auteur Michel WARSCHAWSKI

Honte à toi, Richard Prasquier

Michel WARSCHAWSKI

Des gnomes qui s’agitent sur la dépouille d’un géant

Un Juste est mort - un des 36 justes qui, selon la tradition juive, vivent à chaque moment parmi nous - et dans certains sites qui osent se définir comme « juifs », on danse et on crache sur sa dépouille. A vomir, et, pour nous Juifs, à rougir de honte. Des gnomes, méchants et bêtes, s’attaquent au géant Stéphane Hessel. Parmi ces gnomes, l’ineffable Richard Prasquier, soit disant « représentant » des Juifs de France, mais en fait vice-ambassadeur d’Avigdor Lieberman à Paris.

Il y a trois mois, ce même Prasquier m'attaquait, dans un texte où se mélangeaient contre-vérités et propos calomnieux, à l'occasion de la remise du Prix des Droits de l'Homme de la République Française que je recevais au nom du Centre d'Information Alternative de Jérusalem, des mains de la Garde des Sceaux Christiane Taubira. Stéphane et Christiane Hessel me faisaient l'amitié et l'honneur d'être présents à cette cérémonie. Emis contre moi, ce texte pouvait encore être considéré comme de la mauvaise mais légitime polémique. Avec Stéphane Hessel c'est une toute autre chose : « Richard Prasquier, déchausse-toi et rince-toi la bouche avant de prononcer le nom de Stéphane Hessel, car c'est un Saint ». Stéphane - il me permettait cette familiarité, et j'étais fier qu'il me tutoie, même si moi je n'ai jamais réussi à le faire - me réprimanderait certainement pour avoir utilisé ce mot, mais, contrairement à Richard Prasquier, dont la culture juive est directement proportionnelle à son (…)

« Une seule voie pour la paix : que le monde arrête Israël »

Michel WARSCHAWSKI

En Italie pour une série de débats sur le conflit israélo-palestinien (occupation et crimes de guerre israéliens depuis 1948, NDT), Michael Warshawski dénonce l’escalade israélienne à Gaza qui a fait en quelques jours 120 victimes palestiniennes (population civile, NdT). Nous avons parlé de la situation sur le terrain israélien et palestinien avec le fondateur de l’Alternative information center.

Les agences humanitaires disent que la situation à Gaza est la pire qu'on ait connue depuis 40 ans. Pensez-vous qu'Israël va faire quelque chose pour l'améliorer ? Cela va dépendre de la situation internationale. S'il n'y a aucun signe dans ce sens de la part de l'Europe et des Etats-Unis, Israël va continuer sa politique contre la population palestinienne dans la Bande. L'establishment militaire est déjà en train de discuter de la possibilité d'utiliser l'artillerie contre des zones à forte densité de population civile, si des missiles « Qassam » continuent à être tirés sur Israël. Utiliser l'artillerie contre des zones à densité de population civile élevée est une obsession de Ehud Barak (ministre de la défense), qui a demandé à ses conseillers politiques si une opération de ce type serait interdite par le droit international. Il s'agit d'une option qui est examinée très sérieusement à la fois par le gouvernement et par l'armée qui sont déjà , en partie, en train (…)

Israël / Palestine - Annapolis : Ce n’est pas une réunion de paix, mais un conseil de guerre, par Michel Warschawski.

Michel WARSCHAWSKI
LCR Belgique, dimanche, 28 octobre 2007. Pour comprendre ce qu'aborde une conférence, on pense habituellement que la question à poser est « qui participe ? ». Toutefois, je crois que la véritable question doit toujours être : « qui n'est pas invité ? ». Une rencontre de paix afin de traiter du conflit israélo-palestinien dans lequel on n'invite pas le Hamas n'est pas une réunion de paix, mais bien un conseil de guerre contre, entre autres, le Hamas et une partie substantielle de la population palestinienne de Cisjordanie et de Gaza qui a élu majoritairement ce parti au Conseil législatif palestinien. Le contexte stratégique de la conférence d'Annapolis est tracé par la stratégie néo-conservatrice de « guerre préventive » globale et sans fin contre la « menace islamiste » que les fondamentalistes chrétiens de droite des Etats-Unis ont élaboré. Une stratégie que les conseillers du président Bush appellent entre eux simplement et sans euphémismes, « la guerre contre l'Islam ». (…)

La Révolution Sioniste est morte.

Michel WARSCHAWSKI
UJFP, 29 juillet 2007. C'est notre ami Michel Warschawski, président de l'AIC (Centre l'information alternative de Jérusalem), qui l'affirme. Ou c'est plutôt Avraham Burg, ancien président de la Knesset, qui l'affirme : Warschawski le cite en intitulant ainsi son dernier ouvrage. Puisque l'été est un temps de lecture par excellence pour beaucoup de vacanciers, nous recommandons ce livre. Intitulé « La révolution sioniste est morte : Voix israéliennes contre l'occupation, 1967-2007 », ce recueil de 27 textes, réunis et présentés par Warschawski, racontent l'histoire des citoyens d'Israël qui se sont opposés à l'occupation depuis la guerre de six jours. En France, on a l'habitude de prendre des gants pour critiquer la politique israélienne, tellement la question est sensible. En Israël, rien de tel : les critiques sont frontales, acerbes, directes, parfois brutales. Outre sa qualité d'ancien parlementaire, celui qui affirme que « la révolution sioniste est morte » est également (…)

Gaza : agressés. Pas des rats pris au piège.

Michel WARSCHAWSKI
Il manifesto, jeudi 21 juin 2007. Le vieux rêve d'Ariel Sharon est en train de se réaliser : des Palestiniens qui tuent des palestiniens pendant qu'Israël compte les victimes avec une grande satisfaction. Les larmes des leaders israéliens sont des larmes de crocodile et leur supposé deuil pour les tragiques événements de Gaza une pure hypocrisie. Les conflits sanglants étaient prévisibles, de même que la responsabilité et l'implication directe d'Israël et des Etats-Unis sont patentes. Dans les analyses de nombreux journalistes israéliens la responsabilité d'Israël semble être indirecte : « 1,4 million de personnes enfermées dans un territoire aussi petit que la Bande de Gaza, sans aucune possibilité de mener une vie économique régulière et sans aucune possibilité de fuite, sont fatalement destinées à s'entretuer, comme des rats pris au piège ». Cette métaphore zoologique n'est pas seulement typiquement raciste, elle est aussi fondée sur une grosse méprise. Parce que (…)