Je n’ai pas de sympathie particulière pour une "théocratie", quelle qu’elle soit. Je suppose que mes chances de survie - avec mes idées et tout ça - y seraient relativement limitées, soit physiquement, soit socialement.
Je sais aussi qu’il ne s’agit pas de moi. Ou si peu que je me sens en droit, sinon en devoir, de ne pas en tenir compte.
J’ai depuis longtemps développé, et même cultivé, une sympathie - ou empathie ? - instinctive pour tout pays visé systématiquement par l’Empire. Que son gouvernement soit une théocratie, une démocratie libérale, une démocratie populaire, une dictature - ou qualifiée comme telle.
J’ai appris depuis longtemps que les "sanctions économiques" sont une véritable guerre silencieuse qui fait de nombreuses victimes. Que c’est, derrière un langage aseptisé, en réalité leur objectif.
J’ai compris que les sanctions économiques contre tout un pays sont une aberration politique et morale. Car, de deux choses l’une, soit nous avons affaire à une "dictature" qu’il conviendrait de punir, et dans ce cas la population, par définition, n’y est pour rien. Soit nous n’avons pas affaire à une dictature et que la décision de punir la population, par définition, est "injustifiée" (à défaut d’un terme plus cru).
Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit d’une crapulerie.
Sans parler de l’aspect "punition collective" qui est une violation du droit international, et un crime par définition. Sans parler du deux-poids deux-mesures systématiquement appliqué, selon le pays et les intérêts purement géopolitiques. Sans parler que ces sanctions sont toujours à sens unique, imposées par l’Empire contre ses cibles, et jamais l’inverse. Je n’ai jamais vu un Haïti imposer des sanctions économiques à un États-Unis d’Amérique.
J’ai découvert, par expérience personnelle, à quel point les médias de masse sont capables de mentir (pour être méchant), ou de désinformer (pour être un peu plus gentil) ou de se tromper involontairement (pour être carrément neuneu). J’ai assisté en direct, dans les années 80, à la campagne hystérique développée en Occident autour du "génocide des indiens Miskitos au Nicaragua", génocide qui n’a jamais existé. J’y étais, comme des centaines d’autres internationalistes (comme on les appelait).
Oui, vous avez bien lu : ils peuvent littéralement inventer un génocide qui n’a jamais existé, tout comme ils sont capables d’en nier un qui se déroule en direct et sous yeux.
J’ai assisté personnellement à des évènements - à Cuba, par exemple - pour ensuite lire dans la presse occidentale des articles manifestement inventés de toutes pièces par des journalistes qui n’étaient à l’évidence pas présents tout en laissant croire qu’ils l’étaient bel et bien. Ou alors qui mentaient sciemment. Le résultat étant le même : un article littéralement bidonné, un bon gros "fake news", dans de grands médias "respectables".
Tu parles.
Avec toujours cette question lancinante : pour un évènement vécu, et pour un article bidon repéré sur le sujet, combien d’autres à l’identique sont passés ailleurs sous mon petit radar ? A en croire des camarades de confiance, ayant vécu des expériences similaires, la réponse est sans appel : c’est apparemment quasi-systématique.
Oui, vous avez bien lu : pour certains types d’évènements, notamment ceux qui présentent un enjeu géopolitique important, le bidonnage médiatique semble être la règle et pas l’exception.
Oui, certes, parfois les médias diront la vérité, ou une partie de la vérité, si cette "vérité" là convient au narratif décidé et adopté à l’unisson. Sinon, ils sont capables d’en inventer une qui sera adoptée et diffusée avec une facilité consternante.
C’est du vécu, pas de la spéculation.
Alors, que voulez-vous ? A moins de reprogrammer mon cerveau et lui faire oublier tout ce qui précède, ma position sur l’Iran est on ne peut plus pragmatique et pourrait se résumer à "mouais...".
C’est la première barrière à franchir pour atteindre mes synapses. Et ce n’est qu’ensuite que peut commencer le travail à la fois ardu, ingrat - et parfois terrifiant - de "contextualisation". C’est important, même si ça n’a pas l’air d’intéresser grand monde.
Tenez, en guise d’apéritif, voici un rapport pris au hasard d’Amnesty International qui date de 2017 :
"L’intensification de la répression à Bahreïn doit être analysée en tenant compte du contexte géopolitique plus général. L’élection du président américain Donald Trump et la volonté apparente de son gouvernement de ne plus donner la priorité aux droits humains dans la politique étrangère américaine semblent avoir encouragé le gouvernement de Bahreïn à être plus violent dans ses tentatives d’étouffer la dissidence. Le Royaume-Uni, qui s’est beaucoup investi dans le programme de réformes de Bahreïn et qui a des relations « privilégiées » avec le pays, a fait en sorte de renforcer ses relations commerciales avec les pays du Golfe depuis le vote en faveur d’une sortie de l’Union européenne. La réponse du pays à la détérioration de la situation des droits humains à Bahreïn a été insuffisante. Associé à l’absence de critique des autres États membres des Nations unies, cela a enhardi Bahreïn."
En attendant, il paraît que deux armadas sont en route vers l’Iran. Apparemment pour libérer les femmes opprimées à coups de bombes. A moins que ce soit à cause d’un problème nucléaire. Ou de terrorisme. Ou pour porter secours à une population en révolte.
Si un ou deux navires pouvaient faire un petit détour vers Gaza, je suis preneur. Mais il parait que c’est pas facile à trouver car Google Maps ne fonctionne plus à Gaza.
Mais bon, pour des marins aguerris, ils devraient savoir naviguer avec une boussole, non ? Encore faut-il en avoir une.
Viktor Dedaj
qui navigue uniquement à vue
En complément :
"Pour Donald Trump, « le temps est compté » avant une attaque américaine si l’Iran n’accepte pas un accord sur le nucléaire" (le Monde - 28/01/2026)
"Donald Trump annonce le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien" (le Monde - 8/05/2018)
