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Grande-Bretagne : DÉTECTEUR DE MENSONGE CONTRE FRAUDE AUX ALLOCS

The Guardian : Selon les propositions faites récemment par Gordon Brown, les bénéficiaires d’allocations sociales vont devoir se soumettre au détecteur de mensonge et verront leurs allocations suspendues pendant un mois s’il s’avère qu’ils sont coupables de vouloir frauder le système.

La proposition s’appelle « One strike and you’re out » (Un faux-pas et tu vires). Le gouvernement souhaite également mieux informer la population (essentiellement via Internet) sur les peines prononcées à l’encontre des criminels par les tribunaux locaux. Les "Communities" (difficile à traduire mais je pense que vous voyez l’idée) se verront dotées d’un plus grand rôle décisionnaire quant aux peines auxquelles elles souhaiteraient astreindre les criminels locaux.

Ces propositions sont, pour le Premier ministre, une parenthèse dans sa gestion de la crise économique depuis maintenant cinq mois et révèlent sa prise de conscience de la nécessité d’élargir son programme politique s’il veut ramener à lui les électeurs.

L’introduction d’un passage au détecteur de mensonge pour les bénéficiaires d’allocations sociales est le signe le plus frappant d’une évolution vers un programme plus populiste, sur le modèle du programme "Respect" de Tony Blair.

A ce jour, 25 conseils locaux administrant les allocations logement de 500.000 bénéficiaires utilisent la « technologie d’analyse vocale » pour déceler si un bénéficiaire donne de fausses informations.

Le gouvernement a introduit cette méthode à Harrow (N-E de Londres) l’année dernière et il a l’intention de l’étendre à tout le pays. Dans les trois premiers mois de l’utilisation de cette technique à Harrow, la ville déclare avoir économisé 300.000 livres sterling et en conclut que le niveau de la fraude aux allocations sociales est bien plus élevé que ne l’estime le gouvernement. Celui-ci veut s’attaquer sérieusement à la fraude aux allocations, bien que ce phénomène - selon les chiffres officiels - soit aujourd’hui à son plus bas niveau, avec une baisse de 66% depuis 2001.

Actuellement, tout fraudeur décelé deux fois en cinq ans se voit retirer 13 semaines d’allocations. Désormais, les « primo-fraudeurs » seront également pénalisés par la déduction de 4 semaines d’allocations.

La privation des allocations sociales concernera à la fois les personnes condamnées par un tribunal administratif et celles condamnées par un tribunal correctionnel. A l’heure actuelle, le ministère des Affaires sociales ne poursuit les fraudeurs qu’à partir d’un préjudice de 2.000 livres sterling.

Dans une autre proposition, le gouvernement engage les agents de l’État (« professionnels de santé, gardiens de résidence, enseignants ») à ne pas hésiter à "faire usage de la force face à un comportement inacceptable dans un lieu public. »

« Si les agents de l’État ne jouent pas ce rôle - parce qu’ils craignent d’agir illégalement ou parce qu’ils considèrent que cela ne fait pas partie de leur mission - alors cela est le signe négatif de ce que la société entière est prête à tolérer. »

Toujours selon le même programme, le suivi des familles à problèmes va être développé pour concerner au final 20.000 foyers en situation d’extrême difficulté. Un « code de l’alcool » est également évoqué, qui consisterait dans la limitation des offres « all you can drink » dans les bars (on boit tant qu’on veut pour un prix forfaitaire), ainsi que l’assujettissement des établissements de nuit à certaines contraintes.

Les boîtes de « lap dancing » seront reclassifiées en établissements à caractère sexuel, ceci donnant aux municipalités une plus grande latitude pour pouvoir les faire fermer.

James Purnell, le secrétaire d’État aux Affaires sociales, a été quant à lui critiqué pour son projet visant à forcer les parents isolés et les personnes handicapées à travailler sous peine de se voir infliger des amendes prélevées sur leurs allocations.

Le gouvernement de Gordon Brown avait mis de côté le programme "Respect" de Blair parce qu’il pensait que ce programme ne faisait que reprendre le leitmotiv de David Cameron sur la "société éclatée" (broken society). On voit que le sujet a été repensé durant ces trois derniers mois.

Ces projets gouvernementaux visent à mettre l’accent sur l’application de règles impartiales (fair rules) en période de resserrement du crédit : « A mesure que chacun est confronté à des temps économiquement difficiles … les règles impartiales deviendront plus importantes. »

« Si les gens sentent que tout le monde n’est pas traité de la même manière, que ceux qui enfreignent la loi s’en tirent sans problème, alors c’est le respect même pour les règles qui est sapé. »

Lu dans The Guardian du 3/12/2008 et traduit du mieux possible par Mélanie

Article original :
http://www.guardian.co.uk/politics/2008/dec/03/queeens-speech-benefit-cheats-fraud

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