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Thème : Tibet
Mars 1959 au Tibet : fuite du dalaï-lama, renaissance d’un peuple en voie d’extermination

Tibet, Paradis perdu ou Enfer démasqué ?

André LACROIX

En 2011, au retour d’un voyage au Tibet en compagnie de deux grands reporters, Renaud Girard du Figaro et Rémy Ourdan du Monde, j’ai écrit le livre (« Dalaï lama pas si zen » Ed. Max Milo) qui allait à contre-courant d’une imagerie d’Epinal sur un Tibet paradisiaque. Je disais que cette région chinoise était un enfer esclavagiste, obscurantiste, génocidaire sous la férule de théocrates incultes et que la fuite du 14ème dalaï lama avait permis la libération d’un peuple en voie d’extermination ( Voir ci-après : de 10 à 12 millions dans les siècles passés, la population était tombée à guère plus d’un million, avec une espérance de vie de l’ordre de 35 ans et un nombre croissant de mâles exclus de la procréation par la religion).
Le livre d’Albert Ettinger recensé ici par André Lacroix corrobore mon récit et l’augmente de révélations sur l’esclavage sexuel en vigueur au temps heureux du « Free Tibet ».
Maxime Vivas

Les mystères ou les hasards de l’édition ont voulu que le premier volume du magistral ouvrage d’Albert Ettinger paraisse en français sous le titre « Tibet, Paradis perdu ? » quelques mois … après le deuxième volume intitulé « Batailles tibétaines ». Dans ce deuxième volume, déjà recensé (1), Albert Ettinger dressait un tableau impressionnant des différentes facettes de la dimension géopolitique actuelle de la problématique tibétaine. Et voilà maintenant que sont révélées sans fard les caractéristiques de l’ancienne société tibétaine, renversée en 1959 (2). Ceux qui ont déjà lu « Batailles tibétaines » liront « Tibet, Paradis perdu ? » avec autant d’intérêt que s’il s’agissait d’un prequel (3) d’une œuvre romanesque ou cinématographique, même si, bien sûr, il ne s’agit pas ici de fiction mais de réalité historique, authentifiée par de multiples témoignages. Des sources multiples et bien exploitées Comme "Batailles tibétaines", "Tibet, Paradis perdu ?" se compose d’une trentaine de chapitres courts au titre évocateur, (...) Lire la suite »

Retour sur la question des relations Tibet-Allemagne nazie (5ème et dernière partie : les cercles dirigeants tibétains complices des puissances de l’Axe)

Albert ETTINGER

Les tibétologues Blondeau, Buffetrille, Robin et Stoddard ont-elles raison quand elles clament haut et fort qu’ « il n'y eut jamais de contact officiel entre le gouvernement tibétain et les nazis » et quand elles affirment sans sourciller que « la connexion entre le Tibet et les nazis » n’est qu’un « mythe » ? (1) Nous allons montrer dans cette cinquième partie… - que les relations entre l’élite tibétaine et le Reich étaient réelles et fort amicales ; - qu’elles pouvaient se fonder sur des sympathies politiques et des intérêts communs ; - que pendant la Seconde guerre mondiale, les nazis projetaient d’attaquer les Britanniques en Inde du Nord à partir du Tibet et avec son aide ; - enfin, que le Tibet garda une soi-disant « neutralité » qui servit en fait les impérialistes japonais, les principaux alliés d’Hitler, dans leur tentative de conquérir et d’asservir la Chine.

L’accueil de l’expédition SS par le gouvernement de Lhassa Comme Isrun Engelhardt le souligne – pour une fois à bon escient – l’expédition SS au Tibet ne fut ni un exploit sportif remarquable, ni une aventure particulièrement dangereuse. Ce qui est remarquable en revanche, c’est qu’elle « fut invitée officiellement par le gouvernement tibétain – une petite sensation, vu la politique totalement hostile du gouvernement tibétain à l’égard de voyageurs étrangers au cours des années trente du 20ème siècle. » (2) Mais ce n’est pas la seule chose de sensationnel. Le temps du séjour de l’expédition au Tibet, plus de six mois, l’est tout autant ; et l’accueil tout à fait exceptionnel que le gouvernement tibétain réserva à ses hôtes SS l’est plus encore. Invités à d’innombrables et interminables banquets, reçus par tous les aristocrates influents de Lhassa, ils sont autorisés à parcourir le pays aux frais des Tibétains (en usant, à l’instar des officiels tibétains, du droit à l’ula, la corvée obligeant les sujets à fournir (...) Lire la suite »

Retour sur la question des relations Tibet-Allemagne nazie (3e partie : Les tibétologues allemands au service du « Troisième Reich »)

Albert ETTINGER

Depuis la déclaration publique des coryphées de la tibétologie française dans Libération en 2008 (1), alléguant que l’expédition allemande au Tibet fut purement « scientifique », le sujet a été creusé par des chercheurs indépendants et sérieux. (2) Leurs recherches confirment en détail ce qu’on pouvait déjà savoir en 2008 à condition de ne pas porter d’épaisses œillères idéologiques, à savoir : qu’Ernst Schäfer ne fut pas simplement un « brillant zoologue » et « chercheur allemand », mais un nazi invétéré qui fit carrière dans les SS dès 1933 en recherchant activement le soutien de Himmler, et que son expédition au Tibet fut bel et bien organisée, financée et mise en œuvre par les nazis.

C’est ce que nous avons montré dans les deux parties précédentes du présent article. Dans cette troisième partie, nous voulons creuser le sujet en montrant... que Schäfer fut un partisan déclaré d’une « ligne nouvelle et nationale-socialiste » de la science allemande, que cette science allemande fut, en général, à la botte du régime et marquée par son idéologie, que les tibétologues allemands poursuivaient des objectifs « scientifiques » propres au Troisième Reich, et que Schäfer poursuivit sa carrière nazie jusqu’à la défaite totale et la chute du régime, entre autres comme directeur du Reichsinstitut Sven Hedin affilié à l’Ahnenerbe SS. « Les chercheurs SS au Tibet, représentants d’une science nationale-socialiste spécifique » ... c’est le titre qu’a choisi Wolfgang Kaufmann pour un des chapitres de sa remarquable thèse de doctorat sur Le Troisième Reich et le Tibet. Mais peut-on vraiment parler d’une « science nationale-socialiste » ? Est-ce que la science n’a pas été de tout temps indépendante, (...) Lire la suite »

Retour sur la question des relations Tibet-Allemagne nazie (2e partie : une argumentation minable)

Albert ETTINGER

En 2008, le quotidien Libération publia une « mise au point » signée Françoise Robin, Anne-Marie Blondeau, Katia Buffetrille et Heather Stoddard. Pour défendre coûte que coûte l’ancien Tibet et leur idole, le dalaï-lama, ces tibétologues universitaires y nient toute relation entre l’Allemagne nazie et le Tibet. Au contraire, elles affirment avec insistance que « l'expédition Schäfer » fut purement « scientifique » et vont jusqu’à présenter le nazi invétéré que fut Schäfer comme un résistant dans l’âme. À l’instar de leur collègue allemande Isrun Engelhardt, peu leur importe qu’elles fassent en fin de compte l’apologie du « Troisième Reich ».

Deux arguments sont supposés étayer le point de vue de ceux qui voudraient faire de Schäfer et de son expédition au cœur du Tibet une entreprise purement scientifique, indépendante des SS et du contexte politique de l’époque. Schäfer, un « adversaire des pseudo-scientifiques de Himmler » ? Premièrement, Schäfer, au lieu du nazi invétéré que ses actes et ses paroles de l’époque laissent apparaître, aurait été un opposant dans l’âme, un résistant même, puisqu’il ne se serait pas plié aux vœux de Himmler, allant jusqu’à refuser « les pseudo-chercheurs que Himmler voulut lui imposer ». Cette affirmation a été faite d’abord par Schäfer lui-même, après la fin de la guerre. Comme la grande majorité des membres du parti et des SS, il se découvrit soudain adversaire du régime après que, en 1945, la « guerre totale » se fut terminée par une défaite totale. Pour quelles raisons faudrait-il le croire sur parole, comme le font Isrun Engelhardt et ses collègues françaises ? Les pseudo-chercheurs initialement proposés par Himmler, (...) Lire la suite »

Retour sur la question des relations Tibet-Allemagne nazie (1ère partie : des tibétologues négationnistes)

Albert ETTINGER

« Quoi qu'en dise Laurent Dispot, l'expédition Schäfer fut scientifique et celle de Harrer, une expédition d'alpinisme. Peut-être l'auteur s'inspire-t-il de mythes propagés depuis les années 90 par certains groupuscules néonazis, mythes que le gouvernement chinois aime à relayer (Beijng Review mars 1998, « Nazi authors Seven Years in Tibet ») ? Le texte de Dispot, comme tous les autres textes de cette sorte, relève de la théorie du complot. »(1) Par ces trois petites phases d’un article dans Libération, la fine fleur de la tibétologie universitaire française (Françoise Robin, Anne-Marie Blondeau, Katia Buffetrille et Heather Stoddard) atteignit en 2008 le comble de l’ignominie. Car en essayant de défendre coûte que coûte le dalaï-lama et l’ancien Tibet, ces tibétologues finissent par faire l’apologie des SS et du « Troisième Reich ». En accusant de surcroît la Chine de relayer des « mythes néonazis » – tout en épousant elles-mêmes des thèses négationnistes – elles jettent par-dessus bord leur dernier petit reste d’honnêteté intellectuelle.

Les nazis au Tibet : Schäfer, Beger, Harrer Les reproches adressés au gouvernement tibétain de l’époque et au dalaï-lama tournent autour de trois noms surtout : Ernst Schäfer, Bruno Beger et Heinrich Harrer. Le premier, Schäfer, fut le chef de l’expédition SS au Tibet en 1938/1939. Le deuxième, Beger, fut l’ « anthropologue » de cette expédition. Celle-ci fut accueillie par les dirigeants tibétains de l’époque avec tous les honneurs et put séjourner au Tibet (alors qu’en principe le pays était fermé aux étrangers, sauf aux Britanniques) pendant plus de six mois, du 22 décembre 1938 au 3 juillet 1939. (2) Harrer, quant à lui, fut un alpiniste SS célèbre, héros du sport nazi qui, retenu prisonnier dans un camp d’internement britannique en Inde, réussit finalement à s’évader et à se réfugier au Tibet. Dans l’immédiat après-guerre, il vécut plusieurs années « à la cour du dalaï-lama » (l’édition originale allemande de ses mémoires tibétains porte le sous-titre « Ma vie à la cour du dalaï-lama ») ; il devint l’ami (...) Lire la suite »
Des sans-coeur ont repris deux fois des moules

Le dalaï lama vient de perdre un ami

Maxime VIVAS

« Troublants […] les rapports entre le gourou japonais de la secte Aum, Shoko Asahara, sponsor de « la cause tibétaine » et le dalaï-lama (des photos les montrent main dans la main). Or, Shoko Asahara a défrayé la chronique de l’horreur en faisant gazer au sarin des passagers du métro de Tokyo le 20 mars 1995 » (1).

En 2016, Macron rencontre en France le dalaï lama et il twitte, extasié : « j’ai vu le visage de la bienveillance ». Le 25 avril 2018 aux USA, il parle du dalaï lama aux étudiants de l’université George Washington : « C’est un leader extraordinaire, je le respecte beaucoup ». Il est juste de dire que l’engouement de Macron pour l’ex-esclavagiste théocratique est largement répandu dans la classe politico-médiatique française. La raison en est un alignement idéologique derrière les USA qui travaillent inlassablement à essayer d’amputer la Chine de sa région autonome tibétaine. Lors de la recension par LGS en 2012 de mon livre sur le dalaï lama (1), un lecteur (qui signe BQ) nous a envoyé ce commentaire dont je fais un copié-collé car il est un condensé puissant : « Le 13 septembre 1994, à l’approche de ses 60 ans, le 14ème dalaï-lama invita quelques personnes à Londres pour un lunch. Des personnes qui avaient été au Tibet « avant l’arrivée du régime communiste », c.-à -d. avant les années 1950 (...). Un des (...) Lire la suite »
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Lettre ouverte aux parlementaires européens auteurs d’une pitoyable résolution

André LACROIX

Le 18 janvier 2018, le Parlement européen adoptait une résolution "sur les cas des militants pour les droits de l’homme Wu Gan, Xie Yang, Lee Ming-che et Tashi Wangchuk,ainsi que du moine tibétain Choekyi (1)". Comme on le verra plus bas, cette résolution, comme le Gorille de Georges Brassens, "ne brille ni par le goût, ni par l'esprit".

Madame la Parlementaire européenne, Monsieur le Parlementaire européen, La résolution que vous avez cru devoir adopter le 18 janvier 2018 ne résiste pas aux critiques. * * * 1) Partialité En premier lieu, elle se caractérise par une étrange partialité, oubliant que les pires atteintes aux droits de l’homme sont dues aux guerres et à la misère. Or, précisément, pour ce qui est des guerres, la République populaire de Chine, indépendamment du conflit sino-indien, n’a mené que deux opérations militaires en dehors de son territoire (en 1949 en Corée et en 1976 au Vietnam), soit vingt fois moins que les États-Unis – qui ont semé la mort et le chaos un peu partout dans le monde. Or, précisément, pour ce qui a trait à la misère, la Chine, en moins de quarante ans, a réussi à extraire de l’extrême pauvreté plus de 600 millions de personnes – un exploit inégalé à ce jour. Au Tibet, par exemple, l’espérance de vie a doublé et le niveau de vie est en croissance constante, au plus grand bénéfice d’une population qui, (...) Lire la suite »
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Les frustrations de M. Lobsang Sangay

André LACROIX

Une fois de plus (1), et cette fois sous la plume d’Arnaud Vaulerin, Libération fait preuve de complaisance envers la pensée unique en relayant, sans le moindre esprit critique, les propos de Lobsang Sangay, le chef du « gouvernement tibétain en exil ». Son interview publiée le 26 janvier 2018 est titrée en grands caractères Tibet : « Nous avons perdu notre pays à cause d’une route ».

Une nostalgie d’Ancien Régime « Nous avons perdu notre pays » : telle était aussi la déploration des émigrés français (nobles, riches bourgeois et prélats) ayant fui la Révolution de 1789. Pour ces quelque 140 000 privilégiés de l’Ancien Régime, la France était leur chose que le petit peuple était juste bon à entretenir à leur profit. Ils étaient incapables d’imaginer que, pour les 27 autres millions d’habitants que comptait alors la France, ce « nous » des émigrés ne représentait pas grand-chose. Et pour la masse des Tibétains du Tibet, que représentent les quelque 150 ou 160 000 exilés sinon les descendants des nantis et de leurs domestiques qui ont fui leur pays à partir de 1959 ? Qui, parmi le 2,8 millions de Tibétains de la Région autonome du Tibet (RAT), oserait affirmer sans mentir : « nous avons perdu notre pays », alors que leurs conditions d’existence en amélioration constante sont sans commune mesure avec la misère qui a été le lot de leurs grands-parents ? Là s’arrête la comparaison entre la (...) Lire la suite »
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Palestiniens et Tibétains : même combat ? Actualisation

André LACROIX

N’en déplaise à certains « défenseurs » des Droits de l’Homme, animés par une indignation à géométrie variable, l’assimilation entre la cause palestinienne et la cause tibétaine relève de l’escroquerie intellectuelle.

Introduction Ces quelques lignes ne sont qu’une actualisation de mon article du 3 mars 2011 : http://tibetdoc.org/index.php/politique/geopolitique/248-palestiniens-.... Cet article se voulait une réponse à la question posée par plusieurs de mes amis : comment toi, un défenseur de la cause palestinienne, peux-tu ne pas défendre la cause tibétaine ? J’y réfutais les comparaisons mal fondées selon lesquelles nous serions en présence de deux territoires envahis, de deux peuples exploités et de deux colonies, alors que ces caractéristiques ne s’appliquent qu’à la Palestine et nullement au Tibet. En revanche, sur base de l’analyse des faits, c’est entre les séparatistes tibétains et les gouvernements israéliens que la comparaison s’impose, car nous sommes bien ici en présence de deux nationalismes messianiques s’appuyant l’un et l’autre sur de puissants lobbies (*). Ça se confirme Cette analyse se confirme chaque jour davantage. La Région autonome du Tibet a beau connaître un développement économique (...) Lire la suite »
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Libé : porte-voix de Dharamsala ?

André LACROIX

Sous le titre "Le monde devrait s’inquiéter des atteintes à l’environnement au Tibet", on a pu lire sur le site de Libé du 29/11/2017 une interview par Laurence Defranoux de Dolma Tsering, députée du « Parlement tibétain en exil ». C’est le droit, bien sûr, d’un organe de presse d’interviewer n’importe qui ; mais ne serait-ce pas aussi son devoir de faire preuve d’un minimum d’esprit critique ?

Rien que le bandeau de présentation donne un aperçu des préjugés de la journaliste. Elle nous dit que « Dolma Tsering (...) est née au Tibet en 1959, neuf ans après l’invasion du pays himalayen par l’armée de la Chine communiste. » Invasion ? En fait, la Chine n’a fait que récupérer une province traditionnelle ayant échappé pour un temps (de 1911 à 1950) à son contrôle à cause des problèmes de la jeune république (seigneurs de la guerre, rivalité entre communistes et Guomindang, agression japonaise). Il est assez lamentable qu’un journal au bon nom de Libération taxe d’« invasion » l’arrivée au Tibet de l’APL (Armée populaire de Libération) qui a effectivement libéré la population d’un pouvoir théocratique millénaire. Pour rappel, les paysans tibétains étaient astreints aux corvées ; ils pouvaient être vendus comme du bétail ; les esclaves fugitifs pouvaient subir l’arrachage des yeux (énucléation), l’arrachage de la langue, la section des tendons, l’amputation de bras, de jambes, ou être écorchés vifs. Première (...) Lire la suite »
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