Auteur Rorik DUPUIS VALDER

La passion comme moteur de l’homme – Maine de Biran au rapport !

Rorik DUPUIS VALDER
En hommes libres et éduqués, nous sommes mus par nos passions. Amoureuse, professionnelle, spirituelle, artistique ou sportive, quelle que soit sa nature, la passion nous anime et nous porte au travers des épreuves de la vie en une certitude intime, quasi religieuse, déterminant nos engagements sociaux comme nos priorités personnelles. L’homme sage n’est-il pas celui qui, paradoxalement, s’illustre dans l’art sacrificiel de cultiver ses passions ? Celui qui, dans la conscience et la (…)

Une question d’habitude – Bonne année avec Maine de Biran !

Rorik DUPUIS VALDER
Nous sommes des êtres d’habitudes. Les habitudes nous sont nécessaires quand elles aident à la discipline, personnelle ou professionnelle, mais elles peuvent aussi, du fait de la paresse ordinaire des individus dans un système donné, du fait de leur tendance à préférer le statu quo et trouver refuge dans des systèmes connus — fussent-ils défaillants —, être la cause de l’aveuglement et du malheur des gens, participant ainsi collectivement, par les facilités du mimétisme et de la (…)
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Aux enfants de l’Europe

Rorik DUPUIS VALDER
La princesse Europe, fille du roi phénicien Agénor, aperçoit au bord de la mer un magnifique taureau blanc, qui se couche à ses pieds et se laisse caresser. Séduite par sa douceur, elle monte sur le dos de l’animal, qui file au large en l’emportant jusqu’en Crète. Zeus, roi des dieux ainsi métamorphosé en taureau, s’accouple à la princesse, qui donnera naissance à trois fils : Minos, futur roi de l’île, Rhadamanthe le législateur, et Sarpédon, héros de la guerre de Troie. D’après les vers (…)
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Régression dans le monde arabe : l’habit fait-il le moine ?

Rorik DUPUIS VALDER
La scène est bien connue : lors d’un discours datant de la fin des années 1950, le président égyptien Gamal Abdel Nasser raille ouvertement les dirigeants des Frères musulmans qui entendent imposer à toutes les femmes le port du voile dans l’espace public, avec cette ironie typiquement égyptienne — ou nassérienne — qui fait aussi de l’exercice politique une plaisante démonstration de l’esprit, bien loin de la lourdeur bureaucratique actuelle. Leader indépendantiste tout à la fois panarabe (…)

Grimper aux arbres

Rorik DUPUIS VALDER
Nous, enfants de la campagne, avons appris à grimper aux arbres. C’est là un exercice des plus formateurs car il vous confronte très tôt, de façon radicale, au risque de la chute. Votre courage dépendant aussi bien de vos facultés de concentration que d’une confiance animale en soi. Je crois même qu’on peut parler d’inconscience dans l’entreprise, de folie nécessaire à l’élévation. Plus vous montez, plus vous vous exposez, mais voilà notre réalité, superbement paradoxale : la liberté est un (…)

Macron et sa caravane au Maroc : la honte

Rorik DUPUIS VALDER
Fin octobre, notre cher et vénérable président Emmanuel Macron était au Maroc pour une visite d’État de trois jours, accompagné de son professeur de théâtre particulier Brigitte (JMT pour les intimes) ainsi que d’une délégation de ministres, d’industriels et de « personnalités » (hum) du monde de la « culture ». Pour l’occasion, on avait hissé de beaux drapeaux tricolores dans les rues de Rabat, repeint à la hâte (un jour de pluie, signe du destin) les façades des immeubles des pauvres (…)
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Ravages du conformisme

Rorik DUPUIS VALDER
Avec les expériences et les rencontres de la vie, on est amené à développer ce que j’appellerais grossièrement un « radar à cons ». Un outil relationnel précieux pour éviter les dispersions, coûteuses en temps et en énergie. Mais évidemment, l’affinement progressif de cet outil implique un certain engagement personnel, car pour connaître autrui il convient d’abord de se montrer ouvert et disponible tout en étant le plus désintéressé possible, et chasser en soi toute espèce de préjugé. Un (…)

À propos de terrorisme

Rorik DUPUIS VALDER
J’espère que les lecteurs les plus exigeants me pardonneront mes manières peu académiques de philosopher, mais il s’agit là de « philosophie par l’expérience », que chacun, à mon sens, devrait humblement faire valoir, quelles que soient sa formation et sa culture livresque. Disons qu’on philosophe ici « à la corse » (ou plutôt « à la basque », vous comprendrez pourquoi ci-après...) : penser, c’est dynamiter les barrières et voir ce qu’il en reste ! Mais le travail le plus important est celui (…)

Comment résister ?

Rorik DUPUIS VALDER
Avec le phénomène de « starification » dans tous les domaines – une « star » étant, quelles que soient sa légitimité et ses compétences, le produit d’un système, qu’on met en avant à des fins mercantiles ou idéologiques – et l’introduction de la vie privée dans le débat public, on a fait de la politique un spectacle. Mais la politique – réelle – est avant tout affaire de pragmatisme, de sens pratique. Au-delà des images et des slogans, elle se doit d’abord d’être fonctionnelle. Son essence (…)
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Langage et radicalité

Rorik DUPUIS VALDER
Un enseignant attentif sait que ses élèves ne sont pas tous égaux devant le maniement de la langue. Certains ont des prédispositions pour communiquer à l’oral, d’autres sont manifestement plus à l’aise à l’écrit ; tandis que certains s’avèrent plus doués pour la logique mathématique et que d’autres s’illustrent par leur intelligence manuelle – souvent dévalorisée par un système scolaire qui préfère invariablement la sacro-sainte méthodologie à toute forme de créativité. Mais au-delà du (…)
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La fabrication de l’héritage

Rorik DUPUIS VALDER
Dans mon dernier article, j’en appelais à la métaphysique pour tenter de démontrer que le besoin de propriété (exacerbé par le système capitaliste que nous subissons) n’a pas de réel fondement anthropologique, sauf pour le couple sédentaire qui élève dans un foyer déterminé ses enfants et, à terme, leur lèguera un héritage (matériel). Cela dit, la propriété individuelle, encouragée par les lois de l’hyperconsommation et l’égocentrisme régnant (ce qu’on pourrait appeler aujourd’hui « la (…)
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Posséder et partager : quel idéal d’éternité ?

Rorik DUPUIS VALDER
L’idéologie capitaliste que l’on subit aujourd’hui s’impose en quelque sorte comme une religion de la propriété privée, plaçant au centre de la société le principe de possession — souvent au détriment de celui de partage. Mais pourquoi posséder ? Qu’est-ce que la possession ? Mettons ici de côté le système capitaliste à proprement parler et prenons un peu de hauteur pour réfléchir à l’idée même de propriété. Il y a à mon sens quatre choses, de natures différentes, que l’on est généralement (…)