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Chroniques du temps qui passe. CKNews : Le burnous de Bibite illusionne Héraclius !

les miaules et les aboiements se mélangent. Les règles qui gouvernent le village comme ses habitants sont entourés d'obscurité. Tout le monde calcule et spécule. Personne ne connait la vérité tant que le burnous de Bibite illusionne Héraclius au Château de Kafka.

Je commence par justifier le titre de ce texte. En général le pouvoir habite un château. Le château, « Kasr » en arabe, est le symbole de puissance et de grandeur. Le rôle du château était de protéger le territoire. Dans certains pays les châteaux sont transformés en musés ou cabarets. Le château de Kafka est une œuvre littéraire. Plusieurs lectures ont été données de ce roman. Certaines voient dans le Château une métaphore de l’État et de son l’administration abusante. Le labyrinthe bureaucratique du château représente la confusion mentale au sein du l’Etat. Kafka nous montre dans le Château l’absurdité du monde et met en exergue la puissance et l’arbitraire de l’autorité d’une administration aux subdivisions infinies, complexe et compliquées. Quant au village où se trouve le château, il est inaccessible et plein de contradictions.

Ibn Khaldoun a fait du burnous le symbole de l’identité maghrébine. Se vêtir d’un burnous est tout un art. Son possesseur doit savoir le porter et le respecter. Le burnous est synonyme de sagesse, d’autorité et de modération. L’Emir Abdelkader, Cheikh Al Hadad, Cheikh Bouaamama et Boumediene ont porté cet habit. Dans certaines régions d’Algérie on consacre une journée au cheval et une journée au burnous. A Tiaret on organise le salon du cheval. A Bouzeguene dans willaya de Tizi Ouzou les habitants organisent la fête du burnous. En 2015, j’ai assisté à cette fête. La fête avait pour slogan Dignité et bravoure !

Hélas ! Le cheval et le burnous sont devenus des outils sans valeurs aux mains de clowns durant les compagnes folkloriques politiques ! Dans la zaouïa de Bibite les larbins et les escrocs portent un burnous et jouent les jeux de si El Hadj !

Pour Héraclius, je reviens à l’histoire. L’historien américain Warren Treadgold le décrit comme « une imposante mais tragique figure, qui a survécu à sa réputation et à ses succès ». Héraclius était contemporain du prophète sidi Mohamed (paix soit sur lui). Le prophète lui a envoyé une lettre lui demandant d’embrasser l’Islam. Héraclius répondit par des présents. Héraclius prit le pouvoir à Constantinople le 3 octobre 610 dans une période très critique de l’Empire romain d’Orient. On le nomme le sauveur de Byzance. L’empereur, âgé de 65 ans, sombre dans la maladie et la dépression. Héraclius, réduit à l’inaction, presque à l’immobilité, par la superstition et le découragement, devint hydropique. Il finit par ne plus se mouvoir. Tel est le principal symptôme de ce mal désespérant qui fait assister ceux qui en sont atteints à un dépérissement graduel de leur âme et de leur corps. Apres cette introduction je reviens à nos moutons.

Durant l’empire Ottoman, Bibite était le chef de cabinet du Vali. Le courrier destiné au Vali passe par son bureau. C’est lui qui accepte ou refuse les poèmes de glorifications et éloges du Vali. Au déclin de l’empire, les Beys, Deys, les Pachas et les Khoudja flattaient le Vali pour s’éterniser à leur poste politique. Le meilleur flatteur est présenté au Vali comme le citoyen exemplaire. Il est récompensé, décoré et devient intouchable. L’expression algérienne "h’kiha el Bibite" vient de cette histoire. Enfin KCN est l’abréviation de Château Kafka News

Il est très malheureux de dire que nous vivons une stérilité intellectuelle. L’école a mis au monde des cerveaux inertes. Ces têtes de gourdes ronronnent dans les cités universitaires. Elles sont incapables de relever le défi technologique. A défaut d’innovation, nous sommes fiers de singer Mugabe. Mugabe fut nommé en 2016 roi de la planche à billets. Mugabe n’est plus. L’héritier de ce roi est de chez nous.

En Algérie, les circonstances et l’opportunisme délimitent les idées. L’opportunisme veut qu’une zaouïa accepte la corruption de Sonatrach et l’appelle présents ou hommages. La zaouïa d’Amar parle du futur président de la république qui mijote dans la tête de Jamal. Sidi Amar Zdeqdaqdaq donne à Jamal le surnom de « père de la stratégie ». Sa baraka fait de ce dernier un Scipion l’africain, Alexandre le grand, Napoléon ou Hannibal Barca. Les circonstances veulent que la zaouïa de Naceur, le sorcier du système, nomme si Bibite par un h’rzz. Les mêmes circonstances habilitent Cheikh Bibite et lui donnent carte blanche. Il a l’autorité absolue de taxer de rebelle tout algérien qui pense au changement. Enfin une seule zaouïa, la zaouïa de Sidi Trichomey, compare Abdelaziz à Héraclius qui fut trahis par ses propres hommes. Chaque Roméo loue sa Juliette selon les circonstances ! Dans cette saloperie ou folklore religieux, la République se dilue et perd son statut.

Aujourd’hui, les algériens ont le sentiment que le discours politique n’a plus de sens, que les mots sont déconnectés des vraies convictions des hommes politiques. Les mots qui sortent des bouches des chefs de partis ne sont plus représentatifs du parti. Le nouveau discours du FLN n’est plus valable. Il ressemble au discours RND. Le jargon politique flatteur composé d’une suite de mots “liberté”, “laïcité”, “république”, “programme du président”, “zaouïa”, “stabilité”, “sécurité”, “terrorisme”, “printemps arabe” est employé par tous. Ces mots ont un sens très différent selon la manière dont ils sont usés. Le peuple a perdu ses repères.

Cette confusion me permet de continuer mon texte à la manière de Walter Benjamin. Chez Kafka, comme chez Bibite, la vérité est enregistrée dans des dossiers, mais ces dossiers sont tenus secrets. Les élus sont réduits à des khodja chez Bilite et la vérité n’a aucune importance chez eux. Leur seul souci est de chercher à savoir à quoi ils ressemblent quand ils touchent la main à Bibite sous les feux d’un camera répugnant. Nous vivons la sous-culture du paraitre qui nous détruit. Nos khoudja n’ont jamais su comment utiliser un miroir avant de s’adresser au Peuple. Le miroir reflète leur laideur.

Chez nous, le miroir du système khoudja repose sur deux axiomes. L’axiome du chat et l’axiome du chien. Les militants du FLN aiment les chats qui aboient. Les militants du RND aiment les chiens qui miaulent. Pour maintenir un équilibre inversé du miroir sur ces deux axiomes le système a besoin de deux outils. Un idiot khoudja utile et une andouille khoudja indispensable. Ces deux outils permettent au système khoudja d’exister et continuer d’exister. En plus clair, les idiots utiles sont ceux qui militent pour la croissance d’un système dont eux-mêmes seraient les premières victimes. Les andouilles indispensables sont les gens qui acceptent un discours absurde qui les insulte dans le système dont ils font partie. Le peuple joue le jeu. Il accepte tous les chats et tous les chiens sans entendre leurs voix. Le peuple sait qu’une fois rejetés et humiliés par le système, ces animaux se retirent et gardent le silence. Ils attendent...espérant être réfléchis dans un nouveau miroir. Le miroir des khoudja est l’inverseur de la vérité. Comme dans Don Quichotte, le Chevalier des Miroirs est l’ennemi mortel de l’Hidalgo dont il renie l’inspiration. Je laisse aux lecteurs d’imaginer la suite.

Dans cette situation, le peuple est obligé de faire des choses anormales parce que les khoudja responsables lui font subir des choses qui ne sont pas admissibles. Ce gâchis politique est une honte et le silence approbateur qui l’entoure tout autant. Nous sommes en 2017 et le temps de la rigolade politique dure. Je rappelle aux gens qui font semblant de nous gouverner que l’orgueil démesuré dans le pouvoir n’est plus accepté dans le temps moderne.

Dans l’obscurité diplomatique et la turbulence économique le peuple est coincé à bord d’un appareil algérien érodé par la corruption, les mensonges, les discordes politiques et les retards. Dans ce voyage improvisé nos cœurs sont serrés à l’étau. Le co-pilote a perdu le sens des réalités. Conquis par l’obsession de sa propre image et son abus de pouvoir, il nous annonce que le couteau a touché l’os. Il continue dans son absurdité et nous message la direction de l’enfer qui nous attend. La démagogie cache son nez et l’arrogance jaillit de son regard. Atteint par la maladie du pouvoir, il ne contrôle plus ses paroles. Sans robe rouge de procureur et sans scrupule il se substitue à la justice. Acquitte et innocente les escrocs. Comme Bibite, il contrôle les médias et oriente son influence vers des crieurs publics vendus qui conduisent les débats politiques obscurantistes. Si Jamel miaule pour dire oui aux chats qui aboient. Il profite des billets singes de si Ahmed pour payer les cinq milles dinars à ses fidèles électeurs.

Devine, si tu peux ; et choisis, si tu l’oses disait Corneille. Cette situation confuse me permet de dire que Le FLN de 2017 n’est plus le FLN de ma mère. Ma mère a vécu un siècle. Elle a toujours voté FLN. Elle a toujours chanté « La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie ». Dieu merci ! Elle n’est plus en vie pour entendre les chats qui aboient et les chiens qui miaulent dans une nuit de détresse. Une nuit où la honte ne dérange plus personne. Dans une nuit où la colère du lait plastifié qui ronge les pères de famille n’a plus d’échos.

Dans cette lutte de clans, la confusion a permis au discours de rani zaafane de traversé le monde en quelques minutes. Quatre millions de personnes ont écouté ce discours en trois jours. Plus de dix stations de télévisions ont diffusé ce discours. Je tire chapeau à ce jeune qui sait faire la distinction entre un rat et un écureuil. Il est l’homme de base d’une jeunesse qui combat pour notre dignité.

Il ne faut pas rester au verbe avec des bras croisés ! Les ratés de la révolution ont écroué notre histoire. Unissons-nous et sortons notre histoire des clapiers coloniaux. Dégageons les chaînes qui serrent nos cerveaux et étranglent nos voix. Détruisons le mur de la honte qui entoure la République. Les aveugles nous guident vers un futur flou. Ils n’ont rien à nous apprendre dans leur politique indigeste. Leurs esprits sont bloqués et leur volonté n’a plus de valeur. Leurs mensonges ne nous mènent nulle part et leur empire imaginaire est identique au château de Kafka.

En conclusion : les miaules et les aboiements se mélangent. Les règles qui gouvernent le village comme ses habitants sont entourés d’obscurité. Tout le monde calcule et spécule. Personne ne connait la vérité tant que le burnous de Bibite illusionne Héraclius au Château de Kafka.

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