José CAMARENA
Les résultats du premier tour des élections présidentielles françaises, sur lesquels je ne reviendrai pas puisque connus de tous, seront le prétexte à une tentative d’analyse plus large qui aille au-delà des frontières de l’hexagone en même temps qu’au-delà des interprétations trop axées sur les chiffres et l’actualité du moment. Essayons donc de mettre tout cela en perspective et d’en tirer quelque conclusion qui sorte du moyen terme comme des jeux d’intérêts de partis et de personnes trop liées aux conséquences des résultats immédiats en matière de retombées de prestige, d’argent ou de pouvoir et le nez collé aux échéances électorales les plus immédiates
Après l'Espagne, après d'autres, dans le contexte européen de la crise identitaire et de l'euro, dans l'ensemble plus vaste (inquiétant et aussi instable qu'imprévisible) du manque d'équilibre mondial, à tous les niveaux, ce serait une erreur de s'attarder aux résultats en ne tenant compte que de la réalité franco-française, tout comme on se leurrerait de penser que les électeurs sont des imbéciles et ceux du Front National, par exemple, de fieffés salops, qu'il suffirait de pointer du doigt pour les séduire, les ramener au bercail ou les diaboliser. Car quel que soit notre opinion sur ces partis et groupes « extrêmes », tous leurs membres ne sont pas de dangereux nazis et, plus important, ils constituent une réponse (respectable en démocratie) à cette aberration dans laquelle se situent nos sociétés où le choix -je le répète- se résume, hélas, entre capitalisme pur et capitalisme à visage humain, une rose à la main (on voit cela très bien au niveau européen où, après la (…)
José CAMARENA
En ces temps de discussions sans fin autour de concepts plus ou moins neufs ; en ces semaines où l’on assiste aux premiers symptômes des "maladies de jeunesse" inhérentes aux #révolutions, il n’est pas inutile de revenir sur l’importance des mots et de la parole pleine, vraie. Comme le disait, Michel Lancelot, dans son livre "Le jeune lion dort avec ses dents", à force de dire n’importe comment, on finit par dire n’importe quoi... Comme à force de faire, d’écrire, de penser, d’agir n’importe comment, etcaetera !
Certains discutent encore quant à savoir si les mots peuvent réellement guérir. J'entends par mots, la parole, au sens premier du terme. Certains donc ont encore du mal à comprendre -ou à accepter- que la parole guérisse, par exemple dans la cure analytique.
Ces mêmes qui hésitent, qui réfutent ou qui lancent l'anathème contre une telle conception, ne s'étonneront pas, par ailleurs, de ce que l'état d'euphorie amoureuse -cette exaltation proche de l'extase et de la mystique- redonne force à qui n'en avait plus, améliore la santé de qui se trouvait dans la douleur et la plainte, rend possible pour d'aucuns ce que d'habitude ils tenaient pour impossible.
Et s'ils restent sceptiques ou fermés à cette vérité clinique, que tout bon praticien, peut expérimenter une et cent fois, en fonction de sa patientèle (même si clientèle serait un terme mieux approprié, à mon sens), ils n'en acceptent pas moins, sans rechigner, le postulat inverse, à savoir que la parole peut rendre malade, (…)
José CAMARENA
Les événements de ce début d’année et l’expérience en cours -extrêmement intéressante- de la #spanishrevolution poussent à réfléchir sur les limites du système capitaliste et les possibilités réellement existantes pour tenter une alternative réelle qui ne soit vouée ni à l’échec à court terme, ni à la perversion de terminer par faire la même chose mais peut-être en pire. L’analyse de la dynamique en place et des discours des uns et des autres, à la lumière des théoriciens traditionnels de la gauche démocratique et marxienne (au premier rang desquels on retrouve Zizek), ouvre la voie à l’espérance en même temps qu’elle offre des pistes de réflexion et d’action pour une praxis réellement révolutionnaire. L’article ici part du présupposé qu’une démocratie réelle (non formelle et représentative, "aristocratique" comme les nôtres) doit retourner rechercher ses fondements dans les sages principes qui régirent la démocratie Athénienne (horizontale, contrôlée par la majorité du peuple, non technocratique, sans caste politique ni professionnalisme de la chose publique, etc.) ; donc que la dictature de la majorité, la loi du peuple n’est pas une dictature, contrairement à ce qui fonde l’actualité : le pouvoir sans partage d’une minorité qui impose ses intérêts à l’ensemble du monde et des peuples.
Les trompettes de l'apocalypse annoncent, au loin la fin du capitalisme. Comme le rappelle Slavoj Zizek dans son livre « Vivre la fin des temps », cela sonne comme la fin des temps, après le triomphe planétaire de ce système. On pourrait y croire car, à la violence des opprimés contre les oppresseurs, à la violence des luttes de classe, viennent s'ajouter des périls nouveaux qui, comme la destruction des écosystèmes et de la Planète en général, constituent un danger de plus en plus réel de catastrophe globale irréversible. Tout le monde le sait. Personne n'ose plus, aujourd'hui, nier l'évidence ; cependant, nombreux sont encore ceux qui pensent que si l'Homme a mis en place tous ces processus destructeurs, il n'a par contre pas les moyens de les stopper et que la Nature, comme le Marché, se régulera d'elle-même « comme elle le fait depuis que l'Homme est sorti de l'état de dépendance naturelle ». D'autres vont user de la dénégation (faire semblant que ce qui est n'est pas), comme (…)
José CAMARENA
Pour ce qui est des relations sexuelles en général et de la jouissance en particulier, l'ignorance continue de régner, malgré les avancées de la science et la diffusion la plus large des connaissances via l'éducation et le boum des moyens de communication.
Ainsi, beaucoup en sont encore à penser que la femme n'atteindrait la jouissance qu'à se faire pénétrer dans la quasi-douleur d'un engin hors-norme et, les hommes, qu'à ressentir l'explosion, tout aussi aux limites de la douleur, d'une éjaculation d'au minimum 10cc. (1)
En somme et en dehors de toute considération purement analytique, la majorité continue de s'en référer à une norme -laquelle, en matière de sexualité, reste une vue de l'esprit : construction culturelle, objet de pure statistique d'où se trouve écarté le désir.
La prothèse scientifique vient se substituer à l'orthèse religieuse et morale avec, pour résultat, la multiplication exponentielle (souvent dangereuse) des interventions chirurgicales à répétition (…)
José CAMARENA
La bataille pour le contrôle des médias et, plus concrètement, des nouvelles technologies de l’information et de la communication (nTIC) est devenue une des batailles, si pas la bataille idéologique principale de notre temps ; le terrain privilégié sur lequel se déroule la véritable guerre entre l’idéologie dominante d’un système à bout de souffle et les contre-pouvoirs porteurs de projets de société alternatifs.
Qu'on ne s'y trompe pas : l'épisode Assange restera, sans doute, dans l'histoire, comme un événement marquant ouvrant sur une ère nouvelle. Toutes les conflagrations mondiales, à travers les siècles, ont connu ce détonateur minime, ce "fait-divers" insignifiant, cet "accident" anodin, cette "bavure" que l'on croyait sans autre lien que le hasard contraire, cette "provocation" dont on attendait tout sauf le déclenchement effectif des hostilités.
Les puissants le savent : la guerre a bel et bien commencé, comme le déclarait le cinéaste Moore après les manifestations de début d'année dans le Wisconsin. L'ingérence des services secrets et de police dans les réseaux sociaux, les lois limitant la liberté du Web (sous les prétextes les plus variés mais toujours marquées du sceau des meilleures intentions), les réunions d'Obama avec l'ensemble des grands pontes de la nouvelle économie et la mise à l'agenda comme point d'ordre du jour aussi bien de Davos que du G8 en disent long sur la (…)