Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher


Jeremy Corbyn, les Palestiniens et l’antisémitisme

2009. — Jeremy Corbyn participant à une manifestation à Trafalgar Square contre l’agression militaire israélienne à Gaza. - Alamy

Encore une attaque contre Jeremy Corbyn, dirigeant du Parti travailliste britannique. Encore des accusations d’antisémitisme.

Depuis des mois, Jeremy Corbyn est l’objet d’une campagne orchestrée par le lobby pro-israélien au Royaume-Uni avec l’appui de la droite de son propre parti (le Parti travailliste) et du Parti conservateur. Il est accusé régulièrement d’antisémitisme. Celui qui est ainsi visé est l’un des dirigeants politiques européens à avoir dénoncé constamment et sans fléchir, malgré tous les chantages, l’occupation israélienne, les assassinats à Gaza, la politique du gouvernement de Benyamin Nétanyahou.

Le dernier épisode de ces polémiques remonte à quelques jours et est rapporté, en termes plus que discutables, par le quotidien Le Monde :

Benyamin Nétanyahou est intervenu, lundi 13 août, dans la controverse sur l’antisémitisme qui déchire le Parti travailliste britannique. Sur Twitter, le premier ministre israélien a demandé une “condamnation sans équivoque” de Jeremy Corbyn, le leader du Labour. Celui-ci est accusé d’avoir déposé, en 2014, une gerbe de fleurs sur la tombe des membres de Septembre noir, le groupe terroriste palestinien qui avait mené la prise d’otages d’athlètes et d’entraîneurs israéliens aux Jeux olympiques de Munich en 1972, se terminant par la mort de onze d’entre eux. (...)

Le Daily Mail a publié samedi une photo montrant M. Corbyn en 2014 tenant en ses mains une couronne de fleurs lors d’une cérémonie à Tunis. Celui qui était alors simple député était sur place pour une conférence consacrée à la Palestine, organisée par le président tunisien. À la fin, deux gerbes de fleurs avaient été déposées sur des tombes palestiniennes.

La première commémorait le souvenir de 47 Palestiniens tués dans une attaque aérienne israélienne sur une base de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1985. M. Corbyn affirme que c’est ce que la photo du Daily Mail montre. La seconde a été déposée sur les tombes de Salah Khalaf, le fondateur de Septembre noir, Fakhri al-Omari, son bras droit, et Hayel Abdel-Hamid, le chef de la sécurité de l’OLP. Tous les trois ont été assassinés vingt ans après l’attentat de Munich par le Mossad, les services secrets israéliens. C’est à cette cérémonie que M. Corbyn dit avoir été simplement “présent”.

Notons d’abord que l’intervention de Nétanyahou confirme les ingérences permanentes d’Israël dans les affaires intérieures d’autres États. Un documentaire explosif d’Al-Jazira sur le lobby pro-israélien au Royaume-Uni avait divulgué les interventions d’Israël dans les affaires internes de ce pays et ses tentatives de faire chuter un ministre considéré comme propalestinien, ce qui avait abouti à des excuses publiques de l’ambassadeur israélien à Londres et au retour précipité à Tel-Aviv d’un diplomate de haut rang. Notons aussi que, pour Nétanyahou, l’antisémitisme est à géométrie variable, comme le prouve son compagnonnage avec certains dirigeants d’extrême-droite en Europe de l’Est ou son silence sur l’antisémitisme qui sévit chez certains supporteurs de Donald Trump.

Septembre Noir et Abou Iyad

Mais revenons sur cette dernière polémique. Le journaliste du Monde ignore visiblement de quoi il parle. Et il ne se donne pas la peine de chercher. Le raid de 1985 ne visait pas «  une base  » de l’OLP (terme qui laisse entendre que l’objectif était militaire), mais le siège de la direction de l’OLP, réfugiée à Tunis depuis 1982, et avait pour objectif d’assassiner Yasser Arafat. Le raid, décidé par le premier ministre de l’époque Shimon Peres, a tué 50 Palestiniens et 18 Tunisiens, dans une opération qu’on ne peut qualifier autrement que de «  terrorisme d’État  ».

Quant au fait que Corbyn ait déposé «  une gerbe de fleurs sur la tombe des membres de Septembre noir  », elle est plus que réductrice. Visiblement, l’auteur n’a jamais entendu parler de Salah Khalaf, dit Abou Iyad, dont la sépulture aurait été fleurie. Il aurait pu jeter un œil sur le livre de l’un de ses illustres prédécesseurs au Monde, Éric Rouleau, Palestinien sans patrie (Fayolle, 1978). Il aurait appris qu’Abou Iyad, l’un des fondateurs du Fatah avec Yasser Arafat était l’un des principaux dirigeants de cette organisation  ; qu’il a, comme le reste de la direction, renoncé aux «  opérations extérieures  » après la guerre d’octobre 1973, engagé son organisation sur le chemin de la recherche d’une solution politique et accepté l’idée d’un mini-État palestinien en Cisjordanie et Gaza, avec Jérusalem comme capitale. Il était aussi le contact de nombreux services secrets occidentaux qu’il aidait à combattre certains groupes, comme celui du renégat palestinien Abou Nidal. Il était considéré jusqu’à son assassinat à Tunis en 1991 (par le groupe dissident d’Abou Nidal, pas par les Israéliens) comme le numéro 2 de l’OLP.

Quel fut son rôle dans Septembre noir  ? Interrogé par Éric Rouleau, le responsable des services spéciaux palestiniens «  nie énergiquement avoir été le chef de cette organisation  », dont le dirigeant aurait été Youssef El-Najjar, assassiné par les Israéliens à Beyrouth en avril 1973. Il ne la condamne néanmoins pas et explique les conditions de sa naissance, après l’écrasement de la résistance palestinienne en Jordanie en 1970-1971, événements connus sous le nom de «  Septembre noir  ».

Si la seule solution est la violence...

Menacée dans son existence même, soumise à une sévère répression et à une occupation brutale, notamment à Gaza, la résistance palestinienne va se lancer dans des opérations spectaculaires sur la scène internationale qui, pense-t-elle, permettra à la Palestine de ne pas disparaître du paysage politique. L’attaque contre les Jeux olympiques de Munich en 1972 s’inscrit dans ce cadre et Abou Iyad rappelle qu’elle avait pour but un échange de prisonniers et que le gouvernement israélien a tout fait pour faire échouer les négociations.

On peut, bien sûr, condamner ce type d’actions menées contre des civils. Mais il faut d’un côté rappeler que la plupart des organisations de lutte armée y ont eu recours au cours de l’histoire, du Front de libération nationale (FLN) algérien aux groupes sionistes dans les années 1940 (Yitzhak Shamir, qui sera premier ministre, était considéré comme un terroriste par les autorités britanniques). D’autre part, on ne peut condamner ce type d’actions si on ne condamne pas aussi les actions d’oppression et d’occupation qui les engendrent. Comme le rappelait Nelson Mandela lors de son voyage dans les territoires palestiniens en 1999 : «  Il faut choisir la paix plutôt que la confrontation, sauf dans les cas où nous ne pouvons rien obtenir, où nous ne pouvons pas continuer, où nous ne pouvons pas aller de l’avant. Si la seule solution est la violence, alors nous utiliserons la violence.  » Il avait d’ailleurs proclamé : «  C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte.  »

Alain GRESH

»» https://orientxxi.info/magazine/jeremy-corbyn-les-palestiniens-et-l-an...
URL de cet article 33699
   
Communication aux lecteurs
Libérez Assange avant qu’il ne soit trop tard

Julian Assange est un citoyen australien qui a été détenu "arbitrairement" pendant plus de 6,5 ans et qui plus récemment a subi à ce jour plus de 231 jours de torture sous la forme d’un isolement continu. Privé de soleil, de contact avec le monde extérieur et de soins de santé adéquats. Le 5 février 2016, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a déterminé que la "détention arbitraire" de Julian Assange devait cesser et que M. Assange devait avoir droit à une indemnisation".

Lire la suite : https://www.legrandsoir.info/liberez-assange-avant-qu-il-ne-soit-trop-...

Soutien financier à ceux et celles qui montent la garde 24/24h devant l’ambassade de l’Equateur et qui viennent d’un peu partout, à leurs frais. Exemples :


Vous avez une minute ?

Chicharra et les vautours
Maxime VIVAS
Le nouveau roman de Maxime Vivas Ce livre est la simple histoire d’une idole internationale (proche d’un Manu Chao) dont on exploite l’image et de jeunes ambitieux qui cherchent fortune sans penser à mal. Mais en rapprochant l’art et l’argent, ce roman intègre en filigrane l’ombre de Michael Jackson et de bien d’autres idoles qui furent cernées par des profiteurs avides jusqu’à se moquer de la vie de la poule aux oeufs d’or. Pierre souffre de solitude dans sa grange transformée en habitation, à (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

« LIBERTE. »

George W. Bush - Janvier 2005
mot prononcé 40 fois lors de son discours d’investiture qui a duré 20 minutes,
soit une moyenne d’une fois toutes les 30 secondes...


Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend.
Le 8 août 2012, nous avons eu la surprise de découvrir dans Charlie Hebdo, sous la signature d’un de ses journalistes réguliers traitant de l’international, un article signalé en « une » sous le titre « Cette extrême droite qui soutient Damas », dans lequel (page 11) Le Grand Soir et deux de ses administrateurs sont qualifiés de « bruns » et « rouges bruns ». Pour qui connaît l’histoire des sinistres SA hitlériennes (« les chemises brunes »), c’est une accusation de nazisme et d’antisémitisme qui est ainsi (...)
118 
Le DECODEX Alternatif (méfiez-vous des imitations)
(mise à jour le 19/02/2017) Le Grand Soir, toujours à l’écoute de ses lecteurs (réguliers, occasionnels ou accidentels) vous offre le DECODEX ALTERNATIF, un vrai DECODEX rédigé par de vrais gens dotés d’une véritable expérience. Ces analyses ne sont basées ni sur une vague impression après un survol rapide, ni sur un coup de fil à « Conspiracywatch », mais sur l’expérience de militants/bénévoles chevronnés de « l’information alternative ». Contrairement à d’autres DECODEX de bas de gamme qui circulent sur le (...)
97 
Cuba - Tchernobyl : Lettre à Maria.
24 août 2006. Chère Maria, Je ne sais pas si mon nom vous dira quelque chose. A vrai dire, je ne crois pas vous avoir laissé un souvenir impérissable. C’est pourtant vous qui m’avez donné, au détour d’une seule phrase, une des plus belles leçons d’humanité qu’un homme puisse recevoir. Il y a déjà quelques années de cela mais, comme vous pouvez le constater, je n’ai pas oublié. Vous souvenez-vous, Maria, de cet occidental en visite sur votre île qui voulait vous poser quelques questions ? En réalité, et (...)
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.