soutien à une intervention en Iran ?

Intégration de la "défense" française dans l’Europe et l’OTAN

Défense : Sarkozy supprime des effectifs pour financer l’achat d’équipements et pour mieux aller vers une défense européenne intégrée à l’OTAN. Il présente (le mardi 17 juin 2008) devant quelque 3000 personnels des armées, des forces de sécurité intérieure et de la sécurité civile le Nouveau livre blanc définissant les orientations de la Défense pour les 15 années à venir. De la part du Président le plus atlantiste et le plus pro-israëlien que la France ait connu, que peut-on attendre ?

Le discours que Nicolas Sarkozy a tenu conforte les pires craintes quant à l’appui qu’il pourrait être conduit à apporter aux Israëliens et aux Etatsuniens dans l’attaque de l’Iran.

L’opposition entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy s’était exaspérée quand le dernier, alors ministre des finances, avait voulu réduire les crédits militaires. On attendait donc du livre blanc une réduction drastique des crédits militaires, les caisses vides pour cause de prodigalité au patronat ne pouvant théoriquement que consacrer ces restrictions budgétaires. Il n’en sera rien. Certes, Nicolas Sarkozy va réduire les effectifs et il envisage la suppression de 54.000 postes, mais il continue à financer largement l’équipement. L’Etat français consacrera 377 milliards d’euros à son armée jusqu’en 2020, avec un effort accru en matière de crédits d’équipements, ce qui ne peut manquer de réjouir ses amis de l’industrie de l’armement qui sont - par une étrange specificité française - ceux qui tiennent les médias, Dassault et Lagardère. Mais pour comprendre la logique de ce Livre Blanc, il faut non seulement mesurer le pactole qui va tomber dans les caisses de l’industrie de l’armement, mais également comprendre comment l’armée française va être intégrée à une défense européenne, elle-même totalement intégrée à l’OTAN, donc aux Etats-Unis.

Le précédent Livre Blanc remontait à 1994. Il présentait déjà une évolution importante par rapport à la position qui avait été celle du Général de Gaulle. Sous de Gaulle, la France avait fait alors le choix de la dissuasion nucléaire face à l’Union Soviétique. Il ne s’agissait pas de gagner une guerre mais de l’empêcher en brandissant la menace de sa propre destruction. C’est pourquoi la nation devait rester maître de ce choix fondamental. Et à la différence de la Grande-Bretagne, la France marquait alors son indépendance de commandement vis-à -vis des Etats-Unis. En décidant, en mars 1966, de se retirer du commandement intégré de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (Otan), le général de Gaulle avait opté pour l’indépendance de la dissuasion nucléaire française vis-à -vis de l’Alliance. Ce retrait du Commandement n’a été remis en cause par aucun des successeurs du Génral de Gaulle - jusqu’à Nicolas Sarkozy qui l’a envisagé très clairement.

Mais pour revenir à l’évolution de la Défense à partir du Général de Gaulle, disons que la position initiale va être de plus en plus infléchie sous plusieurs influences : celle des trusts de l’armement, mais aussi celle de l’intégration dans l’Union Européenne qui va par exemple pousser vers la privatisation du nucléaire français. Le privilège accordé à la dissuasion nucléaire dans les dépenses budgétaires s’est exercé durant cette période en partie aux dépens de l’armée de terre. De fait, une bonne part du budget militaire passe sous l’autorité directe du Président de la République et relève du secret défense... Une industrie nationale de défense se développe avec des barons, en particulier Dassault, le grand maître d’oeuvre des Mirage, puis du Rafale mais aussi patron de presse, comme Lagardère. Le poids de ce complexe industrialo-médiatique pèse de plus en plus sur les orientations françaises. Son poids en matière de Défense mais aussi de politique grandit et ce n’est un secret pour personne que tout ce beau monde vit assez mal la position française de refus de l’engagement aux côtés des Etats-Unis dans l’invasion de l’Irak. Donc, plutôt que de tenter de voir en Sarkozy le maître d’oeuvre d’une nouvelle politique, il serait peut-être intéressant de voir quelles sont les forces en France mais aussi aux Etats-Unis qui se sont données les moyens d’avoir un Sarkozy à la tête de la France. Ces forces se sont développées non seulement sous la droite, mais l’élection de Mitterrand a coïncidé avec une nouvelle vague de nationalisations, suivies de privatisations, après que l’Etat ait rendu les nouvelles multinationales encore plus rentables... Des fortunes sont nées de ces opérations juteuses.

Mais revenons à la politique de la Défense. Au nom de la dissuasion, le premier Livre Blanc de 1972, sous le président Georges Pompidou, combinait la spécificité française dans l’Alliance Atlantique et sa position militaire dans la guerre froide face à la menace soviétique en développant ce poids des industries de l’armement. Si l’on excepte les opérations en francafrique, qui sont des interventions classiques, l’armée française se développe selon cette logique d’accumulation d’investissements dans les équipements, qui va la conduire à l’armée de métier mais aussi passer peu à peu du défensif à l’offensif.

Des expéditions coalisées à la fin de la guerre froide vont accélérer cette évolution. La guerre du Golfe de 1991 est l’occasion de révisions. Sans revenir fondamentalement sur le concept de dissuasion nucléaire, le Livre Blanc sur la défense de 1994 déjà remet l’accent sur la notion de projection des forces à l’extérieur. C’est de plus en plus la fin du nucléaire dissuassif, avec l’arrêt du missile sol-sol tactique Hadès, des essais nucléaires après une dernière campagne de tirs décidée par le président Chirac lors de son premier mandat, la fermeture du centre d’essais du Pacifique, le passage à la simulation ou encore le démantèlement des missiles sol-sol stratégiques du plateau d’Albion. En revanche, et cela sera dévoilé par le président Chirac dans son discours de Brest, on passe à un nucléaire offensif avec équipement des rafales (toujours Dassault) et on se prononce pour une intégration européenne.

Selon le Livre Blanc présenté en juin 2008, les crédits d’équipement augmenteront pour passer de 15,5 milliards d’euros par an aujourd’hui en moyenne à 18 milliards d’euros d’ici 2020. Objectif : être capable à terme de déployer, en six mois et pour une durée d’un an, 30 000 hommes à 7000 ou 8000km de la France, et de mobiliser 10 000 hommes sur le territoire national en cas de crise majeure. On ne peut pas accuser Nicolas Sarkozy de rompre avec son prédecesseur. Dans son discours de Brest en 2005, Jacques Chirac avait montré dans l’indifférence générale comment on était passé d’un nucléaire défensif qui était celui du Génaral de Gaulle, à un nucléaire offensif avec Rafales équipés de têtes nucléaires et porte-avions, sans parler des sous-marins qui pouvaient à chaque moment ,avait-il expliqué, tirer sur n’importe quelle ville du monde. La logique de cette armée de métier que dessine le Livre Blanc reste la même : c’est une armée qui est dirigée vers l’extérieur et dont tous les moyens sont prévus pour aller prendre sa place dans les coalitions de l’OTAN et des Etats-Unis. C’est une armée qui va offrir, ou qui prétend offrir, à l’Europe la capacité nucléaire française.

Dans cette logique, l’armée devra disposer d’ici 2020 de 300 avions de combat opérationnels (Rafales et Mirages 2000 modernisés), d’un porte-avions (la décision sur le second porte-avions a été reportée à 2011-2012 pour des raisons budgétaires), de 18 frégates, six sous-marins nucléaires d’attaque et quatre sous-marins lanceurs d’engins.

Pourtant, nous garantit Nicolas Sarkozy, le budget des armées, lui, n’augmentera guère : sur la période 2009-2011, il sera maintenu au niveau de l’inflation, puis progressera de 1 pour cent chaque année en plus de l’inflation à partir de 2012. Résultat : l’effort de défense représentera 2 pour cent du PIB en 2020, contre 2,3 pour cent aujourd’hui. Car Nicolas Sarkozy entend financer l’effort d’équipement par une réduction des effectifs militaires : 54 000 postes civils ou militaires seront supprimés en six ou sept ans. Au total, l’armée comptera à terme 224 000 hommes contre 271 000 aujourd’hui... L’armée de terre subira une réduction de 17 pour cent de ses effectifs pour atteindre 130 600 hommes, l’aviation de 24 pour cent avec 50 000 hommes et la Marine de 11 pour cent avec 44 100 hommes. Sont essentiellement visés les services de soutien et de logistique, qui mobilisent 60 pour cent des effectifs actuellement, les 40 pour cent restants appartenant aux unités opérationnelles. Nicolas Sarkozy entend inverser ce rapport. Ce qui renforce la logique d’une armée offensive, d’intervention. Même si dans son discours de Cherbourg de novembre dernier le chef de l’Etat a insisté sur le caractère défensif, tout va dans un sens contraire.

Il est peu probable que ces projets bellicistes rencontrent une véritable opposition, dans l’état de délabrement politique où en est la représentation nationale. Les véritables protestations seront celles des députés maires qui protesteront contre les fermetures de casernes en France. Le Livre Blanc prévoit simplement que « les territoires qui seront touchés par les mesures de restructuration bénéficieront d’un accompagnement économique ». « Cela va être difficile et ça va demander beaucoup d’engagement de l’Etat » , dit-on à l’Elysée. Mais on peut craindre que la bronca se limite là et qu’en particulier les socialistes se taisent dans la mesure où ils sont atlantistes et pro-européens jusqu’à la forfaiture. Ils se réjouiront sans doute de cette avancée d’une défense européenne et du retour programmé de la France dans le commandement de l’OTAN. On imagine mal par exemple Ségolène Royal, qui est capable de refuser le nucléaire civil aux iraniens, protester contre la logique d’une armée française qui confirme sa spécialisation dans le nucléaire et le renseignement spatial pour complaire à ses marchands qui sont aussi les amis de Sarkozy.

D’ici 2020, la France va en effet doubler le budget consacré au renseignement spatial, qui passera à environ 700 millions d’euros par an. De nouveaux moyens seront aussi consacrés à l’achat de drones de surveillance. Un « conseil national du renseignement » sera par ailleurs créé, avec un « coordinateur national du renseignement » placé auprès du Président de la République. Ces orientations seront déclinées dans le cadre de deux lois de programmation militaire (pour la période 2009-2014, puis pour 2012-2017). La première doit être bouclée d’ici fin juillet pour une présentation au Parlement "mi-septembre", selon l’Elysée.

Cette avancée au pas de course est bien, nous dira-t-on, dans la logique de l’hyperactif président. Mais elle est surtout destinée à imposer une situation irreversible d’intégration européenne et de retour dans le commandement de l’OTAN, une logique d’expédition, pour défendre non pas le pays, mais "les intérêts" français dans le monde, c’est-à -dire des intérêts de plus en plus intégrés aux multinationales financiarisées.

Le Livre Blanc sera quant à lui examiné mercredi en conseil des ministres, puis présenté devant les parlementaires le 26 juin par le Premier ministre François Fillon. « Nous savons que nous pouvons financer ce programme. Ce sont des objectifs qui sont tenables et donc qui seront tenus », assure-t-on dans l’entourage de Nicolas Sarkozy. Nul doute qu’ils le seront - fut-ce au prix de notre santé et de l’éducation de nos enfants.

On dépeint la logique néolibérale qui a présidé aux avatars des traités constitutionnels européens comme un démantélement de l’Etat. On mesure bien que le capital, sous sa forme impérialiste (celui de la concurrence entre multinationales dans le pillage des ressources de la planète) a plus que jamais besoin de l’Etat. Il a besoin de l’Etat pour imposer aux peuples des politiques qui les spolient. Il a besoin de l’Etat pour ses budgets militaires, pour éponger les pertes des jeux financiers. Il a même besoin d’une forme supra-étatique sur laquelle le citoyen n’a plus prise. L’évolution de l’armée française va entiérement dans ce sens, celui de l’agressivité impérialiste sous commandement des Etats-Unis.

Si l’irlande a dit NON, c’est pour une bonne part parce que ce pays tient à son statut de neutralité et que, sachant les projets de la présidence française, les Irlandais ne voulaient pas se retrouver dans des politiques aventurières.

Le Livre Blanc confirme en effet la volonté de la France d’oeuvrer dans le même temps à un renforcement de la politique de Défense européenne - l’objectif étant de disposer d’une capacité européenne de 60 000 hommes déployables sur un théâtre éloigné pendant un an - et à un retour sous condition de la France dans le commandement intégré de l’OTAN.

Les scénarios d’intervention qu’on reçus les journalistes laissent rêveur : ainsi il y a celui où un pays (qui ne peut être que l’Iran ou la Russie) serait susceptibles de vouloir « tester la solidarité au sein de l’OTAN. »

« Une invasion déclenchant les mécanisme de solidarité de l’Alliance paraît peu probable dans les 15 années à venir. En revanche, dans le cadre d’une affirmation de puissance ou d’intérêts, des pays riverains ou à portée de membres de l’Alliance peuvent être tentés de tester les limites de la solidarité en adoptant des modes de confrontation indirecte : déstabilisation régionale, attaque ponctuelle, menace d’emploi de missiles, campagne terroriste… Quel qu’en soit l’auteur, le risque d’une action limitée débouchant sur une erreur de calcul stratégique impliquant l’Alliance ne peut être négligé. »

5/ Crises possibles dans un DOM. Le principal lieu visé serait le centre spatial de Kourou. En outre, la commission a identifié un risque lié aux flux migratoires à Mayotte, en Guyane et en Guadeloupe.

6/ Engagement de la France dans un conflit régional majeur.

« Dans un tel scénario, la décision d’engagement de la France résulterait d’une atteinte directe à des intérêts stratégiques et serait conçue d’emblée dans un cadre multinational. Ce scénario est déterminant pour définir le volume et les capacités d’action des armées. »

« Ce scénario ne conduirait pas forcément à une opération massive, unique, mais pourrait se développer en un ensemble d’opérations très diversifiées (de l’évacuation des ressortissants à l’opération de paix en passant par toute la gamme des opérations spéciales ou des frappes ciblées) contribuant à l’action majeure ou la couvrant. Il pourrait nécessiter la sécurisation du trafic maritime dans des zones sensibles (détroits en particulier). »

Ce dernier point fait évidemment penser à l’éventualité d’une guerre multinationale contre l’Iran …

Le discours de Nicolas Sarkozy ne peut que conforter nos craintes. Après les propos du premier ministre israëlien, ceux de G.W. Bush à Londres, les déclarations du chef d’Etat Français désignent également l’Iran. Voici ce qu’en rapporte le Nouvel Observateur en ligne.

Nicolas Sarkozy promettant qu’une réintégration de la France dans le commandement intégré de l’Alliance atlantique ne se fera que si « au préalable il y a un progrès de l’Europe de la défense » (le président se gardant bien de préciser quel progrès il attend, surtout après le rejet irlandais de ce traité de Lisbonne qui devait justement être le cadre institutionnel de cette relance.)

Mais il y a un point qui passera peut-être inaperçu et qui me semble pourtant mériter une attention toute particulière. C’est ce que Nicolas Sarkozy a dit et ce qu’il a sous-entendu concernant l’Iran. Le chef de l’Etat a, en effet, insisté sur la nécessité de "recentrer" notre présence militaire à l’étranger "sur nos zones d’intérêt stratégique" et à ce propos il a mentionné les accords qu’il a passés avec les Émirats Arabes Unis et donc l’ouverture de la base française à Abou Dhabi, située en face des côtes iraniennes.

Quelques minutes plus tard, il a justement parlé de la République islamique en disant que « la crise iranienne était la première menace qui pèse sur le monde » .

En fait, l’Iran est le seul pays étranger - en dehors de l’allié américain - que le chef de l’Etat a mentionné au cours de son discours sur la Défense - le seul.

S’agit-il d’une simple gesticulation visant à faire pression sur Téhéran au moment où les leaders iraniens viennent une nouvelle fois de refuser une proposition des six ? Ou est-ce déjà une préparation psychologique de l’opinion française à d’éventuelles frappes américaines et/ou israéliennes que la France soutiendrait en se chargeant, par exemple, de contrôler une partie du Golfe persique à partir notamment de sa base d’Abou Dhabi ?

C’est face à ce genre de situation que l’on mesure à quel point la destruction systématique des organisations, parti communiste, syndicats, laisse aujourd’hui le peuple français démuni. Il faudrait une force politique capable de mobiliser contre ces projets en cours de réalisation. Aujourd’hui où, en France, on assiste à des manoeuvres d’appareil autour de la constitution d’une force politique dite vraiment à gauche, d’extrême-gauche, anti-capitaliste, communiste, j’en passe et des meilleures, il est clair que l’urgence pour un véritable Parti Communiste serait de s’opposer aux dangereux projets du Président. Il faudrait rassembler les Français autour non seulement d’un mouvement de la paix qui refuserait les aventures mais également autour d’une autre conception de la DEFENSE NATIONALE. Voilà encore un des enjeux essentiels du prochain congrès du PCF. En sera-t-il seulement question ?

Pourtant peut-il exister une parti communiste, des communistes, à qui soit devenu étrangère la question de la paix et de la guerre, qui puissent dans ces temps où se multiplient les émeutes de la faim, se désintéresser de la réponse que la France va apporter aux pays qui tentent d’aller vers le développement : la guerre, la menace nucléaire. Que le budget de la France fasse toujours plus pression sur des dépenses indispensables aux citoyens pour toujours donner plus aux trusts de l’armement, entre autres ? Avons-nous abandonné la grande revendication d’un monde sans arme et sans guerre ? Pire : acceptons-nous de substituer à une légitime défense nationale l’offensive impérialiste nucléaire ?

Nous ne pouvons pas continuer comme cela. Il est des questions incontournables : la sortie de l’Europe, notre conception des relations internationales basées sur des coopérations mutuellement avantageuses, une politique de paix, une ré-orientation de nos priorités... C’est cela que l’on attend des communistes. Pour le moment je ne vois rien qui annonce cela et je ne peux croire que ces questions, pourtant simples, soient à ce point ignorées.

Danielle Bleitrach

COMMENTAIRES  

18/06/2008 08:03 par Anonyme

Je suis surprise que ce très long article sur le Livre blanc, ne mentionne pas, à propos des drones qui vont équiper notre système dit de défense, quelle sera leur provenance : Israël (où sont fabriquées les plate-formes).
Hier matin le pdg d’une des deux sociétés israéliennes qui les fabriquent (et fournira notre ministère de la défense) déclarait : et "nous, nous les avons testés en situation de combat" (au Liban, août 2006)..
Pour plus de renseignements, si l’on peut dire, on pourra écouter l’intégralité de la déclaration, (2 minutes) sur :
http://www.rfi.fr/actufr/articles/102/article_67575.asp
" la guerre des drones " :

"L’enjeu est d’équiper les armées française et européennes d’avions sans pilote".
Le ministère de la défense... "

appelé de la guerre en des temps plus sincères" comme dit José Saramago p. 67, "Les intermittences de la mort". m-a

18/06/2008 10:35 par Anonyme

Vous avez raison, il est trés important de comprendre la provenance des biens d’équipement militaire, c’est déjà la curée, les fusions, les coopérations, l’enjeu d’une Défense européenne est monstrueux du point de vue financier, et je le répète on comprend mieux le NON irlandais (pays neutre et qui tient à sa neutralité) comme on comprend mieux la fébrilité des autres à obtenir un traité constititonnel qui permet cette défense européenne intégrée à l’OTAN (par parenthèse Israël nous sommes quasiment de l’accepter en Europe).
Même si tous les pays n’ont pas le budget français, imaginez ce que cela représente comme pactole 27 pays...

Le livre blanc définit trois cercles pour l’achet de ces biens d’équipement militaires, et les industriels de l’armement français espèrent bien profiter de la présidence française, mais le refus irlandais, l’absence de Constitution est un problème, comme d’ailleurs le manque d’enthousiasme de certains pays devant cette défense européenne. Dans le cadre de la dite défense européenne il s’agit explique le livre blanc d’aboutir à une analyse commune des besoins militaires, renforcement de l’action de l’Agence européenne de défense, mise en place de règles communes pour l’achat d’équipements militaires, etc. En attendant, le Livre blanc met en avant une stratégie industrielle nationale en trois cercles. Le premier, dit « de souveraineté », regroupe les technologies que la France doit conserver par elle-même : dissuasion, missiles balistiques, sous-marins nucléaires d’attaque, mais aussi sécurité informatique. Le deuxième, à dimension européenne, est considéré comme « le cadre de référence » pour la majorité des acquisitions. On y retrouve les avions de combat, les drones, les satellites, l’électronique de défense, les sous-marins classiques, les bâtiments de surface et armements terrestres. Problème : son développement suppose une « volonté politique partagée » par les autres pays, ce qui est loin d’être le cas. Le dernier cercle, mondial, inclut tout ce qui peut être acheté sans risque majeur pour l’approvisionnement ou la liberté d’emploi.
Danielle bleitrach

18/06/2008 13:57 par Anonyme

Vous dites que l’argument est que les drônes auraient été testé pendant la guerre du Liban ? On parle bien de la guerre de juillet 2006 où Israël a été défait.!..et la France va quand même les acheter !!

Tant mieux, on aura une armée mexicaine de bras cassés...c’est peut être une chance pour le moyen orient..

19/06/2008 19:04 par Anonyme

Le parti socialiste s’évertue à opposer OTAN et Défense européenne, accusant "mollement, trés mollement", le Président sarkozy de vouloir réintégrer le commandement de l’OTAN alors qu’il faudrait privilégier "une défense européenne indépendante", c’est une plaisanterie.
Voici le discours prononcé par Bush au dernier sommet de l’OTAN à Bucarest, on peut voir comment Bush lui-même ne les distingue pas :

du discours de Bush au sommet de l’Otan

"...les nombreux défis auxquels nous faisons face à l’aube du 21ème siècle exigent une Otan forte et une Union Européenne forte. Les nations alliées, y compris la France, ont travaillé ensemble pour transformer l’Otan face aux nouveaux défis de sécurité en élargissant sa composition, en construisant des partenariats et en lançant des opérations loin des rives de l’Otan.

J’accueille favorablement l’intention du président Sarkozy de rendre à la France tout son rôle dans cette Otan transformée, et qu’elle assume ainsi sa place dans toutes les structures de l’Otan. Ceci renforcera l’Otan et notre capacité à faire face aux défis communs. Notre avenir est ensemble.

En même temps, l’Union Européenne doit être un acteur fort et efficace sur la scène internationale - y compris sur les questions de sécurité. Face aux défis de sécurité d’aujourd’hui, il est de la plus haute importance que les nations européennes développent des capacités suffisamment robustes et flexibles pour participer tant à des opérations de l’Otan que de l’Union Européenne.

Comme je l’ai dit, l’Amérique soutient une Europe forte car nous avons besoin d’un partenaire fort pour faire progresser la liberté dans le monde. Une Europe plus forte contribue à la sécurité et à la stabilité européenne et mondiale. C’est pourquoi les États-Unis encouragent leurs amis et alliés à mobiliser les ressources et à prendre les mesures nécessaires pour renforcer leurs capacités de défense.

Nous devons aussi reconnaître que les opérations du 21ème siècle doivent inclure un large éventail d’activités civiles et militaires - des activités où l’Otan et l’Union Européenne ont des forces différentes. Ces deux grandes institutions doivent être des partenaires stratégiques, capables de travailler efficacement ensemble pour défendre nos valeurs communes et nos intérêts communs. Nous avons vu cela dans les Balkans et en Afghanistan, où l’Otan et l’Union Européenne sont engagées dans un effort conjoint. C’est pourquoi je soutiens fermement la coopération la plus étroite possible entre l’Otan et l’Union Européenne, afin que nous puissions apporter toutes capacités civiles et militaires pour faire face aux défis auxquels fait face notre communauté transatlantique."

relevé sur le blog de vincent Sauvignon du Nouvel Observateur du 23 avril 2008.

20/06/2008 13:58 par Anonyme

veuillez m’excuser Vincent Sauvigeon est en fait vincent jauvisard ou quelque chose comme ça... Mais je suis incapable de me souvenir du moindre nom propre...Cela dit son blog est trés intéressant, un peu trop axé sur le "sensationnel" à mon goût, mais il est trés peu "langue de bois"...
DB

18/06/2008 10:00 par Anonyme

Vous dites 377 milliards d’euros..Ce chiffre est angoissant. Il montre un renforcement du complexe "militaro-industriel" même en France..A quoi ça sert de dépenser inutilement autant d’argent ? La France possède assez d’armes pour détruire plusieurs fois la terre, elle n’en a pas besoin. Peut-on me dire ou se trouve l’ennemi, la menace ? Les seuls pays qui pourraient tenir tête à la France sont la Russie et la Chine. Mais ils n’ont jamais eu cette ambition d’autant plus qu’ils sont devenus largement corrompus par le libéralisme occidental.

Les seuls perdants sont les français qui sont spoliés pour engraisser l’industrie des armements et les peuples du moyen orient qui vont se prendre ces bombes sur la gueule. Cet argent dépensé inutilement ne servira pas à émanciper les peuples mais à maintenir les classes. Les voler de leur argent afin qu’ils restent préoccupés par leurs tracas quotidien et afin de les maintenir dans leurs préjugés sans qu’ils s’ouvrent et comprennent le reste du monde.

Après ce qu’on vient de lire et qui est tu par les médias traditionnels, comment peut on en vouloir à des nations qui cherchent à se défendre comme l’Iran ? Le régime iranien est une chose mais l’aspiration de ce pays à une souveraineté et une défense n’est pas critiquable. L’Iran n’a jamais attaqué un pays. C’était l’Irak qui lui avait déclaré la guerre. Je ne vais pas faire le compte des guerres déclenchées par les US, Israël, France etc...

19/06/2008 19:25 par résolument independante

Il y avait l’appel du 18 juin de Charles de Gaulle et aujourd’hui nous avons droit à l’appel du 18 juin de N Sarkozy...la boucle est bouclée ...

22/06/2008 19:14 par Nenad

L’action de Nicolas Sarkozy de faire entrer la France dans l’Organisation militaire unifiée est une action plus que douteuse. D’abord, une question fondamentale se pose : qu’est ce que l’OTAN aujourd’hui ?

Rappelons que l’Alliance a été crée en 1949 dans le but de garantir la résistance collective de ses membres à une attaque armée venant d’ailleurs. Le droit de légitime défense, aussi bien individuelle que collective, est reconnu par l’article 51 de la Charte des Nations Unies. La Charte de l’OTAN prévoit que les mesures entreprises en cas d’attaque prendront fin quand le Conseil de Sécurité de l’ONU aura pris les mesures nécessaires pour rétablir la paix et la sécurité internationales. En résumé, l’OTAN est conçu comme une organisation d’autodéfense de ses membres qui, en dehors du cas d’une agression, mèneront des relations internationales et pacifiques.
L’Alliance n’a pas été créée pour les « interventions extérieures » ou « les projections » mentionnées à son époque par Jacques Chirac et aujourd’hui par Nicolas Sarkozy. Sa charte, modifiée pour la dernière fois en 1953, le confirme. Elle confirme aussi que ses actions sont soumises au Conseil de sécurité de l’ONU.

Mais, après la chute du mur de Berlin, petit à petit l’Alliance s’est transformée, sans toucher à un iota de sa charte et sans l’aval du Conseil de Sécurité de l’ONU, en une sorte de gendarme mondial qui interviendrait par la force armée là où bon lui semble. Agresser et ruiner un petit pays, Serbie-Monténégro, membre de l’ONU, semer des dizaines de milliers d’obus remplis d’uranium appauvri et autant de bombes anti personnelles destinées à rendre invalides, sinon à tuer, surtout des civils innocents. Installer dans une de ses provinces ses bases militaires et faire tout le nécessaire pour préparer la sécession de la dite province, le nettoyage ethnique aidant, de la mère patrie. Dans un autre pays, l’Afghanistan, protéger, comme une garde prétorienne, un gouvernement installé par l’Oncle Sam dont les habitants eux mêmes ne veulent pas. Participer activement par des actions armées contre des "terroristes" quitte à provoquer la mort de centaines de civils innocents. Finalement, agir en réalité comme agit toute armée d’occupation.

Et dans le commandement d’une telle organisation Sarkozy veut intégrer la France …Comme l’acte de l’anéantissement de son prestige dans le monde, particulièrement dans le monde arabe, on ne peut pas faire mieux.

Mais, même si c’était fait, les media et les politiciens obéissants aidant, l’influence de la France dans l’Organisation militaire unifiée sur les décisions de l’Otan sera directement proportionnelle au nombre des unités de l’air, de terre et de marine mises à la disposition de l’Alliance. Quant à « l’option réaliste qui s’offre à la France est de construire un atlantisme équilibré, dans lequel l’Europe, France en tête, jouera un rôle de partenaire fiable et actif… » (LE FIGARO du 11.04.2008), ceci me rappelle une boutade de Staline, à la fin des années quarante : « Pape, combien de divisions ? ».
Je parie que l’Oncle Sam ne dirait pas autre chose. Et qu’il agira en conséquence.

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