Luis SEPULVEDA
Cher Père Noël, ou Santa Claus, ou Viejo Pasquero, ou quel que soit votre nom et quelle que soit la façon dont vous aimez vous appeler et être appelé : j'avoue que j'ai toujours ressenti pour vous une certaine affection parce qu'en général j'aime bien la Scandinavie, parce que votre rouge houppelande me paraît prémonitoire et parce que, derrière votre barbe généreuse, j'ai toujours cru reconnaître le visage d'un certain philosophe allemand dont on trouve de plus en plus justifié ce qu'il a écrit dans plusieurs de ses livres souvent cités même s'ils sont moins souvent véritablement lus.
Ne craignez pas le contenu de ma présente lettre. Ce n'est pas moi cet enfant chilien qui vous a envoyé, il y a quelques années, la lettre suivante : « Espèce de vieux salaud, l'an dernier je t'ai écrit pour te dire que même si j'étais obligé d'aller à l'école pieds nus et sans avoir mangé, j'avais eu les meilleures notes de ma classe et que le seul cadeau que je demandais c'était un vélo, un vélo (…)
Luis SEPULVEDA
Dans quelques heures, le destin du Chili va se définir une fois de plus, et de nouveau, nous nous trouvons confrontés à l'alternative de voter entre le pire et le moindre mal.
Si je pouvais voter au Chili, ce serait pour Frei au deuxième tour. Je n'ai pas aimé son gouvernement, je n'aime pas la Concertation, mais je ressens très clairement que Piñera représente un retour néfaste vers le passé qu'aucun homme ou femme de gauche responsable pourrait permettre par omission.
Quelque chose a changé lors de ces élections, et c'est que, désormais, on ne peux pas voter blanc, simplement voter, déléguer et oublier la question jusqu'à la prochaine élection.
Si Frei gagne, il faudra exiger, sous toutes les formes de participation citoyenne, qu'il respecte ses engagements électoraux et bien plus.
Si Frei gagne, ce sera parce qu'une gauche responsable a sauvé la Concertation et cette même gauche devra exiger l'accomplissement de questions fondamentales pour un retour à une entière (…)
Luis SEPULVEDA
Au Honduras, il y a eu purement et simplement un coup d’État. Un général de la vieille école, de ceux qui sont formés aux États-Unis pour combattre « l’ennemi intérieur », plus un sénat indocile et fidèle aux vieilles oligarchies d’Amérique Centrale, prétend en finir avec une gestion qui, si elle peut être critiquable sur certains aspects comme celles de tous les gouvernements, est sujette à la Constitution et aux lois qui régissent la nation hondurienne et qui est l’expression de la volonté souveraine des honduriens. Remplacer la légalité par des mesures d’exception, par des nominations d’urgence, arrêter le président et l’expulser du pays, c’est purement et simplement un coup d’État. Il n’y a pas d’euphémismes qui puissent occulter ce qui s’est passé en réalité : un coup d’État.
Mais la presse espagnole, dés le premier moment, dés les premières rumeurs qui alertaient de l'anormalité au Honduras, s'est plus préoccupée de présenter le président Manuel Zelaya comme l'unique responsable de ce qui s'était passé, plutôt que de condamner à l'avance une quelconque violation du jeu démocratique. En se référant à des « sources non confirmées », on a présenté le président Zelaya comme un provocateur qui aurait appelé à un référendum inconstitutionnel dont l'unique objectif était de se maintenir au pouvoir. Maintenant, à mois de vingt-quatre heures et grâce à la télévision vénézuélienne, nous savons qu'il s'agissait d'une consultation sans caractère inaliénable, qui visait à connaître l'opinion des honduriens sur le fait de savoir s'il convenait ou non de proposer des réformes à la constitution. La presse espagnole a des correspondants et des envoyés spéciaux au Honduras, mais c'est grâce à la télévision vénézuélienne que le monde a connu la présence d'observateurs (…)
Luis SEPULVEDA
Shalom est un joli mot et rien de plus. Les bombardements dans la bande de Gaza laissent les habitués stupéfaits, tandis que meurent des enfants. Le monde occidental si obstiné à « régler le conflit du moyen orient » à chaque fois qu'il y a des photos pour l'Histoire, reste muet, tandis que des enfants continuent à mourir, des civils, des gamins qui jouaient dans la rue, et toute discussion possible, en plus d'être stérile, reste embourbée dans le politiquement correct. Tout le monde craint la suspicion d'antisémitisme parce qu'être ouvertement pro-israélien est politiquement très correct, la garantie d'être dans le camp des Justes. Aujourd'hui, comme on le sait, existent deux camps clairement définis : ceux qui ont la fibre pro-occidentale, chrétienne et dépouillée de tout anti-américanisme et, ceux qui appartiennent au camp du terrorisme intégriste musulman par l'action, l'omission ou l'allure d'arabe.
L'attentat des Tours Jumelles a constitué le pilier du tout est bon dans la (…)
Luis SEPULVEDA
4 septembre 2005.
L'encyclopédie Blogger dit que le Blog est une forme de communication informelle, et j'ajouterais, moi, grand lecteur de Blogs, que c'est un récipient extraordinaire pour vomir. Alors, vomissons.
Aujourd'hui nous sommes le quatre septembre et il y a trente cinq ans de cela, un jour semblable à celui ci, de printemps au Chili, nous avions célébré le triomphe de l'Unité Populaire, la victoire électorale de Salvador Allende, du Camarade Président Salvador Allende. Nous savons tous comment s'est terminée cette expérience démocratique et socialiste à la Chilienne, et nous savons qu'alors que le dégoût et le vomi leur étranglent la gorge, les Chiliens doivent vivre avec leurs satrapes, avec leurs tortionnaires, avec ceux qui ont fait disparaître des personnes, qui ont assassiné et volé à pleines mains. Vomitif.
Il y a quelques jours est mort d'un cancer le général Forestier, un tortionnaire, un assassin, un sujet qui a nié l'existence des disparus et qui a cassé (…)