auteur Gilles QUESTIAUX

Trump ou la possibilité de l’effondrement du capitalisme à l’échelle mondiale

Gilles QUESTIAUX
Trump plus qu'un acteur déterminant est un symptôme des changements d'époque en cours. Le monde est suspendu aux rebondissements de l’action protectionniste belliqueuse aux accents xénophobes du président américain. On se trouve au milieu du gué, avec des analyses de situation en voie d’obsolescence rapide. A moins qu’il fasse pschitt, ce qui est possible, et qu’il s’écrase contre un krach à Wall Street, ou qu'il perde le contrôle du Congrès à mi-mandat. Mais il a déjà réussi volontairement ou non à fragiliser le capitalisme mondial par ses actions erratiques – et à mettre en danger les États-Unis. Pour cela on peut déjà dire merci. Il a également réussi à mettre à nu la structure prédatrice et terroriste de l'impérialisme, notamment par la récente opération contre le Venezuela. On ne sait pas très bien ce qu'il veut prioritairement : utiliser les droits de douane pour réindustrialiser les États-Unis, ou les utiliser pour sanctionner économiquement la Chine ? Dans le deuxième (…)
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Le "wokisme" n’est plus l’avenir du capitalisme ...

Gilles QUESTIAUX
Ce qu’on avait pris l’habitude de nommer le « wokisme » depuis une dizaine d’années résultait de la convergence de trois ou quatre familles idéologiques au sein des sociétés occidentales, avec une ambition de les développer dans le monde entier. Féminisme, antiracisme, mémoire anticoloniale – à distinguer de la lutte anticoloniale réelle et actuelle, lutte en faveur des droits des LGTB, principalement. Ces luttes étaient incontestablement légitimes dans les années 60 à 80 du XXème siècle. Et elles avaient dès la fin du XXème siècle triomphé sur le plan légal et politique, et ses fins progressaient dans les mentalités, non sans développer des réactions à contre-courant et des contradictions - la principale étant qu'il s'agissait maintenant par une surenchère extrémiste de contester l'État en soi, considéré comme patriarcal et raciste, tout en s'appuyant sur les institutions les plus normatives de cet État - police, justice, éducation, etc. Mais ce qui les caractérisa, depuis (…)
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La haine du "R-haine" est-elle une bonne haine ?

Gilles QUESTIAUX
Les militants qui manifestent dans la rue pour exprimer leur joie à l'annonce de la mort de l'épouvantail sont d'une incroyable bêtise ... on dirait qu'ils croient que Le Pen gouvernait ! La haine du « R-haine » est elle une bonne haine ? Dans le prolétariat qui vote en France en 2024, le RN est majoritaire, ce qui sème la panique chez beaucoup de militants de gauche, et développe chez eux la « haine du R-haine », ce qui ne risque pas de convaincre les prolétaires en question de changer d’avis. Les antifascistes des années 1930 et 1940 s’opposaient aux fascistes et aux nazis certes parce qu’ils rejetaient leur programme politique, les jugeaient répugnants sur le plan moral et qu’ils condamnaient leur racisme ostentatoire et leurs pratique de la violence, mais ils les haïssaient, quand ils le faisaient - ce n’était pas le cas de Gramsci, pourtant emprisonné par Mussolini - pour une autre raison : parce que fascistes et nazis était déterminés à briser les grèves, à exercer (…)
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Qu’est-ce qui sonne faux dans la gauche occidentale ?

Gilles QUESTIAUX
La gauche croit avoir gagné les élections en France en juillet 2024 et aurait même voulu gouverner. Mais de quoi s'agit-il en fait de "gauche" ? Ce qui est dorénavant désigné ainsi dans les sociétés occidentales et celles qui en subissent l’influence - surtout en Amérique latine - est essentiellement une combinaison des déclinaisons de l’antiracisme, du féminisme et de l’écologisme, le tout enveloppé dans une ambiance théorique individualiste, mais qui évolue dans un style de plus en plus moralisateur et intolérant. Or il s’agit de trois piliers majeurs de l’idéologie dominante actuelle - ou au moins du discours dominant - et ceux qui les défendent loin d’être combattus et réprimés sont célébrés par les autorités et les médias de référence du capital. Pourtant ils se vivent comme des résistants, ce qui pousse les plus jeunes à jouer et surjouer la confrontation avec la loi et la police, et il peut arriver très exceptionnellement qu’un de leurs militants souffre de la (…)

Le charme discret de la social-démocratie

Gilles QUESTIAUX
La social-démocratie est de nouveau d'actualité, après qu'elle a fait un retour remarqué, sous sa forme la plus abâtardie et la plus compromise avec l'impérialisme (liste Glucksmann), à l'occasion des élections européennes du 9 juin 2024 - et elle donne le ton dans le soi-disant "Nouveau Front Populaire" qui vient d'être monté en catastrophe par les appareils de l'ex NUPES pour sauver les meubles. La plupart des gens veut la satisfaction des besoins de base, la sécurité et la justice sociales, les principes du socialisme, mais les maîtres de la société ne veulent pas du socialisme, et ils disposent de grands moyens pour l’empêcher. Dans ces conditions, devant cette difficulté majeure, pourquoi la social-démocratie (SD) ne serait-elle pas la bonne solution de compromis ? Pourquoi en effet ne pas avoir le beurre et l’argent du beurre ? La sécurité sociale généralisée offerte par le socialisme, et la liberté sans freins et sans règles du consommateur approvisionné en biens (…)