Aurélien BERNIER9 mars 2011
Aurélien BERNIER
Délocalisations, destruction méthodique des droits sociaux, incapacité à protéger l'environnement, refus de la démocratie...
Après l'adoption du traité de Lisbonne en 2008, on pouvait croire que l'Union européenne avait atteint le fond du trou libéral. Erreur ! Depuis la crise financière, elle creuse ! Même l'idéal de solidarité entre États vole aujourd'hui en éclat. Une vague d'austérité sans précédent déferle sur l'Europe, qui place elle-même ses peuples sous la tutelle des marchés financiers.
Faut-il attendre que l'extrême droite tire les bénéfices de l’incompétence des « élites » européistes, converties à l’ultralibéralisme ? Certainement pas. La gauche doit assumer la désobéissance à l'ordre juridique instauré avec l’Union européenne : non pas seulement lorsqu'il s'agit de faucher des OGM ou d’accueillir des (...) Lire la suite »
3 17 novembre 2010
Aurélien BERNIER
Dans la rubrique « aménageons le système pour le préserver », les nouveaux emplois « verts » de la révolution écologique rivalisent avec la régulation supposée de la finance dans les discours des institutions. Les Nations Unies, le G20, le Fond Monétaire International, l’Organisation Mondiale du Commerce, le MEDEF ou son équivalent européen BusinessEurope... tous nous assurent que les énergies renouvelables, le véhicule électrique et le recyclage vont générer des centaines de milliers d’emplois de qualité, et, mieux que tout, non délocalisables. L’idée est séduisante, d’autant qu’elle est soutenue à bout de bras par une grande majorité d’écologistes. Ainsi, le programme d’Europe écologie mentionne les « gisements d’emploi massifs dans les énergies renouvelables, le bâtiment, le transport, l’agriculture, l’entretien, la maintenance, la réparation, le recyclage, le commerce de proximité, la recherche et l’innovation ou la protection des écosystèmes ». D’après ce mouvement, il faut également créer des postes « socialement utiles et non délocalisables [dans] l’économie sociale et solidaire » et réduire le temps de travail. L’objectif annoncé : créer 10 millions d’emplois en Europe en 10 ans et diviser par deux le chômage en France « en quelques années ». Qui ne souhaiterait pas partager cet optimisme ? Malheureusement, un examen rationnel de la situation nous montre tout autre chose. Première idée reçue : les emplois « vert » sont de meilleure qualité que les autres. Faux, nous répond l’organisation américaine Good jobs first. En février 2009, elle publiait un rapport intitulé « La qualité des emplois dans la nouvelle économie verte ». On y apprenait que les salaires moyens pratiqués aux Etats-Unis dans les usines de biens d’équipement destinés aux énergies renouvelables sont inférieurs à ceux versés dans les usines d’autres biens durables. Dans certaines entreprises « vertes », le niveau des salaires est même inférieur à celui qui permet à un adulte seul avec un enfant de vivre décemment. Ce constat est d’autant plus scandaleux que ces entreprises sont soutenues dans des proportions non négligeables avec de l’argent public. Dans une des centrales photovoltaïques étudiée, le montant des aides (...) Lire la suite »
1 6 octobre 2010
Aurélien BERNIER
Aurélien Bernier vous êtes l’auteur avec Michel Marchand de Ne soyons pas des écologistes benêts, paru aux éditions Mille et une nuits. En quoi les écologistes pourraient-ils être benêts ?
Pour commencer, il ne faudrait pas dire « les écologistes », qui sont loin de former un ensemble cohérent. Certains écologistes sont par contre directement concernés par le titre du livre. Les écologistes benêts sont d'abord ceux qui ne veulent pas faire de politique, comme si tout se jouait sur le plan individuel et moral. Ce sont également des écologistes engagés dans des partis, mais qui prônent la révolution du brossage de dents. A l'image des socio-démocrates, ils veulent simplement aménager le système en jouant là encore sur les comportements individuels (fermer le robinet lorsqu'on se brosse les dents, trier ses (...) Lire la suite »
7 17 juin 2010
Aurélien BERNIER
Fermons les yeux et rêvons un peu. Nous sommes en 2012, au printemps. La Gauche radicale française sort enfin victorieuse des élections présidentielles et législatives. Mais passée l’immense fête populaire que mérite un tel succès et la mise en place d’un gouvernement, il se pose un problème crucial aux nouveaux dirigeants. Si cette Gauche radicale se réfère au droit communautaire qui s’impose aux états membres, elle doit renoncer à mettre en œuvre son programme social, écologique et solidaire, qui est par nature incompatible avec les traités de l’Union européenne. Il fut une époque où la Gauche répondait clairement à ce problème. Dans son chapitre consacré à l'Europe, le programme commun de 1972 du Parti communiste, du Parti socialiste et du Mouvement des radicaux de gauche indiquait : « Le gouvernement aura à l’égard de la Communauté économique européenne un double objectif. D’une part, participer à la construction de la CEE [...] avec la volonté d’agir en vue de la libérer de la domination du grand capital, de démocratiser ses institutions, de soutenir les revendications des travailleurs et d’orienter dans le sens de leurs intérêts les réalisations communautaires ; d’autre part de préserver au sein du marché commun sa liberté d’action pour la réalisation de son programme politique, économique et social. » Et l'Union européenne était à l'époque bien moins libérale (...) Lire la suite »
3 20 avril 2010
Aurélien BERNIER
Faut-il que la gauche soit au fond du gouffre idéologique pour qu’elle fuie à ce point le débat sur l’identité nationale ! Même si l’initiative du gouvernement est avant tout une grossière manoeuvre médiatique pour détourner l’attention de la crise, elle constitue une excellente opportunité de clarifier des notions clés et de faire véritablement de la politique. Depuis des années, le Parti socialiste mène campagne en expliquant que l'Etat ne peut pas grand chose. Impossible, d'après lui, de refuser les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qui imposent le productivisme, le libre-échange et la concurrence entre les peuples. Impossible d'aller contre l'Union européenne, qui pratique au quotidien un libéralisme débridé. Impossible de remettre en cause les fondements du capitalisme que sont la logique d'accumulation et la privatisation des moyens de production, de transport et de communication.
Dans le même temps, Nicolas Sarkozy mène campagne en donnant l'impression que l'Etat peut. Brider les libertés individuelles, affréter des charters, développer des politiques répressives... Autant de (très) mauvaises réponses à une inquiétude légitime de (...) Lire la suite »
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