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Rima Hassan face à des hyènes à plumes et caméras : un suicide de la presse

Pendant un temps, seul à bord de mon petit pédalo perdu sur la mer d’encre, j’ai tenté de convaincre la défunte profession de journaliste que leur nouvelle mode, celle de mettre dans un même panier la Justice et la Police -pour faire naître un monstrueux service commun « Police-Justice »-, était un mauvais signe. Marier une déesse aveugle avec des lanceurs de LBD chargés d’arracher les yeux, n’était pas une bonne idée.

Mais c’est ainsi. Les arpenteurs de palais de justice et les autres confrères, qui usent leurs rangers dans les commissariats, portent donc le même maillot. Celui d’une équipe qui vous tricote une vérité unique sortie d’un même tuyau. Ainsi, au ciel, les juges Renaud et Pierre Michel peuvent danser la lambada avec Maurice Papon. Ce qui colle à l’air du temps.

Cet accouplement du rhinocéros et de Thémis vient de nous servir, bien frais, un scandale exemplaire une accusation unanime. Ne voilà-t-il pas que les tandémistes « justiciers-policiers », ont accusé la députée européenne Rima Hassan de se droguer. Pour la dix neuvième fois, mais toujours vierge de toute condamnation, elle est convoquée dans un commissariat pour y répondre « d’apologie du terrorisme ». On imagine immédiatement qu’ayant fait les louanges de Netanyahou, gibier de potence de la Cour Pénale Internationale, elle doit rendre des comptes à l’humanité. Mais je me trompe de fiche. C’est pour avoir repris une réplique de Koko Okamoto, un membre de l’Armée Rouge japonaise que la députée doit être guillotinée. La routine. Un conseil à vous autres, faites attention à ne jamais entonner une strophe des paroles de Robespierre, selon les règles de la nouvelle « Police-Justice » vous pourriez connaitre les quatre murs du ballon.

Donc Rima Hasssan est en « garde à vue ». Et l’on comprend que les hommes de police aient envie de garder une femme aussi séduisante sous leurs yeux. Ces chasseurs d’apologie fouillent son sac pour y découvrir deux sachets de CBD, une forme de cannabis châtré et en vente libre comme médicament. Donc rien d’illégal et les exégètes de Kozo Okamoto n’ont plus qu’un seul boulot : jauger le poids des mots. Le commissariat se fait Académie, Sansal en moins.

C’est à l’extérieur qu’un missile médiatique explose lâchant des débris dans les « open spaces » de toutes les rédactions : « Le sac de Rima Hassan ne contenait pas seulement du CDB mais aussi une drogue de synthèse, la « 3-MMC ». Plutôt expert en vin de savenières, j’ignore tout du « 3-MMC » et ne souhaite pas tester cette chose qui porte un nom de vaccin. Les usagers, eux semblent trouver ça bien. Pas Rima Hassan puisqu’elle n’en consomme que dans la bouche ou sous la plume de journalistes drogués à la propagande, ce qui est peu attrayant. A son acmé dans la jouissance morbide la presse en fait plus en tapage que pour un Macron ou un Philippe en campagne. On abat des arbres et fait du papier pour imprimer ces conneries. On dépense de l’électricité pour abreuver yeux et oreilles d’un peuple plus curieux du contenu du sac d’Hassan que des dix millions de concitoyens crevant sous le seuil de pauvreté. L’Antiquité nous a enseigné le Nombre d’Or, et nous le tenons : Hassan est Palestinienne, LFI, droguée (ce qui fait pléonasme avec LFI) : la « Police-Justice » vient de gagner au loto. Et puis voilà que la bombe n’explose plus mais implose : tout est bidon, Hassan n’avait aucune drogue consommable dans son sac. Quel coup dur pour la propagande ! Nous allions chez Netflix et nous voilà en direction d’un un confessionnal. Là où aurait dû se précipiter tout « journaliste » coupable de cet ignominieux péché.
Je reviens à ce concept de « Police-Justice », c’est lui aussi le coupable. Dans le temps passé, celui d’une presse faite à la main et aussi avec des cerveaux, le chargé de la Justice serait venu démentir les bobards du confrère Policehttps://www.legrandsoir.info/ecrire/?exec=article_edit&id_article=41413#, ou l’inverse. Jadis les « accrédités » auprès des flics avaient leur bureau de presse au 36 Quai des Orfèvres, et ceux de la Justice travaillaient au Palais, et ils ne s’aimaient guère entre les deux rives de la Seine. Aujourd’hui, alors que dans les rédactions ne manquent que la construction de cellules de garde à vue , c’est la course « pin-pon-pin-pon » à celui qui sortira le premier un mensonge plus gros que le Ritz. L’important étant que l’invention plaise à l’éditeur de presse, alimente « les plateaux » et coule dans le sens de ce Rassemblement National, paradis où, par transhumance, nous serons bientôt heureux de vivre ensemble.
J’ai assisté à la conférence de presse donnée par Rima Hassan et son avocat Vincent Brengarth. Et j’ai eu honte. Ce n’était pas quarante journalistes qui étaient là -à part quelques égarés-méprisés de la presse, ceux des « réseaux sociaux » -. Non mais un groupe de chiens agissant en meute pour répéter les mensonges au rythme des moulins à prière de Lhassa. De nouveau Rima Hassan n’était plus libre mais en garde à vue, cette fois de presse.

Un certain Paul Larrouturou, qui a un problème aigüe très visible, son corps n’est pas assez grand pour contenir sa suffisance, lance la charge. Un moment j’ai cru qu’il allait menotter une Hassan pourtant voix douce et mots fermes, et mots debout. Hassan contemple la meute et lâche recto tono : « je vais vous le dire dans les yeux, ce que vous faites n’est pas du journalisme ». Puis quand une jeune reporter qui passe beaucoup de temps en Palestine occupée, tente de faire baisser ce Larrouturou de quelques tons, le ravi lui lance « T’es qui toi ? ». Journaliste depuis 62 ans je n’ai jamais été témoin d’une conférence aussi haineuse. Cette haine a une origine : nous sommes passés d’une presse, très imparfaite, mais qui tentait de produire de l’information, à des fabricants de bandeaux pour les télés Nescafé, celles qui sont si instantanées qu’elles vont plus vite que la vérité.
Faut-il que je vous précise que derrière ces « journalistes », en tout cas les plus dociles d’entre eux, il y a les marionnettistes du monde politique de droite et d’extrême droite, et les propriétaires et chefs de leurs entreprises de « presse » (je ne peux utiliser le mot journal) . En ce moment la mission de tous ces soldats (perdus) de l’information est d’assassiner LFI. Une Rima Hassan droguée était donc un cadeau du diable.
Ce cadeau a d’abord été offert par une main pas innocente à un colossal et immense reporter, Jean-Michel Décugis, assisté d’un larron nommé Denis Courtine ( lui ferait bien de demander sa mutation à la rubrique Turf). Ce sont ces deux investigateurs qui, dans « Le Parisien » de Bernard Arnault ont lancé le missile anti Hassan-LFI. Pour un garçon aussi chevronné que Décugis, une telle bavure est étonnante. C’est une homme connu pour sa rigueur. Exemple, dans l’un de ses livres n’a-t-il pas détourné la Loire pour la faire couler à Angers. C’est dire si c’est un homme de pouvoir et de savoir.
Au moment de cette conférence de presse j’ai, en vrai, assisté à des funérailles du journalisme. Et c’est triste comme la mort.

Jacques-Marie BOURGET

PS .Il est vivement conseillé le lire sur le sujet la magnifique et salutaire enquête de l’association ACRIMED, Action Critique des Médias.
https://www.acrimed.org/Rima-Hassan-et-la-drogue-fiasco-mediatique

COMMENTAIRES  

12/04/2026 23:55 par act

Excellent texte, merci.
Il manque donc le mea culpa de la chienne de garde fourest pour sa dernière saillie.
Pitoyable valet fourest, en service commandé spontané et de tous les coups pourris.
A l’opposé, Rima Hassan honnête et courageuse mais certains s’étonneront encore qu’elle soit fâchée...

13/04/2026 08:45 par lou lou la pétroleuse

Il est vivement conseillé le lire sur le sujet la magnifique et salutaire enquête de l’association ACRIMED, Action Critique des Médias.
https://www.acrimed.org/Rima-Hassan-et-la-drogue-fiasco-mediatique

Elle est effectivement beaucoup plus claire pour les abrutis de mon espèce (qui ne méritent que le profond mépris affiché par MV à l’égard de ses lecteurs) que le langage journalistique alambiqué de JM Bourget.

13/04/2026 08:55 par Joël Lallement

Monsieur

Je ne suis pas en désaccord avec le contenu de votre texte. Par contre, je me dois de vous conseiller, vivement et la main sur le coeur, de relire vos écrits ou de les faire relire par qui maîtrise le français.
Votre nom en préambule d’un article me fera désormais fortement hésiter à le lire, me souvenant de l’exécrabilité de la forme d’un article précédant, due aux trop nombreuses fautes contre la langue française.

Cordialement

13/04/2026 09:45 par CAZA

Tous unis ,tous pourris .
Capitalisme apatride sionisé , police , justice ( enfin le droit de droite ) , journalistes véreux , front nazional .
https://x.com/Babar_le_Rhino/status/2042646276970332222

13/04/2026 12:37 par Vincent

extrait de cet article :

"l’eurodéputée de La France insoumise a déposé plainte pour violation du secret de l’enquête, a annoncé son avocat Vincent Brengarth mercredi 8 avril.
La plainte s’appuie notamment sur un article du Canard enchaîné publié mercredi, qui affirme qu’un porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Straub-Kahn, aurait échangé avec plusieurs journalistes pendant l’audition de Rima Hassan et discuté du contenu de sa garde à vue.
Des accusations contestées par l’intéressé, qui évoque des "allégations mensongères" et annonce avoir déposé plainte pour diffamation, ainsi que pour des "injures antisémites inacceptables". "

Il semblerait donc que l’évocation du seul nom de ce Monsieur puisse, à elle seule, poser un sérieux problème.
Donc, si vous osiez faire des liens nauséabonds entre la déflagration de fake-news à charge contre (la franco-palestinienne) Rima Hassan - soit une communication strictement mensongère de la part de l’ensemble des médias français, qui s’attacheraient au passage à (subtilement) favoriser la propagande d’Israël - et le truchement des grossiers mensonges d’un diplômé de l’école nationale de la magistrature qui agirait comme un "agent" de son pays de cœur en mentant à la presse, alors vous êtes très probablement drogué en plus d’être susceptible d’être arrêté pour "apologie du terrorisme".
Bon : il paraît que c’est compliqué d’oser penser que les institutions françaises seraient éventuellement infiltrées par des sionistes.
Le mieux c’est donc de la fermer.

13/04/2026 16:04 par Palamède Singouin

On a pu assister autour de cette barbouzerie de pieds-nickelés à une émouvante mobilisation de tout ce que la France compte de racistes jusqu’au plus haut niveau de l’État. Les mêmes qui s’étaient manifestés un peu avant lors de l’élection de certains maires.
La fréquence de ce genre de partouzes publiques affichées sans vergogne devient inquiétante.

13/04/2026 23:36 par Gérard Collet

Merci du fond du coeur pour ce splendide article, M Jacques-Marie Bourgeois. (Si mal patronymé).
Votre texte mêle ce qu’il faut de désespoir, d’espoir tout de même, et de rage salvatrice, à l’admiration due à l’indomptable énergie, au courage et à la sagesse de Mme Rima Hassan.
Il est à lui seul capable de nous redonner espoir.
Il faut une voix telle que la vôtre dans l’ignoble paysage mediatique.
Ne naissons jamais Rima seule face à cette honteuse meute.
G.C.

13/04/2026 23:48 par Gérard Collet

Merci du fond du cœur pour cet admirable article, M. Jacques-Marie Bourget.

Votre texte mêle exactement ce qu’il faut de désespoir, mais d’espoir aussi, puis de rage salvatrice, à l’admiration que nous devons a l’indomptable courage de Mme Rima Hassan, à son énergie et à sa sagesse sereine.
Il est à lui seul capable de redonner espoir face à l’ignominie du paysage médiatique.
N’abandonnons jamais Rima seuleface à cette meute déshonorée et déshonorante .
G. C.

14/04/2026 05:39 par adna

À noter que la jeune journaliste, Khadija Toufik, qui a interpellé Larrouturou lors de la conférence de Rima Hassan est intervenue pour en parler sur l’excellente chaîne PDH, en compagnie d’une autre jeune reporter de guerre, Mona Hammoud.

Avec Rima, deux autres jeunes femmes d’un courage sans bornes, héritières de JM Bourget.

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