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Thème : Russie

L’entente entre la Russie et la Chine s’approfondit dans l’ombre de la pandémie

MK BHADRAKUMAR
L’entente russo-chinoise est devenue l’un des modèles les plus importants de la politique internationale au cours des dernières années, depuis les événements de 2014 en Ukraine, qui ont eu des conséquences énormes et ont conduit à des sanctions occidentales contre Moscou, qui ont à leur tour galvanisé le « pivot vers l’Asie » de la Russie. Dernièrement, cette entente, qui ne constitue pas une alliance formelle, a pris de l’importance, étant donné le changement en cours dans les alignements régionaux et mondiaux déclenché par la pandémie de coronavirus. L’économie mondiale est confrontée à une récession et les États-Unis sont menacés par une crise sans précédent depuis la Grande Dépression des années 1930. Le nombre d’Américains qui demandent des allocations de chômage dépasse les 30 millions. Le déclin des États-Unis en tant que puissance mondiale s’accélère. Mais les États-Unis refusent de faire face à cette réalité géopolitique et sont déterminés à perpétuer leur domination sur la scène mondiale, quoi qu’il en (...) Lire la suite »

De la Russophobie

Philippe ARNAUD

La russophobie, chez les Français, ne va pas de soi. On peut la comprendre (ou l’expliquer), par exemple, chez les Turcs, les Suédois ou les Polonais qui, depuis les débuts de l’époque moderne (disons le XVIe siècle) furent souvent en conflit avec les Russes, puissance montante et voisine, voire eurent à souffrir de leurs empiétements ou de leur domination (par exemple, pour les Polonais, de 1792 à 1918 !). Il faut aussi se souvenir que ces peuples avaient, jadis, des armées de taille à se mesurer avec celles des Russes - ou, du moins, d’y faire autre chose que de la figuration. Mais qu’en est-il de la France ?

1. Jusqu'au XVIIIe siècle inclus, Français et Russes n'eurent guère de raisons de se heurter : la France ne s'opposait, jusque là, qu'à ses voisins : les Espagnols, les Habsbourg d'Autriche ou les Anglais (comme lors des guerres de Louis XIV)... et la Russie n'était pas limitrophe de la France ! La France ne fut l'adversaire de la Russie, pour la première fois, qu'au cours de la guerre de Succession de Pologne (1733-1738). Or, lors de ce conflit, les Français n'affrontèrent les Russes que sur le lointain théâtre de Dantzig, l'énorme majorité des batailles livrées par les Français n'ayant lieu qu'avec les Autrichiens. La deuxième grande guerre du XVIIIe siècle (l'histoire militaire de ce siècle s'étale entre les guerres de Louis XIV, qui s'achevèrent en 1714, et celles de la Révolution et de l'Empire, qui durèrent de 1792 à 1815), fut la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748). Au cours de cette guerre, la Russie se trouva dans le camp de l'Autriche, donc opposée à la France, mais, là encore, la (...) Lire la suite »
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Comment les cygnes noirs façonnent une planète en panique (Consortium News)

Pepe ESCOBAR
La planète est-elle sous le sort d'une série de Cygnes Noirs - un effondrement de Wall Street causé par une prétendue guerre du pétrole entre la Russie et la Maison de Saoud, plus la propagation incontrôlée de Covid-19 - menant à un "pandémonium tous azimuts", comme le prétend Nomura, la holding japonaise ? Ou, comme le suggère l'analyste allemand Peter Spengler, tout ce que "la crise évitée dans le détroit d'Ormuz n'avait pas encore provoqué, pourrait maintenant venir des "forces du marché"" ? Commençons par ce qui s'est réellement passé après cinq heures de discussions relativement polies vendredi dernier à Vienne. Ce qui s'est transformé en un effondrement de facto de l'OPEP+ a été un véritable revirement de situation. L'OPEP+ comprend la Russie, le Kazakhstan et l'Azerbaïdjan. Essentiellement, après des années de fixation des prix par l'OPEP - le résultat de la pression incessante des États-Unis sur l'Arabie saoudite - tout en reconstruisant patiemment ses réserves de devises étrangères, Moscou a vu (...) Lire la suite »

Festival du film russe à Paris ou URSS bashing ?

Rosa LLORENS

Comme nous sommes privés de films russes (autant que submergés de films étasuniens, notamment sur l’URSS, comme le prochainement en salles L’Ombre de Staline), le Festival du film russe (du 2 au 9 mars) semble une aubaine, une chance unique de savoir quels films on fait en Russie, pour les Russes.

Mais parler de Russes ne suffit pas : quels Russes, faudrait-il se demander, sont aux commandes de ce festival ? Il suffit de se rendre au cinéma Balzac, sur les Champs-Elysées, et de regarder quelques-uns des films programmés, pour avoir une partie de la réponse. Samedi 7, on pouvait voir L'Homme qui a surpris tout le monde, de Natacha Mercoulova et Alexeï Tchoupov (2018). Dans sa présentation, la directrice de la salle a lourdement insisté sur le caractère approprié du film, dans un festival intitulé : Quand les Russes nous étonnent, film d'autant plus étonnant qu'il vient d'un pays « macho » : on pouvait déjà deviner de quoi il retournait, et on n'a pas été déçu. Le héros, Igor, un garde forestier viril, apprend qu'il a une tumeur au cerveau et qu'il ne lui reste que deux mois, au mieux, de vie. Il semble d'abord réagir de façon responsable, en prenant des mesures pour assurer le proche avenir économique de sa famille. Mais il tombe bientôt dans un état de dépression. Sa femme le persuade d'aller (...) Lire la suite »

Nord Stream 2 : et l’environnement dans tout ça ?

Étienne DHUIT

Le projet de gazoduc Nord Stream 2 divise les pays européens. Il pose également de graves problèmes environnementaux, largement minorés par les études d’impact. Tirant la sonnette d’alarme et rappelant l’Europe à ses objectifs climatiques, les ONG appellent à l’abandon du projet, ou du moins à un tracé alternatif.

À l’heure où les forêts primaires brûlent en Amazonie, en Indonésie ou en Afrique, certains projets d’infrastructures interpellent par leur non-sens écologique. C’est le cas, éloquent, du futur gazoduc Nord Stream 2, un gigantesque pipeline devant relier, d’ici à 2020, la Russie — où les forêts, en Sibérie, brûlent aussi — à l’Europe. Estimé à 9,5 milliards d’euros, le projet est développé par le géant russe Gazprom, une entreprise proche du Kremlin. Quelque 1 200 kilomètres de tuyaux devraient, à terme, passer sous la mer Baltique, traversant avant de rejoindre leur point d’arrivée en Allemagne les territoires de plusieurs pays membres de l’Union européenne (UE), parmi lesquels la Finlande, la Suède et le Danemark. Un projet « inadmissible » Non content de diviser les capitales européennes, qui dans leur ensemble dépendent d’ores et déjà à 40 % du gaz russe, ainsi que de couper l’herbe sous le pied de pays comme la Pologne et l’Ukraine, qui tiraient jusqu’à présent de substantifiques revenus du passage des (...) Lire la suite »
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Russie : Comment ont été recrutés les manifestants du 10 août par l’opposition

Karine BECHET-GOLOVKO

Les dernières manifestations de l’opposition à Moscou le 10 août ont réuni une masse importante de personnes, 20 000 selon la police, 50 000 selon les organisateurs. Un retournement de situation assez surprenant après l’échec relatif de la radicalisation opérée par le groupe Navalny-Sobol, la nouvelle figure devant attirer les caméras des médias occidentaux indépendants, indépendants puisque occidentaux et soutenant l’opposition russe. Surprenant ? Pas tant que ça. Un journaliste de News.ru s’est infiltré dans la mécanique de recrutement des manifestants.

La dernière manifestation à Moscou était prévue en deux étapes : une autorisée sur l’avenue Sakharov, qui devait être suivie d’une autre baptisée « Promenade » pour ne pas dire manifestation, non autorisée. Ainsi, les journalistes et bobos de tous les pays ont pu dire qu’il n’était plus possible de se promener librement à Moscou. Jouer sur les mots pour faire de la propagande, ce n’est pas nouveau, mais autant le rappeler. Pourtant, après le peu de monde présent à la deuxième manifestation, trop radicale, il fallut pour l’opposition renverser la vapeur. Les chancelleries occidentales ont mis le paquet, comme nous l’avions déjà écrit ici, comme partout les « zartistes » ont été mis à contribution, tout comme les médias étrangers diffusant en russe. Par exemple, la Voix de l’Amérique, le 10 août appelait à manifester à Moscou, puis a retiré sa publication, une fois qu’elle n’était plus nécessaire (voir ici, la page n’existe plus sur twitter). Malgré tout cela, il y eut une impression assez bizarre : certes, il y (...) Lire la suite »

Entretien avec Vladimir Poutine (Corriere della Sera)

Fabrizio Dragosei et Paolo Valentino
Les rapports entre Russie et Italie semblent positifs. Notre gouvernement est parmi les rares en Europe à pousser pour une révision des sanctions. Et pourtant nous sommes ceux qui souffrent le plus du blocus de divers biens de consommation que votre gouvernement a décidé comme contre-mesure. Ne serait-ce pas un geste vers une possible détente si la Russie, unilatéralement, commençait à abolir les contre-sanctions ? V. Poutine : “Avec l’Italie nous avons vraiment des rapports particuliers, qui ont fait leurs preuves au fil du temps. Un dialogue fondé sur la confiance avec ses dirigeants a été mis au point. Constamment, un travail conjoint est conduit dans la sphère politique, économique, scientifique et humaniste. Nous apprécions beaucoup ce capital de confiance réciproque et partenariat. Nous avons sans aucun doute tenu compte de ce fait. Et nous n’avions pas le désir d’étendre les limitations aux liens économiques avec l’Italie. Mais le fait est qu’en prenant les mesures de riposte -contre les (...) Lire la suite »

Pompiers et incendiaires

Michel RAIMBAUD

A Sotchi, le 15 mai dernier, lors de sa rencontre avec le président autrichien Alexander Van der Bellen, Vladimir Poutine a prévenu :" La Russie n'est pas une équipe de pompiers , nous ne pouvons pas tout sauver". Le leader russe, en utilisant la métaphore de l'incendie, affirmait diplomatiquement qu'il n'ignore pas que de terribles incendiaires existent dans notre "nouveau monde". Ils sont d'abord américains ou liés aux Etats-Unis. Et la Russie vient de nous prévenir qu'elle a ni l'intention ni la capacité de circonscrire tous les foyers allumés par Trump et sa sinistre clique. C'est une mise en garde.

Et le chœur occidental abasourdi gobe avec délices cette ânerie : selon ce prophète trop pressé, le monde se serait figé sans autre choix que le ralliement au nouveau maître. Pour les refuzniks en puissance, il s’agit de se soumettre ou de se démettre : prenant la succession du « monde civilisé » de l’ère coloniale et du « monde libre » de la guerre froide, la « communauté internationale » is born, comme on dit dans le volapuk globish. Les Etats qui osent refuser la nouvelle règle du jeu américain sont relégués dans la géhenne des Etats hors-la-loi, faillis, voyous, parias, « préoccupants », comme on dira bientôt. Et les pays « libérés » du communisme doivent entreprendre une reconversion expresse sans concessions, sans fioritures… Se débarrasser des faucilles, des marteaux, de l’Internationale prolétarienne et, pour beaucoup de leurs élites, de tout un passé devenu encombrant. On ne l’appelle pas encore ainsi, mais le « moment unipolaire américain » est en marche et n’aime pas ceux qui traînent les pieds. (...) Lire la suite »

Rand Corp : comment abattre la Russie (Il Manifesto)

Manlio DINUCCI
Contraindre l’adversaire à s’étendre excessivement pour le déséquilibrer et l’abattre : ce n’est pas une prise de judo mais le plan contre la Russie élaboré par la Rand Corporation, le plus influent think tank étasunien qui, avec un staff de milliers d’experts, se présente comme la plus fiable source mondiale de renseignement et d’analyse politique pour les gouvernants des États-Unis et leurs alliés. La Rand Corp se vante d’avoir contribué à élaborer la stratégie à long terme qui permit aux États-Unis de sortir vainqueurs de la guerre froide, en contraignant l’Union Soviétique à consommer ses propres ressources économiques dans la confrontation stratégique. C’est de ce modèle que s’inspire le nouveau plan, “Overextending and Unbalancing Russia”, publié par la Rand. Selon ses analystes, la Russie reste un puissant adversaire des États-Unis dans certains domaines fondamentaux. Pour cela les EU doivent poursuivre, avec leurs alliés, une stratégie d’ensemble à long terme qui exploite ses vulnérabilités. Ainsi va-t-on (...) Lire la suite »

La Russie gagne la guerre de sanctions (The National Interest)

Judy TWIGG

Les sanctions étaient censées punir l’élite moscovite, mais elles ont au contraire stimulé le développement économique et le patriotisme.

Le débat actuel sur les sanctions contre la Russie porte sur leurs cibles et leur portée. Punissons-nous les gens dont nous voulons changer le comportement ? Infligeons-nous des souffrances aux bonnes personnes, aux responsables du chaos en Ukraine et en Crimée, des attaques contre Sergei Skripal et autres, de l'ingérence dans les élections occidentales ? Pouvons-nous nuire aux élites russes suffisamment pour faire bouger Poutine ? En avons-nous fait assez ? Mais dans au moins un secteur les sanctions sont un cas d’école de conséquences imprévues : grâce aux sanctions, les agriculteurs russes sont on ne peut plus prospères. Les contre-sanctions ciblant les importations de produits alimentaires occidentaux - entrées en vigueur quelques jours seulement après les sanctions occidentales à l'été 2014 - ont d'abord grandement perturbés les consommateurs russes attachés aux délicieux fromages européens et aux plats préparés. Mais leur palais s'est rapidement ajusté, et la nécessité de pallier à la (...) Lire la suite »
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