auteur Philippe ARNAUD
17 mai 2026
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N’y a-t-il qu’une seule façon de parler le français ?
Philippe ARNAUD
Mercredi 6 mai, à 10 h, sur France Inter, avait lieu une émission intitulée : "N'y a-t-il qu'une seule façon de parler le français ?". Les trois invités étaient Anne Abeillé, professeure de linguistique à l’université Paris Cité, Julie Neveux, maîtresse de conférences en linguistique anglaise à Sorbonne Université et Jean Pruvost, lexicologue, professeur des universités émérite. Autrement dit trois universitaires, spécialistes de la langue française, chacune et chacun dans sa partie.
Le fil conducteur de l'émission était celui-ci : "Le « bon français » est-il une norme universelle ou une construction sociale ? Linguistes et lexicologues montrent que, derrière les règles des puristes, se dessinent des rapports de pouvoir et des normes souvent arbitraires, loin d’une langue vivante, variable et partagée par tous ses locuteurs."
Il y a néanmoins un point que je n'ai pas vu souligner dans ce débat (qui d'ailleurs n'en était pas un, les trois invités étant peu ou prou d'accord), (…)
26 décembre 2025
Trump et le Groenland
Philippe ARNAUD
Les remarques ci-après concernent le "vide" (ou, au choix, le silence, ou l'omission, ou l'absence de réaction) des Européens vis-à-vis de la politique extérieure de Donald Trump. Lorsque je dis "des Européens", j'entends aussi bien l'Union européenne comme institution et ceux qui la représentent (Ursula von der Leyen, Kaja Kallas) que chacun des gouvernements qui la composent, que les médias de grande diffusion.
De quoi s'agit-il ? De la politique de Donald Trump vis-à-vis du Venezuela et du Groenland.
1. Vis-à-vis du Venezuela. Depuis la fin du mois d'août, Donald Trump a fait monter d'un cran son hostilité envers le Venezuela. Il a attaqué, sans preuves, diverses embarcations (qui ne venaient pas toutes, d'ailleurs, du Venezuela), en prétendant qu'elles transportaient de la drogue vers les États-Unis, et ces attaques ont causé plus de 100 morts. Il a accusé Nicolas Maduro, le président du Venezuela, d'être à la tête d'un gang de narco-trafiquants, et le Venezuela d'avoir (…)
27 juin 2025
L’attaque des États-Unis contre l’Iran selon le JT de France 2
Philippe ARNAUD
Le 22 juin, une grande partie du Journal télévisé de France 2 de 20 h, présenté par Laurent Delahousse, était consacrée à l’attaque étasunienne contre l’Iran.
Remarque 1. Manifestement, on était loin d'une présentation équilibrée. Le ton de Laurent Delahousse, comme celui de ses confrères et consœurs, était à la fascination, voire à l'admiration de l'opération étasunienne. On se serait cru en 1991, à l'époque de la première guerre du Golfe, lorsque les journalistes, bien à l'abri dans leur studio, jouaient à se faire peur en gonflant la "menace irakienne" (la 4e armée du monde), face à une armada représentant au moins un rapport de force de 100 contre 1. C'est à cette époque qu'apparurent, sur les plateaux de télévision, les premiers "experts militaires", sous les espèces de généraux à la retraite, tout farauds de leur soudaine célébrité.
Remarque 2. L'un de ces experts, le général d'aviation Patrick Dutartre, était l'invité de Laurent Delahousse. L'une des premières déclarations du général a consisté, précisément, à se référer à la première guerre du Golfe. Il faut dire que Laurent Delahousse lui a bien tendu la perche en évoquant (…)
16 décembre 2024
De Mers-el-Kebir au bombardement de la Syrie
Philippe ARNAUD
Immédiatement après l'effondrement du régime de Bachar el-Assad, dans la nuit du samedi 7 au dimanche 8 décembre, on apprenait que l'aviation israélienne avait bombardé 310 cibles en Syrie.
Ces cibles étaient des aéroports, des avions, des hélicoptères, des dépôts de munitions, des stocks d'armes chimiques, des batteries de DCA, des usines de production d'armes chimiques, des ports, des navires, des centres de commandement, des chars, etc.
Parallèlement, l'aviation américaine frappait 75 cibles en Syrie, en utilisant des B-52 (bombardiers stratégiques), des A-10 (avion d'appui au sol) et des F-15 (chasseurs-bombardiers). C'est-à-dire une gamme complète d'aéronefs.
Remarque 1. Ces bombardements ont eu lieu sans opposition, du fait que l'armée syrienne s'était volatilisée devant l'avancée des rebelles au régime et que ces derniers, d'une part n'avaient pas les moyens de riposter, d'autre part avaient autre chose à faire : en gros, consolider leur victoire.
Remarque 2. Ces (…)
24 mai 2024
Ceux des États qui ne reconnaissent pas la Palestine
Philippe ARNAUD
Trois pays européens (l’Espagne, l’Irlande et la Norvège), viennent de reconnaître diplomatiquement la Palestine. Ils s’ajoutent à la longue liste de ceux qui la reconnaissent déjà. Quelles observations peut-on en tirer ?
1. Ce qui est important, ce n'est pas de savoir quels pays reconnaissent la Palestine, mais plutôt quels pays ne la reconnaissent pas (ou, plus exactement, refusent de la reconnaître), car, à mesure que leur effectif se réduit, la signification politique et idéologique de leur refus augmente. Ces pays sont :
1.1. D'abord, en dehors, évidemment, d'Israël, les pays du “ Groupe Échelon ” (parfois aussi appelé UKUSA), à savoir les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, c'est-à-dire les pays de peuplement et civilisation européenne et de langue anglaise, soudés les uns aux autres par une multiplicité de liens économiques, stratégiques, militaires, culturels, Et qui pratiquent, en collaboration, l'espionnage du reste du monde. Etc.
1.2. Derrière, on trouve toujours des pays à la remorque stratégique des États-Unis comme le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, plus des micro-Etats du Pacifique.
1.3. Le deuxième gros bloc du refus est celui des pays (…)




