La personne la plus terrible et la plus tragique du XXème siècle serbe
Vuk Bačanović
Il est plus facile – et pour les descendants de ses victimes, compréhensible, presque impossible – d'imaginer Ratko Mladić comme s'il était né tel que nous nous le rappelons de Srebrenica : ostentatoire, enivré par la victoire sur une ville qui ne s'était même pas défendue, devant les caméras qui enregistraient comment deux siècles d'histoire se comprimaient en une seule phrase sombre sur le fait que, après la révolte contre les dahias (NDLR : dahias, ou dahije en serbe, désignent un groupe historique précis. Il s'agit d'officiers janissaires qui ont pris le contrôle de la région de Belgrade au début du XIXe siècle) le temps était enfin venu de « se venger des Turcs sur ce territoire ». Mais les gens, à la surprise de beaucoup qui perçoivent le monde comme un feuilleton bon marché, ne naissent pas en tant que criminels accomplis. Mladić est issu d'un monde qui, du moins dans son noyau moral officiel, méprisait l'idée de culpabilité par la naissance, le sang et la foi, et croyait (…)Lire la suite »























