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Après les autoroutes, les barrages

La privatisation, c’est maintenant !

Les politiques de libéralisation-privatisation suivent leur bonhomme de chemin, au même rythme sous le mastricho-européiste Hollande que sous le président malfaisant qui l’avait précédé à l’Elysée.

Comme disait Emmanuel Todd : « il serait imprudent, après s’être imaginé que Sarkozy résoudrait tous les problèmes, de se figurer que son effacement suffirait à les dissiper ». Nous y sommes.

Aujourd’hui, c’est au tour de la force de l’eau, c’est-à -dire les ouvrages hydroélectrique, d’y passer. Avec la même logique de privatisation des profits et de socialisation des pertes qui participe de la nature même de l’Union Européenne.

Avec un bon emballage de type "modernisation des infrastructures... développement durable..."mieux-disant environnemental" comme il y eut un mieux-disant culturel lors de la privatisation de TF1...partenariat gagnant-gagnant...engagement européen...retard français...charte éthique selon laquelle, quelle que soit leur couleur ou leur pays, les actionnaires ont bien le droit de faire du fric, quoi merde !" ... (voire, pire, avec un gouvernement vaguement réputé de gauche) ...cela devrait le faire.

Bien évidemment vous, vous allez signer, et faire massivement signer, cette pétition :

tout en regrettant peut-être comme moi sa chute, (heureusement rattrapée à la ligne suivante) :

"Les signataires demandent que, comme l’ont fait notamment l’Autriche et l’Italie, la France prenne toutes les dispositions législatives pour repousser l’échéance de l’ouverture au marché des concessions hydrauliques."

On ne repousse pas une échéance de l’UE, "encore une minute Monsieur le bourreau", pas plus qu’on ne demande à l’Europe d’être sociale qu’à un crocodile de devenir végétarien. On ne repousse rien : on la refuse car l’UE, on l’emm.... et pour le faire correctement, car on détruit que ce qu’on peut remplacer-, on renforce le M’Pep.

Contre l’ouverture à la concurrence des ouvrages hydroélectriques

Sensibilisés par leur formation, leur métier, ou comme simples citoyens à la production d’électricité hydraulique, les signataires expriment leur vive inquiétude face au projet d’ouverture à la concurrence en 2014 des concessions arrivant à expiration.

La production d’électricité d’origine hydraulique a une place déterminante à occuper dans le cadre de la mutation énergétique que tout le monde s’accorde à reconnaître comme indispensable, au delà de la diversité des projets.

Les opérateurs publics traditionnels sur les installations dont l’état est propriétaire, EDF, GDF et la CNR, sont choisis jusqu’ici de gré à gré. Ils disposent d’une expérience unique et ont fait la preuve de leur efficacité en matière de gestion de la ressource hydraulique dans l’intérêt général.

On s’interroge en revanche sur la motivation des groupes privés candidats à la concession tels que Direct Energie (français), E-ON (n°1 allemand), Alpiq (suisse), ENEL (italien) et Vattenfall (suédois). Sans doute sont-ils attirés par les faibles investissements nécessaires à l’exploitation et la perspective d’augmentation considérable des marges dans le contexte de fortes hausses des prix de l’électricité. Les investissements ne concerneront que l’entretien de barrages largement amortis financièrement. En effet, l’augmentation de 10% de la capacité de production hydroélectrique prévue dans le mix énergétique français en 2020 sera obtenue par l’amélioration du rendement des installations existantes et l’accroissement de la puissance des turbines.

De plus, la vente par lots successifs des concessions à plusieurs opérateurs justifie les plus grandes inquiétudes en matière d’efficacité de gestion de la ressource et de sécurité. Ainsi dans notre région, un des lots ouverts à la concurrence en 2014 comprend les ouvrages de Cordéac/Le Sautet et Saint Pierre Cognet, tandis que dans la même vallée du Drac, les barrages de N-D de Commiers et de Monteynard seront privatisés plus tard et risquent d’être gérés par un exploitant différent !

Les signataires demandent que, comme l’ont fait notamment l’Autriche et l’Italie, la France prenne toutes les dispositions législatives pour repousser l’échéance de l’ouverture au marché des concessions hydrauliques. Ils demandent que soit préservée durablement la maîtrise publique du secteur - l’abrogation de la loi NOME (Nouvelle organisation des marchés de l’électricité) en étant un passage obligé - à travers les opérateurs historiques que sont EDF, GDF et la CNR.

PREMIERS SIGNATAIRES

Annie DAVID Sénatrice de l’Isère
Philippe BELLEUDY Professeur à l’Université Joseph Fourier, Laboratoire d’Etude des Transferts en Hydrologie et Environnement
Claude BERTRAND, Président du SIERG
Max GENEVOIS Vice-Président du Sierg, Oz en Oisans
Serge GROS Maire de Vizille
Jacques NIVON maire de Champ sur Drac
Charles OBLED Professeur émérite INPG, ex Ecole Nationale Supérieure d’Hydraulique et de Mécanique de Grenoble
Jean-Marc VENGEON guide de haute montagne, expert sur les projets du Pôle Alpin Risques Naturels, Saint Mury Monteymond

Le Conseil municipal d’ALLEMONT soutient unanimement cette pétition (réunion interne du 20 Février 2012)

Texte proposé par des militants du Front de Gauche (collectif Campus de Grenoble) : Annie BREYTON, ancienne Conseillère Régionale, Claudine KAHANE, Gérard CHOUTEAU, Jean-François DAà AN, Guy LUCAZEAU, Jean Marc THORENT

URL de cet article 19471
  
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