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Sa « Sainteté » le dalaï-lama

Un théocrate féodal

Recension du livre "La face cachée du dalaï-lama"

« Ce livre*, à contre-courant de la doxa ambiante, va vous révéler un pouvoir dalaïlamiste résolument figé dans l’ignorance, la misère et un esclavagisme maintenu par des lois d’une incroyable cruauté sur fond de mœurs sexuelles perverses (viols de femmes et d’enfants) », prévient l’auteur dans son communiqué de presse.
Il n’a pas tort, preuves qu’il va nous donner à l’appui.

En 2013 le dalaï-lama a confié à la chaîne d’information CBS sa dévotion pour les femmes tout en regrettant que, dans les couples, « une large partie de l’argent est utilisée par les épouses ». Des dispendieuses, sac à main Vuitton, luxueux sticks de rouge à lèvres et tout le toutim à la clef.

En 2015, il a récidivé à la BBC, précisant : « Si une femme me succédait, elle devrait avoir un visage très très séduisant ». Remarque s’ajoutant à de prétendus attributs intrinsèques : « les femmes, biologiquement, ont plus de possibilité de montrer de l’affection et de la compassion ».

En 2019, il est revenu sur l’hypothèse où une femme devait le remplacer : « Pourquoi pas, elle devra être belle sinon elle sera inutile. »

Depuis des décennies déjà, Sa « Sainteté en exil », comme Elle se nomme Elle-même, avait laissé poindre une misogynie constante qui aurait dû alerter ses adoratrices, mais aussi ses adorateurs pour qui les femmes ne sont pas que des créatures inférieures aux hommes.

Interrogé sur la question de l’homosexualité par l’hebdomadaire Le Point le 23 mars 2001, il répondait : « Cela fait partie de ce que nous, les bouddhistes, appelons “une mauvaise conduite sexuelle”. Les organes sexuels ont été créés pour la reproduction entre l’élément masculin et l’élément féminin et tout ce qui en dévie n’est pas acceptable d’un point de vue bouddhiste (Il énumère des doigts) : entre un homme et un homme, une femme et une autre femme, dans la bouche, l’anus, ou même en utilisant la main. (Il mime le geste de la masturbation.) »

On voit sur des photographies le vieillard, 87 ans aujourd’hui, tirer la langue à un enfant apparemment décontenancé, juste après lui avoir demandé : « Peux-tu me sucer la langue ? » Le dalaï-lama s’excusa et évoqua une « taquinerie ». (Voir image dans La Raison, n° 682, juin 2023.)
Répugnant.

Une religion fondée sur la haine de l’autre

Maxime Vivas, romancier, essayiste, prix Roger Vailland, en appelle ici à une analyse critique de ce que fut (et ce qu’est) le Tibet sous la férule des précédents dalaï-lamas et de celui-ci, qui, pour avoir été le seul capable de désigner des objets ayant appartenu au treizième dalaï-lama, décédé en 1933, fut proclamé comme sa réincarnation.

Mais deux mots sur Ernst Schäfer (1910-1992), tout d’abord, un brillant zoologue qui participa à deux expéditions organisées en 1930-1932 puis en 1934-1936 en Chine et au Tibet avec le soutien logistique et moral d’Heinrich Himmler. Schäfer atteignit Lhassa le 19 janvier 1939 et y resta deux mois. Mais il ne put y rencontrer le quatorzième (et encore actuel) dalaï-lama, alors âgé de 4 ans : en effet, ce dernier n’avait même pas commencé le long voyage qui, de sa région d’origine (Amdo, au Nord-Est du Tibet, par-delà le Yangtsé), l’amena à Lhassa seulement le 8 octobre 1939. En revanche, il rencontra le régent, Reting Rinpoché – « rinpoché est un titre honorifique signifiant « précieux » – qui lui confia une lettre de courtoisie et quelques présents à remettre à Hitler.

Joli oiseau aussi que Sogyal Rinpoché (1947-2017) grand maître bouddhiste tibétain, immensément riche, toujours entouré de ses dakinis, des disciples jeunes et jolies, soumises à tous ses caprices, colères et désirs... Il fut le fondateur des centres Rigpa, le réseau international de structures bouddhistes, connues pour leurs nombreux faits de violence et abus en tous genres. (L’organisation comprend 130 centres répartis dans 41 pays.)

Intéressant également, l’actuel porte-parole du dalaï-lama, Matthieu Ricard (né en 1945), fils du journaliste ultra-réactionnaire Jean-François Revel (1924-2006). Le bouddhisme est une religion comme une autre. Fondée sur la haine de l’autre. À preuve, s’il en fallait, les guerres civiles, les tortures afférentes infligées par les bouddhistes au Sri Lanka et en Birmanie à leurs voisins hindis ou musulmans.
Matthieu Ricard est traducteur et moine bouddhiste français. Il est l’interprète officiel francophone du 14e dalaï-lama. Depuis 2010, il voyage et donne sans cesse des séries de conférences, sillonnant le monde attaché-case à la main. Or, l’État français, félicitant ses bons serviteurs (récompense pour récompense), lui a octroyé, en dépit des lois de 1905, l’Ordre National du Mérite. Il y a une demi-douzaine d’années, la valeur nette et les avoirs de Matthieu Ricard étaient déjà estimés à une fortune personnelle supérieure à 5 millions de dollars.

Prix Nobel de la paix (en 1989) – comme Lech Walesa, né en 1943 (Nobel 1983), cureton de chez cureton, lapinant à qui mieux mieux (8 enfants), ou avant eux Henri Kissinger (1923-2023, Nobel 1973, parrain du napalm et de l’agent orange épandus sur les forêts du Vietnam, le Nobel de la paix abrite d’assez peu reluisants personnages – et symbole de sagesse, le dalaï-lama, fagoté sous son élégante toge safran, rassemble les foules partout où il passe. Il est adulé voire sacralisé. Dès lors, qui remettrait en cause ce « dieu vivant » ?

Maxime Vivas a osé s’attaquer au mythe, remercions-le en : et si le dalaï-lama n’était autre qu’un théocrate féodal, chaussé de Weston qui remplit d’or les coffres de ses palais et porté à la tête d’un gang mafieux, et que les Tibétains ne seraient que des serfs auxquels on refuse toute éducation et tout minimum vital ?
Un livre à lire sans tarder.

Alain (Georges) LEDUC

Alain (Georges) Leduc, membre de l’Association internationale des Sociologues de Langue française (AISLF) et de l’Association française des Anthropologues (AFA).
*Maxime Vivas, La face cachée du dalaï-lama. Esclavage, pédophilie et viols. Paris, Max Milo, 2003, coll. « Essais-documents ». 19, 90 €.

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