Thème Amérique latine

La violence maccarthyste de Marco Rubio

Carlos Fazio
Depuis sa nomination au poste de secrétaire d'État le 21 janvier 2025, Marco Rubio a eu deux obsessions : en finir avec le communisme à Cuba et succéder à Donald Trump dans le fauteuil du bureau ovale. Avec de tels objectifs, Rubio − qui, en mai suivant, parviendrait également à cumuler les fonctions de conseiller à la Sécurité nationale de la Maison-Blanche et d'administrateur de l'Agence des États-Unis pour le développement international − a conçu une stratégie qu'il a mise en œuvre à la lettre. Ainsi, à partir d'une architecture communicationnelle bien huilée, il a réussi à se forger une figure qui opère comme axe symbolique pour articuler plusieurs sens : celui d'autorité et de stratège américain, combinant la pression internationale avec les sanctions, l'aide humanitaire, l'intervention, la négociation et la transition dans l'île. La Réunion ministérielle sur la Résurgence du Terrorisme Politique qui s'est tenue le jeudi 16 à Washington, qui a fait appel au procédé fasciste (…)

L’expansionnisme sioniste en Amérique latine et dans les Caraïbes

Carlos Aznárez

Comme on peut le voir dans cet aperçu synthétique, « Israël », sa diplomatie politico-militaire, ne se repose pas et continue d'étendre l'influence du sionisme et de sa doctrine de mort sur tout le continent.

L'influence sioniste est de plus en plus grande en Amérique latine et dans les Caraïbes. Il ne s'agit pas seulement de l'ouverture de possibilités de relations politiques, économiques et militaires qu'« Israël » a pu obtenir grâce à son partenaire fondamental, les États-Unis, mais aussi d'une audacieuse manœuvre de pression et de cooptation de dirigeants et de hauts fonctionnaires de différents pays, sur lesquels chacune des communautés juives travaille sans relâche en faisant du lobbying, en établissant des relations d'intérêts et, dans certains cas, en « serrant la vis à ceux qui ne réalisent pas l'importance qu'« Israël » a dans le monde », selon les propos d'un dirigeant d'une entité sioniste de Colombie. En ce qui concerne l'essor de la présence israélienne en terres latino-américaines, le cas de l'Argentine a acquis une importance vitale pour l'expansionnisme sioniste. Bien que le pays soit l'un de ceux qui ont toujours bénéficié d'une forte adhésion à la pensée de Theodor (…)

La droite atroce de l’écran

Jorge Elbaum

Le vote pour les droites n'était pas un vote idéologique en Amérique latine. C'était une expression de punition et de frustration. C'est précisément pour cela qu'il peut être inversé.

De 2023 à mi-2026, quatorze élections présidentielles ont eu lieu en Amérique latine et dans les Caraïbes. Sur ces élections, onze ont été remportées par l'une ou l'autre des deux formes qu'emprunte la droite réactionnaire régionale depuis la deuxième décennie du siècle actuel. Seuls dans trois pays des mandataires progressistes ont été élus : Claudia Sheinbaum au Mexique, Bernardo Arévalo au Guatemala et Yamandú Orsi en Uruguay. Mais seuls dans deux cas on a observé des continuités politiques : l'Équateur et le Mexique. Pour le reste, les électorats ont sanctionné les candidats des partis au pouvoir. Le « vote sanction » s'est imposé, au cours de la dernière décennie, comme une habitude dans les processus électoraux latino-américains et caribéens. Une typologie des deux droites qui se rattachent aux vents trumpistes inclut les sécuritaires, dont le plus grand représentant est le Salvadorien Nayib Bukele – une matrice que l'on retrouve également chez la Costaricienne Laura (…)

L’ALBA rejette l’atteinte à la souveraineté du Venezuela

ALBA-TCP
L'Alliance bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique (ALBA) condamne de la manière la plus énergique l'acte de vulgaire piraterie commis par le gouvernement des États-Unis, en attaquant et en confisquant illégalement un pétrolier vénézuélien dans la mer des Caraïbes. Cet acte constitue une violation très grave du Droit international et une agression directe contre la souveraineté de la République bolivarienne du Venezuela. Ce fait, qui s'ajoute à la spoliation criminelle de Citgo, révèle une stratégie de pillage visant à s'approprier les ressources énergétiques vénézuéliennes, créant ainsi un précédent extrêmement dangereux pour la stabilité juridique et maritime internationale. L'ALBA rejette avec la plus grande fermeté cette agression impérialiste et réaffirme son soutien total au peuple et au gouvernement du Venezuela. L'Alliance exige la restitution immédiate du navire et la cessation de toute action de spoliation contre les biens du Venezuela. Elle exhorte également (…)

Le corollaire Trump - L’impérialisme américain en Amérique latine, de la doctrine Monroe à Maduro

Eric ROSS

Au cours des derniers mois, l’administration Trump a intensifié sa campagne menée depuis des décennies contre le gouvernement et le peuple vénézuéliens. Les menaces renouvelées et intensifiées de changement de régime, justifiées par des allégations fausses ou exagérées selon lesquelles Nicolás Maduro, son président, dirigerait un narco-terrorisme contre les États-Unis, servent de prétexte commode à une intervention plus profonde et plus directe.

La récente vague d'exécutions extrajudiciaires en mer, la décision de la CIA de lancer des opérations secrètes à l'intérieur du Venezuela, l'afflux de troupes américaines dans les Caraïbes, la réouverture d'une base navale longtemps fermée à Porto Rico et le déploiement du porte-avions USS Gerald Ford dans la région constituent des développements frappants mais pas surprenants. Il ne s'agit là que de la dernière manifestation d'un projet idéologique à travers lequel Washington cherche depuis longtemps à façonner l'hémisphère de manière à renforcer davantage la puissance américaine et à protéger les profits des multinationales occidentales. Ce projet officiel remonte au moins à la doctrine Monroe de 1823, lorsque les États-Unis ont unilatéralement revendiqué l'Amérique latine comme leur sphère d'influence exclusive. Sa renaissance aujourd'hui est indéniable et clairement dangereuse. Comme l'a déclaré le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, reprenant les termes de cette politique (…)