Thème Droits Humains/Libertés

L’Union Européenne sanctionne arbitrairement 6 Européens pour délit d’opinion

Fondation GIPRI
COMMUNIQUÉ DE PRESSE Geneva, 18 March 2026 – Le 26 février 2026, l’Institut International de Recherche sur la Paix de Genève (GIPRI) a écrit à la Présidence du Conseil de l’Union Européenne (CEU) pour protester contre ses décisions de sanctionner six ressortissants européens que la CEU accuse d’être des “propagandistes pro-Kremlin et anti-ukrainiens ». Il s’agit du colonel de l’armée suisse à la retraite et analyste géopolitique Jacques Baud ; de la militante anticolonialiste suisse Nathalie Yamb ; de l’homme d’affaires franco-russe et analyste géopolitique Xavier Moreau ; et des journalistes allemands Huseyin Dogru, Alina Lipp et Thomas Röper. Ils sont accusés « de mettre en œuvre, de soutenir ou de bénéficier d’actions ou de politiques du gouvernement de la Fédération de Russie qui sapent ou menacent la démocratie, l’État de droit, la stabilité ou la sécurité dans l’Union” sur la base de leurs opinions “pro-russes” présumées ou imputées, considérées par l’UE comme (…)

ICE : applaudir la matraque, jusqu’à en devenir la cible

Napakatbra
Ils soutenaient la ligne dure. Ils parlaient de fermeté, de frontières, de « criminels ». Puis l’ICE a frappé chez eux. Et soudain, ce qui était « nécessaire » est devenu « inhumain ». Il y a des réveils qui font mal. Angela Vergara, députée conservatrice colombienne, soutenait la ligne dure de Donald Trump sur l’immigration. Puis son fils de 22 ans, Rafael, a été arrêté par l’ICE. Depuis 18 jours, dit-elle, il est détenu « enchaîné » dans des « conditions inhumaines », alors qu’il était entré légalement. Elle parle de « peur, d’incertitude et d’un profond épuisement émotionnel ». Sur les réseaux, les moqueries pleuvent parce qu’elle avait défendu les expulsions massives. Pas drôle. Même malaise chez les Olivera. En juillet 2025, Cynthia, installée aux États-Unis depuis 25 ans, mère de trois enfants états-uniens, est arrêtée par l’ICE lors d’un rendez-vous pour sa carte verte. Son mari, électeur de Trump, pensait que la fermeté viserait « les criminels violents ». (…)

Pour la première fois, l’UE sanctionne un journaliste pour ses reportages sur Gaza (Electronic Intifada)

Ali ABUNIMAH
En janvier, un message que j'ai vu sur Twitter/X m'a choqué. « URGENT : À l'heure actuelle, je n'ai plus aucun accès à mon argent », écrivait Hüseyin Dogru. « Je ne peux plus nourrir ma famille, dont deux nouveau-nés, à cause des sanctions de l'UE. » Dogru est un journaliste allemand vivant à Berlin. Après avoir lu son message, je lui ai envoyé un message privé pour lui proposer de commander des provisions et de les faire livrer à son domicile. Sa réponse m'a encore plus choqué. « Malheureusement, je ne suis pas autorisé à accepter une aide financière ou matérielle », a écrit Dogru. Dogru est le premier citoyen européen connu à vivre au sein de l'UE à faire l'objet de sanctions extrajudiciaires imposées par Bruxelles, qui le privent de ses droits civils et humanitaires fondamentaux. Il est également la première personne à être sanctionnée spécifiquement pour ses reportages sur la Palestine. « Je n'ai plus le droit d'exister, je n'ai plus le droit de subvenir aux (…)

L’Union africaine approche de la ligne d’arrivée des réparations : la résolution à l’ONU reconnaît l’esclavage comme un crime contre l’humanité

Damien MARCHAND
Addis-Abeba, Éthiopie, 17 février 2026 – La 39e session de l'Assemblée des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine (UA), qui s'est tenue les 14 et 15 février dans la capitale éthiopienne, a marqué un tournant décisif. Sous le thème de l'année « Garantir un accès durable à l'eau et à des systèmes d'assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l'Agenda 2063 », le sommet a rassemblé des dizaines de dirigeants africains. Ils ont abordé non seulement les défis environnementaux et économiques, mais aussi les injustices historiques. Les réparations pour la période coloniale approchent enfin de la ligne d'arrivée grâce aux mécanismes institutionnels du continent – sans la participation de l'Europe. Comment cela s'est-il produit ? L'Afrique a construit progressivement une base juridique. Tout a commencé avec la Décision 884 de l'UA en février 2024, qui déclarait 2025 « Année de la justice pour les Africains » avec des réparations pour l'esclavage, le colonialisme et (…)

Francesca Albanese et la bassesse des puissants

Ziad Majed

La rapporteuse des Nations unies sur les droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, se trouve une fois encore exposée à une campagne politique qui la prend pour cible. Francesca Albanese apparaît aux puissants comme un cauchemar : une femme affranchie de la peur, qui défend les droits des faibles face à l’autorité des protégés.

La rapporteuse des Nations unies sur les droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, se trouve une fois encore exposée à une campagne politique qui la prend pour cible, à la fois comme personne, comme incarnation d’une éthique juridique, et comme position indépendante, refusant toute transaction au rabais avec le droit international et les exigences qu’il impose s’agissant des Palestiniens et des crimes israéliens perpétrés à leur encontre. Cette nouvelle offensive contre l’avocate italienne - devenue, depuis le début de la guerre génocidaire à Gaza, l’une des voix les plus audibles dans la documentation des violations et l’imputation des responsabilités - s’édifie sur la falsification d’une intervention enregistrée qu’elle avait adressée au Forum Al Jazeera, récemment tenu à Doha. Elle y participait (par vidéo préenregistrée) à une séance intitulée « La question palestinienne : défis et opportunités de la mise en cause des responsabilités et (…)