Thème Guerre/Paix/Armement

Aucune guerre ne vaut la mort d’un seul enfant

Oleg NESTERENKO

Voici quatre ans, en mars 2022, une semaine avant les tout premiers négociations de paix entre la Russie et l’Ukraine, je partageais un article sur le réseau LinkedIn. Je vous le présente ici, tel quel, sans y altérer la moindre ligne. Son propos, j'en suis convaincu, conserve toute sa pertinence en ce mois de mars 2026, après quatre années de guerre en Ukraine et quelques jours depuis le début de l’agression de l’Iran.

Aucune guerre ne vaut la mort d’un seul enfant. Étant le père ayant connu la mort d’un de ces quatre enfants, étant une personne qui a vu la guerre de face - je suis bien placé pour le dire. Pour ceux qui ont des difficultés à voir au-delà de l’image, qui n’arrivent pas à voir clair sous l’inondation des propagandes en cours et pour ceux qui ne connaissent pas assez bien l’histoire, voici une petite remise en ordre des idées sur les véritables coupables du chaos dans le monde, dont les derniers événements en Ukraine ne sont que le dernier exemple sur une longue liste et ne sont, certainement pas, les derniers. Voici les faits sur les principales victimes de la Russie ? Non – sur les principales victimes de la « démocratie » de l'État américain (à ne pas confondre avec le peuple), ainsi que les remarques sur la situation de l’indignation du « monde civilisé » qui ont accompagné les massacres. Pour ne pas être trop long, je ne donnerai que quelques brefs exemples en (…)

Si seulement les Occidentaux pouvaient comprendre ce qu’est réellement la guerre…

Caitlin JOHNSTONE

La guerre est la pire chose au monde. Les Occidentaux en parlent comme si c'était un putain de jeu vidéo, du genre « hurr durr, on y va, on atteint nos objectifs et on gagne », alors qu'en réalité, la guerre signifie réduire des corps humains en miettes.

Drop Site News a publié un nouvel article contenant des témoignages extrêmement choquants sur le carnage provoqué par une double frappe aérienne menée par l'alliance américano-israélienne sur un quartier densément peuplé de Téhéran. Voici un extrait : « Nous étions assis là vers 20 h 00-20 h 30 quand soudain, il y a eu un bruit et une explosion. Nous nous sommes levés et quelques personnes ont pris la fuite. Nous nous sommes retournés pour récupérer nos affaires et nous avons vu du sang partout. Une main et une tête étaient tombées par terre », a déclaré Shahin, un témoin qui se trouvait au café et qui a souhaité rester anonyme. « Des scalps arrachés, des mains coupées, des gens gisaient là, lacérés, et deux personnes étaient tombées en martyrs. » ... « Une première explosion n'a pas été si violente, mais la seconde a tout fait exploser. Toutes les vitres ont volé en éclats. Ceux qui fumaient le narguilé ont été projetés au sol », raconte Shahin. « Un de mes amis, que je (…)

La « diplomatie économique » : un pilier essentiel de la guerre hybride ouverte des Etats-Unis (Common Dreams)

Jeffrey SACHS

Il ne s'agit certainement ni de diplomatie ni de coercition. C'est une guerre menée par des moyens économiques, le tout visant à provoquer une crise économique et des troubles sociaux susceptibles d'entraîner la chute d’un gouvernement.

John Maynard Keynes a écrit, dans son ouvrage célèbre Les Conséquences économiques de la paix (1919), : « Il n’existe pas de moyen plus subtil ni plus sûr de renverser les fondements mêmes de la société que de pervertir la monnaie. Ce processus mobilise toutes les forces occultes des lois économiques au service de la destruction, et ce, d’une manière que personne sur un million n’est capable de déceler. » Les États-Unis ont perfectionné cet art de la destruction en instrumentalisant le dollar et en recourant à des sanctions économiques et à des politiques financières pour provoquer l'effondrement des monnaies des pays ciblés. Le 19 janvier, nous avons publié « La guerre hybride américano-israélienne contre l'Iran » , décrivant comment les États-Unis et Israël mènent des guerres hybrides contre le Venezuela et l'Iran au moyen d'une stratégie coordonnée de sanctions économiques, de coercition financière, de cyberopérations, de subversion politique et de guerre de l'information. (…)

MICHAEL PARENTI (1933-2026) : 1918

Michael PARENTI

Michael Parenti, figure emblématique de la gauche américaine qui a marqué des générations de militants, d’universitaires et de citoyens, est décédé samedi à Berkeley, en Californie. Il avait 92 ans. Parenti a écrit pour Consortium News ce qui semble être son dernier article, consacré aux horreurs de la Première Guerre mondiale. Publié le 28 mai 2018, jour du Souvenir aux États-Unis, il est republié ici en attendant l’hommage que Consortium News prépare.

Se remémorant ces années de fureur et de carnage, le colonel Angelo Gatti, officier d'état-major de l'armée italienne (front autrichien), écrivait dans son journal : « Toute cette guerre n’a été qu’un tissu de mensonges. Nous sommes entrés en guerre parce que quelques hommes au pouvoir, des rêveurs, nous y ont précipités. » Non, Gatti, mon cher , ces quelques hommes ne sont pas des rêveurs ; ce sont des intrigants . Ils nous dominent. Vois comment leurs contrats d’armement se transforment en fortunes personnelles, tandis que la jeunesse est réduite en poussière : plus de sang, plus d’argent ; cette guerre est bonne pour les affaires. Ce sont les riches vieillards, les « pauci » , « les rares », comme Cicéron appelait les oligarques du Sénat qu'il servit fidèlement dans la Rome antique. Ce sont ces quelques-uns, qui forment ensemble un bloc d'industriels et de propriétaires terriens, qui pensent que la guerre apportera des marchés plus vastes à l'étranger et la discipline (…)

Le Macron kaki, un homme de guère

Jacques-Marie BOURGET

En écoutant les propos ahurissants d'Emmanuel Macron, lors de ses voeux adressés aux Armées, on tremble. Impossible de se coucher sans avoir regardé si un agent de Poutine ou Poutine lui-même n'est pas caché sous votre lit prêt à vous égorger. Il est surprenant que ce délire présidentiel n'ait pas provoqué des hurlements de protestation, non seulement de la part des "pacifistes", mais simplement de citoyens non encore touchés par cette contagion guerrière.

« La première victime de la guerre c’est la vérité ». C’est très pédant de citer Eschyle -le tragédien grec vieux de cinq siècles avant notre ère- en commençant cet article dont l’objet est de parler de l’air du temps. Mais aucune plume n’a écrit mieux depuis. Et si j’évoque le son des canons, alors que vous l’ignorez peut-être, c’est que nous sommes en guerre. C’est ce que j’ai cru comprendre en écoutant Emmanuel Macron présenter ses vœux à l’Armée française. Dans les accents du président j’ai entendu une mélodie de la trompette de Déroulède, ce forcené du XIXe siècle, prêt à déclencher une bataille par jour et à envoyer tous les hommes mourir au front, sauf lui. Donc Macron veut, très vite, plus de chars, d’avions de canons de drones et autres ferrailles mortelles parce que, a-t-il répété, la guerre n’attend pas : elle marche déjà aux pas de nos portes. D’ailleurs le président anticipe, montre l’exemple en expédiant 15 chasseurs alpins tricolores occuper les défenses d’un (…)