Trois Réflexions d’Einstein, encore d’actualité, sur le Conflit Israélo-Palestinien

1. Dans une lettre, datée du 25 novembre 1929, adressée à Chaïm Weizmann, Albert Einstein a écrit :

« Si nous nous révélons incapables de parvenir à une cohabitation et à des accords honnêtes avec les Arabes, alors nous n’aurons strictement rien appris pendant nos deux mille années de souffrances et mériterons tout ce qui nous arrivera ».

Il convient de souligner qu’à cette époque Weizmann, citoyen britannique, venait d’être désigné comme Président de l’Agence Juive pour la Palestine, Agence qui avait été créée, en 1929, pour être l’Exécutif de L’Organisation Sioniste Mondiale en Palestine, alors sous Mandat Britannique. Mais, de fait, cette Agence a assumé le rôle de Gouvernement pour la population juive palestinienne. Par la suite, elle deviendra, en 1948, le premier Gouvernement de L’Etat d’Israël, et Weizmann deviendra le premier Président de cet Etat. En outre, Weizmann, qui est universitaire, chimiste de formation, a monté, avec Einstein, aux environs des années vingt, le Projet de l’Université Hébraïque de Jérusalem.

2. Au matin du 9 avril 1948, des Commandos de l’Irgoun, dirigé par Menahem Begin, et des membres de la Milice Stern investissent le village Palestinien de Deir Yassin pour y massacrer « 240 hommes, femmes et enfants » et « maintenir quelques uns en vie pour les faire défiler comme captifs dans les rues de Jérusalem ».

Ce massacre, qui a précédé de cinq semaines la proclamation de l’Etat d’Israël, a été planifié pour semer la terreur parmi les palestiniens, les obligeant à l’exil, et permettre à la Haganah, qui deviendra l’Armée du futur Etat Israélien, de détruire systématiquement plus de quatre cents villes et villages arabes après en avoir expulsé les habitants qui devinrent les premiers réfugiés palestiniens.

Dans une lettre au New York Times, datée du 4 décembre 1948 et signée avec une vingtaine d’autres personnalités juives, Einstein exprime, avec des mots forts et justes, son horreur devant le massacre de Deir Yassin. Il y dit, en particulier :

« Par son organisation, ses méthodes, sa philosophie politique et son discours social le "Herout" (Parti politique ancêtre du Likoud, le Parti de Benyamin Netanyahou) ressemble aux partis nazis et fascistes [The "Freedom Party" (Tnuat Haherut), a political party closely akin in its organization, methods, political philosophy and social appeal to the Nazi and Fascist parties] ».

3. Enfin, à propos des Colonies, Albert Einstein a déclaré, dans une lettre, datée du mois de mars 1952, adressée au Rabbin orthodoxe Louis Rabinowitz qui lui avait écrit pour justifier la Colonisation :

« Être baptisé dans des eaux juives n’implique pas l’immunité ».

Salah HORCHANI

COMMENTAIRES  

24/09/2011 19:15 par Salah HORCHANI

Et cela perdure :

Le quotidien Haaretz (troisième quotidien d’Israël) n’a pas hésité, à écrire, sous la plume de Bradley Burston, que certaines décisions du Gouvernement Israélien d’aujourd’hui sont dignes d’un état fasciste (HAARETZ.com 18.05.10).

Salah HORCHANI

24/09/2011 21:28 par Salah HORCHANI

La Question du Jour :

Devant les souffrances du Peuple Palestinien qui perdurent depuis plus de six décennies, la question qui s’impose est de se demander comment se fait-il qu’un peuple qui a subi la barbarie nazie la plus atroce peut se montrer aussi cruel envers un autre peuple ? Je suis sûr que ce qui se passe, aujourd’hui, sur la Terre de Palestine doit indigner ces millions d’innocentes victimes de la Shoa qui nous regardent de là -haut ou de quelque part !

Salah HORCHANI

24/09/2011 22:27 par legrandsoir

comment se fait-il qu’un peuple qui a subi la barbarie nazie la plus atroce peut se montrer aussi cruel envers un autre peuple

Réponse : ce n’est pas un peuple qui se montre cruel, mais une idéologie.

24/09/2011 23:29 par Louise

Lire Le Septième Million
par Tom Segev. Trad. par Eglal Errera. Liana Levi

Sur Internet, cet article de Catherine Nicault :
La Shoah et la création de l’État d’Israël : où en est l’historiographie ?

Le sionisme n’est pas un mouvement à vocation philanthropique, mais un mouvement politique qui a une mission à accomplir et une seule : fonder un État pour les Juifs désireux de se mettre au service de ce grand dessein. D’où ce propos fameux d’Eliahu Dobkin, directeur du Département de l’immigration de l’Agence juive à l’automne 1944 : « Le sionisme n’a pas pour mission de sauver les Juifs d’Europe, mais de sauver la Palestine pour le peuple juif ».

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