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La ligne Maginot des conquis sociaux

A toutes celle et ceux qui pensent que le gouvernement développe un raisonnement logique et argumenté contre les idéologues de la ’gréviculture’, je propose de chausser les « appendices de Galilée » pour remettre sur les rails, le « train déraillé » de la finance libre du « marché libre et non faussé ». L’article référencé synthétise une étude du B.C.G (Boston Consulting Group) peu susceptible de sympathie marxiste....

https://blogs.alternatives-economiques.fr/gilles-raveaud/2018/04/03/la-sncf-parmi-les-meilleurs-reseaux-europeens

J’y rajoute quelques réflexions que j’aurais aimé entendre de la part de responsables syndicaux nationaux vu le niveau d’attaques en incompétences et inefficacité des syndicats.... et que je formule avec amusement sous la forme de question (« passage à la question »)....

Plus efficace tu meurs : Comment se fait-il qu’avec 30 % de grévistes officiellement affiché par la SNCF, dont l’objectif de communication est de réduire l’importance des grévistes [1], et ainsi ’afficher’ l’accord général des personnels à la réforme, les syndicats arrivent à paralyser plus de 80 % du trafic ??? Plus efficace tu meurs.

Je serais manager en chef, devant cette redoutable efficacité, j’écouterai davantage les ’bloqueurs’ en vue de débloquer mes chiffres...

Par ailleurs, je ne connais pas d’industrie et de services, y compris Uber, qui investissant 30 obtiennent en retour 80…. Y compris l’industrie financière pure, qui de toute façon de plus, s’écroule à chaque fin de cycle spéculatif et le prochain est … « sur les rails ».

De fait écouter les syndicats de cheminot et leurs propositions apparait, au vu de leur efficacité, absolument indispensable.

Quand on veut privatiser un service public on lui fabrique une dette : Chacun connait le proverbe français qui se déclame ainsi : « quand on veut tuer son chien on l’accuse de la rage ». Appliqué au service public, cela devient « quand on veut privatiser un service public on lui construit une dette ». Et ce fut le premier et le seul argument utilisé par le Gouvernement (dans gouvernement il y a ment), pour justifier… la fin du statut.

La haine de classe des statuts : Comme le montage en épingle de la dette de la S.N.C.F dû aux statuts s’écroulait au vu du mur des réalités chiffrées et difficilement contestables du pour l’essentiel au financement par emprunt privé auprès des banques pour réaliser le réseau T.G.V et que de plus les résultats opérationnels de la S.N.C.F s’avéraient positifs (500 millions), le rapport « dette statut » ne fut plus utilisé. Qu’à cela ne tienne, « le monde change, le statut doit donc changer »… En oubliant de préciser que le statut est d’abord et avant tout la condition d’égalité de traitement des usagers du « service public ». Le statut est d’abord une garantie pour les usagers, et c’est pour traduire cette égalité de traitement en « acte de gestion » que l’on développe des statuts particuliers pour les agents, en vue de les protéger des moindres pressions de commandement vertical et notamment financiers. En d’autres termes, le statut c’est la condition de sécurité des usagers. Observons d’ailleurs dans ce cadre que le recrutement massif de personnel non statutaire est le premier moyen offert au management de pouvoir commencer à contourner les règles des statuts, pesant en retour sur les conditions de sécurité (comme le montrent par ailleurs les accidents). Et il m’est déprimant, en tant que militant C.G.T, de ne plus jamais entendre ce raisonnement de la part des dirigeants… A se demander s’ils n’ont pas aussi oublié…

Un investissement de la société pour elle-même : Autre réflexion de nature comptable est de voir combien ce conflit coûte au-delà de la S.N.C.F elle-même. Les reportages du 20h de France 2 montrent à quel point cette grève coûte (Hôtels, Restaurations, Tourisme etc…) montrant de fait que quand le service public ne fonctionne pas, c’est le pays qui est à l’arrêt... démontrant a contrario des « idéologues du marché », que le service public est « un investissement de la société pour elle-même » et que ce n’est que lorsqu’il s’arrête de fonctionner qu’on se rend effectivement compte de ce qu’il rapporte…

Le service public invisible : En temps normal, le service public est tellement efficace qu’il devient invisible et qu’on ne se rend même pas compte qu’on l’utilise au quotidien et à proximité (les deux qualificatifs sont indispensables et s’opposent au marché (Lointain et Hors de prix donc inaccessible au quotidien).

Il n’y a que ces « islamistes du marché » pour vouloir le transformer en marchandise… De fait, les bloqueurs ne sont pas les grévistes mais le gouvernement.

« Usager » ou « client », bourgeois ou prolétaires : Troisième réflexion, il m’est devenu insupportable d’entendre les journalistes et commentateurs politiques propageant la « haine de classe » confondre volontairement « usager » et « client », comme si l’un pouvait se substituer à l’autre sans dommages. A Carrefour (autre entreprise en lutte contre des actionnaires) quand je fais mes courses (ce que je ne fais plus), je paye comme client 100% du prix des biens et services (y compris le parking dit gratuit), l’usager, lui, à la S.N.C.F, ne paye que 30% du coût réel du transport. A l’hôpital, 100% des soins sont pris en charge via la Sécu (hormis le ticket modérateur introduit par les libéraux).

Nous payons l’hôpital toutes et tous mais selon un principe social qui n’est pas celui du marché du « tous payant le même prix » en vue de maximiser les dividendes, mais en fonction des revenus « Chacun cotise selon ses moyens, et reçoit selon ses besoins », [2] inacceptable pour le patronat du CAC 40… qui n’a comme d’autres buts que celui d’accumuler : « Accumulez, accumules c’est la loi et les prophètes » K. Marx.

La papauté de l’inquisition : Allez, je termine en provoquant un duel… J’attends qui pourra contredire ces éléments de réflexion sur une logique de type Macron (« Le monde change, la S.N.C.F doit changer »), comme si avec Macron, puisque le monde change, l’orbite terrestre devait changer… Du niveau de la Papauté de l’inquisition…ordonnant à Galilée, de proclamer ses erreurs de la « lunette du diable » et de reconnaître que comme l’homme étant une création de Dieu, la terre ne pouvait que se trouver au centre de l’univers… Les libéraux imposant en définitive l’idée selon laquelle le marché est au centre et que les hommes tournent autour… imposant de fait flexibilité, mobilité, précarité, agilité… etc. « E pur si muove… » [3].

La ligne Maginot des conquis sociaux : Au-delà du conflit des cheminots, c’est bien une certaine conception de la société qui est en jeu. Si le gouvernement gagne ce conflit, sans reculer sur l’essentiel, maintien d’un service public intégré statutaire de transport ferroviaire, c’est par la suite la porte ouverte à tous les reculs sociaux déjà planifiés et il n’y aura plus de digue suffisante pour retenir les coups de la finance dérégulée qui ne cherche qu’à reprendre le terrain perdu en 1936 et 1944 (« Les jours heureux »). Les libéraux gagnant cette « bataille du rail », et ses suites se sentiront victorieux… Mais attention, l’Histoire n’est pas finie, derrière les défaites historiques du mouvement social, toujours dans l’Histoire, émergent alors les Révolutions [4] qui seront autrement plus sanglantes… Si les libéraux avaient deux neurones dans la tête, ils négocieraient en reculant, mais la chance des « communistes » [5], c’est qu’en France, nous avons le capitalisme le plus bête du monde…

Fabrice AUBERT

[1Et notamment l’importance des Cadres au mouvement…

[2Merci aux communistes matérialisant une approche de K.Marx sur le communisme.

[3Et pourtant elle tourne, Galilée…

[41789, 1830, 1848, 1871, 1944.

[5Au sens de Marx, je ne parle pas ici du PCF.


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"Lorsque j’ai pris mes fonctions, j’étais déterminé à faire entrer les Etats-Unis dans le 21ème siècle, toujours comme le plus grand facteur de paix et de liberté, de démocratie, de sécurité et de prospérité."

Bill Clinton, 1996

"A travers le monde, chaque jour, un homme, une femme ou un enfant sera déplacé, torturé, assassiné ou "porté disparu", entre les mains de gouvernements ou de groupes politiques armés. Et la plupart du temps, les Etats-Unis en sont complices. "

Amnesty International, 1996


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