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Auteur : Maurice LEMOINE

Qui reconnaît qui ?

Maurice LEMOINE
Le 23 janvier 2019, deux manifestations secouent les rues de Caracas. Celle imposante des chavistes, celle massive de l’opposition. C’est dans la fièvre de cette dernière que, depuis l’estrade dressée place Juan Pablo II, dans le très chic « municipio » de Chacao, le député et président de l’Assemblée nationale [1] Juan Guaidó s’autoproclame « président par intérim » du Venezuela et « prête serment ». Arguments invoqués : les articles 233, 333 et 350 de la Constitution qui établissent que, en cas « d’absence absolue du chef de l’Etat », il revient au chef du pouvoir législatif d’occuper temporairement la présidence et de convoquer des élections. « Absence absolue » ? A quelques kilomètres de là, depuis le balcon du palais présidentiel de Miraflores, le chef de l’Etat constitutionnel, Nicolás Maduro, harangue la foule, au milieu des ovations. Pour qui ne s’informerait qu’en écoutant les « matinales » de France Culture ou France Inter, représentantes officielles à Paris de la droite radicale et de l’extrême droite (...) Lire la suite »
Suivi d’un entretien avec Denis Moncada, ministre des affaires étrangères du Nicaragua

Quand on veut noyer l’ALBA, on l’accuse d’avoir la rage

Maurice LEMOINE
Dans un discours prononcé le 1er novembre depuis la « Freedom Tower », symbole à Miami de l’exil cubain, le conseiller pour la sécurité nationale des Etats-Unis John Bolton a fait référence à une « troïka de la tyrannie » et à un « triangle de la terreur » en évoquant Cuba, le Nicaragua et le Venezuela – tous trois membres de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA). Du fait de la prestation de serment de Nicolas Maduro le 10 janvier, date du début de son second mandat, c’est vers Caracas que se tournent essentiellement les yeux de la « communauté internationale ». En parfait supplétif de Washington, le secrétaire général de l’Organisation des Etats Américains (OEA) Luis Almagro a convoqué une session extraordinaire pour aborder la situation prévalant dans ce pays, dans l’espoir jusqu’ici mille fois déçu – faute de la majorité requise – de pouvoir sanctionner le Venezuela. En préambule, les treize pays « pro Washington » formant le Groupe de Lima [1], qu’a cornaqué par visioconférence le (...) Lire la suite »
Venezuela : quand une ONG sort de son rôle

Courrier au Service de presse d’Amnesty International (section française)

Maurice LEMOINE

A : Service de presse d’Amnesty International (section française) spresse@amnesty.fr

De : Maurice Lemoine (journaliste)

Madame, Monsieur,

J’ai noté avec intérêt l’organisation par Amnesty International (AI) de la "Journée internationale des disparus.

Les disparitions forcées perdurent dans le monde », le 30 août 2018. Dans les communiqués officiels (dont les deux derniers, ci-dessous) qui l’ont précédé, AI met en lumière les cas de disparitions qui lui paraissent particulièrement symboliques "dans différentes régions du globe" : Syrie, Egypte, Pakistan, Laos, Turquie, Cameroun, Kenya, Zimbabwe et Mexique (à travers le cas particulièrement grave d’Ayotzinapa). S’agissant de l’Amérique latine, on pourrait à juste titre s’étonner de l’absence de la Colombie, mais, vu la modestie des chiffres, je ne vais pas pinailler ici sur les 45 000 victimes de cette pratique depuis 1985 (d’après la Unidad de Victimas), dont de nombreuses pendant la présence au pouvoir de la faction politique qui vient de revenir à la présidence en la personne de M. Ivan Duque. https://www.amnesty.fr/presse/journee-internationale-des-disparus-les-... En revanche, j’ai été très surpris par la prestation, ce matin 1er septembre, au journal de 8 heures de France Culture, présenté par (...) Lire la suite »
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Et quelques informations sur ce qui se passe au Nicaragua

La voix dissonante du Forum de São Paulo

Maurice LEMOINE
La 24e édition du Forum de São Paulo (FSP), rencontre qui rassemble les partis et mouvements progressistes de l’Amérique latine et de la Caraïbe, s’est tenue à La Havane du 15 au 17 juillet. Fondé en 1990 par le président cubain Fidel Castro et celui qui n’était encore que le dirigeant au Brésil du Parti des travailleurs (PT), Luiz Inácio Lula da Silva, ce rassemblement accueillit d’emblée tant des partis de gauche modérés que des formations forgées dans la lutte armée, des partis communistes (dont le PCC cubain) et leurs différentes scissions. « Affronter le néolibéralisme en Amérique latine, nous expliquera bien plus tard Valter Pomar, membre de la direction nationale du PT, exigeait une attitude ouverte et plurielle, prenant en compte tant la crise traversée par le communisme que celle frappant la social-démocratie. » Présent à La Havane et évoquant, lors de la journée de clôture de cette édition 2018, son prédécesseur à la présidence du Venezuela, Nicolás Maduro a rappelé avec émotion : « [Hugo] Chávez (...) Lire la suite »
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Le Nicaragua sous dictature… du double standard et du copier-coller

Maurice LEMOINE

29/11/2016 - Par son importance et l’incertitude qu’elle a engendrée, l’élection présidentielle du 8 novembre aux Etats-Unis a occulté le résultat et limité les commentaires sur le scrutin qui, deux jours auparavant, avait vu la victoire du sandiniste Daniel Ortega au Nicaragua. Toutefois, toutes tendances confondues, de la droite à la gauche (réelle ou supposée), l’appareil médiatique avait pris les devants en disqualifiant implicitement ou explicitement, sans nuances ni remise en perspective, cette réélection annoncée. Une unanimité qui laisse rêveur et devrait inciter à la réflexion.

Président sortant du Nicaragua, Daniel Ortega a été réélu pour un troisième mandat consécutif, le 6 novembre 2016, avec 72,5% des suffrages, loin devant les 15% de Maximino Rodríguez, candidat du Parti libéral constitutionnaliste (PLC, droite) [1]. Son parti, le Front sandiniste de libération nationale (FSLN), a conquis 71 des 92 sièges de l’Assemblée nationale. Alors que le Conseil suprême électoral (CSE) annonçait une abstention de 31,8 %, la coalition d’opposition du Front large de la démocratie (FAD) l’a estimée, sans citer aucune source identifiable, à plus de 70 % [2]. A qui se fier ? En la matière, un simple rappel du passé permet d’avoir au moins une « petite idée » sur la question. Ayant assisté à l’élection précédente, déjà contestée à l’époque, qui, le 6 novembre 2011, se solda par une victoire du même Ortega, avec une majorité de 62 % des suffrages, nous pouvons affirmer qu’il avait incontestablement remporté ce scrutin [3]. Pourtant, arrivé en deuxième position avec 31 % des voix, le représentant du Parti (...) Lire la suite »

Ne m’appelez plus Radio France…

Maurice LEMOINE
Courrier au médiateur auditeurs.inter@radiofrance.com http://mediateur.radiofrance.fr/mediateur/ Le service public de radiodiffusion et de télévision français a-t-il pour vocation d’informer les citoyens ou d’être le porte-parole de l’opposition vénézuélienne ? La question est posée tant le lynchage mené par ses différentes chaînes – avec, en tête de gondole, France Inter et France culture – contre la République bolivarienne du Venezuela a redoublé de violence (s’il était possible) à l’occasion de l’élection présidentielle du 20 mai, laquelle a vu la réélection du président Nicolás Maduro. La critique du gouvernement dit « bolivarien » est légitime, dans le cadre, démocratique, de tout média d’information ou d’analyse digne de ce nom. Néanmoins, et sans entrer dans un débat sur le Venezuela qui nécessiterait de longs développements, comment la quasi totalité de vos propagandistes à microphone peut-elle affirmer que ce denier scrutin s’est déroulé sans opposition ? Jusqu’à preuve du contraire, il n’a été boycotté que (...) Lire la suite »
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Nicaragua : Washington, FMI, patronat, travailleurs, retraités… même combat ?

Maurice LEMOINE
C’est dans une déclaration datée du 16 avril que le président de l’Institut nicaraguayen de sécurité sociale (INSS) Roberto López a rendu publiques une série de mesures destinées à redresser l’institution, laquelle annonce un déficit de 71 millions de dollars (59,8 millions d’euros). Ratifiée le 18 avril par la « résolution 1/317 » du président Daniel Ortega, l’un des leaders de la révolution qui, en 1979, renversa la dictature d’Anastasio Somoza, cette réforme augmentait les cotisations des employeurs, des travailleurs et, surtout, instaurait sur les retraites une contribution spéciale de 5 %. Après un moment de stupeur, cette amputation du pouvoir d’achat d’hommes et de femmes âgés souvent très modestes a provoqué un fort rejet. Emmenés dans un premier temps par des groupes d’étudiants de l’Université centraméricaine (UCA ; jésuite) et de l’Université polytechnique du Nicaragua (UPOLI) « solidaires de leurs anciens », des milliers de manifestants occupèrent la rue dès le 18 avril contre ce « paquete » qualifié (...) Lire la suite »
Entretien exclusif avec Tibisay Lucena, présidente du Conseil national électoral (CNE) vénézuélien.

« Ils confondent votes et arme de destruction massive ! »

Maurice LEMOINE
Propos recueillis à Tunis par Maurice Lemoine. Présidente du Conseil national électoral (CNE) vénézuélien, Tibisay Lucena avait prévu de réaliser une tournée internationale dans divers pays européens – avec son passage obligé par Bruxelles –, puis africains, pour y exposer la nature des « garanties » offertes par le système électoral aux Vénézuéliens en général et à l’opposition en particulier, dans la perspective de l’élection présidentielle du 20 mai prochain. Pour sa partie européenne, cette tournée n‘a pas eu lieu. Ce changement de programme est dû au président américain Donald Trump, comparé par l’ex-patron du FBI James Comey à un « chef mafieux » [1], et au « clan » qui lui obéit au doigt à l’œil : les dirigeants des pays de l’Union européenne, en commençant par le locataire de l’Elysée Emmanuel Macron. C’est donc à Tunis que nous avons rencontré Tibisay Lucena, pour y connaître son point de vue sur une situation que nous résumerons ici succinctement afin de contextualiser ses propos. Depuis début janvier 2016, le (...) Lire la suite »

Entre le Guatemala et Israël, une histoire ancienne et pleine de sang

Maurice LEMOINE
A une très large majorité, 128 pays membres des Nations unies sur 193 ont condamné le 21 décembre 2017 la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président américain Donald Trump. Le texte de la résolution reprenait, dans ses grandes lignes, un projet soutenu par quatorze des quinze membres du Conseil de sécurité – les Etats-Unis ayant dû utiliser leur veto de membre permanent pour en empêcher l’adoption. Pour tenter de bloquer cette condamnation massive de la communauté internationale, Washington avait préalablement multiplié les menaces et les pressions. C’est ainsi que 35 Etats s’abstinrent lors du vote et que 21 jugèrent prudent ne pas prendre part au scrutin. Parmi les abstentionnistes, la Maison-Blanche put compter sur la « solidarité passive » de quelques comparses continentaux : le Mexique, l’Argentine et le Canada. Mais, bien entendu, ce sont les sept grandes puissances totalement alignées sur Washington et Tel-Aviv qui ont retenu l‘attention : les Iles Marshall, la Micronésie, (...) Lire la suite »

Venezuela : l’épouvantail agité par l’Occident

Maurice LEMOINE

Dans cet entretien, Maurice Lemoine analyse les récents développements des crises qui secouent le Venezuela. Il décrit les tentatives de déstabilisation nationale et internationale, ainsi que les réactions de la population et de l’opposition.

Entre inflation, perturbation de l’approvisionnement en biens de première nécessité et barricades, le Venezuela est devenu l’épouvantail agité en Europe pour effrayer tous ceux qui pourraient être tentés par une remise en cause du système capitaliste. Jusqu’en juillet 2017, l’opposition vénézuélienne de droite et d’extrême droite a profité des pénuries et de la dégradation de la situation économique pour déclencher une nouvelle vague de violences et tenter de renverser le gouvernement de Nicolás Maduro. Sans complaisance avec les erreurs du gouvernement, Maurice Lemoine, ancien rédacteur en chef du Monde Diplomatique, fait partie des rares journalistes de terrain qui cherchent à donner une vision factuelle des évènements, en replaçant le sabotage économique au centre de l’analyse de la situation politique. Un aperçu de l’ampleur de la tâche et des obstacles auxquels peut se confronter tout gouvernement authentiquement de gauche… Éva Deront. Entre avril et juillet 2017, le Venezuela a été le théâtre (...) Lire la suite »
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