Les 72 prochaines heures seront décisives pour le monde.

Ibrahim Majed

Si les États-Unis parviennent à imposer leur contrôle sur le Venezuela, et par extension sur les plus grandes réserves pétrolières prouvées au monde, cela marquera un changement majeur dans l’équilibre des pouvoirs mondiaux.

Une telle initiative ne viserait pas à rétablir la démocratie ou à protéger les droits de l’homme, mais à réaffirmer une domination stratégique sur l’énergie, les routes commerciales et les alignements régionaux.

Dans ce cas, l’Iran passerait probablement au premier plan des priorités stratégiques de Washington.

La prise de contrôle du pétrole vénézuélien réduirait la vulnérabilité des États-Unis aux perturbations énergétiques dans le Golfe et constituerait un tampon contre les chocs d’approvisionnement en cas de confrontation avec l’Iran.

Avec une source alternative fiable de pétrole brut lourd sous son influence, Washington serait mieux placé pour absorber ou compenser la destruction ou la fermeture des infrastructures énergétiques dans le golfe Persique en cas de guerre.

Cela réduirait le coût économique d’une escalade et rendrait la pression militaire contre l’Iran plus facile à gérer sur les plans politique et économique.

Dans le même temps, un tel contrôle renforcerait la capacité des États-Unis à influencer les flux et les prix mondiaux du pétrole, consolidant ainsi le rôle central du dollar sur les marchés énergétiques et contribuant à préserver le système du pétrodollar qui sous-tend la puissance financière américaine.

Le Venezuela deviendrait ainsi plus qu’un problème régional.

Il deviendrait un précédent stratégique, démontrant que la pression économique, l’ingénierie politique et, si nécessaire, la force peuvent être utilisées pour restructurer des États souverains et rééquilibrer les rapports de force mondiaux.

Toutefois, si les États-Unis s’enlisaient au Venezuela et se heurtaient à une résistance soutenue, l’issue changerait radicalement.

Une crise prolongée épuiserait le capital politique, mettrait à rude épreuve les ressources militaires et économiques et affaiblirait la capacité de Washington à projeter sa puissance ailleurs, notamment au Moyen-Orient.

Cela compliquerait également la planification stratégique israélienne, qui est étroitement liée à l’influence régionale des États-Unis.

Ce qui se passe au Venezuela ne restera pas confiné à l’Amérique latine. Cela façonnera l’avenir du contrôle de l’énergie, les limites de la puissance américaine et l’orientation de la confrontation géopolitique bien au-delà de Caracas.

traduction LGS

 https://x.com/ibrahimtmajed/status/2007365165281325206

COMMENTAIRES  

05/01/2026 14:27 par Léontin

Pour le très vieux grognard que je suis, il convient de faire savoir autour de soi que Le Grand Soir est un club de réflexion qui aide à voir clair ensemble.
L’article de Ibrahim Majed dit à quel point le monde dépendra de la pugnacité de la résistance du Peuple Vénézuélien. Puisse-t-il recevoir des appuis internationaux pour infliger des défaites aux armées de Trump.

06/01/2026 21:49 par D.Vanhove

Je ne sais pas s’il faut tomber dans ce genre d’ultimatum dont raffole les tenants du pouvoir...
et quid si l’on dépasse ces 72h ?... ou les 96h ?... cela me paraît secondaire

en revanche, il est clair que si les Etats-unis se trouvent définitivement à la tête des plus grosses réserves de pétrole mondiales, leur chute entamée depuis un certain temps, risquerait de ralentir sérieusement et cela les mettrait encore un peu plus dans le rôle du gendarme du monde... et à ce niveau-là, effectivement, les rapports entre les grandes puissances avec l’émergence des BRICS, seraient bousculés...

je ne suis pas sûr non plus que leur 1è cible devienne l’Iran... dont on a vu que ce dernier n’hésitait pas à utiliser son arsenal balistique (et autres) pour attaquer ’Israël’ frontalement... et les autorités iraniennes ont prévenu que toute nouvelle tentative d’agression se solderait par une riposte bcp plus ferme encore

en revanche, ce que je crains est que la prochaine cible soit le Groenland, regorgeant lui aussi de matières premières dont l’empire affirme avoir besoin... et avec ses 57.000 habitants, qui ne se sentent pas plus Européens que Danois, si les tractations sont habilement menées et grassement financées, je pense que les Groenlandais n’y seraient pas insensibles... et les pays de l’Otan vont-ils risquer un clash avec les USA pour cette île ?... cela me paraît improbable... de (vives !) protestations, certes, mais y aller en armes, je n’y crois pas une seconde !... et le président Poutine a déjà prévenu que cela ne le gênerait pas...

quant à la ’démocratie’ et aux ’droits de l’homme’ évoqués dans l’article, les Etats-unis s’en contrefichent, comme on peut le voir (si l’on quitte les principes et la théorie, pour une approche pragmatique des choses, à travers les réalités du Venezuela, Gaza, et d’autres lieux récents où toute excuse est bonne pour endormir la [petite] conscience qui reste ici-et-là dans les couloirs de nos ’démocraties’ européennes décaties... dont on voit à quel point elles ne pèsent plus rien sur l’échiquier mondial, du fait de l’erreur essentielle qui a été de trahir la Russie pour s’aligner sur les projets otaniens d’encercler cette dernière via l’Ukraine sacrifiée... et d’ainsi rompre ce qui aurait été une puissante Eurasie capable de faire face à la prédation sans fin des USA... )

notre erreur fondamentale (et nous allons la payer pdt des années) a été de suivre l’Otan et la clique d’eurocrates et son obsession russophobe, nous ruinant collectivement en 4 ans (voyez où en est l’Allemagne, et c’est loin d’être fini !)... sans avoir la capacité de nous remettre en question et d’arrêter les frais, non, nous persévérons dans l’aveuglement et la bêtise dont l’addition s’alourdit année après année

(Commentaires désactivés)