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Le cas des cinq prisonniers politiques cubains et la censure médiatique internationale.


[Pourquoi le grand capital économique et financier investit-il
dans le monde de la presse qui constitue un secteur extraordinairement
déficitaire ? Cela est économiquement absurde mais idéologiquement très
efficace. Le but de ces investisseurs n’est pas de générer du profit mais de
réduire le cadre conventionnel du débat « démocratique » permis, cadre qui
devient de plus en plus totalitaire et superficiel. Il est totalitaire dans
la mesure où il n’accepte pas les pensées alternatives et il est superficiel
puisqu’il n’analyse jamais les questions en profondeur.]


Le cas des cinq prisonniers politiques cubains et la censure médiatique internationale.

20 février 2005


Pourquoi la presse internationale ne parle t-elle pas du cas des
cinq prisonniers politiques cubains qui constitue en réalité l’un des plus
grands scandales politiques et judiciaires du siècle ? Comment est-il
possible qu’une affaire qui dépasse toutes les limites du sensationnel,
adaptée à n’importe quelle forme de couverture médiatique par son contenu
politique et juridique ait été censurée par l’immense majorité des moyens d’
information du monde occidental ? Comment est-il possible qu’à l’heure de la
« lutte globale contre le terrorisme », cinq jeunes cubains qui ont risqué
leur vie pour empêcher la réalisation d’actes terroristes contre leur pays
aient été arrêtés, maltraités et condamnés à des peines de prison à vie aux
Etats-Unis
sans que les transnationales de l’information relatent cette
histoire ?


Pour comprendre cela, il convient d’expliquer le fonctionnement
du flux d’information. Tout le monde de la presse occidentale est régi par
un concept établi depuis de nombreuses années par les maîtres de l’univers,
à savoir le grand capital financier, propriétaire de la majeure partie des
moyens d’information.

En réalité, il existe au sein de la presse un cadre de débat
préétabli, scrupuleusement limité et respecté de façon religieuse par tous
les grands moyens d’information. A l’intérieur de ce cadre substantiellement
doctrinal écrasé par l’idéologie dominante, le débat peut avoir lieu et
doit même avoir lieu pour donner une impression de pluralité de voix, de
diversité d’opinions et de démocratie. Mais, en réalité, il s’agit
simplement d’un leurre car il se trouve minutieusement limité à des thèmes
conventionnels. Le cadre idéologique accepte seulement des opinions et des
pensées conventionnelles et superficielles qui ne vont pas à contre-courant
et qui respectent la ligne officielle établie par l’idéologie dominante.
Donc, ici, il n’est jamais possible d’aller à la racine des problèmes
vitaux. Il est inconcevable d’évoquer les questions fondamentales.

Le cas des cinq prisonniers politiques cubains n’est pas abordé
dans la presse internationale car il se trouve en dehors du cadre établi. Il
n’est point possible de signaler dans la presse, supposément démocratique,
des phénomènes évidents, des truismes de première dimension que l’on
publierait à la première page de tous les journaux s’il existait une
quelconque propension à révéler la vérité objective. Il n’est point possible
de dire que Cuba est le pays qui a souffert de la plus longue et plus féroce
campagne terroriste de l’histoire moderne. Il n’est point possible non plus
de signaler que cinq patriotes cubains se trouvent emprisonnés aux
Etats-Unis pour avoir combattu le terrorisme. De la même façon, il n’est
point possible de faire remarquer que le moteur principal des relations
entre Cuba et les Etats-Unis a été la violence terroriste de la première
puissance mondiale. Traiter les questions les plus évidentes comme le droit
de Cuba à se défendre face aux agressions est inadmissible.

Durant plusieurs années, la communauté internationale a débattu
sur le blocus économique étasunien et s’est demandée s’il s’agissait de la
meilleure manière d’arriver à une ouverture politique à Cuba. Le thème a été
abordé comme s’il s’agissait d’une question sérieuse. Ce n’était pas sérieux
et ce n’est toujours pas sérieux. En réalité, la vraie question posée par
Washington est la suivante : quelles sont les mesures que convient de
prendre pour arriver à l’annihilation complète de Cuba en tant que nation
souveraine et indépendante ? Voilà la véritable question.

Au sein de l’Union européenne, le débat de savoir si une
politique de sanctions contre Cuba aurait des effets positifs et
entraînerait une « démocratisation du régime » a également surgi. On a parlé
de cela et l’on continue de parler de cela comme s’il s’agissait d’une
question sérieuse. Ce n’est point sérieux. La véritable question est :
quelles mesures Washington peut prendre pour détruire le projet
révolutionnaire cubain ? Quelles mesures la Maison blanche peut mettre en
place pour transformer un pays souverain en néo-colonie, pour subjuguer un
peuple libre ?

Dans la presse internationale, les questions les plus évidentes
sont déclarées illégitimes, voire considérées comme impensables. Le
terrorisme contre Cuba a été supprimé des archives. On ne questionne pas les
politiques traditionnelles destinées à détruire l’existence d’un peuple. Les
questions vitales pour la survie de Cuba sont censurées de manière éhontée,
mais conformément au cadre doctrinal établi.

En France, la grande presse - qu’elle soit de droite, de gauche
ou même communiste (comme c’est le cas du journal L’Humanité) - est la
propriété de grands groupes économiques et financiers. Deux
multinationales - Dassault et Lagardère - dont la principale activité est la
vente internationale d’armes (avions de chasse, missiles, fusées.) et dont
le commerce est la guerre, contrôlent le monde de la presse et de l’édition.
Le groupe Dassault, présidé par M. Serge Dassault, personne de la droite
radicale, est propriétaire de la Socpresse, le plus important groupe de
presse français. Ce groupe publie plus de 70 journaux et revues, parmi
lesquelles Le Figaro, L’Express et L’Expansion et plusieurs dizaines de
titres régionaux. [1]

Quant au groupe de M. Arnaud Lagardère, il contrôle près de 47
journaux, revues et maisons d’éditions, parmi lesquelles Hachette, La
Provence et Nice-Matin. Il est le premier éditeur de France (Grasset,
Fayard, Stock.). Il est inutile de préciser qu’en plus du contrôle
économique que ce groupe dispose sur ses publications, il exerce un contrôle
extrêmement étroit de la ligne éditoriale, ce qui soulève plusieurs
questions assez graves. L’activité qui génère des profits à la
multinationale d’armes est la guerre. Comment ce thème délicat va-t-il être
abordé dans ses publications ? Ne risque-t-on pas de voir surgir un conflit
d’intérêt ? La présentation objective des évènements sera-t-elle le
principal objectif de ces journaux ? [2]

Le cas le plus symbolique est celui du journal français Libération. Jadis, d’idéologie maoïste, il a été créé par le philosophe
Jean-Paul Sartre dans les années 70. Depuis plusieurs années, il est
déficitaire. En janvier 2005, le banquier ultralibéral Edouard de Rothschild
a pris le contrôle de 37% du capital en injectant 20 millions d’euros. De
quelle indépendance peut jouir un journal contrôlé par le grand capital
financier ? [3]

Pourquoi le grand capital économique et financier investit-il
dans le monde de la presse qui constitue un secteur extraordinairement
déficitaire ? Cela est économiquement absurde mais idéologiquement très
efficace. Le but de ces investisseurs n’est pas de générer du profit mais de
réduire le cadre conventionnel du débat « démocratique » permis, cadre qui
devient de plus en plus totalitaire et superficiel. Il est totalitaire dans
la mesure où il n’accepte pas les pensées alternatives et il est superficiel
puisqu’il n’analyse jamais les questions en profondeur.

Le propriétaire de la Socpresse, M. Serge Dassault, a admis
publiquement les objectifs recherchés lors de l’acquisition du journal Le
Figaro. « Je souhaiterais, dans la mesure du possible, que le journal mette
plus en valeur nos entreprises. J’estime qu’il y a quelquefois des
informations qui nécessitent beaucoup de précautions. Il en est ainsi des
articles qui parlent des contrats en cours de négociation. Il y a des
informations qui font plus de mal que de bien. Le risque étant de mettre en
péril des intérêts commerciaux ou industriels de notre pays »
. [4] Ainsi, M.
Dassault confesse personnellement que le rôle de sa presse est de défendre
les intérêts particuliers de son groupe et de développer son labeur de
propagande en faveur, selon ses propres paroles, des « idées saines » qui
promeuvent les dogmes idéologiques ultralibéraux.

L’exemple le plus illustratif de propagande est la chaîne de
télévision étasunienne Fox News, propriété du multimilliardaire Rupert
Murdoch, qui s’est convertie en une terrible machine d’intoxication
médiatique. Au début de l’invasion de l’Irak par les troupes
nord-américaines, elle a diffusé les contrevérités les plus grossières qui
provenaient directement de la Maison blanche.

En réalité, ce que l’on a pour habitude d’appeler la « presse
internationale et démocratique » est un monde tyrannique et réactionnaire
qui ne constitue plus le quatrième pouvoir qui a pour devoir de dénoncer les
abus du pouvoir législatif, du pouvoir exécutif et du pouvoir judiciaire.
Désormais, le monde de la presse sert l’agenda de groupes privilégiés et
défend les intérêts des élites économiques et politiques. C’est la raison
pour laquelle il convient de dire en toute objectivité que la presse
dominante est une menace pour la démocratie.

Salim Lamrani
février 2005


- Publicité parue dans le New York Times en Mars 2004 pour la libération des Cinq de Miami.


- Parmis les nombreux sites de soutien aux Cinq :

www.radiohc.cu ( français )

www.granma.cubaweb.cu


Lire au sujet des Cinq Cubain emprisonnés aux USA :


- Grande nouvelle depuis les USA : la cour d’appel d’Atlanta demande un autre procès pour les Cinq cubains emprisonnés !

- L’ignominie de l’Empire : le cas des cinq prisonniers politiques cubains, par Salim Lamrani

- James Petras propose les Cinq prisonniers Cubains pour le prix Nobel de la paix.



[1Ignacio Ramonet, "Médias en crise", Le Monde Diplomatique, janvier 2005 : 1,26, 27.

[2Ibid.

[3Renaud Revel, "Libération est le socle d’un groupe de presse", L’Express, 31 janvier 2005.

[4Bertrand d’Armagnac, "Les interventions de Serge Dassault inquiètent la
rédaction du ’Figaro’"
, Le Monde, 9 septembre 2005.


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Si j’étais le président, je pourrais arrêter le terrorisme contre les Etats-Unis en quelques jours. Définitivement. D’abord je demanderais pardon - très publiquement et très sincèrement - à tous les veuves et orphelins, les victimes de tortures et les pauvres, et les millions et millions d’autres victimes de l’Impérialisme Américain. Puis j’annoncerais la fin des interventions des Etats-Unis à travers le monde et j’informerais Israël qu’il n’est plus le 51ème Etat de l’Union mais - bizarrement - un pays étranger. Je réduirais alors le budget militaire d’au moins 90% et consacrerais les économies réalisées à indemniser nos victimes et à réparer les dégâts provoqués par nos bombardements. Il y aurait suffisamment d’argent. Savez-vous à combien s’élève le budget militaire pour une année ? Une seule année. A plus de 20.000 dollars par heure depuis la naissance de Jésus Christ.

Voilà ce que je ferais au cours de mes trois premiers jours à la Maison Blanche.

Le quatrième jour, je serais assassiné.

William Blum

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