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Alep, la « révolution démocratique » fait de nouvelles victimes innocentes

Une nouvelle série d’attentats a frappé le 2 octobre la ville d’Alep, depuis longtemps champ de bataille entre les milices rebelles de l’Armée syrienne libre, la branche armée des oppositions étrangères réunies dans le conseil national syrien à Istanbul, et les forces loyalistes de Damas. Selon des sources officielles syriennes, au moins trois voitures piégées ont explosé, provoquant la mort de 31 personnes. Bilan qui aurait été porté à 48 victimes par l’Observatoire syrien des droits de l’homme, proche des forces rebelles, qui fait également état d’une quatrième explosion. Une attaque qui aurait en fait été déjouée selon les rapports des autorités locales grâce à l’élimination rapide de trois kamikazes.

Si les deux versions divergent en ce qui concerne les lieux touchés par les attentats terroristes, elles s’accordent toutes deux sur le fait que la première bombe a explosé près du cercle des officiers, immédiatement suivie par une vague d’explosions au niveau de la place centrale Saadallah al Jabri. L’identité des victimes n’a toujours pas pu être établie pour la totalité d’entre elles, mais il y aurait de nombreux civils. Il convient également de préciser le nombre des blessés, supérieurs à 70. Il s’agit bien évidemment d’un bilan provisoire, dépassant déjà celui de la sombre journée du 28 août, quand une explosion tua 27 personnes qui participaient à Damas aux funérailles de deux représentants du gouvernement.

Un macabre décompte qui voit aussi s’ajouter aux victimes des attentats celles faisant suite aux tirs de mortiers dans la zone du Souq al Hal, où se trouvait concentré un grand nombre d’éléments de l’armée gouvernementale.

Des attaques terroristes et des attentats aveugles qui ont causé de nombreuses pertes civiles, mais qui n’ont provoqué, une fois de plus, aucun sentiment d’indignation de la part des démocraties occidentales, comme si ces dernières étaient prêtes à tout pour voir leurs desseins se réaliser en Syrie, y compris au prix de massacres commis par leurs alliés.

Ce qui paraît aujourd’hui comme une évidence a été récemment abordé publiquement par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, dans un entretien au journal Kommersant. « C’est simple, il y a deux options : si on pense sincèrement que la priorité numéro un est de sauver des vies humaines, alors il faut tout faire pour mettre en oeuvre les accords conclus à Genève fin juin. Si la priorité est au contraire de faire tomber le régime de Bashar al Assad, alors nous ne pourrons être d’aucune aide à qui que ce soit », a affirmé le responsable de la diplomatie du Kremlin, soulignant au passage que « le conseil de sécurité de l’ONU n’a pas, par définition, à promouvoir un quelconque changement de régime, car cela signifierait la poursuite d’une guerre fratricide ». « Nous devons simplement comprendre que le prix de cette obsession géopolitique (de l’Occident, NDLR) de changer le régime de la Syrie se fera au détriment de milliers de vies syriennes », a expliqué M. Lavrov, lequel a conclu en affirmant que « le choix était très simple, mais terrible ».

« Dans les entretiens avec mes collègues, dit-il, j’ai eu l’impression qu’ils comprenaient qu’il n’y avait pas d’autres possibilités que ces deux scénarios, mais pour l’instant, ils ne sont pas prêts à aller contre leur intérêt géopolitique et c’est triste ».

Rien d’étonnant dans ce contexte à ce que les États-Unis et leurs alliés dans la région soient toujours à la recherche du moindre indice pour tenter de discréditer les autorités syriennes et manipuler l’opinion publique internationale, alors que la réalité du terrain commence à poindre au grand jour : la Syrie est victime d’une tentative de déstabilisation financée par des pays étrangers.

Des affrontements armés près des frontières et des tirs accidentels de mortiers comme ceux qui ont atteint le village d’Akçakale, en Turquie, le même jour que les attentats qui ont frappés Alep, sont dans ces conditions quasiment inévitables. Un incident qui a provoqué une vive controverse et des accusations véhémentes dont les media occidentaux se sont naturellement fait l’écho.

« Je voudrais que chacun sache que si la violation de nos frontières continue, nous exercerons le droit de nous défendre », a déclaré le ministre des affaires étrangères turc Ahmet Davutoglu, menaçant implicitement la Syrie de l’attaque directe que le front interventionniste envisage depuis déjà plus d’un an.

Capitaine Martin

Résistance http://www.resistance-politique.fr/article-alep-la-revolution-democrat...

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