auteur Stefania MAURIZI

Des parlementaires britanniques demandent une enquête sur le rôle du Crown Prosecution Service dans l’affaire Julian Assange

Stefania MAURIZI

Depuis 2010, le Crown Prosecution Service (CPS) est la principale autorité publique dans l'affaire Assange, y compris dans l'actuelle affaire d'extradition des États-Unis. Un groupe de députés de tous les partis vient de soumettre une lettre à la commission de la justice du Royaume-Uni pour tenter de faire la lumière sur le rôle du CPS dans cette affaire.

[16 mai 2024] Depuis 2010, le Crown Prosecution Service (CPS) est la principale autorité publique dans l’affaire Assange, y compris dans l’actuelle affaire d’extradition des États-Unis. Un groupe de députés de tous les partis vient de soumettre une lettre à la commission de la justice du Royaume-Uni pour tenter de faire la lumière sur le rôle du CPS dans cette affaire. Une brève enquête sur le rôle des autorités britanniques du Crown Prosecution Service dans l’affaire Julian Assange. Un groupe interpartis de députés comprenant le député travailliste John McDonnell, la députée verte Caroline Lucas, Jeremy Corbyn et le député conservateur David Davis, vient de soumettre sa demande d’enquête dans une lettre adressée au président du Comité spécial de la justice du Parlement britannique, Sir Bob Neill. « Compte tenu de l’importance de l’affaire Julian Assange pour les libertés journalistiques et de l’intérêt général qu’elle suscite “, écrivent les parlementaires dans leur lettre, « il (…)

Avec l’« affaire Assange », c’est la liberté de la presse qu’on menace

Stefania MAURIZI
L’« affaire Assange », du nom de l’inventeur du site Wikileaks, emprisonné à Londres sous l’effet d’une interminable procédure et menacé de l’être à vie si les États-Unis obtenaient son extradition, s’enrichit d’un nouveau livre. La journaliste d’investigation Stefania Maurizi publie L’Affaire WikiLeaks, où elle retrace cette histoire avec le savoir d’une enquêtrice qui a connu Julian Assange à ses débuts. WikiLeaks n’avait pas encore fait irruption dans le monde avec la vidéo Collateral murder, publiée en 2010 et où l’on voit des soldats américains tuer, en 2007, des civils irakiens depuis leur hélicoptère comme des gamins aux manettes de jeux vidéo, et une flopée d’autres documents accablants pour la gouvernance des États-Unis. Selon le livre du rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, paru en 2022, L’Affaire Assange. Histoire d’une persécution politique (Critiques), Julian Assange est l’objet, depuis plus de dix ans, de calomnies. Il bénéficie toutefois (…)

L’affaire WikiLeaks - Médias indépendants, censure et crime d’État

Stefania MAURIZI
Dès 2008, deux ans après le lancement de la plateforme WikiLeaks, Stefania Maurizi commence à s’intéresser au travail de l’équipe qui entoure Julian Assange. Elle a passé plus d'une décennie à enquêter les crimes d’État, sur la répression journalistique, sur les bavures militaires, et sur la destruction méthodique d’une organisation qui se bat pour la transparence et la liberté de l’information. Une liberté mise à mal après la diffusion de centaines de milliers de documents classifiés. Les "Wars logs", ces journaux de guerre que devaient rédiger les soldats américains engagés dans les guerres en Afghanistan et en Irak, transmis à Wikileaks par une analyste du renseignement, Chelsea Manning, et publiés entre le 5 avril et le 22 octobre 2010, ils ont notamment fait connaître au monde entier les actes de torture sur des prisonniers – comme à Abou Ghraib – ou les nombreuses bavures de l'armée de la coalition, qui ont entraîné la mort de civils afghans et irakiens. Suite à ces (…)

Un juge ordonne au Crown Prosecution Service de faire toute la lumière sur la destruction de documents clés concernant Julian Assange (Il Fatto Quotidiano)

Stefania MAURIZI

Après des années passées à se heurter à un mur, la première fissure est apparue avec la dernière décision rendue par le juge O'Connor dans notre affaire de liberté d'information et d'accès à l'information. En plus de cette décision, le député travailliste britannique John McDonnell vient d'obtenir de nouvelles informations de la part du Crown Prosecution Service. M. McDonnell demande une enquête indépendante sur le rôle du CPS dans l'affaire Assange.

Au cours des six dernières années, ils ont rejeté toutes nos tentatives de faire la lumière sur la destruction de documents clés dans l'affaire Julian Assange, même si les courriels ont été supprimés alors que l'affaire très médiatisée et controversée était encore en cours. Mais aujourd'hui, les autorités britanniques du Crown Prosecution Service doivent faire toute la lumière : elles doivent déclarer si elles détiennent des informations sur le moment, la manière et les raisons pour lesquelles ces documents ont été détruits, et si c'est le cas, elles doivent soit nous les communiquer, soit clarifier les raisons de leur refus. Cette ordonnance vient d'être rendue par le tribunal de première instance de Londres, présidé par le juge O'Connor, en réponse à notre action en justice fondée sur la loi britannique sur la liberté de l'information (FOIA), dans laquelle nous sommes représentés par Estelle Dehon, spécialiste de premier plan de la FOIA, du cabinet Cornerstone Barristers à (…)

Tribunal australien : la presse n’a aucun droit sur les documents concernant Julian Assange. (Il Fatto Quotidiano)

Stefania MAURIZI

États-Unis, Grande-Bretagne, Australie et Suède - Nous nous battons depuis 2015 pour accéder à la documentation complète sur l’affaire Assange. Quatre gouvernements nous ont refusé l’accès, et certains ont mystérieusement détruit des documents clés. Maintenant, le tribunal d’appel administratif australien a décidé que le quatrième pouvoir n’y a pas droit. Le public n’a-t-il pas le droit de savoir ce qui s’est passé dans une affaire concernant un journaliste qui risque la prison à vie pour avoir révélé des crimes de guerre et que la CIA prévoyait de tuer ?

La presse n'a pas le droit d'accéder à la documentation sur Julian Assange car, s'ils étaient divulgués, les documents causeraient ou pourraient raisonnablement causer des dommages aux relations internationales de l'Australie et divulgueraient des informations communiquées à titre confidentiel. Telle est la décision récemment rendue par le Tribunal d'appel administratif australien en réponse à notre bataille juridique pour obtenir les documents auprès du ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce (DFAT). Cette décision ne représente que la dernière brique du mur qui empêche le quatrième pouvoir de découvrir ce qui s'est passé dans les coulisses de l'affaire Julian Assange et WikiLeaks. Une affaire qui décidera des limites de la liberté de la presse dans les démocraties occidentales, mais aussi une affaire marquée par des violations flagrantes, comme la révélation qu'en 2017, la CIA, alors dirigée par Mike Pompeo, avait prévu d'enlever ou de tuer Assange. Julian (…)