Lina SANKARI
À Cuba, les scientifiques Dagmar Garcia Rivera et Vicente Vérez Bencomo ont élaboré la série de sérums Soberana malgré le blocus et les sanctions. Une prouesse qui ne demande qu’à s’exporter.
Lorsqu’il était petit, le docteur Vicente Vérez Bencomo passait des heures tournevis en main. Inlassablement, il démontait et remontait ses petites voitures pour comprendre leur fonctionnement. « La première qualité d’un scientifique est la curiosité », s’amuse le directeur général de l’Institut Finlay de Cuba, spécialisé dans la recherche de vaccins, sans se départir de ce demi-sourire qui ne le quitte jamais. Issu d’une famille pauvre, il n’aurait jamais pu entamer d’études sans la révolution de 1959, concède-t-il. Il a poursuivi un cursus d’ingénierie chimique à Moscou sans se douter qu’il sauverait des vies. Par millions.
Lorsque sa première fille naît, en 1984, la Grande Île est frappée par une virulente épidémie de méningite B. Il voit des parents porter des enfants déjà morts à l’hôpital. « On était terrifié par cette situation », se souvient-il. Une équipe de scientifiques cubains élabore un vaccin : « Le soulagement que cela nous a procuré en tant que parents a agi comme (…)
Lina SANKARI
Érigé en exemple dans sa gestion du Covid-19, le pays souffre de l’inflation qui touche l’alimentaire.
Comme un paradoxe. Malgré les sanctions économiques, qui entravent l’acheminement de matériel médical, et la menace d’offensive militaire étasunienne, le Venezuela semble pour l’heure parvenir à contenir l’épidémie de Covid-19. Avec 345 cas et 10 morts selon le dernier bilan, l’Organisation panaméricaine de la santé, institution de l’ONU, a demandé au gouvernement la possibilité d’étudier sa stratégie « pour pouvoir la reproduire dans d’autres pays », précise la vice-présidente de la République bolivarienne, Delcy Rodriguez. Dépistage massif et gratuit – le plus haut taux du sous-continent –, porte-à-porte de médecins et confinement depuis deux mois portent leurs fruits. « Avec un Jair Bolsonaro aux manettes du Brésil et Donald Trump à Washington, Nicolas Maduro fait figure de véritable d’homme d’État » dans cette crise, concède un député d’opposition à l’AFP. Quatre pays européens (Belgique, Allemagne, France et Estonie) assuraient, lors d’une réunion le 28 avril, que les (…)
Lina SANKARI
Du Nicaragua au Chili, en passant par le Venezuela ou El Salvador, la réponse des gouvernements face à la crise sanitaire du Covid varie du tout au tout. Manaus, la métropole amazonienne qui affiche le plus haut taux national de contaminations et de décès dus à la pandémie, lance un appel à l’aide. En cause, une urbanisation anarchique, un système de soins en crise et centralisé à l’extrême. À l’avenir, la hausse de la déforestation pourrait aggraver la situation sanitaire.
En bordure de la forêt, un champ de cercueils. Dix-sept rangées de vingt-sept croix bleues plantées à la va-vite. À quelques mètres des familles qui n’ont pu accompagner leur proche en fin de vie, des tractopelles s’activent pour creuser des fosses communes. Devant les cimetières, un embouteillage de corbillards. Manaus est dépassée par l’ampleur de l’épidémie. « On se croirait dans un film d’horreur », admet le maire Arthur Neto. La métropole amazonienne accuse le plus haut taux des vingt-sept capitales d’État du Brésil.
Les morts côtoient les vivants
Tout manque : les soignants contraints de travailler même contaminés, les lits d’hôpitaux, le matériel sanitaire, les respirateurs, les fossoyeurs malades ou morts à leur tour, les cercueils dont les stocks n’excèdent pas cinq jours. « J’utilise une cape de pluie pour me protéger », explique un physiothérapeute. Au sein des unités de soins, les morts côtoient les vivants. Ceux qui meurent chez eux ne peuvent bénéficier d’aucune (…)
Lina SANKARI
Le Parlement vénézuélien, contrôlé par la droite, a approuvé mardi l’ouverture d’un procès en destitution contre le président de la République bolivarienne. Une procédure non conforme à la Constitution.
Après le Honduras en 2009, le Paraguay en 2012, le Brésil en août, le Venezuela est à son tour frappé par une tentative de coup d’État institutionnel. Mardi, le Parlement vénézuélien, contrôlé par la droite, a approuvé l’ouverture d’un procès en destitution contre le président Maduro, dont le mandat expire légalement en 2019. Officiellement, la procédure est chargée d’examiner sa « responsabilité pénale, politique et son abandon de poste ». Problème : le procès en destitution n’est inscrit nulle part dans la Constitution mais les juristes, acquis à la droite, soulignent que la procédure pour manquements au devoir de sa charge serait légale. Des questions subsistent néanmoins sur le rôle du Tribunal suprême de justice (TSJ), qui a bloqué tous les projets de loi du Parlement depuis janvier. Le TSJ considère depuis Nicolas Maduro, qui ne reconnaît plus le Parlement, en infraction. Hier, le président de la République bolivarienne, de retour d’une tournée au Moyen-Orient et d’une (…)
Lina SANKARI
Une cour symbolique composée de spécialistes du monde entier – dont la sénatrice communiste du Val-de-Marne Laurence Cohen – a écarté, à l’unanimité, le crime de responsabilité de la présidente brésilienne. Elle en conclut que la procédurede destitution est à ce titre illégale.
Le tribunal a rendu sa sentence. Mercredi, la présidente brésilienne Dilma Rousseff a été innocentée à l’unanimité par le tribunal international pour la démocratie, chargé de juger les modalités de la procédure de destitution, ouverte au Sénat pour maquillage présumé du déficit public en 2014, année de sa réélection. Installée à Rio de Janeiro, au Teatro Casa Grande, lieu historique de la résistance à la dictature, l’instance a été convoquée à l’initiative de Via Campesina, des Juristes pour la démocratie et du Front Brésil populaire, qui regroupe les mouvements syndicaux et politiques de gauche. Avocate et professeure de droit civil à la faculté de droit de Rio de Janeiro, Caroline Proner a expliqué que l’objectif était de mettre en débat l’ensemble des arguments et a insisté sur « la transparence » de la procédure menée par des personnalités internationalement reconnues. Lors de ce procès symbolique, ces spécialistes venus du Mexique, de France, d’Italie, d’Espagne, du Costa Rica (…)