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Thème : Grande-Bretagne

L’incarcération de Craig Murray est une nouvelle étape dans la guerre contre le journalisme indépendant.

Jonathan COOK
Craig Murray, ancien ambassadeur en Ouzbékistan, père d'un nouveau-né, homme en très mauvaise santé et sans casier judiciaire, devra se rendre à la police écossaise dimanche matin [1er août 2021 - NdT]. Il devient la première personne à être emprisonnée pour le motif obscur et vaguement défini d'"identification par recoupements" ["Jigsaw identification" (*)]. Murray est également la première personne à être emprisonnée en Grande-Bretagne pour outrage à magistrat depuis un demi-siècle - une période où les valeurs juridiques et morales qui prévalaient étaient si différentes que l'establishment britannique venait tout juste de mettre fin aux poursuites contre les "homosexuels" et à l'emprisonnement des femmes pour avoir avorté. PRESS RELEASE : Craig Murray to be first person incarcerated in the UK over media contempt case in 50 years, setting dangerous legal precedent for freedom of speech and equality before the law. pic.twitter.com/lvZSiGEkkm — Craig Murray Justice campaign (@cmurrayjustice) July 29, (...) Lire la suite »

Britannia règle les vagues. Plus qu’un déploiement d’un drapeau

Simon Korner
Que devons-nous penser du groupe aéronaval massif de la marine et de l'armée de l'air envoyé en Asie de l'Est, dirigé par le tout nouveau porte-avions HMS Queen Elizabeth ? Décrit par la marine comme « un déploiement véritablement mondial, de l'Atlantique Nord à l'Indo-Pacifique », il s'agit de la plus grande mobilisation navale depuis la Force opérationnelle des Malouines en 1982. Il a reçu un énorme envoi médiatique, rappelant les anciennes actualités Pathé, conçues pour attiser le chauvinisme sur le front intérieur. Le Spectator annonçait qu'il s'agissait de la Royal Navy envoyant une "flotte de combat en Asie pour la première fois depuis le début de la guerre de Corée en 1950". Objectifs de ce déploiement Il y a plusieurs objectifs pour ce déploiement. Le premier est d'affirmer la puissance navale britannique, aux côtés de celle des États-Unis – face à la croissance massive de la marine chinoise, qui est désormais la plus importante au monde (avec environ 350 navires et sous-marins dont, d'ici 2030, (...) Lire la suite »

Pourquoi le capitalisme britannique s’accroche-t-il à la monarchie ?

Le correspondant socialiste
Par le correspondant socialiste Philippos Andreou de Schleswig-Holstein-Sonderberg-Glucksburg, est finalement décédé après 70 ans de vie dans un luxe remarquable aux dépens de l'État-providence. Alors que la Commission gouvernementale sur les disparités raciales et ethniques a conclu que le racisme en Grande-Bretagne n’est pas institutionnel, le duc raciste récidiviste a été glorifié durant 10 jours d’adulation nourrie de l’establishment. Époux (et cousin), comment pouvez-vous devenir « institutionnel » ? La thèse républicaine est bien comprise. La monarchie est dépassée, antidémocratique, parasitaire. C’est une relique féodale. La prérogative royale est autocratique. L’argument en faveur d’un chef d’État non élu n’est pas crédible. La Couronne est devenue un spectacle de célébrités. La grande majorité des démocraties capitalistes ont transcendé leur passé monarchique. À première vue, le républicanisme n'est pas révolutionnaire et pourrait être compatible avec le capitalisme moderne. Pourtant, l'establishment (...) Lire la suite »

Boris Johnson est du menu fretin

Le correspondant socialiste
Boris Johnson est un menteur invétéré. Nous savons tout cela. Il a été limogé à au moins deux reprises pour avoir menti. Il a été limogé du Times en 1988 pour avoir fabriqué une citation de l'historien Colin Lucas, pour un article en première page. En 2004, Michael Howard, alors chef du Parti conservateur, a limogé Johnson de ses postes de vice-président du parti et de ministre des Arts fantômes après avoir assuré à Howard que les allégations d'une affaire extra-conjugale étaient une « pyramide inversée de balivernes ». Elles n'étaient pas. Le Daily Mirror a publié un article en décembre 2019 : « 60 mensonges de Boris Johnson : la curieuse relation du dirigeant conservateur avec la vérité » (https://www.mirror.co.uk/.../60-lies-boris-johnson- tory...) Rien de tout cela n'a empêché le Parti conservateur de le choisir comme chef. Cela n'a pas non plus empêché la classe capitaliste et ses médias de lui apporter un soutien sans réserve afin de repousser la social-démocratie aux manières douces de Jeremy Corbyn. (...) Lire la suite »

Adieu Chaucer...

Bernard GENSANE
L'université de Leicester en Grande-Bretagne a décidé d'abandonner les enseignements de littérature anglaise (ne parlons pas de celles d'autres pays) antérieure à 1500. Afin de répondre aux “ attentes des étudiants ”. Vont ainsi passer à la trappe les célèbrissimes Contes de Canterbury de Chaucer. Aussi importante que La Chanson de Roland en France, cette œuvre est le premier texte écrit en langue anglaise. Pour les linguistes et, plus prosaïquement, pour les amateurs et les amoureux de cette langue, il s'agit d'un outil irremplaçable. D'origine sri-lankaise, le “ boss ” (soyons modernes) de cette université est un spécialiste du multimédia et de l'informatique. Il se fait des balls en or comme consultant pour British Telecom, la BBC, Thales, Toshiba. Cet homme d'affaires a sûrement une âme puisqu'il est membre d'une association qui lutte contre la harcèlement racial dans l'enseignement supérieur. Mais cette âme connait ses limites car, en janvier 2021, il a fait l'objet d'une motion de défiance quasi (...) Lire la suite »
Comment la Grande-Bretagne musèle la Chine pour lui apprendre à parler

La censure existe, elle me colle aux basques

Maxime VIVAS

Le 11 avril 2008, une équipe de la chaîne de télévision publique France 2 est « descendue » à Toulouse pour m’interviewer dans le cadre de l’émission « Complément d’enquête » de Benoit Duquesne, consacrée à la Chine. Ils m’ont interrogé sur Reporters sans frontières et sur Robert Ménard. Ils ont passé près de 5 heures chez moi.

L’émission a été diffusée le 21 avril. Je faisais, avec ma femme et mes enfants, mon premier voyage en Chine, pays dont je ne savais rien. Nous étions dans un hôtel d’une petite ville à presque mille kilomètres de Beijing quand des amis français, scandalisés, m’ont informé que l’émission avait montré en tout et pour tout, en 15 secondes, la couverture de mon livre (« La face cachée de Reporters sans frontières ») et quelques lignes extraites d’une page. Je n’apparaissais pas. Par contre, Robert Ménard dissertait à loisir contre la Chine, et Benoît Duquesne instruisait à charge avec un acharnement qui gêna même David Douillet, athlète qui avait porté un instant la flamme olympique dans les rues de Paris (2008, JO de Beijing). Rappelons que David Douillet est l'un des judokas français les plus titrés de l'Histoire, deux fois champion olympique, quatre fois champion du monde. Par la suite, il est devenu député, puis ministre sous la présidence de Nicolas Sarkozy. J’avais hâte de voir cette émission, amputée de mon (...) Lire la suite »
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Le jugement de Julian Assange dévoile la monstruosité du système carcéral supermax

Luk VERVAET

Le jugement sur Assange est malgré lui l’aveu de la monstruosité du système carcéral qui se pratique aux États-Unis et qui se propage aussi bien en Europe que sur d’autres continents. Eliane Martinez, de Prison Insider, écrivait : « Le modèle supermax est en train de se généraliser au monde entier… Il est considéré comme un traitement inhumain par le Comité contre la torture de l’ONU »

Le 4 janvier 2021, la juge Vanessa Baraitser a rejeté la demande des États-Unis d’extradition de Julian Assange. C’est une victoire, certes. L’enfermement d’Assange pour le reste de sa vie aux États-Unis, pour avoir exposé les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité en Irak, en Afghanistan et à Guantanamo, a été bloqué. Du moins provisoirement. Parce que, sur le fond, Baraitser a accepté toutes les accusations étasuniennes contre Assange. Selon la juge, Assange aurait droit à un procès équitable aux États-Unis. Pour elle, le journalisme d’investigation, c’est de « l’espionnage ». La liberté d’expression ne veut pas dire « qu’on peut publier tout ce qu’on veut ». Même si l’article 4 de la loi britannique sur l’extradition dit que : « L’extradition ne sera pas autorisée quand il s’agit d’un délit politique », elle a jugé que le traité d’extradition (le UK Extradition Act de 2003) s’appliquait bien dans le cas d’Assange. Enfin, la protection par Assange de ses sources, parmi lesquelles Chelsea Manning, (...) Lire la suite »
La CPI n’a jamais inculpé de personnes occidentales

« La guerre a été mal nommée » (Bertolt Brecht)

Simon KORNER

L’un des coups de grâce de Donald Trump a été de gracier quatre mercenaires étasuniens reconnus coupables d’avoir tué 14 civils irakiens non armés en 2007.

Les mercenaires, qui travaillaient pour la société de sécurité privée étasunienne Blackwater – appartenant à Erik Prince, dont la sœur était le secrétaire à l'éducation de Trump – ont été graciés juste avant Noël pour une attaque non provoquée dans le centre de Bagdad à l'aide de mitrailleuses et de fusils de précision, avec des enfants parmi leurs victimes. Dans le même ordre d'idées, le 9 décembre, la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye a abandonné une enquête sur les crimes de guerre britanniques pendant la guerre en Irak. Moins audacieux qu’un pardon, il a néanmoins laissé échapper le partenaire le plus proche des États-Unis. Rares sont ceux qui nient que des crimes de guerre ont été commis. En effet, plusieurs enquêtes publiques au Royaume-Uni ont trouvé des preuves d'abus – y compris le meurtre de sang-froid d'un réceptionniste d'un hôtel à Bassorah, Baha Mousa en 2003, décédé après avoir été torturé et battu par des soldats alors qu'il était détenu dans une base britannique. Au total, il y a eu 3 405 (...) Lire la suite »

Forteresse Europe - l’UE tue des réfugiés

Simon KORNER
L’image de l’UE n’est plus ce qu’elle était, et pas seulement à cause des tensions internes liées au renflouement de Covid aux pays européens les plus pauvres. Autrefois, selon les opposants au Brexit, l'UE aurait été le garant d'une politique plus progressiste que le néolibéralisme, une mise en commun volontaire de la souveraineté qui a produit un continent harmonieux, la liberté de circulation au sein de l'espace du marché unique et un partage civilisé des cultures et des langues qui empêché les guerres européennes. L’idée de l’UE en tant que paradis social-démocrate a pris son envol avec la promesse de Jacques Delors en 1988 au Congrès du Trade Unions Congress d’une « Europe sociale » offrant une protection apparente contre Thatcher à un mouvement ouvrier britannique démoralisé par la défaite des mineurs. L'image bienveillante a été brisée lorsque la troïka – la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le FMI – a imposé l'austérité à la Grèce, contre une majorité massive de non-vote lors d'un (...) Lire la suite »

« The Crown » au secours de la Dame de fer

Dominique MUSELET
Netflix vient de diffuser, le 15 novembre dernier, la saison 4 de The Crown, sa série phare, qui porte sur la période Thatcher (en mai 1979, Margaret Thatcher devient la première femme à entrer au 10, Downing Street) et le mariage calamiteux de Charles avec Diana. C’est une série somptueuse, à tous égards, et prenante aussi, même quand comme moi, on n’a jamais lu Gala. Les trois premières saisons ne m’avaient pas particulièrement posé de question. Je me suis laissé emporter par les images sans même chercher à savoir si ce qui était raconté était vrai ou faux. La royauté anglaise Les gouvernements se succédaient aux gouvernements, la reine Elisabeth tenait fermement le gouvernail et le reste de la famille se débrouillait avec les espaces de liberté dont elle disposait, tout en faisant ce qu’il fallait pour faire fructifier le petit commerce très lucratif de la royauté. Pour avoir une idée de ce qu’il rapporte, prenons le Prince Philip. « Le duc d'Edimbourg, fils d'un prince de Grèce ruiné, n'a hérité de (...) Lire la suite »
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