auteur Gérard COLLET

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L’art français de la guerre au XXI° siècle

Gérard COLLET
Ou comment un pouvoir accumulant les échecs tente de trouver une lampée d’oxygène grâce à une recette éculée Introduction Ainsi, voici sous quels auspices nos dirigeants nous font commencer l’année 2026 ! La séquence ouverte par le chef d'état-major Fabien Mandon en novembre, puis reprise au vol par le président Macron et dans une certaine mesure par la ministre de la Défense, constitue ce que l'on peut sans hésiter appeler une marche à la guerre. Cette démarche nous est évidemment présentée comme une nécessité absolue, vitale, imposée de l'extérieur par une puissance malfaisante. Mais l'histoire nous apprend que les guerres se présentent toujours sous cet habit là, et ce n’est que beaucoup plus tard, beaucoup trop tard, que les véritables raisons se révèlent tout autres, et que l’on feint de découvrir que prix à payer était beaucoup plus élevé qu’on avait pu le croire. La perspective d’une guerre constitue un fait absolument majeur dans la vie d'une nation, le plus (…)

Les jours heureux

Gérard COLLET
Quel que soit le mode de désignation les ayant portés au pouvoir, les dirigeants des pays les plus puissants œuvrent ces temps-ci de toute leur sagacité et de toute leur probité à nous préparer un avenir radieux. Ainsi Donald Trump a-t-il récemment agité la menace de « ses « sous-marins nucléaires, après que Dmitri Medvedev eut déclaré : « chaque nouvel ultimatum est une menace et un pas vers la guerre. » Et cela en réaction à la forme d’ultimatum du même Trump, « accordant » un délai de « 10-12 jours » à la Russie pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Une initiative diplomatique très bien pensée, ménageant à l’évidence la susceptibilité de la partie adverse, et laissant ouvertes toutes les portes d’une négociation. Cette séquence nous rappelle que les hommes d'Etat, qu’ils soient les élus d'une belle démocratie ou les hommes providentiels d'un régime dictatorial, se montrent souvent incapables d'éviter les postures susceptibles de conduire à la guerre. Ils en ont (…)
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Dévastation à Gaza, discrédit de la démocratie en Occident

Gérard COLLET

C’est incontestablement une forme de génocide qui s’amplifie à Gaza. Il aura fallu longtemps pour que le terrible terme s’impose, mais les témoignages et les preuves s’accumulent, et les soutiens les plus fervents de la politique israélienne mènent désormais une lutte d’arrière garde pour le réfuter. Or cette marche vers un génocide, les milieux dirigeants des nations occidentales l'ont cyniquement accompagnée – à des degrés divers –, tandis que les mouvements sociaux, les associations de défense de la Palestine, les organismes juifs progressistes, et la gauche radicale n’ont pu les contraindre à prendre des mesures pour infléchir la politique israélienne. Il est maintenant fort probable que, si les menées des sionistes extrémistes et intégristes se sont montrées dévastatrices pour la Gaza et génocidaire pour le peuple palestinien, elle auront nécessairement des conséquences majeures sur les équilibres sociaux et politiques au sein de l'Occident Démocratique.

Ce qui est arrivé, ce qui continue d’arriver à la population gazaouie, au peuple palestinien dans son ensemble, est purement et simplement une abomination, une horreur indescriptible, le dictionnaire manque de mots pour le qualifier. Tous les aspects du massacre déterminé, impuni, cynique et lâche y sont réunis. Depuis une disproportion inédite des forces armées imbues de leurs armes incoercibles et trans-humaines, jusqu’à la volonté d’incarcérer physiquement et psychologiquement une population entière. Bombardements incessants de populations sans défense, savante organisation de la famine, privation totale de liberté, destruction des infrastructures, épouvante perpétuelle de familles chassées comme des nuisibles. Une population entière, cloîtrée, emprisonnée, isolée, privée de toute ressources, de tout accès à l'extérieur, assaillie sans relâche, pilonnée, poursuivie dans ses moindres abris avec les moyens modernes les plus terrifiants, les plus impitoyables et aveugles, les (…)
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Après les élections législatives de juillet 2024, quelle stratégie possible pour une gauche de rupture ?

Gérard COLLET

Du désordre et de la panique engendrés par la dissolution de l’Assemblé Nationale n’est sortie aucune clarification, et le fameux « sursaut républicain », s’il a cette fois encore repoussé le risque, n’a en rien conjuré la montée de l’extrême droite dans les suffrages. La gauche, réunie en urgence dans un « Nouveau Front Populaire », a voulu se croire ragaillardie par les résultats, au point de penser briguer le gouvernement à venir. Pourtant, il est assez clair que l’assise populaire de cette alliance de dernière minute des forces de gauche est bien loin de permettre la réalisation du programme ambitieux qu’elle affiche, alors même que la nécessité d’un changement radical se fait de plus en plus sentir. Mais alors, quel avenir pourrait donc envisager une gauche radicale dont l’audience reste minoritaire, alors même qu’un mécontentement général est aveuglant, et que seule la droite xénophobe et simpliste sait en tirer profit ?

L’arrière plan des soubresauts politiques de ces derniers mois est la répartition inique et insoutenable des richesses naturelles et des fruits du travail obstinément instituée par le néolibéralisme Le problème central de nos sociétés modelées par les périodes coloniales puis par un demi siècle de néolibéralisme, depuis les États-Unis jusqu'au fond de l'Afrique noire en passant par l'Europe et dans une certaine mesure par les Brics, c'est le partage des richesses naturelles et des fruits du travail. Tout le monde en a de longue date la perception diffuse, mais aujourd’hui la démonstration en est faite de plus en plus largement, et cette évidence se généralise au point que l’on parle désormais de « Ruissellement vers le haut » (1). Cependant les classes possédantes, en France comme ailleurs, disposent de tous les outils et de tous les appuis pour perpétuer les concepts, les logiques et les règles qui conduisent à cette répartition aberrante. Ils les utilisent et les défendront (…)

Macron en guerre :« Il ne manque pas un bouton de guêtres

Gérard COLLET
Macron en guerre : « Il ne manque pas un bouton de guêtres [45] » Le président Macron, en un discours solennel, a tenu à présenter la lutte contre l’épidémie de Covid-19 comme une « guerre » dont il serait le généralissime. Cette image est à nombre de points de vue totalement contestable. Mais si toutefois on lui trouvait un semblant de pertinence, pourrait-on croire que l’équipe gouvernementale est capable de la mener ? Le 17 mars 2020, Libération titre : « Macron a mis un « Tigre » dans son discours ». Cette accroche est illustrée d’une photo de Georges Clemenceau. Mais est-ce vraiment à Clemenceau que nous avons à faire, et est-ce bien souhaitable ? Décidé probablement à tétaniser une opinion qu’il juge par trop inconsciente, ainsi qu'à démontrer sa stature face à l'adversité et accessoirement à appeler à l'union sacrée sous sa bannière, le président a lâché dans son discours solennel le mot « guerre ». Non, il ne l’a pas lâché : il l’a solennellement asséné cinq ou six (…)