auteur Benoit BORRITS

Contre le coronavirus, la cotisation sociale et le salaire socialisé

Benoit BORRITS

Face à la crise sanitaire et économique et pour garantir les salaires, Emmanuel Macron autorise les entreprises à ne pas payer les cotisations sociales en mars et renforce les indemnités de chômage partiel. C’est oublier que les cotisations sociales sont du salaire, notamment celui des personnels de santé. Un discours économiquement irréel qui ouvre la voie à de nouvelles restrictions budgétaires.

La pandémie du virus covid-19 fait suite à des mois de contestation sociale de la part des personnels hospitaliers contre la gestion libérale de la santé, une gestion dans laquelle la contrainte budgétaire gouvernementale est reine en lieu et place d’une élaboration d’un budget en fonction des besoins qui auraient été exprimés conjointement par les personnels et les citoyen.nes. Faire face à cette épidémie n’est pas sans conséquence sur l’économie et nécessite donc la garantie des salaires. Lors de son allocution télévisée du jeudi 12 mars, Emmanuel Macron a indiqué que l’État ferait tout pour que les entreprises et les salariés aient le moins à souffrir de cette situation et à ce titre, autorise les entreprises à suspendre le paiement des cotisations sociales fin mars et renforce les mesures d’indemnisation du chômage partiel. La cotisation sociale, c’est du salaire La majeure partie du personnel médical faisait face à une pénurie de moyens avant cette crise. Elle se demande (…)

Le G20 : Il faut que tout change pour que rien ne change ! (*)

Benoit BORRITS

Le sommet international du G20 (Summit on Financial Markets and the World Economy) s’est réuni le 15 novembre 2008 à Washington dans l’objectif de tracer les pistes d’un « futur ordre économique international », que certains, un peu excités, n’ont pas hésité de qualifier de Bretton Woods II : tout un programme ! Plus sérieusement, de quoi s’agit-il et surtout, pourquoi ce sommet s’est-il réuni ?

Ce sommet intervient un mois après la quinzaine noire (deux premières semaines d'octobre) d'une crise bancaire sans précédent dans laquelle de prestigieux établissements financiers ont été liquidés (Lehmann Brothers, Integrity Bank) ou rachetés in extremis (Merril Lynch, Bear Stearns...) quand ils n'ont pas tout simplement été nationalisés en extrême urgence pour éviter une onde de choc qui aurait emporté l'ensemble du monde de la finance (AIG, Freedy Mac, Fannie Mae, Fortis, Northern Rock, Bradford & Bingley...). Cette double crise financière et bancaire a planté le spectre de la récession (recul du PIB), funeste dans un premier temps aux profits des entreprises, lesquelles ne manqueront pas ensuite de reporter ce fardeau sur les classes et couches populaires avec baisses de salaires et croissance du chômage et de la précarité. Pourtant, depuis 2003-2004, quelques années après le krach de la bulle Internet, les marchés mondiaux semblaient sur une trajectoire vertueuse : (…)
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Non, le plan Paulson n’a rien de socialiste !

Benoit BORRITS
La crise des « subprime » n'en finit pas de faire des ravages. A l'origine de celle-ci, des courtiers cyniques ont négocié des crédits immobiliers pour des ménages à des conditions qu'ils savaient intenables. Cela n'avait pas d'importance pour les banques... tant que le marché immobilier montait : si le ménage ne paye pas, on l'expulse, on récupère la maison, on revend, on s'en met plein les fouilles. Oui, mais si le marché de l'immobilier baisse ? Personne n'y avait pensé ou tout au moins personne n'osait évoquer cette hypothèse tant elle faisait froid dans le dos : si la banque vend un bien immobilier saisi qui vaut moins que le montant du prêt, la banque perdra de l'argent et si les banques perdent trop d'argent, c'est alors la valeur de leurs dettes, c'est-à -dire de nos dépôts qui est en question. Pendant longtemps, cette crise a été masquée par divers artifices. Le principal consistait à « titriser » ces prêts immobiliers. Les banques savent que ces créances sur des ménages (…)

Après les « subprimes », on se fait une petite « relance » ?

Benoit BORRITS

Un parfum de récession flotte en cette rentrée de septembre. On considère qu’une économie est en état de récession dès lors qu’elle affiche un PIB en baisse sur deux trimestres consécutifs. La France enregistre un second trimestre 2008 avec un recul de son PIB de 0,3%, l’Allemagne de 0,5%, le Japon 0,6%. Les spéculations sont donc fortes quant au troisième trimestre 2008...

Le bon sens commun voudrait qu'après des décennies successives de hausse du PIB par habitant, une baisse de quelques dixièmes de points ne soit pas en soi une catastrophe. Les partisans de la décroissance feraient même valoir que, nos modes de production et de consommation étant tellement polluants et questionnant à terme la vie sur cette planète, une petite baisse du PIB pourrait constituer un véritable bol d'air. Et pourtant, quelques dixièmes de pourcentage de baisse du PIB donnent l'effroi aux économistes comme à la classe politique, comme si le PIB ne devait et ne pouvait que croître à l'avenir. Comment l'expliquer ? Ceci ne se comprend qu'en fonction de notre système économique dénommé « capitalisme ». Dans ce système, la majorité des entreprises sont des sociétés de capitaux, ce qui signifie qu'elles sont détenues de façon privée par des individus qui les dirigent dans l'unique but de tirer des marges. En d'autres termes, les travailleurs deviennent des intrants de (…)
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Le RSA de Hirsch-Sarkozy ou quand la gauche oublie ses fondements...

Benoit BORRITS
"Dans un contexte où depuis plusieurs années les salaires progressent beaucoup moins vite que les revenus du capital, dans un contexte où l'on explique aux salariés de tant d'entreprises qu'il n'y a pas de quoi augmenter les salaires en bas et qu'au même moment, on augmente la distribution des actions et les dividendes en haut, il n'est quand même pas anormal que les revenus du capital soient mis à contribution pour revaloriser le travail des plus démunis et des plus exclus". On se croirait à l'université d'été d'ATTAC et pourtant, il s'agit d'un extrait de l'allocution de Nicolas Sarkozy confirmant que le Revenu de Solidarité Active (RSA) sera bien financé par un prélèvement supplémentaire de 1,1% sur les revenus du capital (Intérêts, dividendes, revenus fonciers, revenus d'assurance-vie et plus-value). Du coup, la gauche en perd son latin. Jean-Louis Tourenne (PS), président du Conseil général d'Ille-et-Vilaine, a estimé que "Les classes moyennes seront touchées pour peu (…)