RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher
Auteur : Rémy HERRERA

Mais où sont les leaders de la gauche Française dans les luttes actuelles ?

Rémy HERRERA

Nombre de gilets jaunes le disent et le répètent : ils n’ont pas de leaders ; et ils n’en veulent pas. Le spontanéisme a ses vertus, et ses charmes, certes, mais également ses limites et ses illusions, porteuses des dangers les plus terribles.

L’histoire contemporaine l’a montré à maintes reprises, de la Révolution spartakiste allemande jusqu’aux récents soulèvements du « Printemps arabe ». S’il entend déboucher sur des avancées sociales concrètes, tout soulèvement populaire a besoin – en plus de l’énergie, de la détermination et du courage du peuple – d’une certaine unité, d’une organisation partisane, d’un programme politique. Or, le moins que l’on peut dire est que, dans la France actuelle, en rébellion généralisée, l’éclatement des forces progressistes est extrême, et entretenu par des querelles de chefs souvent plus personnelles que politiques. Au tragique de la division de la gauche française, qui l’affaiblit tout entière, s’ajoute encore le paradoxe que cette situation intervient dans le moment précis où s’est construite une unanimité populaire pour rejeter non seulement les politiques néolibérales, mais aussi le président Macron lui-même. Le mieux placé dans la bataille interne à la gauche est sans doute actuellement le leader de la France (...) Lire la suite »
55 

Gilets jaunes, « Acte IV » : l’ordre règne en Macronie

Rémy HERRERA
Samedi 8 décembre : 89 000 membres des forces de l’ordre avaient été déployés sur l’ensemble du territoire français pour faire face à l’« Acte IV » de la mobilisation nationale des « gilets jaunes », prévue ce jour. Ils étaient quelque 8 000 policiers et gendarmes à Paris, équipés de véhicules blindés pour protéger les « lieux de pouvoir » et enfoncer les barricades. C’est plus que le dispositif mis en place lors des événements de mai 1968. La quasi-totalité des escadrons de gendarmerie du pays (c’est-à-dire des militaires chargés de mission de police), des dizaines de compagnies de CRS (corps spécial de police chargé du rétablissement de l’ordre public), appuyés par les brigades de sécurisation et d’intervention des Préfectures de police, étaient ainsi présents, tandis que la plupart des effectifs au repos avaient été rappelés,ou « déneutralisés » comme il est dit. La stratégie répressive,visiblement inefficace lors des débordements observés les samedis précédents, était modifiée : il ne s’agissait plus pour ces hommes (...) Lire la suite »

Lire et relire « Missions en conflit »

Rémy HERRERA
Très important. L’ouvrage Missions en conflit : La Havane, Washington et l’Afrique, 1959-1976, que vous vous apprêtez à lire grâce aux Éditions Delga, est très important. Son thème central est l’histoire des missions internationalistes de Cuba en Afrique et leur confrontation avec l’impérialisme des États-Unis sur ce continent, entre 1959, année du triomphe de la révolution cubaine, et 1976, soit le temps des premiers succès militaires des forces armées cubaines combattant au côté du Movimento Popular de Libertação de Angola (Mouvement populaire de libération de l’Angola, ou MPLA) d’Agostinho Neto, président de la République après la proclamation de l’indépendance de ce pays le 11 novembre 1975. Au-delà de la propagande des médias dominants, des mensonges des puissances impérialistes, de la haine raciale, la voix de la vérité finira par se faire entendre. Cette vérité, pour les progressistes du monde, c’est la générosité de l’internationalisme cubain qui finit par traverser l’océan Atlantique pour défendre ce (...) Lire la suite »

Le Che et l’économie mondiale

Rémy HERRERA
Les recherches portant sur la pensée d’Ernesto Che Guevara sur l’économie sont nombreuses, mais rares sont celles qui abordent sa dimension regardant l’économie mondiale [1]. En effet, cet aspect est fréquemment négligé, relégué au second plan par rapport aux positions qu’il a exprimées à propos de la politique internationale, et donc aussi mal compris – voire manipulé, tantôt pour l’opposer artificiellement à Fidel Castro, tantôt pour le tourner contre l’URSS. Le Che n’était pas économiste (de formation académique) ; c’est peut-être ce qui lui a permis de penser en empruntant des voies hétérodoxes, de remettre en question des vérités établies en économie, de s’aventurer dans des réflexions originales et courageuses à l’époque. La réalité de ses responsabilités au sein de la direction de la révolution cubaine (commandant militaire, dirigeant de la Banque centrale, ministre de l’Industrie…) l’a obligé à articuler, sur cette dimension internationale, la dimension nationale des questions étudiées. Sa pensée sur la (...) Lire la suite »

Figures Révolutionnaires de l’Amérique latine

Rémy HERRERA
Cet ouvrage propose au lecteur sept chapitres consacrés à quelques-uns des révolutionnaires les plus importants d’Amérique latine et caribéenne : Simón Bolívar, José Martí, Ernesto Che Guevara, Hugo Chávez, Fidel Castro et Evo Morales. L’Amérique latine et caribéenne offre depuis le début des années 2000 l’image de peuples qui sont parvenus à repasser à l’offensive, dans les conditions historiques très difficiles qui sont celles de ce début de XXIe siècle. C’est cette puissante mobilisation populaire qui est aujourd’hui confrontée à diverses tentatives, appuyées par l’impérialisme étasunien, de retour de la réaction. Et ce sont ces peuples qui, comme ils l’ont fait depuis des décennies, sur tout le continent, résistent. Rémy Herrera : Economiste, est chercheur au CNRS. Il dirige des thèses de doctorat au Centre d’Économie de la Sorbonne. Il est associé à l’International Initiative for Pro- moting Political Economics (Londres), à l’Union of Radical Political Economics (New York), à la Chubu University (Nagoya), la (...) Lire la suite »
La longue et étonnante liste de ce que Cuba a fait à travers le monde

L’avenir est à vous, comandante Fidel

Rémy HERRERA

Cuba. En longs cortèges silencieux, dans la douleur et le recueillement, le peuple cubain en deuil a rendu un ultime hommage, fait de dignité et d’affection, à son Comandante en Jefe

Fidel Alejandro Castro Ruz. Figure de légende moderne. Comme lui, aucun autre. Avec lui, l’humanité entière, ou presque. Depuis ce soir du 25 novembre 2016, par millions, dizaines, sans doute centaines de millions, des hommes et des femmes ont témoigné leur respect, leur admiration pour le leader historique de la Révolution cubaine. Sur l’île bien sûr, et plus loin. Partout dans le monde.

En Chine, où l’on sait les efforts que déploya Cuba pour préserver l’éphémère unité d’un front commun des pays socialistes avant le schisme sino-soviétique ; et qu’elle fut la première des nations d’Amérique à reconnaître la République populaire, son aînée de dix ans, colossale à côté. En Inde où, depuis un abrazo, l’accolade à Nehru, sa popularité est devenue immense. Et que dire de Java, jadis saignée à blanc pour extraire l’écarlate, tout juste après Bandung, après qu’il eut reçu le kriss de l’amitié des mains de Sukarno ? Le Viêt-nam se souvient des milliers de Cubains s’étant portés volontaires pour combattre avec Hô Chi Minh qui fit le choix, afin de se libérer seul et fortifier sa propre révolution, de n’accepter que les civils venus soutenir le Viêt Minh. Au Laos, qu’aida aussi Cuba, tandis qu’un Bob McNamara civilisait la rive gauche du Mékong, en déversant napalm, défoliant, agent orange. Impérialisme et droits de l’homme en même temps, le bel exploit ! Trop forts ces « Ricains » : le flingot sur la hanche, ils (...) Lire la suite »

Le prochain sommet des Amériques en perspective.

Rémy HERRERA
Prévus pour se dérouler les 10 et 11 avril prochain à Panama City, le septième Sommet des Amériques et ses à-côtés, tout spécialement les diverses rencontres des mouvements sociaux latino-américains, se préparent au milieu des incertitudes et des inquiétudes. Et ce, de part et d’autre : parmi les alliés de l’impérialisme comme dans les rangs des forces progressistes. C’est, d’abord, la toute première fois, depuis son édition initiale qui s’était tenue à Miami en 1994, que ce Sommet, convoqué notamment par l’Organisation des États américains (OEA), accueillera la République de Cuba – laquelle avait été exclue de l’OEA en 1962, au début de la révolution cubaine, pour « incompatibilité avec le système interaméricain » (sic). Jusqu’au début des années 2000, les processus de régionalisation engagés en Amérique latine avaient toujours été instrumentalisés ou neutralisés par les États-Unis. Les visées de domination états-unienne sont explicites depuis le xixe siècle (doctrine Monroe). Leurs agressions militaires leur avaient (...) Lire la suite »

Entretien avec Hector Igarza, Ambassadeur de Cuba à Paris

Rémy HERRERA

L’Ambassadeur de Cuba à Paris, qui fut longtemps en poste en Afrique, revient sur l’envoi de médecins cubains contre l’épidémie d’ébola, sur les liens de Cuba avec le continent africain…

M. l’Ambassadeur, vous connaissez bien l’Afrique. Avant de représenter la République de Cuba à Paris, vous avez durant longtemps exercé vos responsabilités sur le continent africain… Oui, j’ai été en poste au Gabon, au Mozambique, au Zimbabwe, en Zambie, au Liberia et, avant de venir à Paris, en République démocratique du Congo. Lorsque je n’étais pas en Afrique, je travaillais à la direction Afrique du ministère des Affaires étrangères à La Havane. Avant de venir à Paris, j’étais directeur Afrique subsaharienne dans ce ministère. Nous sommes nombreux à avoir été impressionnés par l’envoi par Cuba d’équipes médicales pour lutter contre l’épidémie d’ébola qui sévit dans plusieurs pays de l’Afrique occidentale… C’est une bonne chose que les médias internationaux aient informé le public du fait que Cuba a répondu aux solicitudes de l’Organisation mondiale de la santé et de l’Organisation des Nations unies par l’envoi d’équipes médicales pour lutter contre l’épidémie d’ébola. Pourtant, la plupart d’entre eux n’ont pas (...) Lire la suite »
Face à la menace extrême que représente l’épidémie du virus Ebola, les médecins cubains sont une nouvelle fois au rendez-vous.

Gracias à Cuba

Rémy HERRERA

À l’heure présente, il n’est pas encore possible d’évaluer avec précision les conséquences en termes de vies humaines de l’épidémie d’Ebola qui touche l’Afrique occidentale, du Sénégal au Nigeria, et se concentre pour l’instant sur la Sierra Leone, le Liberia et la Guinée.

Il faut dire que, de façon générale, l’état sanitaire des populations de cette région est très mal connu – en raison du manque de moyens disponibles ou alloués aux institutions spécialisées locales, et du peu d’efforts consentis internationalement pour les aider. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estimait, à la mi-septembre 2014, à plus de 2 630 le nombre de morts directement causées par la maladie, et à environ 4 800 celui des personnes atteintes. Mais maints témoignages recueillis dans le terrible chaos des lieux les plus affectés laissent à penser que ces chiffres sont largement sous-évalués. D’ailleurs, l’OMS elle-même n’a pas démenti le scénario selon lequel 20 000 cas supplémentaires pourraient être enregistrés d’ici à la fin de l’année. Identifié pour la première fois en 1976 à l’hôpital de Yambuku, dans le nord de l’ex-Zaïre, le virus en question, Ebolavirus Zaïre, est létal à 90 % (neuf cas sur dix sont mortels, par fièvre hémorragique aiguë) et très contagieux dans des circonstances définies : par (...) Lire la suite »

Un autre capitalisme n’est pas possible

Rémy HERRERA
Le capitalisme est en crise. Il pourrait même s'agir d'une des plus graves crises de l'histoire moderne. Et pourtant, à suivre l'actualité au jour le jour, l'opinion publique peut avoir le sentiment que cette crise est déjà derrière nous. Or, le pire est sans doute encore à venir, malgré les propos rassurants tenus et les aménagements envisagés. En effet, la réactivation annoncée de l'intervention étatique a notamment pour objet la négation de la nature de biens publics à la fois gratuits et libres de composantes fondamentales du patrimoine commun de l'humanité, comme le savoir, l'éducation ou les infrastructures sociales et des ressources naturelles. Ce livre nous propose un voyage dans les « entrailles du monstre », car c'est la dynamique même du capitalisme qu'il faut examiner et mettre à nu pour engager la grande transformation dont l'humanité et la planète ont besoin. L'appel à la contre-offensive est lancé dans la théorie comme dans la pratique. Les limites des politiques économiques menées (...) Lire la suite »
afficher la suite 0 | 10