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Thème : OTAN

Ukraine, deux ans déjà…

Robert GIL
Dès le 24 février 2022, les occidentaux ont écrit le récit selon lequel les forces russes voulaient rapidement conquérir Kiev et renverser le gouvernement en place, alors que la priorité de l’Opération Militaire Spéciale était de protéger les habitants du Donbass, de dénazifier l’Etat et l’armée ukrainienne, et d’en faire un pays neutre comme l’Autriche ou la Suisse pour empêcher l’OTAN d’y déployer des bases militaires. Les Russes n’ont jamais mis en œuvre les effectifs nécessaires pour prendre Kiev qui compte environ 3 millions d’habitants. La prise et le maintien de la ville auraient nécessité prés de 80 000 soldats, alors que les forces déployées autour de la ville n’ont jamais dépassées plus de 40 000 hommes. L’objectif militaire n’était donc pas de prendre la ville. Il s’agissait d’exercer une pression pour atteindre un objectif politique. Et cela a failli réussir. Immédiatement après le début de la guerre, le gouvernement ukrainien a accepté d’organiser des pourparlers de paix. Au cours des semaines (...) Lire la suite »

Quel ordre international ?

Thierry MEYSSAN

Nous avons vu les crimes de l’OTAN, mais pourquoi affirmer notre amitié avec la Russie ? N’y a-t-il pas un risque de voir celle-ci se comporter demain comme l’OTAN aujourd’hui ? N’allons-nous pas substituer un esclavage à un autre ?

Pour répondre à cette question, je m’appuierais sur mon expérience successive de conseiller de cinq chefs d’État. Partout, les diplomates russes m’ont dit : vous faites fausse route : vous vous engagez à éteindre un incendie ici, alors qu’un autre a débuté ailleurs. Le problème est plus profond et vaste. Je voudrais donc vous décrire la différence entre un Ordre mondial fondé sur des règles et un autre basé sur le Droit international. Il ne s’agit pas d’une histoire linéaire, mais d’un combat entre deux conceptions du monde ; un combat qu’il nous appartient de poursuivre. Au XVIIe siècle, les Traités de Westphalie ont posé le principe de la souveraineté des États. Chacun est égal aux autres et nul ne peut s’ingérer dans les affaires intérieures des autres. Ce sont ces Traités qui ont régi, durant des siècles, aussi bien les relations entre les actuels Länders que celles entre les États européens. Ils ont été réaffirmés par le Congrès de Vienne, en 1815, lors de la défaite de Napoléon Ier. À la veille de la (...) Lire la suite »

L’OTAN provoque l’escalade avec son exercice nucléaire dans le ciel européen

Julien Le MÉNÉEC

L’OTAN fait voler des avions avec des bombes nucléaires – même si elles ne sont pas réelles selon son service presse – au-dessus de l’espace aérien international en Europe. La menace nucléaire est, ainsi, activée même exacerbée avec ces exercices annuels de l’OTAN. “ Steadfast Noon ” (Midi inébranlable, sic) fait monter les tensions au lieu de viser des accords de paix diplomatiques entre la Russie et l’UE.

Les États-Unis mènent la danse dans le ciel européen et les habitants ne sont pas informés de ce danger et n’ont pas décidé de cet exercice militaire. Les députés européens ou de l’Assemblée nationale sont débranchés sur cette question. La grosse question reste l’implication de la France alors qu’elle a la possibilité d’une stratégie nucléaire indépendante. « L’objectif de la dissuasion nucléaire de l’OTAN est de préserver la paix, de prévenir la coercition et de dissuader l’agression. Tant qu’il y aura des armes nucléaires, l’OTAN restera une alliance nucléaire », a publié sur X le service presse de l’OTAN. « Les armes nucléaires constituent un élément essentiel des capacités globales de dissuasion et de défense de l’OTAN, aux côtés des forces de défense conventionnelles et antimissiles », tient à faire savoir l’Alliance de l’Atlantique Nord, rajoutant : « L’OTAN est attachée au contrôle des armements, au désarmement et à la non-prolifération, mais tant qu’il y aura des armes nucléaires, elle restera une alliance nucléaire (...) Lire la suite »

Quand le patron de l’OTAN en dit trop...

Pierre BARBANCEY

Jens Stoltenberg, patron de l’Organisation atlantiste, s’est exprimé le 7 septembre devant le comité des Affaires étrangères de l’Union européenne. Il a expliqué qu’à l’automne 2021, son organisation avait refusé les propositions de Vladimir Poutine.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, en tenue militaire, s’est rendu jeudi matin devant le Congrès des États-Unis où les élus débattaient d’une possible nouvelle aide militaire et humanitaire pour son pays. À l’ONU, quelques jours plus tôt, le chef de l’État avait opté pour un style vestimentaire similaire pour accompagner son discours. Mais là où, il y a quarante-neuf ans, Yasser Arafat s’était présenté avec un fusil dans une main et un rameau d’olivier dans l’autre, le président ukrainien s’est adressé, mardi soir, aux chefs d’État et de gouvernement en ne brandissant qu’une arme. Pis, il ne voyait pas l’utilité du symbole de la paix. Le but ultime étant la mise à genoux de l’adversaire. Pour cela, il n’a pas besoin de discussions, mais d’armes. « Nous sommes sur la ligne d’arrivée », a-t-il souligné dans une interview à CNN, après que des responsables étasuniens, anonymes, ont émis des réserves dans la presse sur la stratégie militaire ukrainienne. À l’ONU, il dénonçait même « certains pays (qui) feignent (...) Lire la suite »

Influences, incidences et ingérences (2)

Olivier FOREAU

Á l’heure même où la contre-offensive ukrainienne s’achemine vers le triomphe, il est étrange que nous soyons si chichement informés de ses progrès. Bien sûr, cela fait chaud au cœur d’apprendre que les frappes ukrainiennes continuent de décimer avec succès les populations civiles, mais qu’en est-il de la percée victorieuse de nos forces sur la ligne de front ? Comment se fait-il que nos médias, qui jusqu’ici nous briefaient au quotidien sur la débandade des troupes de Poutine, aient basculé depuis début juin dans une sorte d’apathie, voire de mutisme ?

Sans la perspicacité suraiguë de Catherine Colonna, nous n’aurions jamais compris la vraie raison de ce changement : « la France a déjoué une campagne numérique russe de désinformation » visant à « saper les conditions d’un débat démocratique », révèle France 24 le 13/06/2023. Heureusement qu’en France il n’y a de débat sur rien, sinon le pire aurait pu être à craindre. Une campagne de manipulation complexe et persistante « Au moins quatre quotidiens français ont été victimes de l’opération. (...) Les hackers produisaient de faux articles sur une page en tout point identique à celles du site officiel de ces médias » : en clair et aussi incroyable que cela puisse paraître, nous pourrions ouvrir Le Parisien ou Le Monde, et nous retrouver face à un torrent d’affabulations plus absurdes les unes que les autres. Sur les réseaux sociaux, ces faux articles sont partagés par des vrais utilisateurs abusés par cette propagande, nous prévenait déjà L’Echo au mois de février. Bref, chacun.e de nous pourrait malgré ellui, (...) Lire la suite »

Général Fabio Mini : L’Ukraine à genoux et l’Europe confrontée au prix du gaz

Fabio MINI

Entretien avec le général Fabio Mini. La guerre en Ukraine se poursuit sans qu'aucune fin ne soit en vue. Mais depuis février 2022, date du début de cette dernière phase sanglante, beaucoup de choses ont changé, sur les lieux de la guerre et dans le scénario international. Il existe, à cet égard, des analyses critiques même au sein des forces armées déployées dans les combats. Notamment aux États-Unis, mais pas seulement. Parmi d'autres, celle qui se distingue en Italie est celle de Fabio Mini, général de corps d'armée à la retraite, ancien chef d'état-major du Commandement de l'OTAN pour l'Europe du Sud et, d'octobre 2002 à octobre 2003, commandant des opérations de maintien de la paix dirigées par l'OTAN au Kosovo, dans le cadre de la mission de la KFOR (Force pour le Kosovo). Mini intervient dans le débat public depuis vingt ans (son premier livre, La guerra dopo la guerra. Soldati, burocrati e mercenari nell'epoca della pace virtuale, publié par Einaudi) et collabore avec divers journaux, dont Limes, la Repubblica et il Fatto Quotidiano. Plus récemment, il a publié Europe en Guerre pour Paper First. Giorgio Monestarolo l'a interviewé sur la situation en Ukraine pour Volere la Luna.

Un an et demi après le début du conflit en Ukraine, la guerre semble se limiter à des moyens conventionnels. Selon de nombreux observateurs, cela signifie que la "dissuasion" fonctionne, c'est-à-dire que la crainte d'un conflit nucléaire maintient la guerre dans un cadre gérable. Dans votre livre, Europe en Guerre, vous estimez au contraire que la dissuasion ne fonctionne pas et que le risque d'escalade nucléaire est réel. Que la dissuasion n'ait pas fonctionné est un fait. La dissuasion fondée sur la menace d'un recours à la force a échoué avant le déclenchement des hostilités, lorsque les États-Unis et l'OTAN ont rejeté les demandes russes d'accord sur les mesures de sécurité en Europe. À ce moment-là, il a été confirmé que le conflit ne pouvait être évité : la dissuasion a pris fin. La Russie et l'OTAN ont voulu montrer qu'elles ne sont pas du tout dissuadées, même par l'utilisation d'armes nucléaires. Les classifications de la dissuasion stratégique (armes nucléaires), tactique (nucléaire tactique) et (...) Lire la suite »
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Ukraine, le cynisme des faucons de l’OTAN et des États-Unis

Barbara SPINELLI

Barbara Spinelli, fille d'Altiero Spinelli (auteur du Manifeste de Ventotene), a longtemps été journaliste au deuxième journal italien, La Repubblica. Le journal a longtemps suivi une ligne libérale-socialiste, et lorsqu'il a viré vers une ligne libérale-conservatrice il y a une dizaine d'années, Spinelli a quitté le journal. En 2014, elle a été élue au Parlement européen pour la liste L'autre Europe avec Tsipras, qui rassemblait plusieurs partis et mouvements de gauche et communistes. Elle écrit régulièrement des articles pour Il Fatto Quotidiano. Ses articles sont contre la guerre en Ukraine.

Comment sortir de la guerre par procuration. Dans les journaux étasuniens, la version des fonctionnaires d'État : la contre-offensive échoue parce que Kiev n'a pas le courage de laisser ses hommes mourir en masse. Ils disaient la même chose du gouvernement de Saigon. En apparence, il s'agit bien d'un été de défaites, celui des faucons occidentaux qui prétendent stabiliser la planète en déclenchant des guerres destructrices à répétition ou en exacerbant des guerres déclenchées par d'autres. Seymour Hersh, qui dans un article du 17 août parle de l'Afrique comme de l'Ukraine, le constate et confirme ce que les services américains disent depuis des jours : la contre-offensive ukrainienne échoue, et certains dans l'OTAN commencent à envisager de céder des territoires à Moscou pour mettre fin à une guerre que Kiev mène et prolonge par procuration. Biden ne s'expose pas encore, mais ses hommes du renseignement s'exposent, et ils cessent d'encenser Zelensky : le Washington Post rapporte leur opinion, selon (...) Lire la suite »

Le "piège de Thucydide" entre les États-Unis, l’Ukraine et la Russie

Angelo D’ORSI

Angelo d'Orsi a été professeur d'histoire de la pensée politique à l'université de Turin. Il a enseigné diverses disciplines historiques, philosophiques et politiques. Sur le plan scientifique, il s'occupe de l'histoire des idées et des intellectuels, du nationalisme et du fascisme, de la guerre et des questions de théorie politique et de méthode historique. Il est membre de l'édition nationale des écrits d'Antonio Gramsci et de celle d'Antonio Labriola, ainsi que de nombreux comités scientifiques de séries éditoriales et de journaux. Il a conçu et dirige les revues "Historia Magistra. Rivista di storia critica" et "Gramsciana. Revue internationale d'études sur Antonio Gramsci". Il a été candidat à la mairie de Turin en 2021 pour une coalition unie des partis de gauche de la ville ("Sinistra in Comune") et comme député de l'Unione Popolare.

Angelo d'Orsi – ilfattoquotidiano.it 27/08/2023 Même si, imperturbable, Zelensky répète que la guerre se terminera avec la victoire ukrainienne, des signes de mécontentement viennent de ses maîtres étasuniens, mais même de certains serviteurs imbéciles européens, de la France (Sarkozy, par exemple) à la Bulgarie, récalcitrante en matière d'armement. Bref, quelques fissures s'ouvrent ou se creusent sur le front occidental, comme l'ont montré tout récemment la rencontre du général Milley avec le pape François ou la prise de position d'un ancien collaborateur d'Obama, Tom Malinowski, tandis que le cardinal Zuppi poursuit prudemment la ligne pacifiste du souverain pontife. Beaucoup parient que le sommet de Kiev connaîtra bientôt un changement brutal, plus ou moins indolore, pour évincer celui qui est aujourd'hui l'un des principaux obstacles à la paix : le longa manus de Washington, en somme, fera sentir son poids, et le combattant héroïque ne sera plus qu'un souvenir, peut-être même pas un souvenir (...) Lire la suite »

Le peuple de France est placé devant un choix historique

Georges GASTAUD, Fadi KASSEM
Sur tous les plans, géopolitique, militaire et diplomatique, culturel et linguistique, institutionnel et régalien, économique et social, l'oligarchie capitaliste euro- et atlantico-formatée qui domine le pays, que ce soit sous l'égide des faux "gaullistes" LR (Sarkozy, Fillon et leurs successeurs), des faux "socialistes" à la Hollande, ou du pseudo "progressiste" Macron, ou que ce soit demain sous la houlette des faux patriotes du RN (Le Pen, comme Ciotti et Zemmour accepte ouvertement désormais l'euro, l'UE et l'OTAN) conduisent notre pays vers la décomposition sociale et nationale accélérée, si ce n'est vers l'implosion finale et le déshonneur. Sur le plan géopolitique, Sarkozy, Hollande puis Macron ont arrimé notre pays au maître global étasunien qui cherche partout la bagarre avec la Russie et avec la Chine populaire et qui, en s'alliant sans vergogne au jusqu'au-boutiste Zelensky et aux autres nostalgiques du pronazi Stepan Bandera, crée jour après jour les conditions d'une conflagration (...) Lire la suite »
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L’incroyable rétrécissement de l’OTAN

Dmitry ORLOV
J’attends que le brouhaha se calme depuis la conférence de l’OTAN à Vilnius, en Lituanie, les 11 et 12 juillet 2023, attendant que quelqu’un – n’importe qui – mette en évidence la raison évidente pour laquelle le président Zelensky, mascotte de l’Ukraine, après avoir été adulé il y a seulement un an, est soudainement tombé en disgrâce auprès de cette organisation. Oui, l’Ukraine pourrait encore un jour être invitée à entamer le long et ardu processus d’adhésion à l’OTAN, mais seulement après qu’un nombre indéfini de membres de l’OTAN auront décidé qu’elle a fait suffisamment d’efforts pour se conformer aux « normes de l’OTAN » (j’expliquerai ce que sont ces normes plus tard) et à diverses autres choses floues. Sachant que le 20 septembre 2018, le parlement ukrainien a approuvé des amendements à la constitution qui feraient de l’adhésion du pays à l’OTAN et à l’UE un objectif central et le principal objectif de la politique étrangère, une telle tournure des événements est des plus embarrassantes pour le président (...) Lire la suite »
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