 |
Informer n'est pas une liberté pour la presse, mais un devoir |
 |
|
|
4 commentaires
11 juin 2009
Les ravages de la LRU, contribution pour un bilan
Bernard GENSANE
photo : B. Gensane
Alors que le combat contre la LRU est (provisoirement) perdu, il convient de commencer à dresser le bilan de ces mois de luttes, qui se sont soldées par un échec pour la raison toute bête que le rapport de forces n’a jamais été en faveur des opposants au pouvoir politique. Le nombre des universités ayant accepté la LRU a toujours été nettement supérieur à celui de celles qui la contestaient, et à l’intérieur même des universités contestatrices les grévistes furent toujours minoritaires. Il ne faut pas se voiler la face ; et l’on gardera à l’esprit qu’en 2008 la corporation des chauffeurs de taxis avait remporté un combat de 48 heures contre Sarkozy parce qu’elle était gréviste à 90%.
Pour réfléchir, je voudrais m’aider (en décentrant quelque peu le débat) des réflexions de Christopher Newfield, professeur de littérature à l’université de Californie, et de son livre Unmaking the Public University. The Forty-Year Assault on the Middle Class (Cambridge, Harvard University Press, 2008).
Dans cet indispensable ouvrage, l’auteur explique comment « démonter » (to unmake ), en d’autres termes, flanquer par terre, l’université publique. Ce qui vaut pour l’université outre-Atlantique vaut, naturellement, en tout point, chez nous. Newfield donne sept recettes :
Exiger, en matière budgétaire, rigueur, transparence et responsabilité (le “ R ” de LRU). C’est aberrant, à la limite obscène car la culture est du ressort de l’impalpable. Combien valait une heure de pause de Mona Lisa face à Léonard de Vinci ? C’est aberrant, mais cela permet et oblige à quantifier une heure de thème de grec ancien par rapport à une manip’ d’électro-acoustique, le tout opposé à l’achat de cinquante rideaux de salle de classe. Depuis une vingtaine d’années, de nombreux universitaires « gestionnaires » ont intériorisé cette démarche, enseignants de droite, mais aussi de gauche, principalement (mais pas seulement) affiliés à la CFDT. Peu importe, donc, qu’aucun gestionnaire ne parviendra jamais à quantifier ce que vaut, en espèces sonnantes et trébuchantes, un cours de littérature anglaise. Dans le même ordre d’esprit, l’alphabétisation d’un enfant en cours préparatoire est-elle plus rentable pour un pays comme la France que la production d’une Laguna ? Je défie les enseignants qui se sont ralliés, plus ou moins consciemment, bon gré mal gré, à la pratique sarkoziste de la gestion du bien public de répondre à cette question.
Imposer l’autonomie comptable. Cette autonomie est, bien sûr, un leurre. À moyens constants (de fait, en baisse dans la plupart des pays du monde), cela oblige les établissements (universités), mais aussi les plus petites unités (les départements) à gérer par eux-mêmes les ajustements imposés par le contexte extérieur. Cela débouche par voie de conséquence sur une lutte au couteau entre ces composantes et, à l’intérieur de ces composantes, entre les personnels eux-mêmes.
Précariser sans fin. En France, cela a commencé sérieusement dans les années soixante-dix, sous Giscard, avec la création d’un statut officiel de personnels enseignants exploités, des agrégés ou des certifiés contraints d’effectuer des services doubles de ceux de leurs collègues recrutés normalement. Depuis 1970, aux États-Unis, la proportion des enseignants et administratifs recrutés à temps partiel a doublé par rapport à celle des titulaires. Ces exploités sont victimes d’un cercle vicieux infernal puisque, effectuant davantage d’enseignement, ils ont moins de temps à consacrer à la recherche et donc moins la possibilité d’améliorer leur statut. La LRU, acceptée, on ne le répètera jamais assez, par une majorité de présidents d’université et d’enseignants, va renforcer ce processus et l’officialiser. La politique de recrutement pourra découler non pas des nécessités du développement scientifique, mais des exigences du partenariat avec les entreprises. Cela impliquera une souplesse, une « flexibilité » permise par des CDD et des CDI de droit public ou privé toujours plus nombreux (il n’y aura pratiquement plus de fonctionnaires dans l’université française d’ici vingt ans).
Augmenter la taille des groupes ou déqualifier les enseignements. Décider, par exemple, qu’on dédoublera un enseignement de travaux dirigés à partir de cinquante étudiants et non quarante ; ou encore décider qu’un cours magistral donné à cinq étudiants (en thèse ou dans une discipline rare) comptera pour l’enseignant non comme un cours magistral mais comme des travaux dirigés. Ces pratiques, que la LRU va également consacrer, ont déjà cours depuis plusieurs années en France et ont été intériorisées par quantité d’enseignants par peur de perdre ces cours magistraux.
Obliger les universitaires à remplir cent à deux cents pages (minimum) par an de questionnaires multiples et variés – tous destinés à encombrer les disques durs du ministère de l’Enseignement supérieur, à rédiger des rapports sur leurs activités d’enseignement et de recherche passées, présentes et à venir, donc à se justifier aux yeux, non de leurs pairs scientifiques, mais de l’institution administrative qui, lorsque la messe est dite, n’a que faire de ces mémos qu’elle est incapable d’évaluer scientifiquement. Cette énergie insensée, dépensée (comme dans de nombreuses entreprises privées, d’ailleurs) en pure perte ne sert en fait qu’à justifier l’existence d’une administration proliférante. Newfield nous précise qu’aux États-Unis, de 1975 à 1985, le nombre d’enseignants-chercheurs n’a augmenté que de 6% alors que celui des administratifs augmentaient de 60%. Le processus est kafkaïen : on recrute des administratifs pour analyser pourquoi les coûts administratifs sont en constante augmentation.
Mettre au pinacle la désormais sacro-sainte professionnalisation. Aux dépens, bien évidemment, de l’éducation. Il y a belle lurette, aux États-Unis, que les professeurs de langue et littérature ont accepté d’amputer leurs cours de troisième cycle parce que les étudiants ne trouvaient pas suffisamment d’emplois correspondant, même latto sensu, à leur formation. Ainsi, un professeur qui dirige la thèse d’un doctorant sur l’écrivain anglais George Orwell (ça m’est arrivé) devra, au préalable, faire une étude de marché pour savoir s’il existe une demande de spécialistes d’Orwell auprès des consommateurs de littérature. Bon courage ! La logique d’une telle démarche tend naturellement vers zéro étudiant, zéro cours et zéro enseignant. Mieux que se tirer une balle dans le pied, nous dit Newfield, cela revient à mener une guerre contre soi-même. C’est accepter la logique marchande selon laquelle l’emploi (l’employabilité, selon Tony Blair) a une valeur sociale et humaine supérieure à celle de l’éducation.
Opposer les sciences dures (on n’ose plus dire « exactes » de nos jours, petit progrès) qui font prétendument gagner de l’argent aux universités, donc à la société, aux sciences humaines, molles pour tout dire, qui n’existent qu’à fonds perdus. Combien a rapporté à la France le bout d’os que le paléoanthropologue Michel Brunet, à l’époque professeur à l’université de Poitiers, a rapporté du Tchad, après avoir littéralement sarclé le désert pendant des années grâce aux impôts payés par les chauffeurs de taxi de Poitiers, chers à Sarkozy (infirmant ce faisant les théories d’Yves Coppens qui avaient, elles aussi, coûté bonbon à d’autres chauffeurs de taxi) ? Les enseignants de lettres qui intériorisent cette logique discréditent et tuent leurs disciplines. Ils oublient dans la foulée que le capital humain (on me pardonnera cette expression) est, à terme, plus productif que le capital scientifique ou technologique.
De très nombreux enseignants ont intériorisé l’idée folle (je mâche ce mot) qu’ils sont des privilégiés. Par rapport au paysan du Mali, ils ont sûrement raison. Mais il s’agit bien sûr d’un point de vue de droite, deferential comme disent les Anglais, celui de l’ouvrier qui salue casquette basse le patron qui a la grande bonté de lui donner du travail. Les vrais privilégiés, ceux qui possèdent de vrais avantages acquis sont les grands capitalistes, les grands actionnaires qui, contrairement aux enseignants dont le pouvoir d’achat a régulièrement baissé depuis trente ans, ont vu leurs revenus exploser et trouvent tous les moyens légaux ou illégaux pour ne pas payer les impôts qui feraient vivre décemment les services publics.
La LRU va faire de l’universitaire une marchandise (ce processus a commencé avec l’évaluation des enseignants), un auto-entrepreneur (tellement responsable !) dont la tâche sera totalement individualisée. Les étudiants seront des utilisateurs (pour ne pas dire clients) d’entreprises privées.
L’enseignement sera dissocié d’une recherche effectuée dans des « pôles » dont l’excellence sera déterminée par la politique et la finance.
Les recrutements seront de plus en plus opaques, propices à toutes les magouilles : les comités de sélection sont désormais à géométrie variable (un comité par poste et, souvent, par candidat) et leurs travaux peuvent être annulés par le veto des présidents d’université.
Les conseils d’administration des universités sont désormais des CA au sens entrepreneurial du terme, alors qu’auparavant ils exprimaient démocratiquement les personnels et les étudiants dans leurs diversités.
Concoctés depuis plus de vingt ans, le Processus de Bologne, la LRU et les lois similaires dans les autres pays européens ont frappé dans un contexte très particulier : celui de la financiarisation du capitalisme. Pour affirmer leur pouvoir, les grands financiers ont pris en otage les propriétaires fonciers (crise des sub-primes), ils ont mis en danger les retraites publiques et privées. Lorsque la crise de 2009 a éclaté, ils ont obligé les gouvernants (Sarkozy en tête pour l’Europe) à les renflouer. Aux États-Unis de Bush et d’Obama, ils ont récupéré 140000 milliards de dollars (grosso modo l’argent de tout le pays) en prêts, en lignes de crédit, en obligations etc.
Durant ces glorieuses capitalistes, Newfield nous dit que l’université de Californie a perdu 40% de son budget en cinq ans. Quantité d’artifices comptables et autres ont empêché les enseignants et les étudiants de comprendre ce qui se passait.
La politique du capitalisme financier est de réduire le secteur public à la mendicité. Les enseignants privilégiés seront désormais des mendiants. Comme disait Orwell, « begging is a full-time job ». (*)
Bernard Gensane
(*) la mendicité est un travail à temps plein.
URL de cet article http://www.legrandsoir.info/Les-ravages-de-la-LRU-contribution-pour-un-bilan.html
8739

Les ravages de la LRU, contribution pour un bilan
11/06/2009 à 21:50, par TheMelon
Intéressant comme l’analyse s’interrompt : il est certain que le rapport de force n’a jamais pu être créé mais pourquoi ?
L’université est à la bourgeoisie ce que le trotskisme est à la social-démocratie : un bac à sable.
Rien d’étonnant que telle la grenouille dont on chauffe l’eau progressivement, elle se laisse cuire sans réaction.
88.***.0.*** #56523
Les ravages de la LRU, contribution pour un bilan
Je ne suis qu’un ouvrier dans l’imprimerie de labeur et j’aimerais bien que quelqu’un m’explique comment tant de gens aussi diplômés, aussi intelligents que des universitaires puissent se faire "niquer" par une simple "institution administrative".
"Le processus est kafkaïen : on recrute des administratifs pour analyser pourquoi les coûts administratifs sont en constante augmentation."
Et vous avez laissé faire !!
Chapeau bas les formateurs de l’élite du pays !
Avec une avant garde intellectuelle comme ça, on n‘a pas les couilles sorties des ronces.
86.***.10.*** #56532
Les ravages de la LRU, contribution pour un bilan
Citez vos sources Mr Gensane : l’article de Yves Citton dans la RILI (Revue Internationale des Livres et des Idées) n°11, mai-juin 2009 : "Démontage de l’université, guerre des évaluations et luttes de classes" constitue justement un important compte rendu du livre de Christopher Newfield.
Ca m’étonnerait beaucoup que votre propre article ait été rédigé sans utiliser cette source... Les 7 recettes dont vous parlez sont d’ailleurs la façon dont Citton synthétise le livre, mais ne sont pas exprimées par Newfield aussi explicitement.
Quand à TheMelon, vous avez certainement raison monsieur (ou madame) : le problème des enseignants-chercheurs, et de l’échec du mouvement contre la LRU, est à trouver dans leur position sociale à l’intérieur de la classe moyenne, dominants parmi les dominés comme disait Bourdieu, qui les conforte dans d’illusoires sentiments de sécurité et de résignation mêlés.
C’est d’ailleurs le propos du livre de Newfield que d’analyser le projet politique de démontage de l’université américaine comme une mise au pas de la classe moyenne (ou de la bourgeoisie comme le dit TheLemon, mais à laquelle il faut tout de même ajouter l’adjectif "petite").
Pour avoir vécu de l’intérieur le mouvement anti-LRU (en tant que chargé de cours je le précise, soit personnel précaire sans statut et, ce faisant, encore extérieur à toute la salade administrative et politique à laquelle les profs sont accoutumés), je peux dire que peu de profs étaient réellement engagés. Tous ont conscience que la situation va devenir intenable, mais ils conservent semble-t-il l’illusoire impression que seuls les nouvelles générations vont supporter les aspects problématiques de la réorganisation de l’université. Ce qui est à la fois égoïste et stupide.
En tout cas, ils seraient bien avisé de se renseigner sur notre futur, en jetant un coup d’oeil retrospectif sur les évolutions historiques et politiques du système universitaire aux Etats-Unis. Un modèle n’est jamais transferable tel quel, mais il est clair que la stratégie politique (libérale) engagée il y a plus de 30 ans aux USA est en cours d’application chez nous depuis la fin des années 90, avec une petite accelération ces dernières années... Vive l’Europe, et gloire à notre guide éclairé JM Barroso. Nous sommes en route vers la modernité !
82.***.205.*** #56538
Les ravages de la LRU, réponse à Bourguignon
Répondre à vos interrogations n’est pas simple.
Nous vivons une époque difficile et très compliquée à appréhender. Comme d’autres, Newfield inscrit sa réflexion sur l’université étatsunienne dans le cadre plus global d’une attaque générale contre les classes moyennes, après le pilonnage des classes ouvrières dans les années 80/90. Voir, par exemple, la « crise » des subprimes qui n’est pas tombée du ciel (pas plus que l’affaire Enron), dont l’objectif fut d’appauvrir la middle-class en dévalorisant ses avoirs fonciers. Quand le prix de l’immobilier remontera, les victimes ne pourront plus racheter ce qu’elles possédaient jusque-là.
Votre questionnement sur des universitaires bardés de diplômes qui restent passifs devant l’adversité ou qui jouent contre leurs intérêts est aussi le mien (j’ai lu, après l’élection présidentielle de 2007, que Sarkozy avait eu plus d’électeurs ouvriers que Royal ; rien n’est simple). En décembre 2007, j’ai inauguré, sur mon blog, une rubrique intitulée « Les ravages des la LRU ». J’en suis à la note n° 85. Et ce n’est malheureusement pas fini.
Pour expliquer la droitisation du corps enseignant universitaire, je vous propose une piste, prudemment car ayant été étudiant puis prof de fac pendant quarante ans, je suis à la fois très bien placé (je connais bien le milieu) et très mal placé car je manque de recul, ayant évidemment tendance à voir l’institution par le prisme de mon expérience personnelle, de mon vécu.
Tout a changé en 1984 avec la « Loi Savary » sur l’enseignement supérieur. Cette loi institutionnalisait l’annualisation des services. Les universitaires français servirent alors de cobayes pour les autres travailleurs. Prudent, le pouvoir socialiste de l’époque avait d’ailleurs fait tester cette “ réforme ” par l’université ivoirienne. La loi alourdissait considérablement le travail des enseignants en augmentant le nombre d’heures de cours et en leur infligeant des tâches administratives normalement dévolues à des personnels qualifiés pour cela. Enfin, la loi supprima l’historique thèse d’État pour la remplacer par un parcours du combattant encore plus ardu : une thèse “ nouveau régime ” suivie d’une habilitation à diriger les recherches pour être promu professeur. Il s’agissait là d’une attaque frontale extrêmement dure contre les personnels. Comme nous étions sous un gouvernement « de gauche », il fut expliqué qu’il ne fallait rien faire pour mettre en péril l’expérience « socialiste ». La CFDT accompagna pleinement ces “ réformes ”. Le Snesup protesta, mais dans le contexte d’une désyndicalisation qui avait déjà commencé, sa voix ne se fit pas entendre comme il aurait fallu. Ces mesures encouragèrent le repli sur soi, l’individualisme (profils et services différenciés, obligation de réussite sans les moyens afférents). Mis à part 5% de cossards (pourcentage que l’on retrouve partout, tant dans le public que dans le privé) les universitaires français travaillent comme des malades (c’est pareil dans le monde entier). Les prises de conscience sont rarement le fait de gens exténués, de travailleurs prolétarisés à l’insu de leur plein gré.
Dans ce contexte, on ne s’étonnera pas que les socialistes et l’UNEF, syndicat qui leur est proche, ne soient pas d’un grand recours. Lors de la campagne de 2007, Ségolène Royal avait dans ses cartons des projets similaires à ceux de Sarkozy/Pécresse. Actuellement, les conseils d’administrations des universités votent le passage aux « compétences élargies » (en clair : privatisation, moins de démocratie, précarisation des personnels). Les élus socialistes (au titre des personnalités extérieures) de ces CA votent comme les personnels de droite et comme les représentants du patronat.
Bref, c’est peu dire que les lignes ont bougé, que nous sommes en pleine confusion. Beaucoup de collègues sont dans le déni, dans la mauvaise foi sartrienne. Il faut faire comme si de rien n’était lorsque, par exemple, telle université, autrefois de gauche, est désormais gérée par la CFDT alliée à une officine sarkozyste.
Maintenant, pour expliquer l’acceptation, la politique du dos rond, les comportements de déférence, le déni de réalité, en un mot le fait que tous ces universitaires oublient qu’ils sont aussi des citoyens dès lors qu’ils ont franchi les grilles du campus, je renverrai aux travaux sur la souffrance au travail de Christophe Dejours, que j’ai longuement évoqués pour Le Grand Soir en juin 2008 (http://www.legrandsoir.info/Travail...
).
90.***.14.*** #56554
|

Bernard GENSANE
4 février 2010
Il est enfantin de détruire la fonction publique et les fonctionnaires. D'autres pays l'ont fait avant nous. Si cela passe, Sarko et sa bande s'en prendront aux retraités de la Fonction publique, dont les pensions sont, jusqu'à présent, garanties par l'État. Sur les antennes d'Europe 1, Fillon (...)
14 janvier 2010
Il s'agit là d'un ouvrage aussi important que passionnant. Les conclusions politiques laissent parfois un peu à désirer, mais la démarche sociologique est de premier plan. Et puis, disposer d'un point de vue d'outre-Rhin, en la matière, permet de réfléchir à partir d'autres référents, d'autres (...)
19 décembre 2009
Comme un écrivain que j'aime particulièrement et qui se fantasmait en joyeux vicaire écrivant des poèmes à l'ombre de son noyer, j'aurais tant aimé que mon blog (*), mes écrits de retraité de l'Éducation nationale fussent consacrés à la culture et aux choses de la vie ! Malheureusement, en (...)
22 novembre 2009
Les guerres exacerbent, révèlent. La Deuxième Guerre mondiale fut, à bien des égards, un ensemble de guerres civiles. Les guerres civiles exacerbent et révèlent atrocement. Ceux qui militent, qui défendent des causes, tombent toujours du côté où ils penchent. Ainsi, le 11 novembre 1940, des (...)
"Il est grand temps qu’il y ait des mesures coercitives (contre les chômeurs)."
"Il y a des moyens très simples : soit vous faîtes peur soit vous donnez envie d’aller bosser. La technique du bâton et de la carotte.".(Extrait sonore du documentaire de
Pierre Carles "Danger Travail", interview auprès d’entrepreneurs assistants à l’université d’été du Medef en 2003 #543
Karl MARX
Présentation de l’éditeur
" On ne peut prétendre que quelques belles pages peuvent à elles seules changer la face du monde. L’œuvre de Dante tout entière n’a pas suffi à rendre un saint empereur romain aux Communes italiennes. Toutefois, lorsque l’on parle de ce texte que fut le Manifeste du parti communiste publié par Marx et Engels en 1848 et qui a, indéniablement, exercé une influence considérable sur deux siècles d’histoire, je pense qu’il faut le relire du point de vue de sa (...)
Lire la suite »

9 février 2010
Belen GOPEGUI, Santiago ALBA RICO, Pascual SERRANO, Carlos FERNANDEZ LIRIA
A partir d'une Histoire parfaitement semblable, à base de colonialisme et de sous-développement, le socialisme a fait infiniment plus pour Cuba que le capitalisme pour Haïti ou le Congo.
Nous vivons un temps propice à la réflexion économique. Après quelques décennies de prédominance (...)
9 février 2010
Plusieurs annonces successives sur la belle santé l'économie chinoise ont semé le trouble dans la classe dirigeante occidentale :
Le PIB de la République Populaire chinoise a augmenté de 8.7% en 2009, la progression la plus rapide du monde au moment même où les économies occidentales peinent (...)
9 février 2010
Jacques SAPIR, Pascale FOURIER
Deuxième partie de l'entretien réalisé le 12 janvier avec Jacques Sapir, directeur de recherche à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales.
Je vous rappelle le contexte, j'étais allée voir Jacques Sapir, un an après notre entretien précédent pour faire le point sur la crise, et j'avais (...)
8 février 2010
Jacques SAPIR, Pascale FOURIER
La crise ? Mais quelle crise ?... Il n'y a plus de crise ou en tout cas on n'en parle peu ou pas... Les banques font des bénéfices pharaoniques... enfin, bref, tout semble aller pour le mieux ! Bon d'accord, le chômage augmente, un million de chômeurs vont arriver en fin de droits en 2010, mais (...)
8 février 2010
Michael WINTERBOTTOM, Naomi KLEIN
« Seule une crise, réelle ou supposée, peut produire des changements. Lorsqu'elle se produit, les mesures à prendre dépendent des idées en vigueur. Telle est, me semble-t-il, notre véritable fonction : trouver des solutions de rechange aux politiques existantes et les entretenir jusqu'à ce que (...)
8 février 2010
(Le Monde, édition du 22 février 2004)
1. D'aimables républicaines et républicains arguèrent un jour qu'il fallait une loi pour interdire tout foulard sur les cheveux des filles. A l'école d'abord, ailleurs ensuite, partout si possible. Que dis-je, une loi ? Une Loi ! Le président de la (...)
7 février 2010
Désormais les dirigeants des corporations (*) pourront acheter directement les élections sans passer par des intermédiaires. La Cour Suprême des Etats-Unis vient d'augmenter considérablement le pouvoir d'une petite minorité de la population qui contrôle l'économie.
Le 21 janvier 2010 entrera (...)
7 février 2010
Après le tremblement de terre du 12 janvier qui a dévasté Haïti, le gouvernement français prend des mesures pour faire cesser en Europe l'opposition politique à l'occupation militaire américaine de Haïti.
L'intervention américaine a bloqué les aides essentielles en nourriture et médicaments, y (...)

Thèmes similaires
17 novembre 2009
Hélène Cherrucresco se demande quand nous « enterrerons les fossoyeurs. »
Déjà, sous Chirac, son ministre de la Fonction publique Renaud Dutreil déplorait que « les gens étaient contents des services publics qui fonctionnaient bien. » Il fallait donc « tenir un discours, expliquer que nous (...)
22 septembre 2009
Le fils d'un inspecteur primaire russe a écrit que l'université « était un miroir dans lequel se reflètent toutes les contradictions de la société. »
Lorsque je suis entré dans l'Université française en 1966, on se demandait comment faciliter l'accès des enfants d'ouvriers dans l'Alma Mater. (...)
29 août 2009
Intéressons-nous un instant à l'une des conséquences diaboliques de la loi LRU, la prime d'excellence scientifique, mise en place en juin 2009.
Les primes ont toujours existé dans la fonction publique. Jusqu'à ces dernières années, sauf dans les très hautes sphères (du style Inspection (...)
19 janvier 2010
Tantôt au grand jour, tantôt à pas feutrés, l'entreprise gouvernementale de privatisation de l'enseignement se poursuit. Au grand jour : le projet de loi de finances prévoit la suppression de 16000 postes dans le secteur public à la rentrée 2010 ; l'accord signé le 18 décembre 2008 entre la (...)
2 janvier 2010
La gangrène que représentent l'hégémonie de la doxa managériale et ses effets dévastateurs sur les corps et les esprits des hommes et femmes au travail est désormais patente. Elle reste cependant encore insuffisamment dénoncée. La puissance publique, essentiellement incarnée par l'État central (...)
27 décembre 2009
Le manifeste des enseignants désobéisseurs : un ouvrage qui dénonce la déconstruction de l'école de la République.
« Car d'autres enseignants (…) ont décidé de relever ce défi de la lutte contre la déconstruction de l'école publique. Ils sont entrés en résistance, sans se payer de mots (...)
Cet espace publicitaire était géré par Google
Devant la multiplication de publicités et messages de propagande israeliens affichés ici par Google, le Grand Soir préfère se passer des revenus génerés.

Initiatives, Luttes & Résistances
9 janvier 2010
Note de la traductrice : Arrêtons de nous lamenter, de nous fustiger, d'avoir "honte d'être Français", et de rester à genoux. Rassemblons-nous. Lors du rassemblement pour la liberté de Gaza, au Caire, la délégation française a brillé par son esprit d'initiative, son courage et sa détermination. (...)
22 décembre 2009
En octobre 2009 a été lancée à Bruxelles (Belgique) la Campagne européenne 2009-2011 pour la libération des prisonniers politiques en Colombie. Ceux-ci sont au nombre de 7500 et sont pour la plupart des prisonniers d'opinion et des activistes sociaux -quand ils ne sont pas des ouvriers, des (...)
20 décembre 2009
Esther VIVAS, Josep Maria ANTENTAS
Il y a 10 ans, le monde entier découvrait avec surprise les manifestations de Seattle contre la rencontre ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Ces "journées qui ont ému le monde" ont marqué l'émergence de ce qui allait être qualifié comme le "mouvement (...)
1er décembre 2009
S'adressant aux délégués de la Rencontre Internationale des Partis de Gauche qui s'est tenue à Caracas du 19 au 21 novembre (2009), le président vénézuélien Hugo Chavez a déclaré : « il est temps de constituer la 5ème Internationale. » Face à la crise capitaliste et la menace d'une guerre qui (...)
|
|
annonces sélectionnées et proposées par Amazon.fr
|
|
Pour soutenir le Grand Soir 
Cet espace vous est offert en libre service pour publier des articles et annoncer des événements. Merci de bien mentionner les sources et les références.
Nos lecteurs proposent

9 février 2010
Elles ont joué, elles ont perdu. Sauvées par l'argent de l'état (donc du contribuable, donc de leurs propres clients).
http://www.lepost.fr/sond age/2010/0...
Il fallait le dire
9 février 2010
L'initiateur "anti minarets"… s'est converti à l'islam.
Le politicien suisse Daniel streich, qui devint célèbre en raison de son opposition à la construction des minarets dans les mosquées (...)
Morte de rire
8 février 2010
CE MERCREDI 10 FEVRIER 2010
A 18H30
C'EST « L'HEURE DE L'METTRE »
Sur RADIO CAMPUS Lille 106,6
En direct et en archives sur www.campuslille.com
« En aucun cas nous ne devons nous fourvoyer (...)
hdm
8 février 2010
Un texte d'Eduardo Galeano paru sur Servindi le 20 janvier dernier, mais qui date de 1996. Galeano revient dans ce texte sur l'histoire d'Haïti. Ou comment l'Occident a construit la malédiction (...)
Eduardo GALEANO
7 février 2010
Les problèmes culturels ne sont pas secondaires par rapport aux problèmes politiques ou économiques. Tout se tient et les langues, les moyens de communication de masse sont des armes ou des (...)
Bernard GENSANE
6 février 2010
Eric WOERTH, le classisme et le "politiquement correct".
Eric WOERTH vient coup sur coup défendre publiquement les hauts revenus de Proglio et le démantèlement du statut de la fonction publique (...)
Christian DELARUE
6 février 2010
En ce début d'année, un ami entrepreneur en Inde du Nord nous informait que Jeff Knaebel, un homme qui tente de réveiller les consciences en diffusant la leçon de Gandhi, était menacé de prison. (...)
Eva Cantavenera
6 février 2010
Les États-Unis continuent de donner refuge à des fugitifs boliviens malgré leur politique "antiterroriste".
Un leader de l'opposition bolivienne, accusé d'avoir des liens avec une groupe (...)
Primitivi
6 février 2010
Dans sa livraison de février 2010, Le Monde Diplomatique (Serge Halimi) revient sur le « consensus de Pékin » : Paraphrasant une formule célèbre de Mao Zedong du 1er octobre 1949, le président Hu (...)
Bernard Gensane
5 février 2010
Le 30 janvier, 2010. - Le fractionnement gouvernemental n'a pas engendré d'opposition de la part de la droite, ni des groupes de la gauche radicale, le président Rafael Correa l'a fait lui-même (...)
Primitivi
5 février 2010
La guerre de basse intensité s´intensifie, après l´expulsion de la communauté San Pedro, Base d´appui Zapatiste, deux nouvelles communautés ont été victimes d´expulsion violente, par le (...)
Espoir Chiapas
5 février 2010
L'ONG mexicaine "Frente Nacional Contra la Represión" indique que : “Des escadrons de la mort agissent à Ciudad Juárez”. Le porte-parole du Front National Contre la Répression, Carlos (...)
Primitivi
4 février 2010
Île-de-France – Décroissance !
Projet citoyen et politique pour les élections régionales en Île-de-France
Dans le cadre des élections régionales, nous proposons une série d'uto-pistes (...)
Île-de-France – Décroissance !
4 février 2010
Le mercredi 27 janvier fut un jour historique pour le Honduras. Le même jour le nouveau président Pepe Lobo entrait en fonction mais les élections qui l'ont placé à la tête du pays ont enregistré (...)
Primitivi
2 février 2010
Siège du Parti communiste français, Espace Niemeyer
Communiqué du PCF
La Rencontre des progressistes d'Amérique latine et d'Europe qui s'est tenue à Paris, à l'invitation du Parti communiste (...)
Communiqué PCF
2 février 2010
URGENT- PARIS -SANS PAPIERS -RASSEMBLEMENT RUE DU REGARD LE 2 FÉVRIER
mardi 2 février 2010
Communiqué des organisations syndicales et associations soussignées, signataires de la lettre du 1er (...)
INTERSYNDICALE - TRAVAILLEURS SANS PAPIERS
VU SUR LE WEB

Mona al-Samouni, 12 ans, est déprimée et revit dans ses cauchemars le jour - il y a un peu plus d'un an - où elle a vu ses parents et un certain nombre de ses proches se faire tuer par des soldats israéliens dans leur maison de Zeitoun, au sud-est de Gaza-ville.
Comme beaucoup d'autres enfants (...)
Info-Palestine
Rebondissement dans l'affaire de Villiers-le-Bel. L'avocat des familles des deux jeunes a déposé une plainte pour faux témoignage contre les policiers.
en lire plus
Les mots ont un sens
 Khalil Tafakji, géographe et cartographe palestinien de Jérusalem, vient de recevoir par simple courrier un ordre signé du ministère de la sécurité intérieure israélien lui interdisant tout voyage à l'étranger pendant les six prochains mois. « Pour des raisons de sécurité », indique la lettre. (...)
Les blogs du Diplo
Traduction de l'article "Pawns Matter / Why Washington "Cares" About Honduras and Haiti" par MARK WEISBROT
Publié à l'origine par le Guardian .
Et dans Counter Punch.
La mainmise des Etats-Unis sur les pays d'Amérique Latine, en particulier des pays pauvres qui veulent d'émanciper.
Pourquoi (...)
Des bassines et du zèle
« Il faut environ 225 kilos de maïs pour faire un plein de 50 litres de carburant agroalimentaire. 225 kilos de maïs, c'est suffisant pour nourrir une personne pendant un an, » rappelle Chems Eddine Chitour, professeur à l'Ecole Polytechnique d'Alger et spécialiste des questions énergétiques. (...)
ContreInfo
[Philou sur TrackerNews - 2/01/2010] Pour les handicappés de la technologie parmi nous, il existe également un tutoriel vidéo très simple et très bien fait, qui explique comment installer un VPN. Cela pèse 450 Mo et se trouve sur la quasi totalité des serveurs bittorrent. (...)
Libertes & Internets
 La voie vers la réélection d'Evo Morales est enfin dégagée après l'approbation par le Congrès d'une nouvelle loi électorale permettant la tenue des élections du 6 décembre prochain. Pour ce faire, le chef d'État bolivien a dû endurer cinq jours de grève de la faim, appeler de nouveau à une (...)
RISAL
Pourquoi donc, il y a vingt ans, presque tous les pays de la planète ont-ils signé une convention internationale des droits de l'enfant? Pourquoi proclamer ces droits en se réunissant tous ensemble, par delà les frontières, les guerres, les conflits, les idéologies? Entre autres, parce que (...)
Chronique de l’humanité ordinaire
On sera sauvés par où on a péché : alors que le marché détruit la planète, comment la préserver ? Par plus de marché !
Fakir
 Qu'est-ce donc un immigré aux yeux des dirigeants du pays d'accueil ?, s'interroge le sociologue Abdelmalek Sayad dans une étude consacrée à l'immigration algérienne en France. « Un immigré, c'est essentiellement une force de travail, et une force de travail provisoire, temporaire, en transit. (...)
Le Plan B
COLLOQUE INTERNATIONAL
Le bolivarisme : du Libertador à Hugo Chavez
25-26 mars 2010
UNIVERSITE DE PAU
Laboratoire de recherches Arc Atlantique
Avenue de l’Université, Pau
(amphithéâtre de la présidence)
http://www.culturamerica. fr/
Partenariats
Universidad de América latina y el (...)
Memoire des luttes
« A force de réfléchir avant de légiférer, on reste immobile. »
Frédéric Lefebvre, humoriste
Le projet de « loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure » (dite LOPPSI II, en référence à la « loi d'orientation et de programmation pour la sécurité (...)
Syndicat de la magistrature
|