auteur Ahmed HALFAOUI
29 mai 2015
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Les « reportages inventés »
Ahmed HALFAOUI
Un certain François Bugingo, reporter de nombreuses publications, ancien président de Reporters sans frontières (RSF) Canada et ex-vice-président international de la même organisation, conférencier à l’occasion aussi, n’a vraiment pas de chance. Une journaliste du quotidien Québécois « La Presse », après enquête, a découvert qu’il était un affabulateur et n’a pas hésité à le livrer au lynchage, en révélant ses « reportages inventés de toutes pièces ». Il a, immédiatement, été viré par ses employeurs, qui sont la radio 98,5 FM, TVA Nouvelles, Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec. Du côté des confrères, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) est « extrêmement préoccupée », « va se pencher sur l’affaire » et ses inquiétudes sont que « ça entache toute la profession » et que « le public ne fasse plus confiance aux journalistes ».
Sur le plan politique, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, « trouve ça surprenant que, dans un réseau (…)
Pétrole : l’insolence néolibérale
Ahmed HALFAOUI
En coordination avec les institutions financières internationales et les pressions occidentales, elle n’a ménagé aucun effort pour pousser au bout la logique de la libéralisation. Devant la timidité, voire le refus, des capitalistes nationaux et étrangers, surtout étrangers, d’occuper le terrain, pour autant qu’ils pourraient impulser une dynamique de développement économique et social, le pouvoir, coincé entre sa volonté de libéraliser et le front social, s’est retrouvé isolé et sujet à de féroces attaques, sous divers prétextes.
Accusé de ne pas procéder à des « réformes courageuses », il devait « partir » et laisser la place à ceux qui sauraient les mettre en œuvre, les « forces du changement ». Des forces représentées par une nébuleuse de partis et de personnalités, victimes des recompositions du sommet de l’Etat. C’est que l’appétit a grandi. Les fortunes amassées ne pouvaient plus se contenter de grenouiller sans contrôler totalement les affaires du pays. Sous couvert de « (…)
8 décembre 2014
Le retour livresque d’un ex du FMI
Ahmed HALFAOUI
Michel Camdessus, Directeur général du Fonds monétaire international (FMI) de janvier 1987 à février 2000, vient de sortir un livre où il est à la fois témoin et juge de ce que son institution a fait et du comportement des pays qui ont subi son emprise. La sortie de l’ouvrage lui a valu des interviews et a donné de la matière à la presse libérale, tant son regard peut pointer du doigt certains « mauvais élèves ». Rappelons que Camdessus a dû démissionner de son poste, avant la fin de son mandat, et pour cause. Un vent nouveau s’était mis à souffler, provoqué par les douloureuses expériences vécues par les « bons élèves » du FMI.
Le 1er Octobre 1998, au siège du Fonds, M. Camdessus y allait de son lyrisme, à propos de l’un de ses « bons élèves », il a dit : « L’Argentine a une histoire à raconter au monde : une histoire sur l’importance de la discipline fiscale, des changements structurels, et une politique monétaire rigoureusement maintenue ». Quelques mois après, l’Argentine a (…)
Le « butin de guerre »
Ahmed HALFAOUI
En maître des lieux, au 15ème sommet de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), prenant à son compte l’insurrection des Burkinabés, le président français, François Hollande, a fait la leçon aux présidents africains et leur a adressé des avertissements (contre la tentation de s’accrocher au pouvoir).
Personne ne lui a demandé d’expliquer en quoi l’OIF l’autorisait à cela. Preuve en est que l’OIF ne fait pas que dans la francophonie pure et qu’elle repose sur bien d’autres missions. Le maître des lieux pouvait donc y aller de son arrogance. Il pouvait montrer les crocs. A sa décharge, on sait que Blaise Compaoré, le dictateur déchu, a failli compromettre le dispositif de la Françafrique. De plus, par ses compétences dans la servilité il était promis à la succession du Sénégalais Abdou Diouf, à la tête de l’OIF. François Hollande le lui avait même annoncé, mais Compaoré a cru jusqu’au bout qu’il allait être soutenu par la France. In fine, il aura tout de même eu droit d’être exfiltré par les troupes françaises et peut se croire en lieu sûr, sous la protection du Makhzen. Du moins tant que Paris n’a pas décidé de l’extrader vers son pays, en raison de ses intérêts bien compris.
Ceci étant, l’OIF est bâtie sur des principes qui ne souffrent d’aucune équivoque. Essentiellement (…)
Barbarie industrielle et barbarie artisanale
Ahmed HALFAOUI
Les horribles vidéos d’exécutions d’otages, par les groupes islamistes armés, pour odieuses qu’elles sont, s’inscrivent dans une stratégie qui ne peut connaître de succès que par l’écho médiatique escompté.
Pour ce faire, la gigantesque machine médiatique occidentale répond idéalement aux vœux des assassins. Pour peu qu’ils en aient l’occasion, qu’ils mettent la main sur un quidam, victime du hasard du lieu où il se trouve, ressortissant des Etats-Unis de préférence, du Canada, d’Europe de l’Ouest ou d’Australie, quelques individus peuvent acquérir une notoriété internationale.
En un clic, l’Occident est mis en émoi. Le mode opératoire est savamment rodé. La scène doit être suffisamment choquante pour susciter l’effroi, le dégoût ou l’indignation. La malheureuse victime est parfois poussée à s’exprimer, afin d’accroître l’impact sur les opinions publiques. « Pourquoi cette vidéo ? (la vidéo montre un Français et un Néerlandais, enlevés au Mali). Est-ce pour participer à cette espèce de montée dans l’extrême horreur, comme en Syrie ? Ou veulent-ils rappeler qu’ils détiennent ces deux personnes pour souligner leur valeur ? », a dit le président français, François Hollande, le 18 (…)




