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Rien de nouveau à l’ombre des dollars : Ménard au FN, un clone le remplace

Reporters sans frontières ment, acquitte les médias-menteurs et découvre le Mélenchon-bashing

La fausse ONG Reporters sans frontières ne s’est pas améliorée en confiant Robert Ménard au FN pour se contenter d’une copie dont je prédis qu’elle finira politiquement mal.

Je parle souvent de RSF ici. Ce n’est pas une obsession : c’est un dossier sur lequel j’ai travaillé des années pour en faire un livre. D’autres ont pour spécialité Jésus Judas, De Gaulle Pétain…

Je reviens sur RSF aujourd’hui parce que Christophe Deloire, son secrétaire général, loin de mener le combat pour le respect des ordonnances du Conseil National de la Résistance (CNR), c’est-à-dire, loin de défendre l’information, se pique d’aboyer, avec la meute des médiacrates, contre ceux qui veulent (comme nous) une information complète et des journalistes libres (comme nous le sommes ici).

Dans une tribune (13 mai) donnée au « Parisien-Aujourd’hui en France » et titrée « Mélenchon favorise une société de propagande et de manipulation » , Deloire, se vautre dans des à-peu-près, des paresseuses erreurs, une troncature, un collage de phrases (séparées dans l’original), un pamphlet contre le leader d’un mouvement politique qui veut libérer l’information et revenir à l’esprit des ordonnances du CNR. Le pire est le recours (toujours coupable en journalisme) à la sur-dramatisation, à l’émotionnel et au rapprochement d’événements (éloignés dans l’espace et le temps) pour produire le détestable « effet de halo » (ou « effet tache d’huile ») par lequel l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours peut facilement être désigné comme zoophile.

La méthode crapuleuse de Deloire
Attardons-nous sur la méthode de Deloire, avec des extraits de son article. Des extraits, mais je ne tronque pas : on peut le lire intégralement ici :

Quelle tâche s’est assigné Deloire dans le journal de Bernard Arnault (4ème fortune mondiale) ?

Celle de créer un lien entre la contestation de la confiscation des médias en France par une poignée de milliardaires et les violences dont sont victimes des journalistes, ailleurs. Deloire : « Ceux qui s’en prennent sans discernement aux médias sont dans une logique destructrice ».

Ceux ? Un nom, et un seul, est donné en titre et en conclusion.

Et Deloire de nous glacer le sang en citant : l’explosion de la voiture d’un journaliste à La Vallette (en vérité, il s’agit d’une journaliste), le double homicide d’un journaliste et de sa compagne près de Bratislava, l’assassinat de journalistes enquêtant en Slovaquie sur la mafia, la corruption et l’évasion fiscale, un complot pour assassiner un journaliste en Sicile, le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo, sans oublier « le journaliste d’investigation Olivera Lakic. Ce spécialiste du crime organisé avait été blessé deux jours plus tôt par le tir d’un assaillant » (en vérité c’est une journaliste). Et Deloire de porter l’estocade en convoquant un truand qui explique qu’en tuant un homme on fait taire tous les autres.

Après les deux erreurs sur le sexe de journalistes, après le procédé du halo pour impliquer Jean-Luc Mélenchon, Deloire va se livrer à la troncature, grave faute professionnelle : « … Jean-Luc Mélenchon, est monté aux extrêmes en écrivant que la haine contre les médias et ceux qui les animent est juste et saine, qualifiant la presse de première ennemie de la liberté d’expression. Le leader de la France insoumise rejoignait ainsi la cohorte de politiques qui nourrissent la haine du journalisme… ». J’ai encadré ici dans des guillemets ce qu’a écrit Deloire, les italiques sont de lui, qui nous persuadent qu’il cite Mélenchon.

Hélas pour lui, ce n’est pas ce qu’a écrit Jean-Luc Mélenchon.

La citation mentionnée par Deloire est issue d’une note de Jean-Luc Mélenchon publiée sur son blog le 26 février 2018. Le président du groupe La France insoumise à l’Assemblée y écrivait que « Si la haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine, elle ne doit pas nous empêcher de réfléchir et de penser notre rapport à eux comme une question qui doit se traiter rationnellement dans les termes d’un combat ».

On voit que le premier mot « si » a disparu chez Deloire (et chez la plupart de ses confrères), ainsi que l’appel à la réflexion rationnelle (et non pas à une réaction violente, passionnelle, pulsionnelle).

De plus, Deloire réunit en une seule phrase, en italiques, deux fragments de phrases de Jean-Luc Mélenchon, séparées en vérité dans son texte original par 4 700 mots et 6 paragraphes. La deuxième phrase est : « La presse est ainsi la première ennemie de la liberté d’expression qui ne se confond pas avec la liberté de « tout répéter » ni avec le délire névrotique de la transparence absolue que réclament les médias (et qu’ils ne s’appliquent pas à eux-mêmes) ».

Par ailleurs Mélenchon n’exprime pas une « haine du journalisme  » mais il parle des médias, de la presse, ce qui est différent. Il a souvent distingué les tâcherons du métier, mal payés, précaires, soumis à la censure et à l’autocensure et les patrons des médias. Et ce n’est pas le journalisme qui est haïssable, mais LE journalisme des oligarques.

Par ses stratagèmes malhonnêtes, Deloire déroge à une préconisation du point 3 du chapitre « Les dix devoirs » de la Charte de déontologie de Munich (ou Déclaration des devoirs et des droits des journalistes) du 24 novembre 1971 : « Publier seulement les informations dont l’origine est connue ou les accompagner, si c’est nécessaire, des réserves qui s’imposent ; ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et les documents  » (souligné par moi, MV). Dans son point 6, la Charte demande de «  Rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte ».

Après ces tripatouillages, Deloire a le front d’affirmer que les journalistes « ont dans un pays comme la France un niveau général d’exigence élevé en matière de vérification des faits, d’honnêteté et d’indépendance » et que leurs méthodes « comme les principes professionnels apportent des garanties, imparfaites mais solides. »

Que nenni ! Les médias classiques, subventionnés, influents (les médias mainstream) et propriétés des milliardaires, sont à l’avant-garde de la lutte entre les riches et les pauvres, les oppresseurs et les opprimés, le MEDEF et les syndicats. Ils fabriquent l’opinion, ils pratiquent la lutte des classes. Ils n’hésitent pas à mentir, à tricher, à truquer.

Sans les médias, qui, dans les années 80, ont sorti le diable fasciste de sa boite vert-de-gris, la voix du FN ne serait pas audible hors du manoir de Montretout où elle a été confinée pendant des décennies jusqu’à ce que Jean-Marie Le Pen soit instrumentalisé dans des jeux de calculs politiciens. D’abord, il s’agissait de diviser la droite. Puis vint le temps d’obliger le peuple à voter pour n’importe quel candidat qui empêcherait le FN d’arriver au pouvoir. Ainsi ont été élus Chirac et Macron et des dizaines de députés.

Les médias (disons plus précisément ceux qui les possèdent et ceux qui les dirigent, plus quelques dizaines de journalistes en vue, vrais mercenaires grassement payés) sont une mafia dans laquelle le mensonge fait loi.

Les mafieux ne se salissent pas les mains et ne froissent pas leur costume : ils ont des sicaires pour faire des descentes et effrayer. Les plus influents, ceux qui tiennent la ville, appartiennent à des parrains. La plupart des journaux, radios, télévisions de grande audience sont propriétés des Corleone. Tout journaliste, penseur, écrivain, artiste qui ne veut pas être complètement effacé du paysage médiatique doit se soumettre. Pour faire carrière, il faut aussi lécher, mentir, salir, tabasser en toute occasion et même tuer sans attendre d’en avoir reçu l’ordre. Tuer par la calomnie qui fait d’un opposant un méchant, un rigolo, un mégalo, un arriviste, un antisémite, un extrémiste, un violent, un russophile, un nostalgique de Staline, un adorateur de Kim Jong-Il. Les choix des photos de l’opposant nous convaincront de ne pas sortir la nuit dans un quartier où il y a risque de le croiser.

« Il y a différentes manières d’assassiner un homme : par le pistolet, par l’épée, par le poison ou par l’assassinat moral. C’est la même chose au définitif, excepté que le dernier moyen est plus cruel. » Louis Napoléon Bonaparte (Correspondances).

Inutile pour les patrons de faire pression sur ces porte-flingues qui savent bien pour quel contrat ils ont été recrutés. Plusieurs parrains se répartissent les territoires médiatiques. Dans les régions, la presse quotidienne se partage les départements. Quand un accord sur les frontières des zones de diffusion est signé, ils ne se font pas la guerre. Ils sont solidaires pour faire face aux porteurs de vérité. Quand ces derniers sont du clan (cela peut arriver), ils doivent quitter la ville. Demandez à Cécile Amar (L’Obs) et à Aude Lancelin, l’ex directrice-adjointe de l’Obs, aujourd’hui journaliste au MEDIA.

Si les dénonciateurs des turpitudes du clan, de ses parti pris et enfumages sont des élus de la nation ou des chefs de partis, la machine à tabasser ne connaît pas de trêve. On l’a vu plus haut pour Jean-Luc Mélenchon.

Une camarilla de huit oligarques contrôle nos médias. Le cas du Monde

Attardons nous sur un titre, le moins contesté, le « quotidien de référence », celui que vous lisez dans les transports en commun et qui vous y désigne comme un être éclairé, ouvert et intelligent : Le Monde, l’inventeur du DECODEX (copie ripolinée de l’Index librorum prohibitorum que le Vatican a abandonné il y a un demi-siècle).

Le Monde bénéficie d’importantes subventions de l’Etat (plus de 5 millions d’euros en 2016). Il est contrôlé par les milliardaires Xavier Niel et Matthieu Pigasse.

Parmi les actionnaires minoritaires, on trouve la holding Le Monde partenaires et associés (LMPA) à hauteur de 19 %, elle-même détenue à 52 % par des actionnaires internes (Société des rédacteurs du Monde, Société civile des personnels des PVC, Association Hubert Beuve-Méry, etc.) et à 48 % par des externes (InvestMonde, Le Monde Entreprises, Société des lecteurs du Monde, etc.). On trouve aussi le groupe Le Monde indépendant à hauteur de 15 %.

Le groupe Le Monde édite le quotidien Le Monde et ses suppléments, mais aussi M, le magazine du Monde ainsi que divers hors-série publiés indépendamment du quotidien, Courrier international, La Lettre de l’éducation, Le Monde diplomatique (51 %), Manière de voir.
Titres contrôlés par la filiale Malesherbes Publications
La Vie, Le Monde des religions, Sens & santé, ; Prier, Les Clés de la foi, Ecritures, Le Guide Saint Christophe, Danser ; Télérama .

Le Monde détient 94,7 % de la Société éditrice du Monde (SEM, qui contrôle le quotidien et l’imprimerie), détient 34 % de Timbropresse (Timbres magazine), 6 % du groupe Perdriel, 5 % des Éditions La Vie du Rail, 2,1 % du quotidien suisse Le Temps, 10 % de l’Écho du Centre, 9 % des Éditions de Témoignage chrétien, ainsi que 34 % de Le HuffPost.

Dans sa société de surveillance on trouve BHL qui est ou a été membre du conseil de surveillance d’ARTE et de Libération et qui est connu pour être un politologue impartial, neutre et accessoirement un philosophe télévisuel formé par Jean-Baptiste Botul et spécialiste dans le déclenchement des guerres.

J’ai pris ici l’exemple du Monde qui a la réputation d’être le moins pire. Je laisse mon lecteur imaginer les autres ou à aller fouiller.

Les mauvais coups permanents portés à l’information par une poignée de voyous agissant en bande organisée devraient les conduire devant les tribunaux si les ordonnances sur la presse adoptées à la Libération n’étaient devenues des chiffons de papier.

Les ordonnances de 1944 sur l’organisation de la presse.

Le programme du CNR, adopté en 1944 sous le nom « Les jours heureux », souhaitait notamment « la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression, la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères … ».

Les ordonnances voulaient l’interdiction des concentrations des titres de presse. Elles avaient pour objectif de sanctuariser la presse vis-à-vis des puissances de l’argent et de l’influence de l’État, tout en assurant l’indépendance des journaux et leur transparence, afin que la presse devienne « une maison de verre ».

La Fédération nationale de la presse française (FNPF), a adopté en novembre 1945 une « Déclaration des droits et des devoirs de la presse » qui indiquait que « la presse n’est pas un instrument d’objet commercial mais un instrument de culture » et qu’elle a pour mission de « donner des informations exactes, défendre des idées, servir la cause du progrès humain ».

Bref, le programme du CNR sur la presse nos prévenait : « La presse est libre quand elle ne dépend ni de la puissance gouvernementale ni des puissances d’argent mais de la seule conscience des journalistes et des lecteurs. »
N’en déplaise à Deloire et à ses complices, la presse n’est pas libre en France. Elle est bridée. C’est une domestique philippine sans papier enfermée dans l’hôtel particulier d’un bourgeois de l’avenue Foch ou dans l’ambassade parisienne d’un Emirat.

Pourtant, la presse nous a vendu en 2017 un président comme un paquet de lessive
Pendant les années 2015/2016, un jeune homme alors inconnu du grand public, inspecteur des finances, banquier chez Rothschild, puis, conseiller de François Hollande, puis ministre de l’économie de Manuel Valls (le maire de Barcelone), va bénéficier d’un soutien ad nauseam des médias, avant même donc qu’il ne déclare sa candidature à la présidence de la République.

Sur les années 2015/2016, les grands titres de la presse écrite totalisent 8000 articles sur lui contre 7400 à ses 3 principaux rivaux réunis.

Ajoutons qu’il a toujours bénéficié du soutien inconditionnel du MEDEF et qu’il fit partie de la promotion 2012 des « Young Leaders » de la French-American Foundation, association qui repère et forme les jeunes espoirs français afin de les préparer à mieux comprendre les intérêts états-uniens.

Pourquoi les milliardaires possèdent-ils tant de journaux alors que cette industrie est peu rentable ? Pour contrôler nos idées, bien sûr. On connaît le mot de Patrick Le Lay sur les « cerveaux disponibles », on prête à Xavier Niel ce mot cynique et bien vu : « « Quand les journalistes m’emmerdent, je prends une participation dans leur canard et ensuite ils me foutent la paix. »

Quand l’AFP diffuse une dépêche erronée mais tellement utile !
Pour finir, je reviens sur une émission que j’anime à Toulouse à Radio Mon Païs, qui émet depuis la Bourse du travail. Le 26 janvier, j’y avais contesté la véracité d’une information. Elle était parue dans les médias (et même dans Le Media, hélas !) sur la foi d’une dépêche erronée et malveillante de l’AFP. Elle concernait le Venezuela, pays cher à mon cœur et dont je connais un peu le fonctionnement démocratique. L’AFP, relayée partout sans vérification, nous apprenait que l’inscription des partis d’opposition dans la compétition pour les élections présidentielles à venir, n’était autorisée, qu’« après » le scrutin. Nicolas Maduro était donc sûr d’être élu. Bref, non seulement c’est un dictateur, mais ce pays lointain s’accommode d’un folklore électoral à mourir de rire : on devient compétiteur après la compétition ! Ha ! Ha ! Il est vrai qu’ils sont basanés. Dans les films états-uniens doublés, ils sont ridiculisés par leur accent : « Excousez-moi senior capitan, mais ye va touer este bandido ».

Je disais donc, en janvier 2018, au micro de Radio Mon Païs : « Cette information est fausse : Maduro aura contre lui des candidats d’autres partis, s’ils veulent se présenter (et prendre une dérouillée). Amis auditeurs, voulez-vous qu’on vérifie dans les mois qui viennent » ?

Or, l’émission finie, je bavardais au pied des studios devant la basilique Saint-Sernin avec un des chroniqueurs de mon émission, un ami cher que je connais depuis plus de 20 ans. Et voila qu’il me demande tout de go, un sourcil levé : « Tu crois vraiment que Maduro aura des concurrents ? ». C’est un lecteur assidu du JDD, du Monde et autres journaux, un accro des émissions politiques à la télé. Ce que je dis ici, c’est qu’un ami qui serait bien incapable de citer un mensonge que j’aurais proféré devant lui, qui me défendrait contre quiconque mettrait en doute ma probité, cet ami avait plutôt tendance à croire les médias des milliardaires. Il me demandait (hors micro : par amitié), si je n’avais pas menti à l’antenne.

Lundi 14 mai, j’ai rappelé (triomphal) ce que j’avais affirmé le 26 janvier et j’ajoutai : « Eh bien, nous y voila ! Le 20 mai 2018, les électeurs vénézuéliens seront appelés aux urnes où plusieurs opposants à la politique de Nicolas Maduro tenteront de lui ravir la présidence. Cette élection sera supervisée par 2000 observateurs des cinq continents et par des organisations comme l’Union Africaine, la Caricom, ou le Conseil d’Experts électoraux d’Amérique Latine. Si Maduro l’emporte, ce qui est probable, mais pas sûr, l’AFP nous apprendra que le scrutin a été truqué de bien des manières, beaucoup de ceux qui m’écoutent le croiront et moi, moi, je commencerai à fatiguer ».

Maxime VIVAS


PS. Deloire assure que Mélenchon « l’an dernier lors de ses meetings électoraux, citait abondamment des rapports de RSF à l’appui de ses démonstrations... ». Abondamment ? On en serait surpris. Eclairé de longue date sur RSF, Jean-luc Mélenchon conseilla (en 2008 !) à Jean-Pierre Elkabbach lors d’un débat, la lecture de mon livre « La face cachée de Reporters sans frontières ».

Sur une autre tromperie de RSF, voir :
https://www.legrandsoir.info/pourquoi-et-comment-le-classement-mondial...

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