Jean-Pierre Page : « La Chine n’est pas un modèle, elle est un exemple »

Dans un entretien accordé à CGTN-Français, Jean-Pierre Page, rédacteur en chef de La Pensée Libre, propose une analyse des profondes mutations qui redéfinissent actuellement les relations internationales. Selon lui, le monde est entré dans une période de bouleversements majeurs, où les équilibres hérités du passé sont de plus en plus contestés et où émergent de nouvelles aspirations à un ordre international différent.

Dans ce contexte, Jean-Pierre Page estime que le président chinois Xi Jinping s’est imposé comme l’un des dirigeants les plus influents de la scène internationale. Cette influence, explique-t-il, repose à la fois sur une vision politique audacieuse et sur une capacité à formuler des réponses concrètes aux défis contemporains. Cependant, pour le rédacteur en chef de La Pensée Libre, on ne peut pas comprendre Xi Jinping en se limitant à sa fonction politique. Il insiste sur l’importance de sa formation personnelle, de son intérêt pour la culture et la littérature, notamment française, ainsi que son expérience acquise au contact des populations rurales durant sa jeunesse.

Selon Jean-Pierre Page, cette dimension humaine contribue à éclairer la vision des relations internationales défendue par Xi Jinping. Il y voit l’origine même de concepts tels que la « communauté de destin pour l’humanité » ou encore la promotion d’une coopération fondée sur le bénéfice mutuel. À ses yeux, l’homme et le chef d’État ne peuvent être dissociés.

L’entretien met également l’accent sur le parcours de développement de la Chine. Jean-Pierre Page rappelle que les transformations économiques et sociales du pays sont le fruit d’efforts menés sur le long terme par les institutions chinoises et par la population elle-même. C’est dans cette perspective qu’il formule une distinction qu’il juge essentielle : « La Chine n’est pas un modèle, elle est un exemple. » Autrement dit, il ne s’agit pas d’un schéma universel destiné à être reproduit partout, mais d’une expérience unique, dont d’autres pays peuvent tirer des enseignements en l’adaptant à leur propre contexte.

Sur le plan international, Jean-Pierre Page décrit une situation qu’il qualifie de paradoxale. D’un côté, il observe les difficultés d’un système international dominé depuis plusieurs siècles par les puissances occidentales ; de l’autre, il constate l’émergence, dans de nombreuses régions du monde, d’une volonté grandissante d’affirmer sa souveraineté et son indépendance dans les relations internationales. Selon lui, cette évolution traduit une aspiration à un ordre mondial davantage fondé sur l’égalité entre les nations, le respect des différences et la reconnaissance de la diversité des civilisations.

Dans cette recomposition en cours, Jean-Pierre Page considère que la Chine et son président défendent une vision du monde qui répond à ces attentes. Il estime que la période actuelle comporte à la fois des risques importants et des opportunités inédites, et que l’enjeu principal consiste à faire en sorte que ces dernières l’emportent. C’est dans ce cadre qu’il situe le rôle joué par Xi Jinping sur la scène internationale.

À travers cette analyse, Jean-Pierre Page propose ainsi une réflexion plus large sur les mutations du système international et sur les acteurs qui, selon lui, contribuent aujourd’hui à façonner le monde de demain.

Xu Li

COMMENTAIRES  

26/06/2026 11:58 par Auguste Vannier

Après avoir été pillée par les colonialistes occidentaux, la Chine s’est libérée et s’est développée de manière spectaculaire. Qui peut nier le rôle du PCC dans cet exploit. Je suis plus mesuré en général sur le rôle des "grands hommes", et en l’espèce Mao et les dirigeants suivants, dont Xi, sont autant le produit d’une action de lutte collective que les producteurs d’une orientation politique. C’est bien d’une culture socio-politique qu’émerge le système Chinois, avec les héritages des cultures millénaires de la diversité de ce qui le constitue. C’est pour moi un exemple de ce qu’E.Glissant à conceptualisé dans la "créolisation" (une autocréation culturelle inédite et continue). Pas étonnant que les discours et les positions géopolitiques de Xi nous parlent mieux que ceux de Trump et en général de "dirigeants occidentaux". Continuer de bousiller la planète, faire des guerres, travailler pour les 1% du capitalisme absurde, et ne se consoler que dans les promesses de la consommation...Ça ne tient pas face à ce que propose et d’une certaine manière montre et démontre la Chine. S’en inspirer pour...faire mieux. Un beau projet !

29/06/2026 10:32 par cunégonde godot

« Sur le plan international, Jean-Pierre Page décrit une situation qu’il qualifie de paradoxale. D’un côté, il observe les difficultés d’un système international dominé depuis plusieurs siècles par les puissances occidentales ; de l’autre, il constate l’émergence, dans de nombreuses régions du monde, d’une volonté grandissante d’affirmer sa souveraineté et son indépendance dans les relations internationales. Selon lui, cette évolution traduit une aspiration à un ordre mondial davantage fondé sur l’égalité entre les nations, le respect des différences et la reconnaissance de la diversité des civilisations. »

« évolution ». Pas une révolution donc.
On évolue à partir de quelque part. Ici, la Chine et son peuple... chinois. Les dirigeants communistes chinois depuis la "révolution culturelle" (mécontents du peuple) n’ont plus cherché à le "changer" (Brecht). Plus assez bêtes pour se fourvoyer dans une "nouvelle Chine" ... et, à terme, échouer...

« une volonté grandissante d’affirmer sa souveraineté et son indépendance dans les relations internationales ».

Pas seulement dans les relations internationales, mais aussi nationales : la question ouïghour p.ex.

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