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Thème : Guerre d’Algérie

« La pacification de l’Algérie n’a pas été un long fleuve tranquille, bien au contraire »

Olivier Le Cour Grandmaison
Mohsen Abdelmoumen : Vous avez écrit « Coloniser. Exterminer ». D’après vous, l’Algérie a-t-elle été un laboratoire colonial ? Dr. Olivier Le Cour Grandmaison : Oui, on peut effectivement considérer que l’Algérie a été une sorte de laboratoire pour l’élaboration d’un certain nombre de techniques de la guerre que l’on peut qualifier de guerre contre-révolutionnaire et de techniques répressives, notamment après la nomination de Bugeaud au poste de gouverneur général de l’Algérie en 1840. La nomination a pour objectif de mener à bien ce que les militaires et les responsables politiques de l’époque nomment déjà « la pacification de l’Algérie » et pour ce faire, le général Bugeaud va employer un certain nombre de méthodes de guerre et de techniques répressives parmi lesquelles les razzias dont il faut préciser qu’elles débouchent parfois sur la destruction de villages et d’oasis entiers, l’objectif étant d’expulser les populations « indigènes », comme on le dit à l’époque, et, comme cela se dit aussi très couramment, de (...) Lire la suite »

Le général Salan a institué les premiers centres de torture à Benisaf

Benallal MOHAMED
« Quand le mort repose, laisse reposer sa mémoire. » proverbe arabe Algérie 1958, une année très dure, difficile une année charnière pour la révolution algérienne et également pour le colonisateur la France. Apres le 13 mai 58 putsch ou coup d’état, les partisans de l'Algérie française ont pris le pouvoir en Algérie, forçant le gouvernement de Pierre Pflimlin, à Paris, à donner les pleins pouvoirs au général Salan. Ces événements ont eu des conséquences fâcheuses au niveau des localités régionales algériennes en l’occurrence la région de Benisaf qui va retenir plus notre attention plutôt historique par témoignages interposés. C’était en septembre 1958 que le Général Salan a débarqué sur Benisaf ou il a livré à une population arabe venue de force assister à son discours programme historique au niveau de la plage du puits dans le but d’ institutionnaliser des « paras » mais aussi la milice O.A.S afin de saper par une main de fer la résistance algérienne(FLN et ALN) entre temps il avait traité les Benisafiens de « Fellagas (...) Lire la suite »

Maurice Audin : la reconnaissance d’un crime d’Etat

RÉPUBLIQUE SOCIALE

Il y a un peu plus de soixante et un ans, le 21 juin 1957, Maurice Audin, jeune mathématicien, arrêté dix jours plus tôt par l’armée française en Algérie- alors encore territoire français- disparaissait. Il ne réapparaîtrait plus jamais. Par son geste, et sa décision de reconnaître le crime de l’Etat français, Emmanuel Macron évoque un sujet encore tabou pour la France.

Contexte historique En 1957, le monde connaît de nombreux changements. Les Etats-Unis et l’Union Soviétique se livrent une guerre indirecte, et le Tiers-Monde commence à émerger sur le devant de la scène internationale. Deux ans plus tôt la première conférence des pays non-alignés avait lieu à Bandung, en Indonésie, sous l’égide notamment de l’Inde, de la Yougoslavie socialiste de Tito, et de l’Indonésie. En 1956, l’Egypte de Nasser s’affirme en nationalisant le canal de Suez. Partout dans le monde les nouvelles nations essayent de se faire une place, et celles encore sous domination européenne cherchent leur indépendance. Les mouvements de libération nationale, et d’indépendance se multiplient, notamment en Afrique. La France, en tant que puissance coloniale, n’échappe pas à cette règle. L’Algérie souhaite son indépendance. Le Front de libération nationale (FLN) mène cette lutte, mais nombreux sont les Français à soutenir la cause indépendantiste. Des militants de gauche, notamment du Parti communiste (...) Lire la suite »

8 MAI 1945 : Prélude à la révolution du 1er novembre 1954

Ammar KOROGHLI

« C’est en 1945 que mon humanitarisme fut confronté pour la première fois au plus atroce des spectacles. J’avais vingt ans. Le choc que je ressentis devant l’impitoyable boucherie qui provoqua la mort de plusieurs milliers de musulmans, je ne l’ai jamais oublié. Là se cimente mon nationalisme » (Kateb Yacine)

Le 8 mai 1945, eurent lieu des manifestations d'Algériens dans plusieurs villes de l'Est du pays (notamment à Sétif, Kherrata et Guelma) ; ce, à la suite de la victoire des Alliés sur le régime nazi. A Sétif, la manifestation tourna à l'émeute. Au matin de ce jour là, quelques dix mille personnes affluent entonnant l'hymne nationaliste Min Djibalina, avec des pancartes dont « À bas le colonialisme », « Vive l'Algérie libre et indépendante ». Un policier tire sur Bouzid Saâl, jeune scout musulman tenant un drapeau de l'Algérie et le tue devant le café de France. Dans l'après-midi, le mouvement s'étend à Guelma, la manifestation ayant débuté Place des figuiers avec quelques 1500 à 2 000 jeunes et enfants de Guelma, arborant des pancartes « Vive la démocratie », « Vive l'Algérie »... Des émeutes identiques ont lieu également dans plusieurs villages au nord de Sétif : Kherrata, Amouchas, Beni Aziz (alors Chevreul), Aïn El Kebira (alors Périgot-Ville), El Ouricia et Beni Fouda (Sillègue). La répression par l'armée (...) Lire la suite »

Sétif, Guelma, l’autre 8 mai 1945

Hassane Zerrouky
Rappel des faits, par Hassane Zerrouky. Le 8 mai 1945, les premiers tirailleurs algériens qui débarquent du croiseur Gloire font une entrée triomphale à Alger. La presse coloniale fait sa une sur la défaite du nazisme. Le jour même, débutent les manifestations organisées par le PPA à travers les principales villes algériennes. Brandissant des drapeaux alliés, y compris celui de la France mais aussi l'emblème algérien, scandant des mots d'ordre revendiquant l'indépendance de l'Algérie, portant des gerbes de fleurs devant être déposées devant les monuments aux morts, plusieurs centaines de milliers d'Algériens répondent à l'appel du PPA. À Sétif et Guelma, cependant, l'événement prend une tournure dramatique. Le matin du 8 mai, avant que ne débute la marche, les manifestants sont invités par les organisateurs à déposer cannes, bâtons et couteaux devant la mosquée de Sétif. Le cortège, précédé par des scouts, devait se rendre au monument aux morts de la ville pour déposer une gerbe de fleurs en hommage aux (...) Lire la suite »

Disparition. Noël Favrelière, le déserteur s’en est allé

Julia Hamlaoui

L’ancien appelé d’Algérie, qui avait déserté en 1956 et s’était engagé pour la reconnaissance de la torture, est décédé à l’âge de 83 ans.

Jeune rappelé dans un régiment parachutiste durant la guerre d’Algérie, il avait été condamné à mort par deux fois pour avoir refusé de participer aux barbaries en cours. Après une vie d’engagement, c’est à l’âge de 83 ans, que Noël Favrelière s’en est allé le 11 novembre dernier, a annoncé sa famille mardi. C’est en août 1956 que s’était scellé son destin. Une nuit de cet été-là, il décide de ne pas abandonner à son sort un prisonnier promis à « la corvée de bois », soit à être exécuté d’une balle dans le dos. Âgé de 22 ans, il avait déjà été témoin d’atrocités. Il choisit de déserter avec le jeune Algérien. « J’en avais plus qu’assez étant déjà contre (cette guerre – NDLR) avant de partir. (…) Là, ça a été la goutte d’eau, je ne voulais pas que ce jeune gars blessé soit tout simplement assassiné », raconte-t-il encore des années plus tard. Après une semaine de fuite dans le désert, il rejoint l’Armée de libération nationale (ALN), avant de partir pour Tunis, puis les États-Unis. Noël Favrelière ne peut rentrer en France sans être (...) Lire la suite »
Qui a vu passer le poignard du fondateur du FN ?

Alors, Laurent Joffrin : Le Pen ou Le Che ?

Vladimir MARCIAC

« Le Che, double des jihadistes »
Sous ce titre d’une colossale subtilité, Laurent Joffrin (photo ci-contre avec Le Pen) signe le 5 septembre 2017 une longue recension du livre de Marcela Iacub, « Le Che, à mort » (éditions Robert Laffont) dont il nous dit d’emblée qu’il s’agit d’« Un éclairage sur les ressorts du fanatisme contemporain ».

En février 2013, Marcela Iacub, directrice de recherche au CNRS, chroniqueuse à Libération, publie chez Stock « Belle et Bête », un « roman » sur sa liaison de janvier à août 2012, avec DSK. Il lui fait un procès qu’elle perd. Son éditeur et elle doivent lui verser 50 000 euros de dommages et intérêts et le tribunal ordonne l'insertion, en en-tête de chacun des exemplaires, d'un encart écrit par Dominique Strauss-Kahn. Ce dernier a en effet été manipulé depuis le début par l’auteur qui va confesser dans un mail (dont elle dit n’avoir pas gardé trace, mais dont l’existence est prouvée) : « Mon livre sur ton affaire américaine, je l’ai écrit parce que ce sont eux qui me l’ont demandé. Le fait de chercher à te rencontrer était parti du même projet. Sans te dire tout le reste. Il m’a fallu te faire croire que j’étais éprise de toi, que j’étais folle de toi. Et puis que j’avais mon coeur meurtri, que j’étais jalouse et tout ce que tu sais. ». Bref, un coup monté en service commandé, un piège, des mensonges pendant 8 (...) Lire la suite »
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La France et les massacres d’Algériens

Zouhir MEBARKI

Institutions pipées. Aujourd’hui nous commémorons l’anniversaire du massacre perpétré, le 17 octobre 1961, contre nos compatriotes résidant à Paris le 17 octobre 1961, par la police française.

55 ans après, tout n'a pas été dit sur cet horrible crime dont l'Etat français est responsable. Au-delà de la narration des faits que tout le monde connaît, la vérité historique est toujours frappée du sceau « secret défense » en France. 55 ans après, les autorités françaises refusent toujours d'ouvrir les archives aux chercheurs sur cette barbarie. Allant même, pour cela, jusqu'aux mensonges. Parmi les nombreux témoins, Mme Monique Hervo, écrivaine française qui avait manifesté ce jour-là aux côtés des Algériens, est toujours scandalisée. Lundi dernier, et après un « appel contre l'oubli » elle a réaffirmé qu'elle est « toujours autant horrifiée par le refus de reconnaître la réalité du massacre du 17 octobre 1961 qui se déroula dans la capitale française. Manifestation extrêmement pacifique de 40 000 Algériens contre un couvre-feu qui leur était imposé et de la gigantesque ratonnade qui s'abattit sur eux ». Elle ajoute que « les archives de la brigade fluviale, dont on disait qu'elles étaient détruites, ne le sont (...) Lire la suite »

ALGERIE - MASSACRES DU 8 MAI 1945 : Cette étincelle de la Révolution

Amar INGRACHEN
Les massacres du 8 mai 1945 ont mis à mort la solution politique et les Algériens sur la voie de l'indépendance. Au début des années 1940, l'échec des associationnistes était une réalité et le PPA, évoluant dans la clandestinité, avait un impact très marginal sur la situation politique dans le pays. Avec le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942, et le discours de Robert Murphy et d'Eliot Roosevelt sur « la fin des empires coloniaux », une nouvelle dynamique s'est mise en branle. Dans ce sillage, Ferhat Abbas, le Parti du peuple algérien [PPA], l'association des Oulémas, ont rendu publique, le 10 février 1943, le Manifeste du peuple algérien qui fait sienne la Charte de l'Atlantique du 12 août 1942, qui prêche le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Le Manifeste a rencontré un grand succès auprès des populations algériennes. Et a, par conséquent, donné naissance à un mouvement politique structuré et structurant portant la dénomination des Amis du Manifeste et de la Liberté (...) Lire la suite »
Sur une autre photo qui n’a jamais été publiée...

Mitterrand et les mensonges d’outre tombe.

Jacques-Marie BOURGET

Certes, nous tombe dessus une rafale de documentaires télévisés, et autant de livres bien polis qui n’insultent pas le disparu... Mais qui, le 8 janvier prochain, pensera à verser des larmes sincères vingt ans après la mort de François Mitterrand ?

Si la « Tontonmania » est morte avec son objet -et les marchands de souvenirs de Jarnac font faillite- le chemin pour en apprendre plus sur le passé vrai de l’ancien président reste un roncier. Modestement, qu’il me soit pourtant permis de faire avancer cette histoire de quelques centimètres. D’une tragédie l’autre, puisque c’est le sort du journaliste qui vagabonde entre les drames, en 1990, je me suis trouvé un jour à Carpentras face à un cimetière juif ravagé, à un corps profané. C’est à l’occasion de ce reportage que je rencontre un homme discret, Jean Renaud, patron du bureau local du « Dauphiné Libéré ». Et Jean Renaud me raconte un peu de sa vie. Il est le fils du propriétaire de la maison où François Mitterrand a vécu pendant près de deux années à Vichy, de janvier 1942 à novembre 1943. Jean Renaud possède un trésor qu’il me met alors sous les yeux, une photo qui comble un trou de l’histoire. Celle où l’on voit François Mitterrand serrer la main d’un Pétain qui vient de lui remettre la Francisque ; alors (...) Lire la suite »
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