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Auteur : Djamel LABIDI

Palestine- Les réquisitions de Karim Ahmed Khan, procureur de la CPI : un jugement de Salomon

Djamel LABIDI

Le procureur de la Cour pénale internationale, Karim Ahmed Khan, a procédé, le 20 mai 2024, à une déclaration de " dépôt de requêtes aux fins de délivrance de mandats d’arrêt concernant la situation dans l’État de Palestine"(1). Il y demande un mandat d'arrêt international, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, à la fois contre Benjamin Netanyahu et son ministre de la défense, et trois dirigeants de Hamas.

Il aura donc "coupé la poire en deux", renvoyant le Hamas et Israël, dos à dos. Ce n'est d'ailleurs même pas tout à fait le cas puisque tous les responsables militaires de l'armée israélienne, dont le chef d'Etat major, directement responsables de crimes de masse, n'ont pas été cités. Karim Khan n'a-t-il pas eu le courage, ou l'audace, de dire, comme l'a fait la Cour internationale de justice, qu'il y a un risque de génocide à Gaza et d'en rendre responsable totalement les autorités israéliennes ? Et pourtant, malgré tout cela, quelle victoire pour la cause palestinienne ! Même si le Hamas proteste, et il a bien fait de le faire, contre le fait de mettre ainsi sur le même pied agresseur et agressé. C'est un tournant car c'est la première fois qu'Israël est dénoncé par la justice internationale. Jusqu'à présent, il était assuré de l'impunité totale quoi qu'il fasse. On connait l'histoire du jugement de Salomon. Deux mères se disputaient pour la maternité d'un enfant ; Elles demandèrent à Salomon de juger (...) Lire la suite »

Le sionisme ou la folie identitaire

Djamel LABIDI

J'ai regroupé dans ce texte des notes que j'ai prises, depuis le mois de février 2024, au fil du martyr de Gaza, sur le sujet du délire identitaire sioniste. J'avais été frappé par le fait que ce délire s'exacerbait au fur et à mesure que devenait insupportable, aux yeux du monde entier, les souffrances du peuple de Gaza. C'était comme si on l'avait déchainé, pour masquer à l'opinion occidentale, et avant tout aux juifs eux-mêmes, la monstruosité des crimes commis par Israel à Gaza. Je publie donc ces notes, telles qu'elles sont nées et se sont succédées, dans leur chronologie exacte jusqu'à ce jour.

Note du 12 février 2024 : Face à la tragédie incommensurable de Gaza, une partie de l'intelligentsia juive française a sombré, dans le délire identitaire, abandonnant toute rationalité. Cela est même le cas d'intellectuels juifs, connus auparavant pour leur clairvoyance et leur tolérance. Ils ont rejoint souvent les thèmes favoris du sionisme : complot contre les Juifs, antisémitisme.et même références bibliques. Mais au fait, quelle est la définition de l'antisémitisme. Le dictionnaire dit "hostilité contre les juifs, racisme contre les juifs". On n'y parle donc pas de sionisme. Le sionisme a voulu construire le plus grand sophisme, la plus grande "entourloupe" de notre époque : Il a fusionné antisémitisme et antisionisme. Du coup, en Occident, il n'y a plus de place pour l'antisionisme. On en a même fait un délit puni par la loi. Une situation intenable puisqu'elle a aussi son revers de médaille en faisant par là même, de tout juif, le responsable des actes sionistes. C'est ce que ne veulent pas les (...) Lire la suite »

Le mouvement des universités aux États-Unis. Vers l’épilogue du sionisme ?

Djamel LABIDI

Le soulèvement des étudiants américains contre la politique israélienne de leurs gouvernements successifs, qu'ils soient démocrates ou républicains, a une portée qui dépasse de loin les seuls États Unis d'Amérique. Il est d'une dimension universelle. Il s'étend progressivement aux universités occidentales. Les universitaires juifs, professeurs et étudiants, antisionistes, y jouent un rôle important, qu'ils participent au mouvement, ou qu'ils l'initient comme c'est souvent le cas.

Aux États Unis, ce sont actuellement 200 universités où les étudiants et professeurs, dénoncent, ensemble, la politique de soutien à Israël suivie par leur gouvernement. Parmi elles, les universités les plus prestigieuses, celles de l'Ivy League : Harvard, Yale, Princeton, Columbia, Pennsylvanie etc.. Le mouvement continue actuellement de s'étendre, comme une trainée de poudre, à l'ensemble de la jeunesse étudiante du pays. Chronique du mouvement La chronique de ce mouvement est significative. Dès les premiers jours des bombardements israéliens sur Gaza, le 12 Octobre, la première marche des étudiants pour la Palestine a lieu dans des dizaines d'universités du pays. La communauté juive antisioniste entre à son tour dans le mouvement : La plus grande organisation juive antisioniste américaine, "Jewish Voices for Peace" (JVP, "Voix Juives pour la Paix") investit, le 13 Octobre, la Grande Gare centrale de New York. Les slogans sont : "Pas en notre nom", "Cessez le feu en Palestine", "Palestine (...) Lire la suite »

Génocide en Palestine, les vrais coupables.

Djamel LABIDI

Une question bouleverse le monde, et, en nombres de plus en plus grands, les Juifs eux-mêmes : comment des israéliens, donc des Juifs, peuvent-ils pratiquer un génocide alors qu'ils en ont été eux-mêmes les victimes ?

Dans le génocide des Juifs, au cours de la Deuxième Guerre mondiale, les pays européens, tous, ont participé à ce génocide d'une façon ou d'une autre, directe ou indirecte. Ils ont livré des Juifs par trains entiers, ils ont confisqué leurs biens, jusqu'à la très respectable Suisse, icone de la neutralité, qui a drainé, exproprié les avoirs juifs dans ses coffres-forts muets. Un pays européen, l'Allemagne, a organisé la mort de deux millions de juifs dans des camps d'extermination. Elle livre aujourd'hui 30% des armes d'Israël (1) et la finance. L'Europe a été coupable de génocide de ses citoyens juifs. Israël ne cesse d'ailleurs de le lui rappeler, de le lui répéter. Du génocide des Juifs à celui des Palestiniens Aujourd'hui un génocide se déroule en Palestine. La Cour pénale internationale de Justice, elle-même, prononce le mot de génocide, sans cesse, dans son arrêt (2) , et dit qu'Israël fait peser un "risque réel et imminent de génocide" sur la Palestine. Mais Israël pourrait-il faire tout ce qu'il (...) Lire la suite »

Iran, Palestine, Ukraine - le sophisme sur tous les fronts.

Djamel LABIDI

Ce titre pourra paraitre étrange, voire hermétique, mais je n'ai pas trouvé mieux pour indiquer la tentative de montrer que le sophisme, en tant que procédé de rhétorique, est à la base du discours politique et médiatique prédominant actuellement en Occident. Si le lecteur a la patience de m’accompagner dans ce raisonnement, peut-être celui-ci va-t-il s'éclaircir au fur et à mesure à ses yeux et que ce texte lui sera alors utile.

Dès que la société s'est complexifiée, il s'est développé en son sein, des groupes aux intérêts contradictoires. Il est alors devenu nécessaire pour le groupe dominant de soumettre les autres groupes, pas seulement par la force mais aussi, bien mieux, pacifiquement, par l'idéologie, par l'adhésion à l'ordre établi. La pensée politique et sociale s'est donc, parallèlement, elle aussi différenciée. Elle a produit deux camps intellectuels, celui de la rhétorique et celui de la philosophie, au sens grec des termes. Le camp de la rhétorique concluait qu'il n'y avait pas de vérité, puisqu'elle était toute relative. Au service du groupe dominant, le rhétoricien n'avait pas le souci du vrai, mais du vraisemblable, et de présenter comme vérités les intérêts des dominants. Son arme privilégiée a été alors le sophisme, dont il a fait une technique, un art consommé pour persuader, emporter la conviction de l'opinion, au besoin la manipuler. Au contraire, le camp de la philosophie faisait de la vérité, des méthodes et moyens (...) Lire la suite »

Le discours dominant occidental et ses contradictions

Djamel LABIDI

La pensée dominante occidentale raconte la crise géopolitique majeure actuelle et, probablement la perçoit effectivement, à travers un discours qui est, à nos yeux étonnés, un océan de contradictions.

On pourrait se contenter de dire qu'il s'agit d'une pensée exacerbée, produite dans les conditions du conflit actuel (Ukraine, Palestine etc..), et donc d'une pensée, désormais, essentiellement propagandiste, qui ne se préoccupe pas, en temps de guerre, de nuances, de vérité et de rationalité. C'est certes un niveau d'explication mais il faut aller plus loin. On pourra alors s'apercevoir qu'il s'agit en fait d'un rapport dégradé avec la réalité, le plus souvent d'un déni de celle-ci, et, peut-être même, des symptômes d'une crise civilisationnelle profonde. Mais avant, commençons par quelques exemples significatifs. "L'Occident n'est pas en guerre" On réclame, par exemple, à cors et à cris, dans le système médiatico-politique occidental, une économie de guerre tout en affirmant, sans ciller, que "l'Occident n'est pas en guerre". On accuse les partisans de la paix "d'être en réalité ceux de la défaite". De quelle défaite s'agit-il ? Si c'est celle de l'Ukraine, est-elle celle de l'Occident ? Si, (...) Lire la suite »

Occident-Reste du monde : le secret du "deux poids, deux mesures "

Djamel LABIDI

Frappes, sanctions, bases militaires, s'il y a bien un mot qui exprime l'unité des manifestations de l'hégémonie occidentale, c'est bien le mot de "monopole".

Permettez-moi, d'abord, de vous convier à réfléchir sur le mot "frappes" dans sa signification militaire : frappes en Syrie, frappes en Irak, frappes au Yémen, frappes au Liban etc.. On remarquera qu'effectuer des frappes a toujours été le monopole reconnu et même accepté des puissances occidentales en général, puis surtout des États Unis et accessoirement d'Israël. On y trouve une connotation de punition, de corrections données forcément à quelqu'un d'inferieur, puisqu'il est implicite qu'on peut le frapper mais que lui ne peut le faire. Il s'y trouve aussi une connotation d'avertissement, un sous-entendu que la prochaine fois ce sera pire, bien plus grave. Il suppose aussi l'impunité puisque la punition, dans sa signification commune, est administrée par le maitre et que celui qui la subit, l'esclave, et même l'élève naguère, ou toute personne contrainte à la soumission, sont supposés ne pouvoir refuser "cette punition" ou s'y opposer. Il s'y trouve aussi la notion de "correction" puisque les (...) Lire la suite »

La deuxième mort d’Alexeï Navalny

Djamel LABIDI

Alexeï Navalny est mort. Il est mort le 16 février 2024. Il reste son image : son air désinvolte, comme si rien ne le concernait vraiment, sa dégaine de grand adolescent, son regard ironique et rieur, cette façon qu'il avait de tendre sagement ses poignets pour qu'on lui retire les menottes ou de rester debout patiemment à l'écoute des juges, et surtout ce large sourire à la fois joyeux et triste.

On ne peut être un homme mauvais avec un tel sourire, avec un tel regard. Il y avait indubitablement quelque chose d'attachant chez lui. Les autorités et les médias russes décrivent un parcours contradictoire et chaotique. Il a été condamné à plusieurs reprises pour escroquerie et détournement de fonds sociaux. Lui, rétorquait qu'il s'agissait de procès politiques, préfabriqués. On décrit aussi un homme qui a été d'abord nationaliste, xénophobe, avec des positions extrêmement violentes contre l'émigration en Russie. Ses partisans disent qu'il a évolué vers une vision démocratique, libérale et humaniste. On pourra dire ce qu'on veut de lui ou sur lui, mais il avait eu le courage de revenir dans son pays. Ceci signe ce qu'est une personne. Qui pourrait douter alors de son affection pour sa patrie ? Incidemment, et ce qui n'enlève rien à son mérite, on s'aperçoit aujourd'hui comment il faut se méfier de cette histoire de la tentative de l'empoisonner le 20 aout 2020. Si tel avait été le cas, il ne serait (...) Lire la suite »

Gaza - Le silence qui tue

Djamel LABIDI

Il y a de plus en plus, l'inquiétante impression que l'habitude se prend des souffrances de Gaza, et que le silence se fait peu à peu. Un peu partout, dans les grandes villes du monde, comme s'ils sentaient ce danger, les peuples, et surtout la jeunesse, marchent pour Gaza et la Palestine, dans des manifestations imposantes contre le silence.

Il y a d'abord le silence des médias occidentaux. Au fur et à mesure que le carnage accroit sa férocité, plus un mot, plus une image de Gaza. Et pourtant ce ne sont pas les images qui manquent. Il y a les journalistes palestiniens à l'intérieur de Gaza. Ils filment, ils témoignent sans relâche. Plus de 100 ont déjà été tués. Les images qu'ils envoient sont en boucle sur les télé arabes, sur les réseaux sociaux. Mais dans la sphère occidentale, on veut parler surtout de l'Ukraine, on cancane sur les "peoples", on parle de tout et de rien mais surtout pas de Gaza et de la Palestine. Pas un mot ou presque, sur un évènement aussi considérable que celui de la Cour internationale de Justice qui instruit la plainte en génocide contre Israël. Les appels à l'aide, les cris de douleurs montent de Gaza, tous les jours, toutes les nuits du génocide en cours. On ne peut pas ne pas entendre, ne pas voir, mais l'Occident ferme les yeux, se bouche les oreilles. Le président français Macron a annoncé dernièrement qu'un (...) Lire la suite »

Un rappel utile sur Israël et l’apartheid- "Le jour où Mandela nous a quittés"

Djamel LABIDI

L’Etat d’Israël va entretenir jusqu’à la fin des relations politiques, économiques et militaires étroites avec le régime raciste sud africain. Il fournissait ainsi lui-même la preuve de son mépris pour les immenses souffrances que le racisme a fait endurer aussi aux juifs, et dont il veut faire pourtant la justification de son existence.

Le jour où Nelson Mandela nous quittait la France intervenait militairement en Centrafrique. Gêne des médias français devant cette coïncidence historique qui les met soudain devant un événement à la dimension entièrement opposée. Le lendemain se tenait le « sommet franco-africain ». Même difficulté des participants qui peinent à trouver un trait commun à deux événements aux antipodes, là aussi, l’un de l’autre. Il y a quelque chose de choquant et d’anachronique de voir ces chefs d’Etat et de gouvernement africains se rendre à la convocation d’un seul pays, plus d’un demi siécle après la fin officielle du colonialisme et des tutelles. On se demande ce qui les fait courir ainsi, l’intérêt de leur pays ou celui de leur régime. Comme pour mieux souligner le caractère impérial désuet de ce sommet , le sommet franco-africain se tient au palais de l’Elysée. On devine quelle aurait été la réaction de Nelson Mandela aussi bien sur ce sommet que sur cette quatrième guerre, en moins de trois ans, que mène la France en (...) Lire la suite »
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