Bernard CONTE
Le chaos se répand dans le monde : l’affaire Epstein, la guerre en Ukraine, le conflit en Iran, les interventions américaines au Venezuela... Le chaos est souvent une destruction "créatrice", un prélude au changement.
Un principe supérieur d’exploitation, de domination et de contrôle
Notre hypothèse est que les sociétés humaines sont régies par un principe supérieur d’exploitation, de domination et de contrôle. L’application de ce principe suppose l’existence d’un système adaptable, capable d’évoluer en fonction des transformations structurelles des sociétés — transformations qui sont elles-mêmes le produit d’ajustements provoqués par le système lui-même.
La gestion des sociétés humaines s’effectue comme si elle était pilotée par une entité suprême. Dans les développements qui suivent, cette expression désignera le pilote, tandis que le terme système qualifiera la structure de gouvernance et son mode de fonctionnement.
L’entité suprême se situe au sommet de la pyramide. (…)
Bernard CONTE
Le développement d’une classe moyenne (1) nombreuse au Nord apparaît caractéristique de la période des Trente glorieuses et son émergence au Sud coïncide avec la phase développementaliste.
L’apparition et la densification de la classe moyenne sont des éléments majeurs de l’ajustement structurel fordiste. Le système dans sa version du capitalisme industriel va engendrer un façonnage sociétal permettant à la fois l’expansion géographique et l’intensification du capitalisme.
Pour paraphraser Max Weber (2), il s’agit de diffuser le plus largement et le plus rapidement possible « l’esprit du capitalisme » par le biais de la séduction et de la subornation. Pour ce faire, le niveau de consommation de biens et services (consommation de masse) doit être augmenté grâce à la redistribution des gains de productivité (production de masse) et à l’action d’un État « bienveillant ».
Le rôle de l’État apparaît déterminant si bien que certains qualifient cette période de « capitalisme régulé » inspiré par Keynes. Ainsi, l’État canaliserait le capitalisme pour en éviter les travers les plus importants. Au contraire, je pense que l’État est en permanence au service du système et les phases fordiste et développementaliste n’échappent pas à la règle. Ceci en contradiction avec la pensée dominante qui présente ces périodes comme des victoires des opprimés sur les nantis.
Dans ce contexte, l’État inscrirait son intervention dans le cadre de l’ajustement structurel (…)
Bernard CONTE
Le système d’exploitation et de contrainte, capitaliste depuis trois siècles, façonne les structures de la société en vue d’une exploitation et d’une domination accrues des masses. Pour ce faire, il use de ruse pour arriver à ses fins. En effet, la domination du petit nombre sur le grand nombre a besoin d’un « pseudo » consentement de la part de la masse. Pour l’obtenir, le système met en lumière et promeut des causes « humanitaires » qui, tellement « évidentes », logiques, charitables et flatteuses pour la dignité humaine, deviennent rapidement des dogmes, des vérités imposées qu’il est interdit de mettre en doute ou de contester. Il s’agit le plus souvent de « sauver » tout ou partie de l’Humanité. Ces causes humanitaires, véritables « croisades », mobilisent les multiples agents du système : personnel politique, médias, intellectuels, économistes, juristes, experts… Le but réel desdites croisades est de façonner les structures des sociétés destinataires pour les rendre compatibles avec l’évolution planifiée du système d’exploitation. L’exemple de la révolution verte, débutée dans les années 1960 dans le Tiers-Monde, pour « lutter contre la faim dans le monde » apparaît significatif. Elle a contribué à ajuster les structures de la société (particulièrement celles du secteur de l’agriculture traditionnelle), à intégrer ledit secteur dans la mondialisation et à créer des dépendances externes (économiques, technologiques, financières…). Ce façonnage sociétal facilitera le passage au néolibéralisme avec la crise de la dette extérieure du début des années 1980.
La révolution verte pour lutter contre « la faim dans le monde »
La révolution verte est le pendant de la mise en place de l’agriculture productiviste en Europe après la Deuxième Guerre mondiale. Sous le prétexte de la lutte contre la faim dans le Tiers-Monde, la révolution verte a été un instrument majeur de la destruction de la société traditionnelle et de l’intégration des agricultures du Sud dans la mondialisation et de leur domination par les firmes multinationales de l’agroalimentaire.
Au cours des années 1950-1960, la Banque mondiale ainsi que des fondations privées, notamment les fondations Ford et Rockefeller, ont financé la recherche agricole dans les pays en développement (1) . Cette recherche a abouti à l’élaboration de nouvelles variétés de céréales à haut rendement qui devaient couvrir les besoins alimentaires croissants des pays du Sud.
En effet, les experts soutenaient que les variétés de céréales traditionnelles, caractérisées par de faibles rendements, ne (…)
Bernard CONTE
La « pandémie » du coronavirus met en lumière une crise économique et financière déjà présente mais jusqu’alors cachée par un emballement de la planche à billets.
La quasi-totalité des pays a adopté des mesures de quarantaine en confinant les populations dans leurs foyers et en limitant drastiquement les déplacements. Après plusieurs semaines, la sortie du confinement est entrevue à travers différents scénarii dont l’un envisageait le report dans le temps du déconfinement des personnes « âgées ».
Emmanuel Macron déclarait le 13 avril : « Pour leur protection, nous demanderons aux personnes les plus vulnérables, aux personnes âgées, en situation de handicap sévère, aux personnes atteintes de maladies chroniques, de rester, même après le 11 mai, confinées, tout au moins dans un premier temps. Je sais que c’est une contrainte forte »(1).
Le Président du comité scientifique qui conseille les autorités, le Pr Jean-François Delfraissy, avait indiqué le 15 avril que les personnes « (…)
Bernard CONTE
Le système d’exploitation et de contrainte manipule l’opinion publique pour arriver à ses fins. Pour ce faire, il instrumentalise une opposition, parfois virulente, voire violente, qui sert ses intérêts en canalisant les mécontentements. Ce qui participe à la pérennité du système d’exploitation.
Il existe parfois des individus ou des groupes d’individus qui remettent vraiment en cause le système et constituent pour lui une réelle menace. Dans ce cas, et dans ce cas seulement, le système réagit en écartant ladite menace. Cette mise à l’écart peut prendre diverses formes plus ou moins radicales.
Les vrais opposants contestataires peuvent être discrédités, menacés... et parfois même physiquement écartés. Il suffit de se remémorer les accusations de viol, de pro-..., d’anti-... etc. Ainsi que les suicides, les noyades, les disparitions... Dans tous les cas, le système ne tolère aucune remise en cause de ses fondements.
Dans ce contexte, l’opposition – contestation perceptible par (…)