RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

Ukraine, deux ans déjà…

Dès le 24 février 2022, les occidentaux ont écrit le récit selon lequel les forces russes voulaient rapidement conquérir Kiev et renverser le gouvernement en place, alors que la priorité de l’Opération Militaire Spéciale était de protéger les habitants du Donbass, de dénazifier l’Etat et l’armée ukrainienne, et d’en faire un pays neutre comme l’Autriche ou la Suisse pour empêcher l’OTAN d’y déployer des bases militaires. Les Russes n’ont jamais mis en œuvre les effectifs nécessaires pour prendre Kiev qui compte environ 3 millions d’habitants. La prise et le maintien de la ville auraient nécessité prés de 80 000 soldats, alors que les forces déployées autour de la ville n’ont jamais dépassées plus de 40 000 hommes. L’objectif militaire n’était donc pas de prendre la ville. Il s’agissait d’exercer une pression pour atteindre un objectif politique. Et cela a failli réussir.

Immédiatement après le début de la guerre, le gouvernement ukrainien a accepté d’organiser des pourparlers de paix. Au cours des semaines suivantes, ces pourparlers ont eu lieu d’abord au Belarus, puis à Istanbul. Fin mars, après que l’Ukraine a accepté, au cours des négociations, de ne pas adhérer à l’OTAN, la Russie a fait un geste de bonne volonté en retirant ses troupes de la capitale. Mais début avril, à l’instigation de l’Occident, Kiev a brusquement interrompu le processus de négociation pour une résolution pacifique du conflit. Tandis que Moscou, en signe de bonne volonté, retirait ses troupes de la capitale ukrainienne, les dirigeants politiques et militaires occidentaux ont alors mal interprété les objectifs de la Russie, pensant que son armée était faible et en ont tiré des conclusions erronées. Les occidentaux n’ont pas voulu voir qu’elle n’avait utilisé que ses forces permanentes, et non des conscrits ou des troupes mobilisées, pour lancer son opération militaire. Malgré tout, les forces russes avaient progressé assez rapidement dans les régions de Kherson, de Zaporozhye, et de Kharkiv prenant le contrôle de plusieurs grandes villes.

Rapidement en Ukraine, la mobilisation a démarré sous la loi martiale, et les alliés occidentaux ont commencé les premières livraisons d’armes, augmentant sans cesse leurs volumes et fournissant à Kiev des armes de plus en plus puissantes et sophistiquées ainsi que des munitions et du matériel militaire. En même temps, des milliers de sanctions économiques, qui avaient été préparées à l’avance, furent décrétées officiellement. À ce moment-là, la ligne de contact s’étendait sur près d’un millier de kilomètres et le petit groupe militaire russe ne pouvait plus tenir tout le front. Le commandement de Kiev, avec les informations des services de renseignements de l’Otan, en a profité pour lancer des opérations visant à repousser les troupes russes hors des territoires précédemment occupés. Afin d’éviter des pertes importantes, les dirigeants politico-militaires russes ont commencé à retirer des unités. Ainsi, Kupyansk et Izyum ont été abandonnées dans la région de Kharkov, et le 9 novembre 2022, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgu a donné l’ordre de se retirer de Kherson vers la rive gauche du Dniepr, et de préparer une triple ligne de défense.

Les occidentaux ont commencé à être intoxiqués par leur propre propagande, sur la faiblesse de l’économie russe et de son armée. Les Russes étaient obligés de récupérer les puces des machines à laver pour fabriquer des missiles, les officiers étaient incompétents, les soldats mal équipés étaient à court de tout et montaient à l’assaut avec des pelles. La propagande et la bêtise ont atteint des sommets dans les médias occidentaux ! L’occident minoritaire s’est également rassuré en racontant des fables sur le fait que la Russie était isolée diplomatiquement, alors qu’en réalité, la grande majorité des pays du sud global entretiennent de bonnes relations avec les russes et se méfient des occidentaux, à raison ! En Russie, une mobilisation partielle a été annoncée, au cours de laquelle plus de trois cent mille réservistes ont été enrôlés dans les rangs des forces armées russes. Parallèlement, sur les mois qui ont suivi plus de 400 000 volontaires ont rejoint l’Opération Militaire Spéciale, et le mouvement continue. Ces volontaires suivent un programme de plusieurs mois avant d’être incorporés dans les différents bataillons. L’économie russe a été réactive, et sans passer en économie de guerre pour pouvoir continuer à produire des biens de consommation, elle a été capable de fournir missiles, munitions, drones, tanks, armes... en quantité suffisante pendant que l’occident vidait ses stocks.

Après l’échec de la contre-offensive ukrainienne de l’été 2023 et malgré les « armes magiques » de l’occident, les forces russes progressent maintenant sur toute la ligne de front. Désormais entièrement équipées et prêtes au combat, et avec un avantage croissant en artillerie et en puissance aérienne, les forces russes déciment les forces ukrainiennes. Pour les Russes, la guerre est un processus lent qui exige que tous les éléments, politiques, civils et militaires, soient synchronisés. Dans cette optique, gagner telle ou telle bataille n’a pas beaucoup d’importance. C’est l’approche à long terme qui fait la différence. Il faut du temps pour atteindre l’état stable qui, au fil du temps, crée la victoire. Ce n’est que lorsque cet état est atteint que la véritable destruction de l’ennemi peut commencer.

Suite au coup d’état du Maiden et à la duperie des accords de Minsk, les EU, qui croyaient affaiblir la Russie, l’ont en réalité préparé à affronter l’OTAN si nécessaire. Mais l’Otan, elle, n’est pas préparée à une guerre avec la Russie. D’autant plus que malgré les rodomontades des médias, je ne pense pas que beaucoup d’occidentaux soient prêts à aller mourir dans les plaines d’Ukraine pour les intérêts de nos oligarques et de leurs multinationales.

»» http://2ccr.unblog.fr/2024/02/24/ukraine-deux-ans-deja/
URL de cet article 39399
  

Même Thème
Ukraine : Histoires d’une guerre
Michel Segal
Préface Dès le premier regard, les premiers comptes-rendus, les premières photos, c’est ce qui frappe : la « guerre » en Ukraine est un gâchis ! Un incroyable et absurde gâchis. Morts inutiles, souffrances, cruauté, haine, vies brisées. Un ravage insensé, des destructions stériles, d’infrastructures, d’habitations, de matériels, de villes, de toute une région. Deuil et ruines, partout. Pour quoi tout cela ? Et d’abord, pourquoi s’intéresser à la guerre en Ukraine lorsque l’on n’est pas même ukrainien ? (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

C’est un paradoxe que la nation qui a tant fait pour intégrer les droits de l’homme dans ses documents fondateurs se soit toujours opposé à la mise en place d’un cadre international pour protéger ces mêmes principes et valeurs.

Amnesty International - "United States of America - Rights for All" Oct. 1998

Appel de Paris pour Julian Assange
Julian Assange est un journaliste australien en prison. En prison pour avoir rempli sa mission de journaliste. Julian Assange a fondé WikiLeaks en 2006 pour permettre à des lanceurs d’alerte de faire fuiter des documents d’intérêt public. C’est ainsi qu’en 2010, grâce à la lanceuse d’alerte Chelsea Manning, WikiLeaks a fait œuvre de journalisme, notamment en fournissant des preuves de crimes de guerre commis par l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Les médias du monde entier ont utilisé ces (...)
17 
"Un système meurtrier est en train de se créer sous nos yeux" (Republik)
Une allégation de viol inventée et des preuves fabriquées en Suède, la pression du Royaume-Uni pour ne pas abandonner l’affaire, un juge partial, la détention dans une prison de sécurité maximale, la torture psychologique - et bientôt l’extradition vers les États-Unis, où il pourrait être condamné à 175 ans de prison pour avoir dénoncé des crimes de guerre. Pour la première fois, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, parle en détail des conclusions explosives de son enquête sur (...)
11 
Ces villes gérées par l’extrême-droite.
(L’article est suivi d’un « Complément » : « Le FN et les droits des travailleurs » avec une belle photo du beau château des Le Pen). LGS Des électeurs : « On va voter Front National. Ce sont les seuls qu’on n’a jamais essayés ». Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu’il appelait fièrement « des laboratoires du FN ». Arrêtons-nous à ce qu’il advint à Vitrolles, (...)
40 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.