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Auteur : Djamel LABIDI

Les "Harragas" ou l’émigration sans visa

Djamel LABIDI

La question douloureuse des "Harragas", terme algérien pour désigner l’émigration clandestine, est revenue au premier plan de la scène politique, à la suite des drames survenus ces derniers jours en Méditerranée.

Ce qu'il y a d'étonnant dans les débats actuels sur la question des "Harragas"(*), c'est que l'un des éléments essentiels du drame de cette émigration, un élément qui parait pourtant évident, semble passer inaperçu ou du moins ne pas prendre l'importance qu'il mérite dans les débats : il s'agit du problème des visas. Il y a "Harragas" lorsqu'il n'y a pas de visas. Cela semble être une lapalissade mais c'est mettre le doigt sur un problème majeur de notre époque. Jamais la mondialisation n'a été aussi grande sur le plan économique et celui des moyens de communication, mais jamais les frontières n'ont été aussi fermées. L'Europe, l'Occident, les pays riches ont leur part de responsabilité dans ce drame. Les accords de l'OMC prévoient la libre circulation des marchandises, des capitaux et des biens. Les êtres humains seraient-ils moins précieux que les marchandises. Jusqu'aux années 80, les déplacements humains étaient infiniment plus libres. Il fut un temps, à l'époque de la guerre froide, où l'Occident (...) Lire la suite »

Afghanistan - Une guerre pour rien !

Djamel LABIDI

Une guerre pour rien ! L'expression est terrible, monstrueuse si on y réfléchit un instant. Et pourtant, après la débâcle occidentale en Afghanistan, ce sont les mots qui sont revenus le plus souvent, dans les médias occidentaux et dans la bouche des dirigeants occidentaux eux-mêmes.

20 ans donc de guerre "pour rien". Des torrents de sang, de larmes, de souffrances, de destruction "pour rien". Des centaines de milliers de morts et de blessés afghans "pour rien". Et aussi des dizaines de milliers de morts et de blessés étasuniens, anglais, français, allemands, danois, norvégiens etc.. bref de tout l'occident représenté dans ce carnage, "pour rien". Avec une franchise désarmante, le président Joe Biden explique que l'Afghanistan est "le cimetière des empires", qu'il fallait arrêter la guerre après la mort de Ben Laden, mais il ne dit pas pourquoi elle a continué vingt ans. Il explique cependant, discours nouveau, que la continuation de la guerre aurait fait encore plus de victimes, encore pour rien. Il dit que ces guerres ce sont des soldats américains morts, mais aussi blessés, d'anciens combattants qui sont handicapés à vie physiquement et moralement, qui se droguent qui se suicident. Il rappelle la mort de son fils après son retour d'Irak. Il dit qu'il ne faut plus de (...) Lire la suite »

De la Palestine et du déclin annoncé de la communauté juive mondiale.

Djamel LABIDI

En mars 2007, Jacques Attali , un penseur particulièrement préoccupé par le destin de la communauté juive, s'interrogeait avec franchise et audace sur "L'avenir des juifs au 21ème siècle" (1).

Il présentait à ce propos quelques statistiques essentielles : La communauté juive représente, notait-il alors, "un nombre stable actuellement de 13 millions de personnes, ce qui représente deux millions de plus qu'en 1945. Il aura fallu onze ans pour qu'elle passe de 11 à 12 millions et 40 ans pour qu'elle passe de 12 à 13 millions aujourd'hui". La probabilité qu'elle représente une part décroissante de la population humaine est donc , selon lui, une évidence, aggravée par le phénomène des mariages mixtes puisqu'on estime, que par ce biais, 50% des enfants d'un seul parent juif quittent cette communauté. "Un processus donc, observe-t-il, d'assimilation et de disparition considérable. La communauté juive ne représente plus que 2 pour mille de la population mondiale". En "Israël proprement dit", ajoute-t-il, "les populations environnantes seront à l'échelle de 50 ans non seulement plus nombreuses dans l'ensemble palestinien que dans l'ensemble israélien, et à l'échelle de 60, 70 ans plus nombreuses (...) Lire la suite »
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Algérie : La véritable révolution

Djamel LABIDI

La célébration du deuxième anniversaire du Hirak ainsi que les manifestations qui ont eu lieu dernièrement ont fait rebondir le débat et la confrontation sur la question des voies et moyens du passage à la stabilité démocratique en Algérie.

Car telle est la vraie question. Les gens, les partis et courant politiques, ne se différencient pas par rapport aux grandes finalités nationales : indépendance, souveraineté, progrès social, développement économique, démocratie etc.. En effet, qui pourrait bien être contre. Ce qui différencie les gens, c'est la façon d'y parvenir, les moyens. Par exemple la démocratie par le pouvoir des urnes ou celui de la rue. Le développement économique par l'économie administrée ou l'économie de marché etc.. Là sont les véritables confrontations, qu'elles soient clairement assumées ou cachées. Ce serait une erreur de penser que le passage à la démocratie se ferait un peu comme on passe, à un moment historique donné, sur une autre rive, comme on arrive à bon port. En fait, les débats, les confrontations, les luttes actuelles chez nous, sont ce processus lui-même, un processus d'accouchement, et il se fait non sans douleur. Nous sommes bien placés pour le savoir, car ce processus dure, en fait en Algérie, depuis des (...) Lire la suite »

France : le délire

Djamel LABIDI

Peut-on évoquer la liberté d'expression et un droit dit du blasphème pour justifier les caricatures du Prophète faites et refaites par l’hebdomadaire "Charlie Hebdo" en France ? C'est en tout cas le discours tenu par certains cercles intellectuels et politiques français dans une atmosphère qui frise le délire, en pleine épidémie du Covid 19.

La guerre contre l'Islamisme donne lieu a une croisade, cette fois-ci pour la liberté d'expression. Cette liberté va être mythifiée, idéalisée, absolutisée. Bref, on va faire finalement exactement ce qu'on reproche aux autres à propos de la religion, on va sacraliser la Liberté. Elle devient, à son tour, sujet à fanatisme. Pour les besoins de la cause, la révolution française de 1789 est convoquée, ce qui n'a pas toujours été le cas si on se souvient de la campagne hostile et des railleries des mêmes cercles contre les "Gilets jaunes", lorsque ceux-ci revendiquaient leur filiation à 1789. Il est cette fois-ci affirmé sans cesse, sur tous les médias, que la révolution de 1789, a institué un "droit au blasphème". Or ça n'est pas vrai. La révolution française a supprimé "le délit de blasphème", ce qui est tout autre chose, tout en précisant que "nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi " (article 10 de la (...) Lire la suite »
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L’Islamophobie en gants blancs

Djamel LABIDI

J'ai écouté le discours récent du Président Emmanuel Macron, le 4 octobre dernier, sur "les séparatismes". L'impression qu'il m'en reste peut se résumer en quatre mots : deux poids, deux mesures.

Le discours est au départ humaniste, civilisé, et, même, disons-le, élégant. Il se refuse à instrumentaliser contre les musulmans la laïcité, et à réduire celle-ci, au final, à une caricature d'elle même. Il fait l'analyse sociologique des causes de la révolte et du développement de l'islamisme dans les quartiers dits difficiles. Il les voit dans les inégalités et dans la marginalisation sociales. Mais le discours se termine, pour son côté concret, par une série de mesures discriminatoires. C'est dommage. Une islamophobie bien pensante, élégante, en gants blancs. Le thème du discours, celui des" séparatismes" est, au début, mis au pluriel. Il se veut ainsi non discriminatoire. Mais ce pluriel s'efface vite pour laisser la place au thème réel, au seul objet du propos, lui au singulier : "le séparatisme islamiste". Lorsqu'il s'agit de contrôler les financements des mosquées et des associations religieuses, ou culturelles c'est de l'Islam qu'il s'agit. Lorsqu'il s'agit de contrôler le recrutement ou la (...) Lire la suite »
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Les malheurs du Liban

Djamel LABIDI

La tragédie qui a frappé le Liban le 4 Août avec l'explosion du port de Beyrouth a été immédiatement dramatisée à outrance et instrumentalisée. Certes, elle est terrible et s'ajoute aux souffrances de ce pays que nous aimons tant. Pourtant la vraie question n'est pas là.

Liban, lundi 31 Août. Le président Macron est revenu inspecter le Liban. Quelques temps avant, le 23 Juillet, le ministre des affaires étrangères, M. Jean-Yves Le Drian, donnait carrément des avertissements et des ordres au gouvernement libanais en réclamant des réformes "qui ont été, dit-il, attendues depuis trop longtemps". Le premier septembre, le Président Macron était allé jusqu'à annoncer lui-même "la formation d'un gouvernement (libanais) dans les quinze jours". La tragédie qui a frappé le Liban le 4 Août avec l'explosion du port de Beyrouth a été immédiatement dramatisée à outrance et instrumentalisée. Certes, elle est terrible et s'ajoute aux souffrances de ce pays que nous aimons tant. Pourtant la vraie question n'est pas là. Là n'est pas la cause des malheurs du Liban. Le Vietnam, pendant sa résistance à l'agression étasunienne, a reçu, sur son territoire plus de bombes que toutes celles déversées pendant toute la Deuxième Guerre mondiale. Il a gardé la tête haute, il a vaincu et aujourd'hui il (...) Lire la suite »

Covid 19- "Allez chercher le savoir jusqu’en Chine".

Djamel LABIDI

La Chine a mis fin, du moins pour l'instant, à l'épidémie de Covid19. C'est une victoire stratégique. Le secret de cette victoire : elle n'a pas simplement voulu limiter l'épidémie, la gérer, comme c'est le cas dans la plupart des pays du monde où on se réjouit seulement que l'épidémie ne s'étende pas. Elle a voulu stopper, arrêter l'épidémie.

Pour la Chine, un cas de contamination est déjà un cas de trop. Une épidémie commence toujours par un cas. C'est la règle même des épidémies que beaucoup hélas ne semblent avoir comprise. Derrière son succès, qui pourrait beaucoup nous apprendre, il y a aussi d'autres facteurs : et d'abord un facteur social, moral : on estime là-bas que la morale c'est tenir compte avant tout de l'autre, de la santé de l'autre. C'est la base du contrat social. On met alors le masque pour préserver l'autre. Ailleurs, y compris chez nous, on pourra revendiquer, au nom de la liberté, le droit de ne pas le porter. On pourra penser, en toute bonne foi, qu'il s'agit de sa propre vie et qu'on est seul en droit de décider, de la mettre en péril ou non. C'est du pain béni pour le virus. Le témoignage sur la chaîne française LCI d'un médecin français résident en Chine, "la Chine a fait la fête après l'éradication de l'épidémie à Wuhan, mais nous en France, nous l'avons faite pendant l'épidémie. Elle a fait la rentrée scolaire (...) Lire la suite »
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Chronique du Corona (suite) : Président Raoult et Docteur Trump

Djamel LABIDI

On pense de l'épidémie du Corona qu'elle est la cause des problèmes actuels et à venir du monde. En réalité elle les révèle aussi , tels un coup de boutoir ou un tremblement de terre révèlent les fragilités d'un édifice.

Elle révèle l'épuisement et l'absence d'avenir d'un modèle de civilisation et de consommation qui ne respecte pas la nature. Elle révèle les contradictions qui minent l'Union européenne et qui à terme la condamnent. Elle révèle la face cachée des États-Unis d'Amérique où l'épidémie décime les pauvres parce qu'ils sont vieux et les vieux parce qu'ils sont pauvres. Elle révèle partout, dans tous les pays, le lien intime entre les discriminations sociales et les problèmes de santé. Elle révèle la nouvelle démographie du monde, avec partout l'allongement de l'espérance de vie, les perspectives qu'elles créent en même temps que les nouveaux problèmes de santé, économiques et sociaux qu'elle pose. Des masques et des tests Sur le plan sanitaire, la lutte contre l'épidémie se résume à deux choses : des masques, des tests. Des masques pour la sortie du confinement. Des tests, car la seule information maîtrisable est celle de la personne infectée, malade, puisqu'elle apparaît visible dans le système de santé au moment où (...) Lire la suite »
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Chronique du corona

Djamel LABIDI
Le confinement pour cause du Corona a des vertus qui ne sont pas seulement sanitaires. Nous avons du temps. Du moins pour ceux qui n'ont pas de problèmes de survie journalière. Jamais peut être, partout sur la planète, on a autant réfléchi au sens des choses et de la vie.. Comme si nous n'avions jamais réellement pensé, emportés par le tourbillon de la vie quotidienne. L'atmosphère mondiale est créative. Les idées parcourent à la vitesse de la lumière les autoroutes de la communication. Il en sortira certainement quelque chose vu l'ampleur que prend cette intelligence collective. Un gigantesque Wikipédia universel. Les oiseaux reviennent dans les villes. C'est touchant. Dans le quartier où j'habite, on les entend gazouiller. Cela fait longtemps que nous ne les avions pas entendus. Bizarre, j'ai ressenti de l'émotion. Peut-être allons- nous devenir plus raisonnables... Partout dans le pays, nous sommes rassemblés tous les soirs pour suivre les chiffres de l'évolution de l'épidémie. Nous les (...) Lire la suite »
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