Auteur Altau

13 

Grèce, euro, capitalisme, démocratie, révolution…

Altau

Des échanges vigoureux animent LGS ces derniers temps à propos de la Grèce et de l'euro. Les arguments que nous échangeons dans les commentaires ne sont pas toujours de très haut niveau mais c'est peut être aussi dû à la forme d'un tel site ? Essayons alors d'aller un peu plus loin, de sortir des invectives et des raccourcis. Mais on va quand même tenter de ne pas faire trop long, hein ?

Jacques Sapir, en proposant un « front » allant de la gauche radicale au « nouveau FN » a fait réagir la première de façon salvatrice mais aussi souvent bien limitative. On oublie en effet trop souvent que si le FN s'est construit sur une base de haine pour l'autre et possède toujours en son sein les pires héritiers des nazis, ses idées ont largement débordé pour être défendues depuis maintenant longtemps par la droite mais aussi par ceux qu'on croyait en être fort éloignés (Chevènement, etc). Aussi, diaboliser le FN est alors bien pratique pour escamoter que la quasi totalité des partis sont peu ou prou marqués par leur idéologie de préférence nationale et autre limitation de l'immigration. On ajoutera à cela le pli généralisé de raisonner par communautés plutôt que par classes sociales par exemple. On se méfiera donc du réflexe de crispation dès qu'on parle de FN au risque de laisser couler lorsque d'autres « républicains » font leur fonds de commerce de la même eau à peine (…)

Obama aurait-il lu Luciano Canfora ?

Altau

Je suis en train de lire quelques ouvrages de l'universitaire italien Luciano Canfora et je ne peux m'empêcher, au moment où les États-Unis commencent à considérer Cuba d'un autre oeil, de porter à la connaissance des lecteurs du GS cet extrait du livre L'imposture Démocratique publié en italien en 2002, traduit en français en 2003, et qui reste d'une grande actualité.

Sur combien de générations peut durer l’expérience « révolutionnaire » ? La révolution française de la fin du XVIIIème siècle autant que la révolution communiste, qui couvre une grande partie du XXème, démontrent que, passé la seconde génération, cette expérience ne se transmet pas. Non qu’on veuille en tirer une loi générale : ce n’est que le constat d’une évidence. N’en déplaise aux « marxistes orthodoxes » (tribu au prestige scientifique douteux et souvent sans grand rapport avec la pensée de Marx), il faut observer que le fondement des révolutions est avant tout la tension morale. Sans rien enlever, évidemment, aux présupposés matériels, en l’absence desquels aucune crise ne se déclenche, j’entends ici par « fondement » ce « je-ne-sais-quoi » de la psychologie collective qui, effectivement, met en branle le soulèvement révolutionnaire — lequel n’est jamais inévitable et, pour exploser, a besoin de la conviction diffuse que l’ordre établi n'est plus viable mais aussi du choix (…)

Quand le mot ment

Altau

Les plus déterminés que nous sommes à vouloir transformer nos sociétés dans le sens de la justice pour le plus grand nombre se font avoir et voient leur esprit manipulé par les spécialistes en communication qui ne datent pas d'hier. À notre corps défendant, on use de termes qui ne servent pas notre combat, voire qui le ruinent.

néolibéralisme Mais pourquoi désigne-t-on à présent toutes les tares du capitalisme sous ce nom ? À lire la quasi-totalité des propos de ceux qui veulent débarrasser la société du diktat capitaliste, on pourrait croire qu'avant le néolibéralisme, ça n'allait pas si mal ma foi, on pouvait s'accommoder du bon libéralisme de grand-papa. Oubliées les dictatures sanglantes, les guerres hyper-meurtrières, les attaques contre le monde du travail. Eh bien qu'il soit neo ou archo, le libéralisme est à l'origine d'injustices criantes et calamiteuses ! Il faut appeler les choses par leur nom : il faut se débarrasser du capitalisme dont le néolibéralisme est un avatar. À bas le libéralisme ! démocratie Même ceux qui estiment que nos sociétés ne sont qu'un semblant de démocratie ne peuvent s'empêcher d'utiliser ce terme pour désigner nos systèmes politiques. Les manipulateurs d'opinions ont réussi à faire passer dans les esprits même les plus affranchis que nos sociétés occidentales (…)