Venezuela, trois hypothèses et un conflit en marche (Kaos en la Red)

Modesto Emilio GUERRERO

Dans le scénario qu’ils doivent affronter, Obama et le Département d’État et du Comando Sur ont plusieurs obstacles à vaincre.

A l’encontre de toutes les prévisions, le gouvernement vénézuélien a réussi à réunir au Palais de Miraflores une douzaine de maires et fonctionnaires de la Mesa Unidad Democrática d’opposition, le propriétaire du plus grand empire industriel du pays accompagné d’autres capitalistes, les représentants de trois églises et plusieurs artistes et sportifs qui ne sont pas non plus chavistes. En plus, évidement, des principales figures institutionnelles du gouvernement, à l’exception de celles du pouvoir populaire.

Cette campagne de paix est structurée par régions, mouvements et localités de tout le pays autour de deux objectifs. Isoler les éléments les plus violents de l’opposition et chercher un accord économique, productif, commercial et politique, avec les facteurs dominants de la droite et les E.U.

Cela n’a pas été facile et ne le sera pas d’avantage à l’avenir. Presque 90% des partis de la Mesa Unidad Democrática, MUD, réunie en assemblée ont voté en faveur d’une méconnaissance de l’appel de Maduro et décidé de rester ferme dans une attitude de sabotage de la gouvernabilité, leurs divergences concernent les questions de « quand et comment » y parvenir, et surtout de savoir qui prendra la tête de ce mouvement. Mais les principaux acteurs politiques de la MUD ne suivront pas la proposition du gouvernement, même par obligation institutionnelle. Ce qui fut le cas de Capriles Radonski, Gouverneur en fonction pour la seconde fois dans l’état de Miranda, voisin de la Capitale Vénézuélienne.

Trois données clés de la conjoncture

Ce rapprochement diplomatique contre la violence démesurée des facteurs les plus radicaux de la MUD ne peut se comprendre qu’en tenant compte de trois données clés de la conjoncture vénézuélienne.

La première est que les émeutes violentes politico-militaires de Leopoldo López et de son mouvement fondamentaliste Volonté Populaire ont été contenues, freinées, et temporairement maîtrisées. Le côté insurrectionnel qu’il voulait donner à ses actions pour ukrainiser le pays s’est terminée par l’échec de l’aventure mais ses forces militantes parmi la jeunesse universitaire la plus ultramontaine n’ont pas été démantelées, encore moins leur solide conviction et leur détermination, ni celle des appareils qui leur fournissent un appui militaire opératif (principalement la Feudail – Fondation de l’Internationalisme Démocratique Avarado Uribe Vélez (qui correspond à sa fondation Démocratie Internationale qui réunit le Fascisme Mondial dans une organisation unique où les interactions transnationales sont multiples et permanentes, Aznar en est un des notables membres européens NdT). Ce qui est nouveau dans le processus révolutionnaire bolivarien, c’est le surgissement de quelques milliers d’étudiants chargés d’une haine antichaviste accumulée en 15 ans d’inculcations idéologiques, qui remontent au biberon, aussi furieuses que droitières.

L’ingrédient le plus modéré de ce nutriment générationnel (l’âge moyen des manifestants est de 20 ans) est le mépris de tout ce qui s’écarte du modèle de vie et de consommation de Miami. Cette strate juvénile qui se risque à faire dans les rues ce que 4 millions d’opposant ne voulaient pas, cette fois, s’appuient socialement sur quelques 50 000 jeunes de quatre universités privées, et d’une, publique, néo-libéralisée, la UCV, l’Université Centrale du Venezuela. La personnalité la plus représentative de cette génération n’est pas Capriles Radonski, elle s’appelle Leopoldo López, qui est à présent prisonnier et mis en déroute.

Ce recul de l’ennemi déployé entre le 6 et le 19 février doit être évalué comme un acquis tactique du gouvernement. Mais cette avancée se fait sur un terrain fragile, vitreux où les accords et discussions doivent se soumettre à l’épreuve des faits dans une société où ceux d’en bas ne supportent plus ceux d’en haut et vice-versa. En contradiction absolue avec le calendrier du gouvernement, accompagné maintenant par une partie minoritaire de l’opposition dans la Conférence de Paix, réalisée à Miraflores, est adopté selon les documents et déclarations un autre agenda.

Tant la députée Maria Corina Machado, associée de López, que d’autres secteurs de la MUD, que le maire de Caracas, Antonio Ledezma et plus de 85% des députés et maires de la droite, sont axés sur la proposition et le programme nommé « Le Raccourci », promu par différents intellectuels de l’opposition. Ce n’est pas un raccourci par hasard. Ils sont convaincus que nous sommes dans une année dans laquelle les conditions objectives sont propices pour retourner Maduro et entamer la mise en déroute du puissant mouvement chaviste.

L’auteur de cette « théorie » ou son diffuseur, Alberto Franceschi, un ex-marxiste, dit, « c’est maintenant ou jamais », parce que les effets sociaux de l’effondrement dans la distribution des aliments, la spéculation des entrepreneurs, la chute des rentrées fiscales, le choc de la dévaluation que subissent les gens et la déstructurante pénurie, justifient une modification du calendrier électoral et des actions comme celles de février. Selon ce calendrier, mai prochain serait le mois décisif, comme cela a été dévoilé par une conversation téléphonique entre le chef de la MUD, Guillermo Aveledo, et un général en retraite de leurs affiliés, disponible sur le web. Ce calendrier subversif est la limite des actuelles négociations, à l’intérieur et hors du palais de Miraflores.

La seconde donnée se concentre sur le gouvernement de Nicolas Maduro lui-même. De ce qu’il fait à ce qu’il ne fait pas, dépendra l’autre partie de la solution de la crise. Ces décisions gouvernementales se concentrent dans quatre cadres : l’économie productive, le contrôle du commerce extérieur, les finances spéculatives de la banque et sur le même plan de responsabilité ce qu’il fera ou ne fera pas concernant le secteur corrompu à l’intérieur du gouvernement, converti à ce niveau en l’un des trois pires ennemis du gouvernement lui-même. Le caractère improductif dans l’économie de cette bureaucratie, son esprit conservateur et son attitude ouvertement antidémocratique avec le mouvement, cohabitent avec les ennemis exterieurs du gouvernement et ceux qui sont dans le pays.

Le troisième facteur. La complexe réalité économique vénézuélienne impose d’examiner la question suivante : jusqu’où est décidé à aller le Département d’État ? Il donne des signaux contradictoires, pas avec sincérité, par ruse. Il a été démontré dans les émeutes de février 2014 que dès ce moment il n’a pas eu une politique unique envers le Venezuela. S’il en avait été ainsi, février 2014 aurait ressemblé d’avantage au 11 avril 2002. C’est un fait connu de l’histoire que dans des situations de haute intensité comme celle-ci, Washington n’agit pas seul. Il doit le faire à travers des médiations locales et internationales.

Il ne se risque pas non plus sans les résultats d’une préparation systématique de l’opinion publique de la région et d’une partie du monde. Dans le scénario qu’ils doivent affronter au Venezuela, Obama et le Département d’État et du Comando Sur rencontrent divers obstacles à vaincre. Ils ne peuvent justifier facilement – en réalité ils n’ont rien pour le soutenir – que le gouvernement de Nicolas Maduro serait une tyrannie dans le style de celle de Mouammar Kadhafi, autoritaire comme l’Ukraine ou isolée par la moitié du monde comme l’Irak de 2003.

Ils ne peuvent pas non plus se servir des ressources de la “guerre de basse intensité” comme ils le firent avec bonne fortune au Honduras en 2009, quand il suffit d’une décision judiciaire contre l’ex-président Manuel Zelaya, pour que les forces réactionnaires du pays s’organisent autour d’un coup d’état triomphant. Ils ne peuvent non plus reproduire la combine antidémocratique du Paraguay en 2012, où ils purent utiliser la conspiration orchestrée par un journal populaire comme AbcColor, une multinationale (Monsanto), les partis du capital paraguayen, la corruption de la police et les sommets de la hiérarchie militaire, pour soutenir le renversement du gouvernement de Lugo depuis le Sénat. Toutes ces conditions sont de peu de poids dans un pays qui vit un processus révolutionnaire à travers les canaux républicains, respectant et amplifiant les pouvoirs classiques de la fiction démocratique bourgeoise (au Venezuela il y a cinq pouvoirs et non trois), et soutenu par un puissant mouvement social regroupé dans un pouvoir populaire en gestation d’une grande conscience politique.

Pour finir, une clé dans la perspective immédiate : il existe au Venezuela une force armée sans fissure visible, mais ce serait manquer de sérieux de penser qu’il en sera toujours ainsi. D’autant moins dans une réalité toujours plus marquée par la tension entre forces sociales irréductibles. Il n’y a pas de corporation qui y résiste longtemps. Les voyages du Ministre des Affaires du Venezuela dans le Mercosur et d’autres pays amis dans le monde, la contre campagne médiatique du gouvernement bolivarien et de ses amis dans le monde et par-dessus tout la capacité politique qu’à Maduro de s’appuyer dans la mobilisation des organisations, classes et secteur du pouvoir populaire bolivarien, facilitent la tâche défensive face à l’attaque annoncée pour mai, ou les mois suivants. La campagne pour la paix mise en marche par le gouvernement de Maduro devra traverser ces épreuves et celles issues de son propre mouvement.

Ce mouvement chaviste a été éduqué par le processus révolutionnaire et le commandant Chávez, dans la saine idée de ne pas conclure de pacte, ni de co-gouverner avec la bourgeoisie. « Non seulement, c’est une classe à l’âme mauvaise, non chico, ... c’est qu’en plus ils nous maintiennent dans une guerre permanente depuis 2002, et sans doute même avant, ils ne nous laissent pas en paix, donc... », déclare-t-il dans « Aló Presidente » de novembre 2010, et il le répéta des milliers de fois. Cette bonne idée a pris place dans la tête de millions de Chavistes, traduite dans un gouvernement de gauche sans représentants directs de la classe capitaliste. Missions sociales gratuites, développement culturel, large démocratie politique, etc.,... Dans ce cadre, si complexe à présent, se jouera le destin du processus bolivarien tout au long de l’année 2014.

Modesto Emilio Guerrero

Source en Espagnol
Venezuela, tres hipótesis y un conflicto en marcha

Lundi, 3 Mars 2014

Traduction Anne Wolff

 http://les-etats-d-anne.over-blog.com/article-venezuela-trois-hypotheses-et-un-conflit-en-marche-122820145.html

COMMENTAIRES  

05/03/2014 09:12 par Dominique

Si je compare la situation au Venezuela avec celle de pays de l’est, je ne peux que relever le fait que la Russie et les autres pays de l’est qui ont réussit à échapper aux "révolutions" de couleur pilotées par l’occident ont non seulement pris des mesures législatives contre les ONG pilotées par l’occident, mais que ces pays ont également organisés des milices d’auto-défense. Cuba a depuis longtemps les siennes avec les CDR.

La comparaison s’arrête là, les pays de l’est étant tous beaucoup plus capitalistes aujourd’hui que les révolutions bolivariennes. Ceci montre néanmoins que la non violence, ou plutôt le monopole d’état de la violence prôné par les révolutions bolivariennes a ses limites, et que dans un processus de démocratisation de la démocratie, il est essentiel que les populations soient associées à l’état et partie prenante dans la défense armée de ce processus.

De plus, donner ainsi au peuple le pouvoir de défendre activement sa révolution aux cotés de l’armée et de la police ne peut que contribuer également à démocratiser ses deux institutions et faire d’elles de véritables partenaires du peuple.

05/03/2014 09:24 par Dominique

Il est dit dans l’article qu’au Venezuela il y a 5 pouvoirs et non pas 3. J’aimerai bien en savoir plus sur cette question, même sous la forme d’un simple lien. Merci.

05/03/2014 19:17 par Caouec

En réponse à votre message, les 5 pouvoirs reconnus par la constitution bolivarienne : l’Exécutif, le Législatif, le Judiciaire, l’Electoral et le Citoyen. Voir ici (extraits de la Constitution, en espagnol)...

06/03/2014 01:10 par andre

Les journalistes n’ont pas été invités a la conférence pour la paix. 80 journalistes vénézuéliens et étrangers ont été violentés alors qu’ils faisaient leur travail, certains amenés de force au Fuerte Tiuna militaire, et leur matériel de travail confisqué.
Les étudiants manifestent contre línsécurité a l’interieur meme des universités, vols et agressions de la part des "colectivos" milices armées bolivariennes, mais aussi contre la pénurie des produits tels que l’huile, la farine de blé et de maiz, le sucre, le café,le papier "q", le lait, la viande, c’est a dire les produits de base. Alors que le Vénézuéla vend des millions de barils de pétrole par jour et que cela fait 15 ans que la révolution est en marche il parait incroyable que le pays se trouve dans cette situation et avec 50% d’inflation. Effectivement cette situation s’écarte du modele de vie et de consomation de Miami, mais je crois que dans n’importe quel pays cette situation désastreuse provoquerait aussi des contestations.
Je ne crois pas que l’Université centrale du Vénézuéla soit néo libérale, elle est simplément autonome, ce n’est pas le cas des universités bolivariennes. J’ajoute que la UCV est publique et complétement gratuite, mais il y en a plusieurs autres universités publiques et non " bolivariennes" dans d’autres villes du pays comme la ULA universidad de los Andes, la LUZ la universidad del Zulia, la UCLA la universidad de Barquisimeto, UDO la universidad de oriente et la universidad de Carabobo, n’oubliez pas que la contestation studiantile a commencé a San Cristobal, dans la UCAT, universidad del Táchira, suite a une tentative de violation d’une étudiante de la part des membres des "colectivos" et cela a l’intérieur meme de la fac. Il y a, vous voyez, pas mal d’universités publiques et autonomes au Vénézuéla qui existent bien avant que Chavez soit arrivé au pouvoir et je doute que tous ces étudiants soient des habitués de Miami.
Concernant votre dernier paragraphe, voila pourquoi le "dialogue pour la paix" de Maduro est pour le moment réfusé par l’opposition, hélas, comment dialoguer avec un pouvoir qui méprise ses oppositeurs ? qui les accuse de facistes, de néonazis, de "escualidos" et j’en passe et des meilleurs ? alors que les violences continuent tous les jours ?

06/03/2014 05:32 par legrandsoir

Nous publions ce commentaire comme démonstration de l’aveuglement et de la surdité des détracteurs de la révolution bolivarienne. On y trouve tous les poncifs concoctés par les médias vénézuéliens qui ne cessent de prouver depuis des décennies que la vérité et la démocratie sont les cadets de leurs soucis. Mais surtout, on y observe que, même si LGS a publié des dizaines d’articles étayés, documentés, irréfutables, les mêmes arguties hostiles reviennent comme une balle de Jokari.
C’est comme discuter avec quelqu’un qui vous répète 100 fois sur tous les tons que la terre est plate. Vous lui démontrez qu’elle est ronde et il reprend : « Donc, puisqu’elle est plate (à part quelques montagnes et le gouffre de Padirac)… »
Un seul exemple : le lecteur qui signe Andre écrit : «  Alors que le Vénézuéla vend des millions de barils de pétrole par jour et que cela fait 15 ans que la révolution est en marche il parait incroyable que le pays se trouve dans cette situation et avec 50% d’inflation ».
Viktor Dedaj n’a-t-il pas réfuté ironiquement ici (http://www.legrandsoir.info/venezuela-socialisme-et-penurie.html) cet argument ( et bien d’autres) : « Au Venezuela, après la Révolution, l’inflation est devenue galopante à 50 %. Avant la révolution, l’inflation marchait d’un pas indolent à 120 % (avec une moyenne de 60% au cours des dix années précédentes) ».
MV

06/03/2014 11:46 par Anne Wolff


Washington fait de nouvelles avancées dans le processus d’invasion

De Chávez, j’ai appris beaucoup de choses. Mais une des plus importantes, c’est d’avoir lu après avoir écouté ses conférences de Presse, en direct, mot à mot, phrase par phrase, l’incroyable transformation de ce qu’il disait… ce n’était pas une simple transformation, non, c’était carrément le contraire. J’ai compris alors que je ne ferais plus jamais confiance en rien de ce que disent nos médias.
Depuis j’ai appris que leur pouvoir non pas de désinformation, le mot est bien trop faible, d’intoxication des consciences serait plus juste était un de ces outils outils bien au point d’une nouvelle forme de guerre, dans laquelle la guerre psychologique, joue un rôle majeur.
Je vais reprendre quelques-uns des arguments de Chavez, d’une de ces conférences de 2009, après le coup d’état au Honduras, parce qu’ils sont malheureusement tout à fait d’actualité. Une petite parenthèse édifiante. alors que je suivais, jour après jour (nuit après nuit en fait) ce coup d’état au Honduras, j’avais repéré que le même commentaire, mensonger, prouvable, (si quelqu’un veut les détails, pas de problème) revenait avec des petites variantes et des signatures fantaisistes de mêmes connotations sur tous les sites solidaires du peuple du Honduras . J’avais rassemblé ces commentaires pour les publier sur mon blog, après quelques péripéties, leur auteur s’était dénoncé, il m’avait expliqué par message qu’il accomplissait cette mission pour l’institut CATO, au nom de la « défense de la démocratie et de la liberté ». J’ajoute que quand j’avais publié cet aspect des choses, expliquées par courriel, il s’était fait nettement plus menaçant.
Ce coup d’état de juin 2009, et une reprise d’avancée de la militarisation en Amérique Latine, en Colombie en particulier, avait très clairement annoncé la couleur de la politique étrangère d’Obama, alors nouvellement en fonction.
Chávez avait très bien compris ce que cela signifiait… lors d’une conférence de presse, après les passages bouleversant dans lesquels il décrivait les effets des interventions « yankee », celles anti-humanitaires comme les autres, où il décrivait avec précision les ravages de ces interventions, qui laissent des pays pavés de morts, des enfants qui agonisent sous les décombres et que personne ne peut sauver, les infrastructures détruites, des siècles de recul, la misère quotidienne qui en résulte, un clair programme anticipé, détaillé de ce que depuis ont subi la Lybie, la Syrie, alors qu’il nous décrivait les effets terribles des bombes à l’uranium appauvri, il nous amena à la conclusion que aucune personne digne de ce nom ne pourrait jamais souhaiter une telle intervention même chez son pire ennemi.
Son autre conclusion, était qu’il allait créée la défense militaire suffisante pour dissuader une telle intervention….
CHAVEZ VEUT LA GUERRE !!! titraient nos media le lendemain.
Dans la même veine, on peut rappeler, la petite blague de Chavez et Ahmadinejad : « Ils vont encore dire que si on se réunit, c’est parce qu’on veut bombarder Washington », et les deux de rigoler…
CHAVEZ ET AHMADINEJAD SE PRÉPARENT A BOMBARDER WASHINGTON.
Le Grand Soir fait partie de ceux qui avaient à l’époque rectifié le « tir ».
Aujourd’hui, nous en avons un peu plus sur les intentions de Washington.
1) Une sous-commission du Congrès prépare le gel des avoirs des vénézuéliens officialistes aux E.U. ainsi qu’une restriction des visas accordés aux vénézuéliens.
2) Samedi passé, lors d’une réunion de l’Organisation des Etats Américains, menés par le directeur de cette organisation et les pays ou TERREUR est un mot qui décrit le quotidien (Colombie, Mexique, Honduras... ),Panama
et à l’encontre de la volonté d’une grande partie des pays de la région (ceux où ne se ramassent pas chaque jour les morts assassinés d’un résistance à l’accaparement des terres et des ressources du pays par les "investisseurs étrangers" dans une guerre qui ne dit pas son nom) ont avancé de nouveaux arguments et proposé de créer une commission préalable à une intervention militaire au Venezuela
3) López depuis sa prison a appelé à continuer l’action violente pour faire tomber le gouvernement, Alors que Capriles met au point une nouvelle forme de commandos d’intervention qu’il faut que je relise en détails pour bien en comprendre le mécanisme.
Mai est une date avancée pour cet assaut, cela laisse deux mois.
Ce sont les éléments les plus marquants de l’avancée de la chronique d’une invasion annoncée. De celles qu’on ne souhaiterait pas à son pire ennemi.
J’ai beaucoup réfléchi cette nuit à ce qui pourrait être fait ici par tous ceux qui le souhaitent pour contrer cette horreur annoncée. Comment faire pour démonter cette monstrueuse manipulation médiatique. J’ai une proposition, après chacun en pensera ce qu’il voudra : je crois que le Pouvoir Populaire du Venezuela, devrait organiser dans le monde des Ambassades de Paix. Des caravanes, visibles avec des gens du peuple du Venezuela qui viennent expliquer, jusqu’au fin fond des petits villages quand c’est possible, à un maximum de gens, ce qu’est leur réalité et ce qui les menacent, et pourquoi. Et tous ceux qui se sentent solidaires, pourraient se mettre ensemble pour apporter chacun leur part, à leur mesure, dans l’organisation de ces Ambassades, et ce serait certainement plus que bénéfique pour tous ceux qui pensent qu’il est plus que temps d’organiser entre nous les réseaux d’une solidarité active en Europe.

C’est une proposition.

06/03/2014 14:06 par Lionel

@Anne, votre proposition me semble très bonne.
Le Comité "Chiapas" de Toulouse l’a fait avec des paysans et des ingénieurs agronomes qui ont visité des fermes et des petits exploitants, j’en ai eu un excellent écho.
Mais comment ne pas tomber dans la marginalisation ?
Les petits paysans se font rares et l’écho en question est parvenu jusqu’à ma maison mais guère plus...
L’autre versant est la ville, où il est important de ne pas tomber dans une autre marginalisation, celle des intellectuels militants et de se faire entendre des médias sans pour autant perdre toute vigilance, donc faire venir des personnes qui soient assez aguerries pour affronter la manipulation journalistique.
L’échelle d’application nécessaire me semble si grande...

06/03/2014 15:47 par Anne Wolff

J’ai appris à travers les expériences auto-organisées auxquelles j’ai participé, que la première étape est l’évaluation des « forces ». Sur qui peut-on compter, quels sont les capacités de chacun, ses possibilités de contributions logistiques, qu’elles sont les complémentarités qui en résulte.
J’ai lancé cet appel, ici et sur mon blog, d’abord pour vois s’il y avait du répondant, dans quelle mesure. C’est une première étape… Et peut-être qu’on découvrira que peu de gens se sentent concerné ou le contraire, s’il y a un début de réponse, une première chose sera de chercher les bons relais, et créer le medium pour échanger sur ce projet précis.
Ensuite si les forces nécessaires existent, il y aura une étape suivante, l’invitation au Pouvoir Populaire qui lui-même compte des forces et structures éprouvées. Après, si l’idée leur plait - et je pense qu’elle a de grandes chances de recevoir un accueil positif, les manipulations médiatique en Occident, les atteignent entre tristesse, colère, et une grande déception aussi - si nous pouvons les aider par des traductions et ce genre de chose, ce sera à eux de se présenter, je pense à exposition ambulante (avec vidéo). Conférence débat et artistes, et les moments de convivialité pour apprendre à mieux se connaître, sont les bases.
Les forces : elles impliquent une logistique : intendance, déplacement et des lieux ou organiser des rencontres, spectacles… à évaluer si elles sont suffisantes et ce qu’elles rendent possible, que ce soit dans une grande ville ou un tout petit village. Et je pense qu’il ne faut pas viser des manifestations de masses, mais plutôt des effets « boule de neige », que chaque fois que des gens manifestent leur soutien à cette opposition oligarchique (oligarchique dans le cadre de l’opération de Paix c’est selon les chiffres de 70% à 86% de la population qui soutiennent le gouvernement contre ces rebelles méprisants et violents), il se trouve quelqu’un qui puisse dire en sachant de quoi il ou elle parle : "Soutenir cette opposition, c’est se faire complice d’un massacre, celui d’un peuple, celui de toutes les forces vives d’un continent avec qui nous avons un ennemi commun qui nous condamne à la misère, à l’austérité, au conformisme".
Un très beau texte d’Eva Golinger en espagnol, qui décrit le passage de Chavez à Vienne, en 2006 et qui pourrait nous inspirer :Chávez : Un Gigante bajo la Luna

Et de garder dans un petit coin de sa tête que face au méga-forces qui alimentent l’opposition, nous ne sommes pas maîtres de l’issue, seulement de savoir si nous menons ou pas une lutte solidaire et de le faire pour ceux qui le décident, ou de baisser les bras sans avoir essayer pour les autres...
Et au cas où ces forces existent qui sait comment créer un site, un forum adéquat pour monter ce genre d’organisation est la première question urgente.

07/03/2014 07:05 par Dominique

Pour les questions légales de nom de domaine etc, je n’ai jamais fait. Après il faut un hébergeur. Je pense qu’il faut si possible éviter de le choisir dans un pays de l’empire. Pour le site, je pense que pour des raisons évidentes de sécurité, trojan, virus, etc, il faut qu’il tourne sous GNU/Linux, de même que les ordinateurs utilisés pour son administration.

Après la forme du site est à voir. Peut-être un mélange de forum et de wiki, le forum a l’avantage de permettre plus de discussion et de participation, le wiki de permettre de mieux faire ressortir et hiérarchiser les points importants. Les deux nécessitent une base de données, et autant pour les forums que pour les wikis et les bases de données, il existe tout une série de logiciels libres qui ont fait leurs preuves.

Après le problème du wiki est que si la base des contributeurs est faible, ce sont toujours les mêmes qui vont si coller alors qu’ils n’ont pas forcément que ça à faire. Pour cela, il me semble mieux de commencer avec un forum, ce qui n’empêche pas de mettre aussi un wiki à disposition.

Il faut aussi une bonne stratégie de backup du site sur au moins deux, voir trois ordinateurs différents.

Pour ce qui est de l’installation des programmes, je connais bien linux et je peux contribuer. Pour ce qui est de leur configuration et de leur gestion, je n’administre que des sites sur des hébergeurs de logiciels libres comme sourceforge, lesquels fournissent toutes sortes de facilités, donc ce serait un pas en avant pour moi. Si personne n’ayant de l’expérience dans l’administration d’un forum ne se lance, je peux essayer. Je m’étais fait un wiki personnel il y a une année, cela n’avait pas été sorcier, il faut prendre le temps de lire les docs et de faire des essais.

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