Julian ASSANGE
Texte intégral du discours d’ouverture de Julian Assange à Strasbourg mardi matin, sur l’accord de plaidoyer, le travail de Wikileaks, la loi sur l’espionnage, les représailles de la CIA et la répression du journalisme.
Discours de Julian Assange mardi matin devant la Commission des questions juridiques et des droits de l'homme de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) :
Mesdames et messieurs, la transition entre des années de confinement dans une prison à sécurité maximale et la présence ici devant les représentants de 46 nations et de 700 millions de personnes est un changement profond et surréaliste. L'expérience de l'isolement pendant des années dans une petite cellule est difficile à décrire. Elle efface le sens de soi, ne laissant que l'essence brute de l'existence.
Je ne suis pas encore tout à fait capable de parler de ce que j'ai enduré. De la lutte acharnée pour rester en vie, tant physiquement que mentalement. Je ne peux pas non plus parler de la mort par pendaison, du meurtre et de la négligence médicale de mes codétenus.
Je m’excuse par avance si mes propos manquent de justesse ou si ma présentation manque de raffinement auquel on pourrait s’attendre dans un (…)
Julian ASSANGE
Julian Assange, militant et fondateur de Wikileaks, a écrit une lettre adressée au nouveau roi d’Angleterre Charles III, lui demandant ironiquement de lui rendre visite en prison. L’épouse du journaliste, Stella Morris, a confirmé la requête, qui a été officiellement transmise au monarque. Assange, détenu depuis le printemps 2019 dans la prison de haute sécurité de Belmarsh (au sud-est de Londres), où il lutte contre son extradition vers les États-Unis d’Amérique, souligne à plusieurs reprises dans ses écrits les conditions dégradantes dans lesquelles se trouvent ses prisonniers, évoquant même le suicide tragique d’un codétenu.
À quelques kilomètres de la prison, Charles a été couronné roi le 6 mai 2023, dans la plus traditionnelle et la plus fastueuse des cérémonies. La cérémonie solennelle, qui a duré environ deux heures, s’est déroulée dans l’abbaye de Westminster, puis le cortège royal s’est rendu au palais de Buckingham, où le souverain et son épouse sont retournés avant de saluer la foule depuis le balcon de la famille royale. Tandis que le cérémonial royal, abstrait et « orné de bijoux », est retransmis à la télévision dans le monde entier, M. Assange décrit dans sa lettre une situation inhumaine. Et, ligne après ligne, il désacralise brillamment ce pouvoir qui l’a oublié (en fait a sciemment voulu l’abandonner) derrière les barreaux.
Nous publions la lettre dans son intégralité :
À Sa Majesté le Roi Charles III,
À l’occasion du couronnement de mon souverain, j’ai cru bon de vous inviter chaleureusement à commémorer cet événement important en visitant votre domaine au sein du royaume : la prison de Sa Majesté, Belmarsh.
Vous vous souvenez sans doute des paroles de sagesse d’un célèbre dramaturge : « La qualité de la miséricorde n’est pas contrainte. Elle tombe du ciel comme une douce pluie sur le lieu où elle se trouve ».
Ah, mais qu’est-ce que ce barde de la miséricorde pourrait bien savoir sur le bilan à l’aube de Votre règne historique ?
Après tout, une société se mesure à la façon dont elle traite ses prisonniers, et Votre règne a certainement excellé dans ce domaine.
La prison de Sa Majesté, Belmarsh, est située à l’adresse prestigieuse de One Western Way, à Londres, à deux pas du Old Royal Naval College de Greenwich. Comme il doit être agréable qu’un établissement aussi prestigieux porte Votre nom !
C’est là que sont détenus 687 de Vos (…)
Julian ASSANGE
À Sa Majesté le Roi Charles III,
À l'occasion du couronnement de mon seigneur, j'ai pensé qu'il était tout à fait approprié de vous inviter à commémorer cette occasion capitale en visitant votre propre royaume au sein d'un royaume : la prison de Sa Majesté Belmarsh.
Vous vous souviendrez sans doute des sages paroles d'un célèbre dramaturge : "La qualité de la miséricorde n'est pas tendue. Elle tombe comme une douce pluie du ciel sur le lieu où elle s'exerce".
Ah, mais que saurait ce barde de la miséricorde face au bilan qui s'impose à l'aube de votre règne historique ? Après tout, c'est à la façon dont une société traite ses prisonniers que l'on peut véritablement mesurer sa valeur, et votre royaume a certainement excellé dans ce domaine.
La prison Belmarsh de Votre Majesté est située à l'adresse prestigieuse de One Western Way, à Londres, à quelques encablures du Old Royal Naval College de Greenwich. Quel plaisir de voir un établissement aussi prestigieux porter votre nom (…)
Julian ASSANGE
Cet article de Julian Assange date de novembre 2012. Publié ici en guise de rappel de celui qui a été trahi et abandonné par les médias institutionnels, qui l’ont traité de tous les noms pour son travail altruiste en faveur de notre droit de savoir. A vous de juger (NdT)
Jeudi 29 novembre, Bradley Manning a témoigné pour la première fois depuis son arrestation il y a deux ans et demi à Bagdad. Aujourd'hui marque également le deuxième anniversaire des premières unes dans le monde entier du Cablegate, une archive de 251287 câbles diplomatiques du département d'État américain - des messages envoyés entre le département d'État et ses ambassades, consulats et missions diplomatiques dans le monde. En collaboration avec un réseau de plus de 100 organes de presse, nous avons révélé l'éventail complet des techniques utilisées par les États-Unis pour s'imposer dans le monde. Le jeune analyste du renseignement Bradley Manning est détenu en tant que source présumée.
WikiLeaks a fait l'objet d'attaques, des politiciens américains et des experts de droite demandant que nous soyons tous désignés comme des terroristes, certains appelant même à mon assassinat et à l'enlèvement de notre personnel. Lors de l'émission Meet The Press, le vice-président Joe Biden m'a (…)
Julian ASSANGE
[article du 15 octobre 2011] Note du traducteur : On a enfin une explication de la haine des journalistes "mainstream" envers Julian Assange. Et où l’on trouve aussi la confirmation de ce que je répète à qui veut bien l’entendre : les journalistes ont réécrit l’histoire et rejeté sur Julian Assange leurs propres erreurs, amateurisme et coups bas pour sortir "blanchis" de l’histoire. Ils ne pouvaient pas faire autrement que d’étouffer sa voix.
La divulgation n'est pas une simple action, c'est un mode de vie.
À mon avis, elle est porteuse de sens et de sensibilité : vous êtes ce que vous savez, et aucun État n'a le droit de vous diminuer. Beaucoup d'États modernes oublient qu'ils ont été fondés sur les principes des Lumières, que la connaissance est un garant de la liberté et qu'aucun État n'a le droit de rendre la justice comme s'il s'agissait d'une simple faveur du pouvoir.
La justice, à juste titre, est un contrôle du pouvoir, et nous ne pouvons nous occuper du peuple qu'en veillant à ce que la politique ne contrôle jamais absolument l'information.
C'est une question de bon sens. C'était autrefois le premier principe du journalisme dans tous les pays où la presse est libre. Au début de nos relations avec les partenaires des médias, je savais que je leur offrirais, à un moment donné, la possibilité de se joindre à nous pour publier un gigantesque lot de câbles diplomatiques. J'attendais, pour laisser les journaux (…)