuls »

Peter Mertens

Dans l’affaire de l’opposition de la Région wallonne à l’accord de libre-échange avec le Canada, le fameux CETA, nombre de commentateurs ont évoqué le rôle du PTB. Peter Mertens, président du parti de gauche, nous donne son point de vue sur la question.

Peter Mertens. « L'Union européenne s’était préparée pleine d’assurance à signer un accord de libre-échange avec le Canada. Bien que cet accord, le CETA, ait des conséquences extrêmes pour l'Europe, pour ses habitants et pour le climat, l'establishment européen n'avait pas vraiment l'intention de gaspiller beaucoup de salive pour parler de ce traité. Jusqu'au moment où le gouvernement wallon est venu tout gâcher. Il a quand même lancé le débat sur la question et, du coup, la presse internationale s'est précipitée vers Namur et Bruxelles. La Belgique se retrouvait dans l'œil du cyclone avec, aux premières loges, le ministre président socialiste Paul Magnette. Cette affaire est très révélatrice de la façon dont fonctionne l'Union européenne : on commencer par de longs mois de négociations secrètes pour, ensuite, imposer en un minimum de temps un accord qui esrt à prendre ou à laisser et, pour finir, exercer du chantage et des pressions politiques sur les récalcitrants. Quel débat de fond y a-t-il eu en Flandre (...) Lire la suite »
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Bois du Cazier 8 août 1956 : le jour où l’histoire ouvrière bascula

Pierre VERHAS
Le 8 août 1956 à Marcinelle, banlieue de Charleroi, à la mine de charbon dite du Bois du Cazier au matin, comme chaque matin, 275 hommes étaient descendus dans les profondeurs du sous-sol pour rejoindre leur poste de travail. C’est à 8h10 du matin que le drame se produit lors d’une tragique méprise : suite à un malentendu avec la surface, l’encageur Antonio Ianetta, à moins 975 mètres, encage à un moment inopportun un chariot qui devait expulser de l’autre côté un wagonnet vide. En outre, celui-ci ne sort pas complètement, bloqué par un arrêtoir défectueux. Lors du démarrage de la cage, le wagonnet mal arrimé accroche une poutrelle qui perce une canalisation d’huile, détériore deux câbles électriques à haute tension et provoque la rupture d’une conduite d’air comprimé. La formation d’arcs électriques met le feu à l’huile pulvérisée. Cet incendie, activé par l’air comprimé et par l’action du ventilateur de surface, est alimenté par les coffrages, solives et guidonnages voisins, tous en bois. Le feu gagne (...) Lire la suite »

Un champion de l’évasion fiscale pour évaluer les acteurs de la coopération non gouvernementale

Jérôme DUVAL

En Belgique, sur base d’une évaluation réalisée par la multinationale Deloitte, Alexander De Croo, ministre de la Coopération au développement, a supprimé l’accès aux subventions publiques de vingt acteurs non gouvernementaux. L’entreprise a pourtant été maintes fois inculpée dans le passé.

Le 7 juin, le gouvernement a été interpellé par deux députés fédéraux sur le recrutement de la multinationale Deloitte, pour évaluer les acteurs de la coopération non gouvernementale. Sur base de cette évaluation, portant le nom de « screening » et qui applique des critères venus du management privé, le ministre de la Coopération au développement, Alexander De Croo, a supprimé l’accès aux subventions publiques de vingt acteurs non gouvernementaux (ce qui représente 20 % de la totalité des organisations évaluées). Connue pour les conseils qu’elle prodigue aux entreprises pour contourner l’impôt notamment en Afrique, Deloitte est mal placée pour évaluer la « bonne gestion » d’ONG qui travaillent dans la coopération au développement. C’est ce qu’a rappelé le député fédéral Benoît Hellings dans sa question parlementaire soulignant que Deloitte « s’organise au niveau mondial pour conseiller les grandes structures et les grandes entreprises dans leur évasion fiscale ». Dans sa réponse, Alexander De Croo affirme que Deloitte (...) Lire la suite »
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