Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

15 
Il injurie dans tous les médias, mais il n’admet pas qu’on l’épingle

Robert Ménard, un curieux plaignant contre « Le mur des cons »

Il n’est pas un moyen d’expression, un journal, une affiche, un tract, une radio, une télévision, un livre (jusqu’à « Mein Kampf ») dont Robert Ménard, abusivement présenté comme LE fondateur de Reporters sans frontières, ne se prétende le défenseur. Pouvoir tout dire, tout imprimer, partout, il jure en avoir fait le combat d’une vie.

Il s’agit-là de pure propagande et une toute récente information va nous le démontrer, une fois de plus.

En effet, Robert Ménard a fait savoir qu’il avait demandé à son avocat, maître Gilles-William Goldnadel, de déposer une plainte pour injures contre le syndicat de la Magistrature qui avait affiché sa binette dans un bureau sur un « Mur des cons ».

Plainte contre un syndicat, pour l’affichage dans un lieu privé d’une (mauvaise) blague de potache

Le panneau mural incriminé se trouve dans un local syndical, lieu privé, et il n’était pas destiné à être diffusé. Les images que nous avons vues sont des images volées. Les bonnes âmes qui auraient souri de la même œuvre figurant à la une de Charlie Hebdo et affichée dans des milliers de kiosques (la liberté d’expression, s’pas ?) s’insurgent que des magistrats pratiquent l’humour (vache), la dérision, activités autorisées pour eux dans les prétoires et à l’usage des prévenus, ou quasi quotidienne pour des journalistes urbi et orbi, mais pas dans le huis clos des permanences syndicales.

Rappel d’un précédent dans les murs de RSF

Ce que nous dit Robert Ménard par cette plainte, c’est que son amour de la liberté d’expression est à géométrie variable et que sa logique est digne d’un mal-comprenant. Car Robert Ménard a fait en 2003 ce qu’il reproche à d’autres de faire en 2013. Et en mieux, en plus féroce, à plus grande échelle, et en public, puis dans ses locaux.

En 2003, dans le cadre d’une campagne contre le tourisme à Cuba, Reporters sans frontières, subventionnée par des officines écrans de la CIA (voir http://www.legrandsoir.info/la-face-cachee-de-reporters-sans-frontiere...) va éditer des flyers et des affiches où la célèbre photo du Che par Korda est traficotée afin que le guérillero apparaisse comme un CRS frappant le peuple.

En juillet 2003, sur plainte de la fille (et héritière) de Korda, la Justice française a ordonné la destruction des photos et des affiches du Che-CRS. Ce jugement avait ulcéré la fibre libertaire de RSF qui, sous le titre « La justice française interdit à Reporters sans frontières d’utiliser l’image du Che », a publié le 9 juillet 2003 un communiqué où l’on peut lire :
« D’ores et déjà, nous déplorons cette décision de la justice française qui fait le jeu des autorités cubaines. Nous regrettons en particulier que cette plainte contre Reporters sans frontières, qui portait sur le droit à l’image, n’ait pas été l’occasion de parler du fond… »

Pour l’anecdote, Robert Ménard avait conservé, après le jugement, une affiche, collée dans son bureau. Cette persévérance a déplu à la Justice qui a dû sévir à nouveau.
Espérons que le procès intenté aujourd’hui par ce grand défenseur de la liberté d’expression, donnera « l’occasion de parler du fond », c’est-à-dire de la raison pour laquelle, lui et d’autres, figuraient sur ce mur intérieur d’un syndicat.

Ce n’est pas Robert Ménard qui insulterait quelqu’un

La susceptibilité de Robert Ménard surprend, venant d’un homme qui définit la classe politique par sa « veulerie », « goujaterie », « duplicité » qui, lors d’un forum Internet, renvoya ses contradicteurs à leur « bêtise, illettrisme, imbécillité, ânerie » avant de qualifier des chefs d’Etat de « salopards » le président de la République (Sarkozy) de « lâche », celui du CIO de « lâche et de menteur », tandis que la gauche est peuplée de « fous furieux » et qu’une journaliste vedette de France Inter est un « faux-cul » et « une conne ».
Vrai, l’affichage de Robert Ménard sur le « Mur des cons » d’un local syndical est du plus mauvais goût. Un « Mur des poètes à la langue fleurie » eut été plus adéquat.

Un avocat amoureux de la liberté d’expression

Gilles-William Goldnadel, avocat de Robert Ménard, se présente (Wikipedia) comme un « Juif de combat » et se définit comme « sécuritaire », « réactionnaire » et partisan d’une « révolution conservatrice », se revendiquant de la « droite sauciflard ».

Attentif à qui déparle, il a su engager des poursuites contre Edgar Morin, Sami Naïr, Danièle Sallenave, Daniel Mermet, Le Monde, le MRAP… Il a écrit un livre contre Stéphane Hessel, défenseur de la Palestine.

Robert Ménard, le chantre du droit de tout dire, ne pouvait choisir meilleur défenseur pour démontrer aux derniers naïfs que la totale liberté d’expression qu’il revendique ne concerne pas tout le monde : il doit en être épargné.

Comment Robert Ménard veut libérer Béziers

Par ailleurs, on sait que Robert Ménard se verrait bien maire de Béziers et que le FN local est d’accord pour en faire sa tête de liste. Les sites du FN, dont celui de son égérie Marine Le Pen, le citent avec entrain, publient ses écrits, vantent ses livres.
Robert Ménard, qui a ouvert une permanence depuis plusieurs mois à Béziers, travaille à élargir sa liste. Il s’agit de débaucher des UMP, voire des PS (au moins un élu PS avait accueilli l’idée avec sympathie). Le secrétaire de son comité de campagne sur place est un membre du parti de Dupont-Aignan.

Ratissage, confusion, enfumage…

Robert Ménard élu avec de tels soutiens, on promet à Béziers la tranquillité, le calme, la bonne gestion, le respect de l’opposition et la liberté d’expression qui prévalurent dans les 4 villes qui eurent naguère le malheur d’élire un maire du FN. Avec, en prime, l’affichage dans les panneaux Decaux des éléments de langage châtié que devront apprendre les « goujats, illettrés, imbéciles, ânes, salopards, lâches, menteurs, fous furieux, faux-culs et connes ».

Maxime Vivas

Voir :
http://www.legrandsoir.info/ces-villes-gerees-par-l-extreme-droite.html
et
http://www.legrandsoir.info/Reporters-Sans-Frontieres-la-liberte-de-la...

URL de cet article 20340
   

Même Auteur
Les Chinois sont des hommes comme les autres
Maxime VIVAS
Zheng Ruolin (Ruolin est le prénom) publie chez Denoël un livre délicieux et malicieux : « Les Chinois sont des hommes comme les autres ». L’auteur vit en France depuis une vingtaine d’années. Son père, récemment décédé, était un intellectuel Chinois célèbre dans son pays et un traducteur d’auteurs français (dont Balzac). Il avait subi la rigueur de la terrible époque de la Révolution culturelle à l’époque de Mao. Voici ce que dit le quatrième de couverture du livre de ZhengRuolin : « La Chine se (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

"Au Salvador, les escadrons de la mort ne tuent pas simplement les gens. On les décapite, on place leurs têtes sur des piques et on garnit ainsi le paysage. La police salvadorienne ne tuait pas seulement les hommes, elle coupait leurs parties génitales et les fourrait dans leurs bouches. Non seulement la Garde nationale violait les femmes salvadoriennes, mais elle arrachait leur utérus et leur en recouvrait le visage. Il ne suffisait pas d’assassiner leurs enfants, on les accrochait à des barbelés jusqu’à ce que la chair se sépare des os, et les parents étaient forcés de garder."

Daniel Santiago,prêtre salvadorien
cité dans "What Uncle Sam Really Wants", Noam Chomsky, 1993

Commandos supervisés par Steve Casteel, ancien fonctionnaire de la DEA qui fut ensuite envoyé en Irak pour recommencer le travail.

L’UNESCO et le «  symposium international sur la liberté d’expression » : entre instrumentalisation et nouvelle croisade (il fallait le voir pour le croire)
Le 26 janvier 2011, la presse Cubaine a annoncé l’homologation du premier vaccin thérapeutique au monde contre les stades avancés du cancer du poumon. Vous n’en avez pas entendu parler. Soit la presse cubaine ment, soit notre presse, jouissant de sa liberté d’expression légendaire, a décidé de ne pas vous en parler. (1) Le même jour, à l’initiative de la délégation suédoise à l’UNESCO, s’est tenu au siège de l’organisation à Paris un colloque international intitulé « Symposium international sur la liberté (...)
18 
Hier, j’ai surpris France Télécom semant des graines de suicide.
Didier Lombard, ex-PDG de FT, a été mis en examen pour harcèlement moral dans l’enquête sur la vague de suicides dans son entreprise. C’est le moment de republier sur le sujet un article du Grand Soir datant de 2009 et toujours d’actualité. Les suicides à France Télécom ne sont pas une mode qui déferle, mais une éclosion de graines empoisonnées, semées depuis des décennies. Dans les années 80/90, j’étais ergonome dans une grande direction de France Télécom délocalisée de Paris à Blagnac, près de Toulouse. (...)
68 
Comment Cuba révèle toute la médiocrité de l’Occident
Il y a des sujets qui sont aux journalistes ce que les récifs sont aux marins : à éviter. Une fois repérés et cartographiés, les routes de l’information les contourneront systématiquement et sans se poser de questions. Et si d’aventure un voyageur imprudent se décidait à entrer dans une de ces zones en ignorant les panneaux avec des têtes de mort, et en revenait indemne, on dira qu’il a simplement eu de la chance ou qu’il est fou - ou les deux à la fois. Pour ce voyageur-là, il n’y aura pas de défilé (...)
43 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.