RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

Appel au boycott... du muguet !

Le 1er mai, enfin les beaux jours. On s’offre le muguet, une des premières fleurs du printemps, par tradition aveugle. En effet bien rares sont les personnes qui pourraient vous expliquer les origines de cela, comme bientôt le sera Noël devenu la fête des supermarchés ou la Saint Valentin, la fête des fleuristes. Récupération commerciale évidemment. Mais quel mal y a-t-il à s’offrir des fleurs ?

Le 1er mai, c’est aussi la fête du travail. Ici, la raison oubliée : une manifestation réprimée à Chicago en 1886, puis la décision de commémorer internationalement ce jour pour revendiquer la journée de 8 heures contre celle de 12. Maintenant, les socialistes, les communistes, les internationalistes se réunissent. On marche ensemble, on trinque, on refait le monde, on chante de vieux chants révolutionnaires...

O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
Na, na, na, na, nanaa, naaa, 
Nana, la libertaaa. 

- Oh, t’arrêtes de chanter, toi !
- Mais c’est quoi ici ? On a pas le droit de chanter, siffloter, parler...
- Si t’es pas content, tu pars. Et t’es pas payé, c’est le jour d’essai !
- Quoi ? Ton muguet, tu peux te le met...

De nos jours, le 1er mai, c’est des milliers de travailleurs réunis pour une dizaine de jours. On en appelle à toute la France. Précaires de tout le pays, venez en Loire Atlantique. Même TF1 relaie l’appel pour lever l’armée de réserve industriel. Voici les habituels travailleurs des saisons : étudiants, mère au foyer qui veulent arrondir le SMIC du mari, punk à chiens, hippies semi-nomades, intérimaires normalement routiers, maçons ou caissiers de supermarché, des africains avec ou sans papiers...

- Mamadou, Mamadou... Eh Bamboula ! 
- Oui, chef. 
- Dis à tes gars de bosser un peu plus vite. 
- D’accord, chef. 
- Ah ben oui, ce serait plus facile avec le coupe-coupe, mais là c’est pas des bananes. Vos femmes, 
elles bossaient mieux l’année dernière, et jolies avec ça les garces, ah ah ah !

Ces Africains sont venus de la Guinée-Konakry en conflit depuis que la France a fait semblant de partir. Ils sont venus dans le pays des Droits de l’Homme.
Ils ne répondent pas, ne se rebellent pas. Ont-ils encore dans leur inconscient que l’homme blanc est supérieur et qu’il ne vaut mieux pas lui répondre au risque de se faire frapper ? Ou bien pensent-ils que cet homme a le pouvoir de les renvoyer au pays. En tout cas, ce patron adorent ses petits nègres dociles et corvéables à merci.
Ces noirs ont peur. Mais ils ne sont pas les seuls à suivre le commandement militaire. Les étudiants 
sans fric, les femmes au foyer qui espérent payer quelque chose aux gamins suivent les ordres, et d’autres qui se soumettent comme si cela était naturel d’être traité ainsi.

- Tout le monde ici. Je ne veux pas entendre une mouche voler. Chacun dans son rang. Le premier qui fait le zouave, il vire. Ach, Schnell ! 
- Je parle pas allemand !
- Quoi, t’as un problème ?
- Non, c’est juste que j’avais jamais vu ça. 
- Eh bien, ce sera la première fois. 

En fait, non, cela ne me semble pas nouveau. Impression de déjà -vu provenant des films censés nous faire travailler la mémoire. Ambiance des années 40 en Allemagne, en France occupée ou à Guantanamo, on va au travail entassés dans des camions. Une fois dans les rangs, le silence est de rigueur. On ne peut pas regarder dans les yeux les Kapos qui auraient trop peur de voir de l’humanité en nous. Si on se relève pour s’étirer un peu, on nous dit de nous remettre à cueillir immédiatement. On prend notre nom et à la deuxième sommation, nous sommes punis : retour au chômage !

- Toi, toi et toi, vous virez. 
- Mais pourquoi ? 
- Des gens comme vous, on n’en veut pas ! 

Dans les années 40, ces gens-là , on les aurait envoyé bruler avec les juifs, les tsiganes et les résistants de tous bords. Ils ont les cheveux longs ou rasés, ils s’habillent en kaki, font des boulots saisonniers pour payer le gasoil de la fourgonnette-maison, la bouffe pour les chiens et l’alcool ou d’autres drogues bon marché. Ils passent la moitié de l’année sur les routes d’un festival à l’autre. Ils n’ont pas d’attaches. Alors comment ces propriétaires terriens pourraient les comprendre, s’dentifier un peu à eux ? 

Peut-on généraliser avec tous les producteurs de muguet ? «  Non, me répond la propriétaire du camping qui voit des bataillons de cueilleurs chaque année, il y en a bien un ou deux chez qui cela se passe bien. Les autres se prennent pour des seigneurs. Nous sommes désolés. »

Cette France me fait peur. Cela ne devait être que du passé. A l’école, on nous a fait intégrer que nous allions toujours vers le mieux : l’évolution. Nous avons vaincu les barbares, les infidèles, les nazis, les soviétiques. Nous sommes le progrès. 

Pourtant, depuis quelques années, l’ennemi intérieur est de plus en plus montré comme se cachant sous un voile, dans ses mosquées à minaret, il mange hallal dans nos restos, sont polygammes...
En effet, il existe un ennemi intérieur. Mais est-il bien celui que les journaux nous montrent quotidiennement après chaque fait divers ? L’ennemi est en nous. L’ennemi, c’est notre acceptation, notre soumission. C’est le risque du retour au totalitarisme. 

Ces exploiteurs agricoles néocolonialistes jouent avec la peur du chômage. Et en plus, c’est la crise, nous dit-on. Les travailleurs subissent un chantage économique. Et cela marche.

Mais le chantage économique peut s’inverser : refusons d’acheter certains produits !

Les produits d’Afrique du sud, on n’en a pas voulu. La politique d’appartheid a dû changer. Actuellement, des appels au boycott contre l’Israël colonialiste sont lancés et ont des répercussions. Alors, boycottons toutes les formes d’exploitations, surtout si elles sont proches de nous. 

Le 1er mai, achetez du muguet aux gosses de votre quartier, pas chez le fleuriste qui vend du muguet qui vient de l’industrie qui ne respecte ni l’humain, ni la terre. Allons plutôt manifester !

Toute ressemblance avec la réalité, des personnages réels, des propos tenus ou faits ressemblants n’est absolument pas fortuit.

URL de cet article 10516
  
AGENDA

RIEN A SIGNALER

Le calme règne en ce moment
sur le front du Grand Soir.

Pour créer une agitation
CLIQUEZ-ICI

Le Grand Marché Transatlantique : La menace sur les peuples d’Europe
Raoul Marc JENNAR
« Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire. » Ces mots confiés par David Rockefeller au magazine américain Newsweek, le 1 février 1999, fournissent la clé pour comprendre ce qui se passe depuis une trentaine d’années et qu’on appelle « mondialisation néolibérale ». Déléguer au secteur privé la maîtrise des choix ou, pour l’exprimer à la manière pudique de journaux comme Le Monde ou Les Echos, « redéfinir le périmètre de l’Etat », c’est (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Quelqu’un qui a avalé la propagande sur la Libye, la Syrie et le Venezuela est bête, du genre avec tête dans le cul. Quelqu’un qui a rejeté la propagande sur la Libye et la Syrie mais avale celle sur le Venezuela est encore plus bête, comme quelqu’un qui aurait sorti sa tête du cul pour ensuite la remettre volontairement.

Caitlin Johnstone

Médias et Information : il est temps de tourner la page.
« La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » (...)
55 
Ces villes gérées par l’extrême-droite.
(L’article est suivi d’un « Complément » : « Le FN et les droits des travailleurs » avec une belle photo du beau château des Le Pen). LGS Des électeurs : « On va voter Front National. Ce sont les seuls qu’on n’a jamais essayés ». Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu’il appelait fièrement « des laboratoires du FN ». Arrêtons-nous à ce qu’il advint à Vitrolles, (...)
40 
Analyse de la culture du mensonge et de la manipulation "à la Marie-Anne Boutoleau/Ornella Guyet" sur un site alter.
Question : Est-il possible de rédiger un article accusateur qui fait un buzz sur internet en fournissant des "sources" et des "documents" qui, une fois vérifiés, prouvent... le contraire de ce qui est affirmé ? Réponse : Oui, c’est possible. Question : Qui peut tomber dans un tel panneau ? Réponse : tout le monde - vous, par exemple. Question : Qui peut faire ça et comment font-ils ? Réponse : Marie-Anne Boutoleau, Article XI et CQFD, en comptant sur un phénomène connu : "l’inertie des (...)
93 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.